Impunité des "élites" : France Télévisions, miroir de la macronie qui s’effondre !
Télérama a jeté cette semaine un pavé dans le marigot ernottien dont les révélations depuis la commission d'enquête sur l'Audiovisuel public n'ont cessé d'indigner les Français (*)
Les Français révulsés par l’affaire Ernotte/France Télévisions voient souvent un microcosme de ce qu’ils reprochent à la « macronie » depuis une dizaine d’années : une élite dirigeante qui semble au-dessus des règles communes, qui communique sur la transparence et la compétence tout en pratiquant l’esquive, le déni et le recours à des outils opaques (cabinets privés, storytelling), avec très peu de sanctions visibles à la clé, réagissait Marianne, il y a peu.
Le Figaro pour sa part, enfonçait le clou et parlait de France Télés comme d’une institution « protégée » qui perd sa légitimité aux yeux du public par accumulation de dysfonctionnements niés ou minimisés.
(*)
Que nous révèle le magazine télé cette semaine dans l'article signé François Rousseaux "Le médecin et animateur Jimmy Mohamed accusé de violences : comment RTL et France Télévisions réagissent" ?
Jimmy Mohamed, 38 ans, coqueluche des matinales RTL, du JT de France 2 et du Mag de la santé sur France 5 (bientôt sur France 2, promotion oblige), le médecin des pauvres, le successeur de Michel Cymes, l’ami des femmes enceintes et de la santé mentale, accusé par son épouse Souailla Mohamed de violences physiques et psychologiques.
Photos d’hématomes à l’appui, datées, postées sur Instagram. Messages déchirants sur les insultes, menaces, infidélités et le cyberharcèlement depuis la demande de divorce...
Que fait la caste ? France Télévisions se réunit en urgence, l'ex-Orange et son-ex-primo dircab en personne devrait réagir ! On annule prudemment le JT du vendredi avec Laurent Delahousse, on discute, on « prend en considération » mais on maintient l’essentiel : pas surtout pas de mise à l’écart.
RTL, visiblement, ne semble pas s'en émouvoir : « Vous allez nous parler de l’aspirine… » et hop, chronique normale. Pas un mot des patrons. Le bon docteur reste à l’antenne, ses millions d’abonnés intacts, ses livres qui se vendent à 500 000 exemplaires toujours en rayon.
Un « gros bosseur », « toujours au taquet », « discret sur sa vie privée », disent certains collègues, ajoutant tout de même « il est protégé par l’audience» ! Évidemment...
Contactée par Télérama, la direction de France Télévisions tente une analogie d’ailleurs bien fumeuse par rapport aux exemples qui vont suivre. Elle fait état d'un précédent en 2021, lorsque Diego Buñuel, l’ex-directeur des programmes, visé par des accusations de viol de son ex-femme, s’était de lui-même mis en retrait - ce que Jimmy Mohamed aurait refusé à ce stade, n’étant pas pour le moment visé par une plainte, comme le souligne le groupe public - Il avait retrouvé son poste une fois la procédure judiciaire classée sans suite !
Jimmy Mohamed, lui, dément et qualifie le tout de mensonges, argumentant via son avocat qu'il n'y pas de plainte pour l’instant. Et alors ?
Où est passé le vitriol que ces mêmes médias et plus précisément France Télés réservent habituellement aux accusés ? Souvenez-vous de ces trois journalistes sportifs...Quand les accusations ont fusé, pas d’états d’âme, pas de « attendons la justice », pas de « il dément ». Aucune plainte au pénal n’avait pourtant été déposée.
Ernotte les a lynché
publiquement, traîné dans la boue, présumés coupables jusqu’à la moelle. Finalement,
la justice leur ont donné raison pour leur licenciement sans cause réelle et
sérieuse mais le mal était fait.
Que dire de l’affaire Richard Berry ? En 2021, à peine sa fille Coline l’accuse d’inceste et de viols sur mineure, France 3 déprogramme illico le téléfilm La loi de Damien, déjà tourné, dans lequel il jouait. On ne prend même pas le temps de vérifier, on sacrifie le travail de toute une équipe et la diffusion d’une œuvre finie sur l’autel de la présomption de culpabilité. Le Blog CGC des Médias avait d’ailleurs dénoncé cette lâcheté et cette cancel culture maison dans un papier de l’époque.
Que penser également de Martin Ajdari, l’actuel patron de l’Arcom : auditionné devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, qui a « oublié » d’invoquer l’article 40 du Code de procédure pénale pour des faits graves de harcèlement et d’agression sexuelle survenus en 2009 sur le plateau de Ce soir (ou jamais !) de Frédéric Taddeï sur France 3.
Devant les députés, il a affirmé ne plus se souvenir précisément de ces faits graves… et surtout qu’il « n’était pas aux responsabilités à ce moment-là ». Un mensonge patent, comme l’ont rappelé les faits et les documents de l’époque. Le Blog CGC des Médias avait, là encore très récemment, dénoncé ces agissements dans plusieurs articles, soulignant cette cette amnésie sélective et cette gestion pour le moins complaisante.
Rappelons aussi ce qu’affirmait Delphine Ernotte elle-même dès 2020, lors de son audition devant le CSA de Roch-Olivier Maistre : elle y martelait sa politique de tolérance zéro à France Télévisions face à tout soupçon d’agression sexuelle ou de harcèlement, promettant une fermeté absolue, une prise en charge sans faille des victimes et une culture d’entreprise irréprochable sur ces sujets.
Des
mots et des engagements… qui sonnent totalement creux aujourd’hui.
Quant à Flavie Flament - figure médiatique de la lutte contre les violences faites aux femmes, elle a porté plainte pour viol contre Patrick Bruel - recrutée pour présenter la nouvelle formule du Mag de la santé aux côtés de Jimmy Mohamed à la rentrée sur France 2, comment peut-elle ne pas réagir ?!
Selon plusieurs sources, elle vit « très mal » la situation après ces révélations. Difficile de co-animer une émission sur la santé, le bien-être et les femmes avec un homme accusé de violences conjugales par son épouse. Pourtant, le duo continue d’être poussé par la direction. L’image d’un groupe public « exemplaire » en prend un sacré coup...Le "trop c'est trop " devrait emporter toute cette caste de l'entre-soi qui se protège en tapant sur les autres !
Quand c’est un chouchou du service public, un « Monsieur bien-être » qui vend du soda light et des conseils vertueux en plateau tout en laissant (selon son épouse) des canettes traîner dans la voiture, on temporise ! On protège la marque. On pense à l’audience, aux partenariats, au business. Surtout ne pas froisser la poule aux œufs d’or.
Le médecin qui sermonne la France sur la santé mentale serait un mari violent ? Silence, on tourne. Les bleus sur les bras d’une ancienne sage-femme, mère de ses trois enfants ? « Hyper compliqué », souffle-t-on dans les étages de France Télévisions.
Jimmy Mohamed n’est pas encore jugé, certes ! Il a droit, comme tout le monde, à la présomption d’innocence mais la complaisance écœurante des rédactions qui le portent aux nues, alors qu’elles ont massacré d’autres sans état d’âme, révèle leur vrai visage : celui d’une caste qui protège les siens, défend son business et ne découvre les « valeurs » que quand ça arrange l’audimat ou l’idéologie du moment.
C’est toujours le même constat, du deux poids deux mesures : présomption d’innocence pour les amis du régime médiatique, cancel culture expéditive pour les autres. En interne, à France Télés certains soi-disant RH sont spécialistes du genre depuis un bon moment !
La justice tranchera probablement. En attendant, bienvenue dans le monde merveilleux du groupe public où les hématomes d’une épouse ne pèsent rien face aux courbes d’audience d’un chroniqueur vedette, où un téléfilm déjà tourné s’efface d’un claquement de doigts, où les responsables d’hier « ne se souviennent plus », et où la « tolérance zéro » s’applique surtout aux autres....
Vous savez, la République exemplaire qu'on avait vendu aux Français voilà 10 ans !



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