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mardi 14 avril 2026

Deux motions de défiance, zéro remise en cause : à France Télés les salariés ne réclament plus d'explications, ils exigent le départ d'Ernotte.

Deux motions de défiance, zéro remise en cause : à France Télés les salariés ne réclament plus d'explications, ils exigent le départ d'Ernotte.

Il se murmure un peu partout dans l’entreprise que l’ex Orange est prête à sacrifier son ex-primo dircab pour sauver sa tête et pouvoir continuer ses courbettes. Il suffit de regarder le dernier documentaire d’OFF INVESTIGATIONS (*) signé Gauthier Mesnier et intitulé «Macron.tv : France Télévisions au garde-à-vous » pour comprendre que pour les salariés la coupe a débordé. Après les bobards enchaînés devant la commission d'enquête « La dame du Majestic » à l’évidence aux abois, elle vient d'essuyer une deuxième motion de défiance. 

1.  La première. Celle qui donne le ton.. En 2017, deux ans après son parachutage à la tête de France Télévisions (en 2015), les Sociétés des journalistes (SDJ) des rédactions nationales (France 2, France 3, franceinfo…) organisent un vote.

La question posée était essentiellement : « Faites-vous confiance à Delphine Ernotte pour préserver la qualité et les moyens de l’information ? »

Résultat : la motion de défiance était adoptée à 84 % des voix (avec un taux de participation d’environ 69 %).

Contexte : les journalistes dénonçaient un plan d’économies important pour 2018 (suppressions de postes, réduction de moyens dans l’information) et déjà, une réforme plus large de l’audiovisuel public préparée par le gouvernement de l’époque.

Ce vote symboliquement fort, marquait un important désaveu public envers sa méconnaissance de l'entreprise et surtout ses méthodes méprisantes face au personnel. 

2. La plus récente. La plus écrasante.

Adoptée hier (dimanche 12 avril 2026) par les journalistes de France 3 Île-de-France, elle en laisse aucune place au doute.

Résultat : adoptée à 93 % des voix (sur une soixantaine de journalistes de l’antenne régionale).

Le contexte est lourd : une grève engagée depuis depuis le 2 mars 2026

Sur le fond, les griefs sont clairs et convergents :

Une forte dégradation de leurs outils de travail (plateau trop petit, problèmes techniques perturbant les JT, etc.)

Une baisse des moyens techniques.

Des inquiétudes sur la ligne éditoriale et l’avenir de l’antenne régionale au sein du réseau France 3.

En plus d'Ernotte, la motion visait explicitement deux autres personnes : Yolaine Poletti-Duflo (directrice régionale de France 3 Île-de-France) et Christophe Poullain (directeur du réseau France 3).

En résumé : 

  • 2017 → motion nationale (84 %) liée à des économies et à la réforme de l’audiovisuel public.
  • 2026 → motion locale à France 3 Île-de-France (93 %) liée à des problèmes concrets de moyens et de conditions de travail après plus d’un mois de grève.

Ces motions sont symptomatiques. Elles ne traduisent pas seulement une défiance des journalistes mais un ras-le-bol généralisé: celui  des salariés qui n'en peuvent plus d'une propagande servie en continu, au bénéfice d'un entre-soi qu'ils rejettent désormais frontalement..

Balthazar  est fin observateur : il regarde, il décrypte et commente avec une précision redoutables.

Notre rusé renard à qui le blog CGC Média donne la parole, avait d'ailleurs affûté son analyse après la présentation  faux chiffres assénés sous serment en réponse à une question de Charles Alloncle qui ne faisait pourtant que relayer les rapports de la Cour des comptes (2016 et 2025)

La voici:

Le graphique publié par France TV est un pathétique bidonnage. Il manque 23,2 M€ en 2022, 30,5M€ en 2023 et 55,5M€ en 2024 par rapport aux chiffres de la Cour des Comptes. (*)

(*) La manipulation comptable de France TV consiste probablement  à ne pas tenir compte du concours supplémentaire de l'État de 22,5M€ en 2022 puis de soustraire la compensation de la taxe sur les salaires en 2023 et 2024 car ce montant "serait reversé immédiatement à l'Etat" — comme pour toute entreprise privée, comme publique. 

En sus, l'explication de l'ex-Orange à l'adresse du rapporteur, quasiment insultantes  "Vous bonfondez tout...le Chiffre d'Affaires est composé de la dotation de l'Etat et des recettes publicitaires" : le tableau n°21 dans le rapport de la Cour des comptes (p.65) indique un taux de rentabilité de la régie entre 1,6% et 2,8% et une ponction de 15M€ en 2022 puis 12M€ en 2023 et 2024. On peut supposer que cette présentation erronée vise à minimiser 2023 (écart de 8M€).

Les comptes 2025 n'ont été approuvés par le Conseil d’administration que le 13 mars 2026. Seuls les résultats consolidés sont publics via un communication de France Télévisions : ils indiquent un chiffre d’affaires en baisse de 130 M€, un résultat d’exploitation de gestion à -22,7 M€ et un résultat net à -30,8 M€, avec des économies sur les coûts d’antenne et les frais généraux, mais sans aucun détail par vraiment par fournisseurs ou prestataires.

Les vrais chiffres pas ceux de FTV

Le constat est aussi pathétique qu'il est clair lorsqu'on pose le graphique sous le tableau. France TV qui invente sa propre comptabilité nationale...Ben, voyons. 

Un rapport pour comprendre ? Non, pour couvrir. Soyons clairs. Ce document n’a pas été écrit pour analyser. Il a été écrit pour tenter de protéger.

Commandé par la gouvernance de France Télévisions à NPA qui l'encense depuis plus de 10 ans, puis présenté devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public comme une analyse indépendante, il installe en réalité un récit orienté, conçu pour induire en erreur les parlementaires sur l’état réel de la situation.

Brandi comme une preuve de sérieux, ce rapport n’est rien d’autre qu’un habillage technique dans un contexte politique chaotique : Des consultants payés par le système…pour expliquer que le système doit continuer.

On a connu démonstrations plus honnêtes. Ledit rapport s’appuie sur les chiffres de France Télévisions elle-même. What else ? 

Quand on imagine raconter une histoire propre, il faut évite d’aller chercher les chiffres qui salissent or les données publiées par France Télévisions sous-estiment les concours publics par rapport au tableau n°21 du rapport de la Cour des comptes :

- 23,2 M€ en 2022

- 30,5 M€ en 2023

- 55,5 M€ en 2024

Ces écarts interrogent sur les méthodes de présentation retenues avec des chiffres différents de ce qu’ils sont. C’est sur cette base allégée que NPA construit son raisonnement.

Une des explications avancées repose sur le traitement de certains flux, notamment le concours exceptionnel de l’État en 2022 (22,5 M€), ainsi que la neutralisation de la compensation de la taxe sur les salaires en 2023 et 2024, considérée comme immédiatement reversée. D'autre part, l’explication selon laquelle le chiffre d’affaires reposait uniquement sur la dotation de l’État et les recettes publicitaires apparaît partielle. 

Ces éléments suggèrent que certaines composantes ont pu être sous-évaluées dans la présentation globale. Enfin, les projections pour 2025 et 2026 ne permettent pas, à ce stade, de vérification indépendante.

Ce n’est pas un oubli. C’est une méthode. Comment est-il possible de s'autoproclamer "acteur influent de l’économie" et se tromper dans une comparaison aussi simple ?

En outre, le récit de Matthieu Pigasse (@MPigasse) reprenant les éléments de langage de Delphine Ernotte, consistant à comparer un coût par habitant de France Télévisions avec un coût par foyer pour Canal+ c'est du vent. La comparaison est trompeuse.

Démonstration.

En se limitant à France Télévisions (hors Radio France, INA, etc.), et en raisonnant sur les foyers réellement exposés — environ 9 millions de foyers, soit près de 30 % d’audience moyenne sur les foyers équipés TV — pour un coût de 2 568 M€, on obtient un coût d’environ 285 € par foyer et par an. Soit un niveau peu éloigné d'un abonnement à Canal+ autour de 30€/mois. 

À une différence près. Canal+ est un abonnement que l’on choisit. France Télévisions est un financement que l’on supporte.

Et surtout :

l’un peut être résilié à tout moment,

l’autre s’impose, indépendamment de l’usage réel.

Ce type de comparaison ne relève pas de l’approximation. Il participe à installer une lecture biaisée de la réalité économique.

Ensuite Netflix : l’arnaque élégante. Comparer 4,2 € d’audiovisuel public à Netflix, il fallait oser.

D’un côté : tu paies quoi qu’il arrive.

De l’autre : tu choisis, tu pars, tu reviens.

Une supercherie parmi d'autres ! Parce que l’objectif n’est pas d’être juste. L’objectif est d’être plausible… juste assez.

Pendant ce temps : 

France Télévisions est sous le seuil légal depuis 2021 et l'est toujours quoi que chante l'ex-Orange et ses supporters. Quatre ans que la situation est connue. Dans un environnement privé, une telle situation conduirait à des mesures beaucoup plus radicales.

Quatre années après le franchissement du seuil et on ampute le capital social de -150M€ qui ne suffisent pas de toute façon. Les ordres de grandeur sont sans ambiguïté :

→ Capital social : 424,7 M€

→ Seuil légal (moitié) : 212,4 M€

→ Capitaux propres fin 2024 : 179 M€

→ Projection fin 2025 : ~139 M€

→ Projection fin 2026 : ~100 M€

L’écart se creusant d’environ 40 M€ par an.

Une entreprise privée dans cet état ? On ne lui écrit pas un rapport. On ouvre un dossier et on en tire les conséquences: France Télévisions est bien face au mur juridique. Ce n’est pas une opinion; C’est un cadre légal.

L’article L. 225-248 du Code de commerce prévoit que lorsque les capitaux propres d’une société anonyme deviennent inférieurs à la moitié du capital social, l’actionnaire dispose d’un délai de deux ans pour régulariser la situation. À défaut, une procédure de dissolution peut être engagée.

Les ordres de grandeur sont sans ambiguïté :

→ Capital social : 424,7 M€

→ Seuil légal (moitié) : 212,4 M€

→ Capitaux propres fin 2024 : 179 M€

→ Projection fin 2025 : ~139 M€

→ Projection fin 2026 : ~100 M€

L’écart se creuse d’environ 40 M€ par an.

En conclusion : la gouvernance est reconduite, les mécanismes restent inchangés et les équilibres continuent de se dégrader....La réalité multiverse !

Le rapport parle d’efforts mais depuis 10 ans, FTV a perdu 2 300 postes alors que la masse salariale est roche du milliard. Traduction : on a coupé en bas… et on sanctuarise le reste. 

Et le reste dont plus personne ne parle vraiment 

- 169 directeurs ? disparus

- comptes illisibles ? évacués

- 46 M€ de frais ? oubliés

- circuits opaques ? invisibles

Ce n’est pas une analyse. C’est une sélection. On ne cache pas tout. On retire simplement ce qui dérange...avec un but : surtout que rien ne change.

Quant aux conclusions du doc' NPA il faut plus de moyens. Toujours. Qui en aurait douté ? 

Moins de structure, non ! Moins de couches, non ! Moins de dépenses absurdes, non ! Moins d'externalisations, non !

Plus d’argent pour un modèle empilé, illisible et surtout jamais évalué sérieusement, Oui !

En conclusion :

- des chiffres choisis

- des angles morts organisés

- des sujets évités

Ce n’est pas de la transparence. C’est une mise en scène. Une vitrine nettoyée. Une arrière-boutique soigneusement dissimulée.

Ce rapport n’est pas un accident. C’est un outil. Un document conçu pour essayer d'enjoliver, de justifier et éviter les vraies questions avec comme objectif, maintenir l’illusion que tout est sous contrôle

Ce système ne dérape pas, il est organisé pour durer ainsi. Le plus incroyable dans tout ça,  ce n’est pas que ce rapport ait été commandé. C’est qu’il ait pu être présenté devant la commission d’enquête…espérant bien masquer ce que dix années de dérives ont fini par produire : des chiffres qui ne décrivent plus un incident, mais une trajectoire.

Sources :

– Cour des comptes, tableau n°21 du rapport sur France Télévisions

– Commission d’enquête sur l’audiovisuel public (auditions)

– Compte X @j_bg, analyse des écarts entre données FTV et Cour des comptes


lundi 13 avril 2026

Les "3 cardinaux" prêts à enterrer le rapport du mousquetaire Alloncle ?

Les "3 cardinaux" prêts à enterrer le rapport du mousquetaire Alloncle ? 

Tout d'abord un peu d'Histoire....

C'est ainsi  qu'étaient surnommés - entre autres - les gardes du cardinal de Richelieu  (aussi appelés les Gardes Cardinalices ou plus simplement les gardes du Cardinal puisque servant dans La garde du Cardinal )

Dans Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, ces gardes sont les ennemis jurés des mousquetaires du roi Louis XIII. Leur chef le plus célèbre dans le roman est le comte de Rochefort, et ils portent souvent un manteau ou un uniforme avec la croix rouge du cardinal.

Ici, point de Porthos, d'Athos et d'Aramis du nom des célèbres personnages du  roman d'Alexandre Dumas père mais de trois députés dont les Français vont devoir imprimer le nom jusqu'aux prochaines élections législatives de 2027- particulièrement leur circonscription respective - qui pourraient bien ne pas l'oublier comme celles et ceux qui pourraient, parmi les 29 membres restant de la commission (*), voter contre la publication du rapport de Charles Alloncle de d'Artagnan...Un nouveau scandale pour notre Pays.


Le premier, député du Calvados, n'aura cessé depuis la fin de l'année 2025 de s'en prendre systématiquement à Charles Allloncle député de Hérault et héraut de la commission d'enquête, de la première à la dernière séance.

Il était la semaine dernière au micro de Thomas Sotto pour l'agonir un peu plus croyant probablement  porter l'estocade (¤)

Il charge Charles Alloncle : 

(¤) "Y avait-il un objectif politique dans cette commission d’enquête? 
Est-ce qu’il a fait tout ça pour faire élire Jordan Bardella président de la République république en 2027 ? 
A-t-il envisagé d’être le ministre de la Culture de Jordan Bardella ?"

https://youtu.be/nVFpJuvrxyA?is=M7hooo9UBwF78gJr

C'est l'hôpital qui se fout de la charité !

"Y avait-il un objectif politique pour JPL dans cette commission d’enquête? 
Est-ce que JPL a fait tout ça pour faire élire Édouard  Philippe  président de la République en 2027 ? 
JPL a-t-il envisagé d’être le ministre de la Culture d’Édouard  Philippe   ?"

Il y a ensuite Céline Calvez (Ensemble pour la République) – vice-présidente de la commission parmi les 29 restant' - oui, ils ne sont plus 31 du fait de la démission d'Estelle Youssoufa mais aussi quEmmanuel Grégoire devenu maire de Paris a perdu son mandat de député, impliquant qu'une élection législative partielle devra être organisée dans la 7e circonscription de Paris. (Règles sur le cumul des mandats en France(*)

Céline Calvez (Ensemble pour la République) – vice-présidente de la commission  fait en effet partie des 7 membres de la commission avec :

- Sandra Marsaud (Ensemble pour la République) – secrétaire  
- Véronique Besse (non inscrite)  
- Denis Masséglia (Ensemble pour la République)  
- Joséphine Missoffe (Ensemble pour la République) 
- Anne Sicard (Rassemblement National)  
- Caroline Yadan (Ensemble pour la République)  

qui ont voté pour une motion de rejet préalable déposée par les macronistes eux-mêmes - un vote tactique qui visait à éviter une obstruction de la gauche et à éviter la débat sur la proposition de loi qui  avait pour but d'autoriser le travail dans certains secteurs (comme les boulangeries ou fleuristeries) le 1er mai jour férié - afin que le texte soit directement traité en commission mixte paritaire (députés + sénateurs), sans débat approfondi dans l’hémicycle

Un nouvel exemple de démocratie !!! Après quoi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dû apporter plusieurs précisions au gouvernement (via Matignon) suite aux vives critiques des syndicats après le vote tactique du 10 avril 2026 à l’Assemblée et coomuniquer sur le fait qu' « Il n’y aura pas de passage en force ». Matignon a explicitement démenti toute volonté d’imposer le texte rapidement sans dialogue, malgré l’utilisation de la motion de rejet préalable et le renvoi en commission mixte paritaire (CMP). La CMP n’a pas encore été convoquée.

Il y a enfin, - Denis Masséglia (Ensemble pour la République) le dernier arrivé dans la Commission d'enquête en remplacement de Guillaume Kasbarian qui lance aujourd'hui son "Parti de la Liberté" mais que de nombreux deputés qui la composent connaissent bien comme France Télés l'a rappelé dans "LES CONSEILS" et non les "CONSIGNES" données à la plupart des convoqués, en amont des auditions.

Le même  Denis Masséglia éputé macroniste du Maine-et-Loire (Attalien serait plus juste puisqu'il est issu de Ensemble pour la République (EPR) qui avait fait savoir dans ....même si le lendemain à La Correspondance de La presse, il tentait de minimiser son propos en employant le conditionnel "il pourrait " voter le rapport si celui-ci pointe : ce qui est positif dans l'audiovisuel public et mettra en avant  les axes d'amélioration".

Il bénéficie aussi des soutiens de FTV tout comme il en fait partie avec un positionnement tout particulier, le plaçant dans des docs 'Notice, Note de cadrage et donc une liste interne, les 12 favorables à Ernotte. (#)



(Notice)

(Note de cadrage)



(# tableau des députés acquis à France Télés,  selon le groupe public)



dimanche 12 avril 2026

Emmanuel Macron via sa nouvelle ministre de la guerre annonce le conflit en Europe pour 2029 ?!

Emmanuel Macron via sa nouvelle ministre de la guerre annonce le conflit en Europe pour 2029 ?!

Totalement hors-sol.

Le 8 avril dernier, la France entière a pu entendre Ernotte tenir sous serment en commission d'enquête, un invraisemblable discours.

- Le fait qu’une dirigeante d'un média public se positionne comme interlocutrice directe de hauts responsables militaires français et allemands sur des sujets de défense, est hallucinant. Ça donne l’impression que les médias publics sont intégrés de facto à l’appareil d’État ou à des réseaux européens, au détriment donc de cette soi-disant "indépendance éditoriale" que l'intéressée revendique !

- L’utilisation d’un argument de « guerre imminente » pour justifier le budget ou le rôle de France Télévisions : Ça s'apparente à une dramatisation ou une instrumentalisation du contexte géopolitique dans un débat budgétaire et politique (la commission portait, rappelons-le sur le financement et la neutralité de l’audiovisuel public pas les mouvements de troupes sur le continent dans la tête d'Ernotte !).

- Une certaine « militarisation » du discours public, où des acteurs non-régaliens (médias, entreprises) relaient des narratifs de préparation à la guerre, Ça brouille évidemment la ligne entre information et communication d’influence.

Il existe pourtant bien, une séparation claire des pouvoirs : seul le Président et le Gouvernement décident en matière de défense. 

Cette confusion des rôles au sens large est non seulement malsaine mais traduit une forme d'arrogance nuisible. Les médias publics doivent-ils être à ce point impliqués dans des réflexions stratégico-militaires ? Cela pose justement des questions sur leur indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et des alliances européennes ? 

Voila les propos tenus sous serment par Ernotte que la France entière a pu entendre le 8 avril dernier en commission d'enquête : 

« La singularité du Service public, c’est la confiance qu’elle a au public. Tous les indicateurs le montrent, c’est dans les chaînes publiques - c’est vrai aussi pour la radio publique d’ailleurs - que les Français ont le plus confiance. Pourquoi je vous dis ça maintenant et pourquoi c’est important de lui dire maintenant ? 

Il se trouve que, vous le savez, je préside aussi une union des télévisions et des radios publiques européennes et qu’à ce titre, je suis donc amené à beaucoup échanger avec mes collègues de la BBC, de la ZDF, des pays du Nord de l’Europe et qu’il se passe dans certains pays d’Europe, quelque chose qui est assez fondamental. 

Savez-vous par exemple que en Suède, c’est le chef de l’État-major de l’armée suédoise qui a demandé qu’on augmente les crédits de l’audiovisuel public. 

J’ai eu la même discussion un petit comité avec le chef de la défense allemande, et je ne vous dirai pas les discussions que je peux avoir ici en France.  

Pourquoi c’est important ? Et d’ailleurs j’ai invité le chef d’État-major de l’armée suédoise intervenir à l’assemblée générale ou tous les membres de cette union était présents. Qu’est-ce qu’il dit ? 

Il dit qu’en temps de guerre, en temps de guerre et sachez que les militaires prévoient une guerre avant 2029 donc je ne suis pas en train de parler dans le vide. Voilà ! En temps de guerre, la chose la plus précieuse, un des éléments les plus précieux pour les militaires, c’est la capacité de parler avec la population. Or, pour parler avec la population, il faut un média qui leur inspire confiance et donc publiquement devant les 100 directeurs généraux des médias radio-télé européens, j’ai demandé à ce chef d’État-Major quel est le conseil que vous donnez à nos services publics pour remplir cette mission. Vous savez ce qu’il m’a dit, il m’a dit : 

1) l’indépendance parce qu’il n’y a que l’indépendance qui permettre la confiance des citoyens 

2) la confiance [ il faut quand même oser parler de confiance avec tout ce qui vient de se passer en commission d’enquête avec des consignes visant à ne jamais révéler  la moindre rémunération, ne surtout pas donner les document, présenter de faux chiffres concoctés en interne et se réfugier derrière le secret des affaires ou la vie privée, ndlr] et 

3) un truc beaucoup plus pragmatique, pardon de le dire ici, c’était de la redondance de nos infrastructures et pour survivre à une attaque qu’elle soit cyber ou terrestre, voilà il m’a dit ça: l’indépendance et la confiance.»

Dire que dès 2017 Emmanuel Macron faisait référence  "l'autorité restaurée du Chef de l'Etat" !!!! Bel exemple de permissivité à tous les niveaux...

https://youtu.be/ryuEx9rer2Q?is=oJAPamIDBbBenjif


samedi 11 avril 2026

Une grotesque plaidoirie habillée en étude de celui qui tente de sauver l'ex-Orange qu'il encensait dès son premier parachutage.

Une grotesque plaidoirie habillée en étude de celui qui tenter de sauver l'ex-Orange qu'il encensait dès son premier parachutage.

C'est Balthazar notre notre nouveau venu qui nous a mis sur la piste de cette nouvelle tentative de sauver celle qui prédisait la guerre pour 2029 et affirme parler avec les États-majors européens.  

C'est aussi Éric Morillot qui a commis 2 tweets (*) qui font référence à l'invitation lancée par Philippe Bailly à Charles Alloncle pour tenter de le décrédibiliser et faire passer la catastrophique décennie de ratages en tous genres pour de soi-disant faits d'armes de "la dame du Majestic" (Pour celle qui parle aux militaires, quoi de plus logique ?!) en dépit des rapports au vitriol de la Cour des comptes et de l'IGF qui constatent exactement le contraire

Éric Morillot a d'ailleurs retwitté un des articles du blog CGC Média (2017) qui donnait déjà un bon aperçu de la connivence qui régnait, plus large d'ailleurs que France Télés (¤)

Il y a enfin sur les réseaux sociaux l'excellent analyse de JBG: "ENFUMAGE SUR COMMANDE"  qu'il convient de publier tel quel.

" Le rapport NPA Conseil sur l'audiovisuel public circule en ce moment. Delphine Ernotte l'a même citée face à @CHAlloncle comme ultime argument lors de sa dernière audition devant la commission d'enquête. Je viens de le consulter et il mérite une lecture attentive.

Rappelons que NPA Conseil est un cabinet qui travaille pour les acteurs de l'audiovisuel public. Le dossier est explicitement produit pour "contribuer aux travaux de la Commission d'enquête" mais il n'est en réalité que la ridicule "défense d'intérêts habillée en analyse neutre.

🔸 Le problème de base : les chiffres utilisés

NPA construit son analyse sur les données financières de France Télévisions elle-même, pas sur celles de la Cour des Comptes. Or il a été démontré que les chiffres publiés par FTV sous-estiment les concours publics de 23,2 M€ en 2022, 30,5 M€ en 2023 et 55,5 M€ en 2024 par rapport au tableau n°21 du rapport de la Cour .

🔸 La comparaison Netflix n'a pas lieu d'être

NPA fait le même raisonnement que Matthieu Pigasse et compare les 4,2 €/mois par habitant de l'audiovisuel public aux abonnements Netflix (5,99 €) ou Disney+ (6,99 €) pour démontrer que c'est "peu cher". C'est une escroquerie intellectuelle à double détente.

D'abord, FTV divise son budget par l'ensemble de la population française, 67 millions de personnes, alors qu'en moyenne ils sont 9 millions à regarder les chaines du groupe public (30% d’audience en moyenne sur les foyers équipés TV). Netflix facture un abonnement volontaire à ceux qui le choisissent. Ce ne sont pas deux modes de financement comparables : l'un est un prélèvement obligatoire, l'autre un contrat librement consenti qu'on peut facilement résilier.

Ensuite, ce "4,2 €/mois bon marché" finance une entreprise dont les capitaux propres sont passés sous le seuil légal de la moitié du capital social depuis 2021 ce qui impose à l'État actionnaire d'agir avant le 31 décembre 2026 sous peine de dissolution au sens du Code de commerce  - ce qui n'est toujours pas le cas malgré la pathétique com' de France Télés qui voudrait faire croire qu'après avoir tiré un trait sur les 424M€ desquels 150M€ ont été soustraits, ce serait la cas ! - il n'en est rien ! De surcroit, Netflix n'est pas en quasi-faillite statutaire.

Enfin, citer les 8,7€/mois/habitant en Allemagne comme référence sans mentionner la crise politique et démocratique que traverse l'ARD/ZDF (scandales de gouvernance, Rundfunkbeitrag bloquée par plusieurs Länder, réforme structurelle imposée avec division par deux des chaînes thématiques d'ici 2033) est une omission majeure. Le modèle allemand est en crise et le présenter comme étalon-or est peu honnête.

Ce que le rapport ne dit pas

NPA salue "l'effort de réduction des coûts de France Télévisions, supérieur à ses pairs européens." La Cour des Comptes est plus précise : entre 2017 et 2023, les effectifs ont baissé de 10,3% mais la masse salariale n'a reculé que de 1,95%. Les économies sur les programmes ont été absorbées par la dérive salariale et des frais de mission atteignant 46 M€ en année olympique. L'accord collectif de 2013, qui a "conduit mécaniquement à alourdir les charges et à creuser le déficit d'exploitation" selon la Cour, a été dénoncé en urgence en juillet 2025, soit douze ans après sa signature et neuf ans après que la Cour l'avait déjà qualifié de source de "surcoûts pérennes."

Le rapport veut montrer que France Télévisions a(urait) moins de moyens qu'en 2015, puis de conclure implicitement qu'il faut lui en redonner. 

Il omet bien évidemment de préciser que l’État qui s’est fait flouer avec le dernier plan collectif de licenciements à France Télés et a dû payer les bobards avancés par celle qui fut parachutée à l'été  2015, lui ayant vendu plus de 2 000 départs et une réduction drastique de la masse salariale, a de nouveau été prise la main dans le sac – cette fois-ci par l’Inspection Générale des Finances (¤) qui annonce que malgré un passage en 10 ans de 11 000 à 8 900 salariés  que LA MASSE SALARIALE de FRANCE TÉLÉVISIONS VA REPASSER LE MILLIARD D’EUROS  (#)

(#)

NPA ne mentionne pas non plus : les 169 directeurs pour 8 000 salariés environ  [8700 aujourd'hui] , le refus persistant de présenter le budget par nature de charges malgré les demandes répétées de l'IGF, des tutelles et de la Cour elle-même, ni le quadruplement de la captation interne par France TV Studio — passée de 5% à 20% de la production, soit jusqu'à 88 M€/an — présentée comme un "succès industriel".

🔸 Ce que ce rapport est vraiment

Il arrive deux semaines après la page "transparence" d'Ernotte, en pleine Commission d'enquête. Même logique : données réelles, narratif entièrement défensif, angles morts soigneusement choisis. Les vraies questions : quel périmètre, quelle gouvernance, quelle structure de coûts pour quel niveau de financement... n'est jamais posée. 

Ce rapport de NPA n'est pas une étude neutre. C'est une plaidoirie habillée en étude pour sauver la soldate Ernotte.

(¤) https://medias-cgc.blogspot.com/2017/07/lex-orange-de-ftv-et-philippe-bailly-de.html?m=1

PS : BALTHASAR REVIENT DEMAIN....




Le binôme CGT-CFDT pathétique duo du faux semblant qui n'aspire qu'à une chose : que l'ex-Orange lui colle des coups pieds au cul !

Le binôme CGT-CFDT pathétique duo du faux semblant qui n'aspire qu'à une chose : que l'ex-Orange lui colle des coups pieds au cul !

Le texte commun que ces deux-là ont sorti ce 9 avril est d'un cynisme délirant à vous donner la nausée.

Le blog CGC Média démonte point par point (*) leur capitulation, tout en soulignant qu’en participant à la médiation et en acceptant le cadre imposé par la dénonciation unilatérale de la direction, les deux syndicats signataires (CGT et CFDT) ont effectivement renoncé à contester pleinement cette dénonciation devant les tribunaux. 

Ils ont préféré négocier « en vrais fayots » plutôt que de risquer un contentieux qui aurait pu sans nul doute fragiliser la procédure sinon l'invalider comme la CGC de l'Audiovisuel est aujourd'hui seule syndicat à pouvoir le faire. 

Ah ces fidèles alliés et soutien d'une décennie ernottienne qui a envoyé l'entreprise dans le mur !

On relit leur communiqué commun et on se pince pour y croire. Ils osent écrire, la main sur le cœur "la dénonciation de l’accord de 2013, n’est pas de notre fait » ! et d'ajouter qu'ils ne l'ont  « ni souhaitée, ni approuvée » [comme si cela les empêchait de s'y opposer en Justice ?! ndlr] expliquant être aujourd’hui contraints de « protéger les salariés » en négociant gentiment avec celle qui vient de tout saccager !!!

C’est beau comme un discours de vaincu qui se prend pour un stratège.


Non, la renégociation n’est pas « obligatoire » comme tentent de le présenter la CGT et la CFDT. 

La direction a choisi de dénoncer unilatéralement un accord protecteur. Face à cela, la paire de circonstance avait un choix clair : contester vigoureusement cette dénonciation devant les tribunaux, faire valoir les vices de forme qu'ils avaient  eux-mêmes pointés, et tenter de la faire annuler ou suspendre. 

Au lieu de cela, ils  ont couru à la médiation judiciaire comme on court à Canossa. Ils ont accepté le cadre imposé par l'ex-Orange, prolongé la survie de l’accord jusqu’en 2028… et ils n'ont même pas honte de clamer qu'"ils n’ont rien abandonné".

C'est faux évidemment. En acceptant cette médiation et en entrant dans la négociation sans avoir épuisé les voies judiciaires, ils ont renoncé à saisir pleinement la justice sur le fond et la forme de cette dénonciation brutale. Ils ont préféré transformer une attaque frontale en « opportunité de dialogue ». Résultat ? Ils négocient (le terme n'est guère approprié)  aujourd’hui la tête sur le billot, en position de faiblesse, et ils essaient de  vendre ça au personnel comme un acte de « courage » et de « responsabilité ». Du courage ? C'est une blague ! De la capitulation déguisée en fanfaronnade.

Ils racontent doctement aux salariés que que si rien n’est signé en 2028, on retombera sur le Code du travail, l’accord de branche et la CCN des journalistes… qui sont « moins protecteurs ». Merci pour l’évidence. 

C’est précisément pour éviter ce risque qu'ils auraient dû se battre juridiquement dès le départ, au lieu de négocier par petits « chapitres » un nouvel accord sous la menace permanente de la direction, à commencer par les indemnités en cas de licenciements économiques et autres qui devraient être divisées par 2 sinon par 3 et qu'Ernotte leur proposerait à signature avant même comme la loi le prévoit qu’un accord global de substitution soit signé. 

Négocier par morceaux, sans garantie, c'est exactement ce qu'ils sont en train de faire amis qu'ils n'hésitent pas à reprochez aux autres, à savoir une renégociation éclatée, au gré des envies de la direction, sans vision d’ensemble.

Quant à leur petit rappel légal sur qui a le droit de s’asseoir à la table (« seules les OSR dans l’entreprise »), il sonne comme une menace mesquine contre les syndicats qui osent critiquer votre ligne. 

« Tous les autres discours sont trompeurs, populistes et démagogiques » ? Classique. Quand on n’a pas d’arguments, on accuse les autres de populisme voire même d'être des fachos. La réalité, c’est qu'ils sont êtes en train de brader les acquis par petits bouts, chapitre après chapitre, pendant qu'ils ressassent en boucle « on ne bradera rien ». On connaît la chanson.

Ils n'auraient  « pas le choix » ? Faux. Ils ont choisi pour la voie la plus confortable : négocier plutôt que combattre. Ils disent vouloir sanctuariser quelques miettes plutôt que de risquer un vrai rapport de force judiciaire et social...et aujourd’hui, ils osent prétendre que refuser de négocier serait « irresponsable ». 

Non. Ce qui est irresponsable, c’est d’avoir laissé la direction dénoncer un accord parmi les plus protecteurs du secteur sans mener une bataille juridique déterminée jusqu’au bout.

Les salariés ne sont pas dupes. Ils voient bien que l'ineffable duo est passé du statut de défenseurs à celui de négociateurs sous perfusion. Ils voient que la « lucidité sur les intentions de la direction » dont ils se gargarisent, n’est rien d’autre que la lucidité du mouton qui sait qu’il va se faire tondre, mais qui préfère discuter de la longueur des ciseaux.

Il serait préférable qu'ils gardassent leurs leçons de « responsabilité » et leu posture de sauveurs. La vérité est plus simple et plus cruelle : ils ont renoncé à un combat de principe pour entrer dans un marchandage de boutiquiers. Et ils imaginent que les salariés vont gober et vous en seraient reconnaissants.

Ils risquent surtout de s’en souvenir.

Le sondage lancé en interne par la CGC de l'Audiovisuel de France Télévisions, tourne bien et se poursuit. Soyez nombreux à y répondre et montrez à un juge que vous êtes derrière le seul syndicat qui conteste devant les Tribunaux cette invraisemblable dénonciation. 

vendredi 10 avril 2026

Pour mieux noyer leur chien, certains censeurs de la pensée unique s’apprêtent à le déclarer enragé !

Pour mieux noyer leur chien, certains censeurs de la pensée unique s’apprêtent à le déclarer enragé !

Avant de débuter notre texte, voici une fable. Elle n’est pas de Jean de La Fontaine et n’a que peu de rapport avec ce qui suit…sauf peut-être sa morale !

Sous prétexte de « dresser » un chien que les employés d’un chenil avaient qualifié d’errant, ils lui criaient dessus du matin au soir pendant des mois, en le traitant de tous les noms. 

Un jour on lui ordonnait de rester dans sa niche, le lendemain on le punissait d’avoir pris trop de libertés. On le flattait puis on l’houspillait dans la même phrase, on lui donnait un ordre pour mieux le changer cinq minutes après. Le chien, perdu, devait faire le dos rond à chaque geste de ce petit groupe.

Un soir, excédé par ses propres contradictions, le gardien du chenil attrapa la bête par la peau du cou, la traîna jusqu’à la rivière et la noya sans hésiter. En rentrant, il déclara aux uns et aux autres, d’un air grave : « Il était devenu enragé. Je n’avais plus le choix. »

C’est fou ce qu’on peut faire subir à un autre quand on refuse d’admettre que le problème, c’est soi. »

Comme on dit dans les films « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite »…il nous faut à présent, sauter du coq à l’âne et vous conter une autre histoire. 

Six mois de travaux prévus à l’origine pour 67 jours seulement d’auditions - environ un tiers seulement du temps imparti - ponctuées d’arrêts intempestifs, de postures, de tentatives multiples de sabotage et d’interruptions en tous genres pour espérer noyer certains propos dans l’eau tiède.  Des centaines d’heures à décortiquer sur les gaspillages, les copinages, les omertas et les dérives d’un audiovisuel public gavé d’argent public celui des Français : tout ça pour quoi ? Pour finir étranglé dans un délai grotesque.

L’ex-Orange a clos hier le bal (des hypocrites, pour quelques-uns) perdant ses nerfs et pensant s’être payé «le  petit rapporteur », à qui rien ne sera épargné. Il dispose d’à peine 10/12 jours pour pondre un rapport de près de 300 pages. Un timing « extrêmement court et parfaitement inédit », lâche-t-il lui-même. D’habitude, on laisse un mois, un mois et demi. Ici, on lui serre la gorge : deux administrateurs, ses collaborateurs, et l’intéressé vont « se dédier pleinement à la tâche ». 
Traduction : on le met en situation d’échec pour mieux le discréditer ensuite. 

Quasiment indécent, le vrai plan n’est même pas caché : empêcher la publication du rapport. Autour du 27 avril, les 31 membres de la commission voteront. Une simple majorité suffira à tout balancer aux oubliettes. Les auditions, les vidéos, les preuves accumulées, les dysfonctionnements criants… pffuit, effacés du site de l’Assemblée comme s’ils n’avaient jamais existé.

C’est grave, dit Charles le pugnace. C’est une tentative pure et simple d’assassinat du travail parlementaire. On crie « partisan », on hurle au « cirque », on accuse la commission d’être une chasse aux sorcières… tout ça pour justifier l’enterrement en règle. 

Quand on ne peut plus nier les déficits abyssaux, certains salaires indécents, des  conflits d’intérêts ici et là et la partialité chronique, on sabote le messager. 

On raccourcit ses délais pour le faire trébucher, on prépare le peloton d’exécution au vote, et on espère que les Français n’y verront que du feu. Classique méthode : diaboliser celui qui ose mettre le nez dans le trou, puis faire disparaître les preuves.

Pour noyer l’embarrassant empêcheur de tourner en rond, certains se sont mis d’accord en amont pour le  déclarer « enragé » mais chacun aura compris que ce n’est pas seulement le rapport qu’ils veulent noyer. C’est la vérité sur des années de gabegie, de propagande et de privilèges payés par le contribuable qu’ils cherchent à étouffer dans le silence.

Pourtant, si le rapport finit englouti, les Français sauront précisément les noms et qualités celles et ceux qui l’auront précipité à l’eau. 

C’est grave, a martelé Charles Alloncle. C’est une tentative pure et simple d’effacer le travail parlementaire qui dérange. On décrète le chien galeux, on le dit enragé et on le noie discrètement pour que plus personne n’entende ses aboiements mais la seule question qui compte désormais est simple : à qui profite sa noyade ?»

Oui mais « la vérité, une fois sortie, ne se noie pas si facilement. »