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mardi 21 juillet 2026

La victimisation à 47 millions d’euros – ou comment Delphine Ernotte tente de faire plier Matignon tout en empochant les crédits d’impôt du contribuable.

La victimisation à 47 millions d’euros – ou comment Delphine Ernotte tente de faire plier  Matignon tout en empochant les crédits d’impôt du contribuable.


Ah, la grande tragédie française contemporaine ! Tandis que Matignon exige 47 millions d’euros supplémentaires d’économies à France Télévisions pour 2027 – et que le Premier ministre ne fléchit pas d’un iota – Ernotte multiplie les postures de victime. On la croirait presque au bord du gouffre, obligée de sacrifier l’« excellence » du service public sur l’autel de l’austérité dressé par Bercy. Pauvre entreprise, pauvre dirigeante, pauvre audiovisuel public menacé de « dissolution » (dixit les rapports, notamment celui de la cour des comptes, en écho à celui de l’inspection générale des finances).

Pourtant, creusons un peu. France Télévisions ne paie plus d’impôt sur les sociétés (IS) depuis 2021, ses déficits cumulés ayant effacé toute base imposable. Pourtant miracle de la fiscalité à la française : l’entreprise perçoit quand même des remboursements au titre des crédits d’impôt sur les sociétés. 

Hallucinant ! Selon les éléments publics issus des travaux parlementaires et de la Cour des comptes, cela représente environ 37 millions d’euros au titre du crédit d’impôt audiovisuel depuis 2017 (via ses filiales de production notamment). Ces chiffres ont entre autres été confirmé lors des auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.

Le montant global ?

Le chiffre précis agrégé pour l’ensemble des crédits d’impôt (audiovisuel + éventuels autres) n’est pas toujours ventilé de façon ultra-transparente dans les rapports grand public, mais on parle d’un flux entrant significatif – autour de plusieurs dizaines de millions d’euros cumulés sur les dernières années – alors même que l’entreprise ne reverse rien (ou presque) au Trésor public. 

Chacun se souvient encore des remarques. Faites par le troisième président de la Cour des Comptes lors de la commission d’enquête qui indiquait que s’il y avait une comptabilité analytique fiable, il serait plus facile d’obtenir des informations plus détaillées et plus pointues ! Il pourrait même exister d’autres dispositifs fiscaux classiques (par exemple : crédits d’impôt sur les sociétés de droit commun) qui peuvent s’ajouter selon les exercices.

En même temps, les capitaux propres fondent (de 294 M€ en 2017 à environ 179 M€ en 2024 et autour de 100 M€ en 2026!), les déficits s’accumulent mais pour quelques centaine de très gros salaires salaires, le rémunération, primes d’objectif et autres avantages restent confortables voire augmentent. Qu’a cela ne tienne : il faut plus d’argent public, moins d’efforts internes, et beaucoup de communication larmoyante.

Le vrai scandale

Le vrai scandale, c’est cette schizophrénie budgétaire : on demande au contribuable de combler les trous (via la dotation publique massive) et on accorde des crédits d’impôt qui reviennent indirectement dans les caisses du groupe, puis quand Matignon serre un peu la vis à hauteur de 47 M€, c’est la fin du monde. Ernotte se victimise en boucle devant les micros, quelques délégués rouges qui l’accompagnent quasiment depuis l’été 2015 et orangés par mimétisme depuis un peu moins longtemps, crient à la saignée. Pendant  ce temps les Français payaient la redevance (supprimée  certes mais compensée par l’impôt indirect réglé par tous: la TVA), la dotation mais aussi ces crédits fiscaux.

47 millions d’euros d’effort supplémentaires avec 15M€ dès 2026 ? Une paille à l’échelle du budget de France Télévisions (plus de 2,5 milliards d’euros de crédits publics). À quoi Delphine Ernotte répond par un nouveau « un plan massif de départs volontaires (environ 1 000 ETP, soit ~11 % des effectifs) visant selon elle a 70-80 M€ d’économies récurrentes par an à partir de 2028 !! Surréaliste. Chacun imagine son banquier lui disant avant la fin de l’année, vous devez avoir réglé votre problème de déficit chronique… À qui vous répondez en 2028, (c’est-à-dire deux ans plus tard) « j’envisage de prendre un appartement plus petit). Allo la terre…

Delphine Ernotte n’est pas une victime, elle est la responsable. Elle a réussi à casser la grande maison publique créée par Hervé Bourges qui bénéficie encore de rentes et de mécanismes fiscaux avantageux. Elle n’est plus en capacité de faire payer aux salariés ses propres errements. Qu’elle rende des comptes clairs sur ces crédits d’impôt qui viennent adoucir des bilans par ailleurs présentés comme catastrophiques et libère l’entreprise de ce joug malsain qui pèse sur elle depuis plus de dix ans 

Le contribuable en a assez d’être le dindon de la farce budgétaire. Matignon a raison de ne pas fléchir. Que les larmes de crocodile cessent : c’est l’argent de tous qui est en jeu.

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