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mercredi 22 juillet 2026

À Guadeloupe La 1ère, l’ascenseur sélectif est devenu rampe de lancement.

À Guadeloupe La 1ère, l’ascenseur sélectif est devenu rampe de lancement. 

Une simple note de service relance les interrogations sur les critères de promotion et l’égalité de traitement au sein de Guadeloupe La 1ère et plus largement dans le groupe France Télévisions.

Une note de service de quelques lignes suffit parfois à relancer un débat. C’est précisément ce qui vient de se produire à Guadeloupe La 1ère. 

Celle-ci publiée par le directeur régional, Laurent Salcede, annonce que Mélanie Degrado assurera l’intérim de l’administrateur de production, Raymond Philogène, durant son absence.

Au passage, on observera que ce dernier est probablement l’un des rares administrateurs de production de France Télévisions sinon le seul et unique, à assurer lui-même la direction opérationnelle de nombreux tournages qu’il est pourtant censé administrer. Il réalise également, avec les moyens humains, techniques et financiers de la station, les magazines Bokantaj et Eritaj, tout en assumant de nombreuses missions opérationnelles sur le terrain. Une organisation qui interroge déjà sur la répartition des responsabilités au sein du service mais aussi les personnels. Rappelons si besoin était que le code du travail précise qu’un contrat doit être conclu pour un motif précis, celui pour lequel il est établi.

Une simple note de service ? Pas vraiment car cette décision intervient seulement quelques semaines après une nomination particulièrement rapide qui avait déjà suscité de nombreuses question parmi les salariés de l’établissement.

Le blog CGC Médias relevait alors une progression de carrière qualifiée de « passage en mode fusée », tant sa rapidité apparaissait exceptionnelle : un passage du groupe 4 au groupe 8, présenté comme ne correspondant pas aux dispositions habituellement prévues par les textes applicables.

Le blog rappelait également que sa mère, Michelle Philemon, a exercé plusieurs responsabilités syndicales au sein de Guadeloupe La 1ère, notamment comme secrétaire du CSE, secrétaire de la CTU-CFDT (Centrale des Travailleurs Unis), puis responsable de cette organisation.

Aujourd’hui, cette même salariée est choisie pour assurer l’intérim de l’administrateur de production.

Cette décision revêt une portée particulière. Elle signifie que la direction considère désormais cette salariée comme en capacité d’assurer les responsabilités du principal responsable de la production de l’établissement. C’est précisément ce choix qui nourrit aujourd’hui tous les questionnements.

À Guadeloupe La 1ère, certaines carrières semblent parfois avancer plus vite que les explications. Certains parleront de mérite, d’autres de coïncidences. Les salariés, eux, attendent surtout que les mêmes règles s’appliquent à tous.

On ne peut raisonnablement que se demander pourquoi une telle fulgurance. Là où certains collaborateurs cumulent parfois plusieurs décennies d’expérience sans jamais voir leur carrière décoller, d’autres semblent bénéficier d’une véritable rampe de lancement difficilement imaginable dans une entreprise de service public. Les cas d’une telle accélération de carrière sont si rares qu’ils se comptent facilement sur les doigts d’un seul gant « d’astronaute. »

Si une salariée récemment promue est aujourd’hui considérée comme capable d’assurer les fonctions de l’administrateur de production, pourquoi tant d’autres collaborateurs expérimentés n’ont-ils jamais bénéficié de la même confiance ?

Personne ne conteste qu’un employeur puisse promouvoir un salarié ou lui confier un intérim. Encore faut-il que chacun puisse comprendre pourquoi cette décision intervient, selon quels critères elle est prise et en quoi elle respecte les règles communes applicables à tous.

Le véritable sujet dépasse d’ailleurs la seule situation individuelle. Dans une entreprise de service public, chaque promotion devrait pouvoir être comprise, expliquée et objectivement justifiée. À défaut, c’est la confiance de l’ensemble des salariés qui finit par s’éroder.

Le plus regrettable reste le silence de la direction, à commencer par le direction des Outremers qui connaît parfaitement cette situation, au point de l’avoir laissé perdurer et s’installer. Face aux interrogations relayées par le blog CGC Médias, notamment sur un possible favoritisme ou un possible népotisme aggravé, aucune explication n’a été apportée sur les critères retenus, aucune démonstration de la conformité de cette évolution avec les règles de l’accord d’entreprise, aucune volonté de dissiper les doutes.

À défaut de transparence, chacun est libre de tirer ses propres conclusions.

Une entreprise publique ne devrait pourtant jamais donner le sentiment que les règles s’appliquent différemment selon les personnes. Dans un service public, l’exemplarité ne devrait jamais être une option.

La confiance des salariés ne se décrète pas par une note de service. Elle se construit par la transparence, l’équité et le respect des règles communes.

Pour beaucoup de salariés, cette note de quelques lignes ne répond finalement à aucune des interrogations déjà soulevées. Elle semble, au contraire, les renforcer.

Laurent Salcede apporte ainsi un élément supplémentaire au débat. En désignant Mélanie Degrado pour assurer l’intérim de l’administrateur de production, la direction semble désormais considérer cette récente promue comme une référence du service. Une marque de confiance remarquable… que beaucoup de collaborateurs expérimentés apprécieront à sa juste valeur !!

Les interrogations soulevées depuis plusieurs mois demeurent donc entières. Cette nouvelle décision apparaît comme un élément de plus venant alimenter les questionnements déjà exprimés sur les modalités de certaines évolutions de carrière au sein de l’établissement.

C’est dans ce contexte que l’organisation syndicale entend désormais solliciter l’avis de l’Inspection du travail ainsi que les conseils d’un cabinet d’avocats afin d’apprécier, en toute indépendance, la conformité de ces décisions avec les principes d’égalité de traitement, les règles applicables au sein de France Télévisions et, plus largement, les obligations qui s’imposent à un employeur public en matière de transparence et de non-discrimination.

Ce n’est donc plus seulement une question de promotion individuelle.

C’est désormais une question de confiance dans les règles qui doivent garantir l’égalité de traitement de tous les salariés d’une entreprise de service public.

Et cette confiance, une fois fragilisée, est toujours longue à reconstruire.


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