jeudi 27 novembre 2008
L'épineuse réforme de l'audiovisuel mercredi devant un Sénat rétif (AFP 5 janvier 2009)
Par Suzette BLOCH
PARIS, 5 jan 2009 (AFP) - Après une discussion-marathon houleuse à l'Assemblée, l'épineuse réforme de l'audiovisuel public arrive en débat mercredi au Sénat où, selon plusieurs sénateurs UMP, elle n'est pas à ce jour assurée de rassembler une majorité.
Comme les députés, les sénateurs PS et PCF vont mener une offensive frontale contre ce texte. S'ils n'annoncent pas le même flot abondant d'amendements qu'à l'Assemblée, ils prédisent une bataille "sans concession". "On va mener un vrai combat politique", dit David Assouline (Paris), principal orateur du PS, convaincu qu'"il peut y avoir des sénateurs attachés aux principes républicains et soucieux d'empêcher des dérives". Car c'est au sein de la majorité qu'un grain de sable risque de gripper la discussion.
Le projet de loi arrivera au Palais du Luxembourg alors même que sa principale disposition, la suppression de la publicité à France Télévisions après 20H00, sera entrée en vigueur lundi. Le conseil d'administration de France Télévisions a en effet anticipé cette suppression sur injonction du gouvernement.
Ce qui heurte plus d'un sénateur, y compris à l'UMP. "La loi entre en vigueur devant 22 millions de téléspectateurs et 48 heures après le Sénat se penche dessus, mais quel est l'intérêt de participer à ce débat, de voter?" s'interrogeait lundi Dominique Dominati (UMP, Paris). "Je fais partie d'un certain nombre de sénateurs de l'UMP qui ne siégeront pas".
"Il est un peu désagréable d'avoir à débattre d'une réforme déjà engagée", avait déjà commenté l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin en décembre. Le sénateur UMP de la Vienne a souligné l'autre problème dans la majorité, l'avenir du financement: "Ce qui est important c'est de convaincre l'ensemble du Sénat du financement du service public de la télévision (...) car aujourd'hui il n'y a pas de majorité sénatoriale".
Le groupe Union centriste (UC) qui regroupe 29 sénateurs, autant Nouveau Centre que Modem, est loin d'approuver cette réforme. A l'Assemblée, pour la première fois depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, les élus NC ont voté majoritairement contre un projet de loi.
Le casus belli, c'est le financement de l'audiovisuel public par la création de deux taxes, prévue par le texte. Les centristes prônent, outre son indexation sur l'inflation, une augmentation de "2 à 3 euros" de la redevance et l'instauration d'une redevance pour les résidences secondaires.
Selon Hervé Maurey (Eure), orateur principal de l'UC, "en l'état du texte", "une très grande majorité de sénateurs centristes voteraient contre".
Du côté des radicaux du RDSE, dont l'appoint compte pour une UMP qui a perdu la majorité absolue lors des dernières élections sénatoriales, le projet ne soulève pas non plus l'enthousiasme.
Le gouvernement va donc devoir négocier avec les centristes pour faire passer son texte. Christine Albanel (Culture) s'est dite dimanche soir prête à discuter des modalités de financement et mardi matin, les ministres concernés et les principaux responsables du dossier pour l'UMP et le centre au Sénat se retrouveront à Matignon autour du Premier ministre, François Fillon.
Les groupes du Sénat qui n'ont pu examiner le texte avant la trêve des confiseurs se réunissent mardi après-midi pour arrêter leur position et la commission des Affaires Culturelles mardi matin. Plusieurs syndicats de France 2 ont déposé un préavis de grève pour le 7 janvier, jour où les Sénateurs entameront leurs débats.
szb/so/ei
mercredi 26 novembre 2008
Grève très suivie ce mardi 25 novembre 2008
Les députés socialistes opposés unanimement au projet, notamment Martine Aubry et Benoît Hamon ou encore le député Vert Noël Mamère qui sont venus apporter hier un soutien remarqué aux manifestants au projet, mais aussi ceux du Nouveau Centre et à présent un nombre croissant de députés UMP, font envisager au plus hauts niveaux "plutôt que dénaturer totalement le texte et le vider de facto de son contenu" un ajournement.
Ajournement inévitable du projet de loi audiovisuel au regard de la crise et face à une telle cacophonie
"Il y a un journal télévisé de trop. Il faut en supprimer un" ont-ils entonné de concert. France 3 devrait garder le régional", a estimé M. Myard dans les couloirs de l'Assemblée Nationale. A ses côtés, M. Luca a même cru devoir ajouter "France 3 national, on s'en fout. Le journal télévisé, juste avant celui de France 2, ça fait doublon. Il vaut mieux mettre le paquet sur le régional". Et dire qu'une des dispositions phare du C.S.A. c'est le pluralisme en matière d'Information !!!
Parallelement aux déclarations d'Hervé Mariton que nous reprenions hier sur notre blog, c'est au tour du rapporteur général de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), de juger le projet "économiquement discutable". "Je ne voterai pas le financement de la suppression de la publicité (taxes sur les chaînes privées et les opérateurs mobiles)" a dit GillesCarrez.
Gilles Carrez (UMP) a déclaré (source Reuters) qu'il "ne votera pas le financement" de la suppression de la publicité".
Le rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a bien compris comme aujourd'hui apparamment une majorité de ses coll-ègues, qu'en cette période de crise économico/financière, les français ne pardonneront pas à ceux des députés qui engloutiraient à fonds perdus : 1 milliard/1,5 milliard d'euros, dans un projet "économiquement discutable" .
"Aller supprimer la publicité qui est un moteur de la consommation aumoment où la croissance bat de l'aile, c'est économiquement discutable", a-t-il déclaré également à l'AFP.
Ce n'est pas tout, dans le droit fil de ce que proposait il y a quelques jours, le plus pragmatiquement et logiquement qui soit l'ex Premier Ministre Edouard Balladur, de reporter ce projet, Claude Goasguen député de Paris.a déclaré, hier : "C'est une loi qui déplaît au secteur privé, au secteur public, aux petites chaînes, aux grandes chaînes et à internet".
Il a ajouté : "On se serait bien passé d'un débat de ce genre dans la situation économique actuelle".
dans de telle conditions comment ne pas imaginer une prise de conscience au plus haut niveau et un ajournement du projet dans un contexte "plus porteur" !
A tous ceux députés, sénatuers et autres qui ont pris conscience du manque de pertinence à ce projet mais surtout du fait qu'il n'y avait aucune urgence en période de crise qui touche de plein fouet les contribuables à voter de telles mesures, la CGC Médias dit BRAVO.
mardi 25 novembre 2008
Une majorité de députés y compris UMP franchement hostiles au projet de loi audiovisuel au regard de la crise économico/financière
Le député UMP Hervé Mariton s'est même déclaré, ce 25 novembre, défavorable à la suppression de la publicité, en soirée, sur les chaînes télévisées publiques, mesure phare du projet de loi sur l'audiovisuel public examiné à partir de mardi à l'Assemblée nationale.
"La pub, c'est rigolo, c'est bon pour le moral et c'est bon pour la consommation", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée. Le député de la Drôme redoute notamment "la contrepartie" de la suppression de la publicité, qui va entraîner selon lui "une hausse de la fiscalité". [Les français n'accepteront sûrement pas de mettre encore la main au porte monnaie, cette fois-ci pour la télé, ndlr !!!!!]
"Un certain nombre de députés UMP partagent mon point de vue", a-t-il encore affirmé. Outre l'ensemble des députés du Nouveau Centre, l'ensemble des députés de l'opposition, c'est à présent comme l'écrit et le dit la CGC Médias depuis plusieurs semaine, un nombre considérable de députés UMP qui ont aussi fait savoir leur désaccord avec le projet.
En additionnant tous ces députés qui pensent que l'Etat dont l'endettement est maximum et qui risque en 2009 de dépasser les 3% du PIB et dont les caisses sont vides, a autre chose à faire avec le milliard/le millliard et demi qu'il voulait donner à Carolis.
C'est donc à présent face un hémicycle majoritairement et le plus pragmatiquement qui soit hostile au projet, que le Chef de l'Etat va devoir se poser la question du maintien à marche forcée du texte de loi.
Il semblerait, du reste, qu'au regard de toutes ces inquiétudes et toute cette polémique bien inutile en ces temps de crise, il décide d'écouter les conseils de son ami Edouard Balladur en demandant au gouvernement de sursoir pour l'instant.
Ahurissants les propos de Christine Albanel sur LCI ce matin…A-t-elle jamais regardé la télé ces 20 dernières années pour vouloir refaire les SHADOKS?
"Il faut de l'audace [a-t-elle martelé ] et de l'inventivité". [Les Shadoks, Les raisins verts d'Averty...]
(extraits de propos lors de la précédente grève) « Est-ce que c’est une grève contre la publicité ou plutôt une grève pour savoir ce que nous faisons pour que cette réforme très très importante se passe dans de bonnes conditions »…
Quant à la redevance, le mécanisme d’indexation mis en place, « c’est pour éviter qu’elle ne baisse car de fait elle baissait ces dernières années ». Surréaliste!
De telles platitudes, ça laisse pantois!
Aux salariés de France Télévisions, elle dit et répète : « Ne soyez pas inquiets …on a la volonté de faire ensemble une télé publique vers tous les publics, une télévision de qualité avec la possibilité de voir des choses intéressantes, des émissions nouvelles : cinéma, variété, sports, absolument tout plutôt dans la soirée sans avoir ces programmes à minuit, 1 heure du matin qui étaient inévitables quand on était plus dépendant de la publicité »
[ Ces programmes : cinéma, variété, sports, absolument tout ..c'est cela la télévision...peut-être Christine Albanel ne l'avait-elle pas remarqué]
« Seront préservées les différents chaînes…les français aiment leurs chaînes, la 2, la 3, la 4 la 5. On peut faire évoluer les programmes à l’intérieur des chaînes ; pourquoi pas une chaîne pour l’enfance te la jeunesse : une chaîne de qualité qui pourrait être France 4 ! »
« Cette réforme ne cache pas d’autres choses derrière qui arrivent masquée ; c’est une réforme culturelle, structurante pour avoir une télé qui corresponde encore plus à ce qu’attendent les français du point de vue de la qualité, de la diversité, de la culture, enfin de tout un ensemble d’ambitions…avec des variétés, du sport, des séries, il n’y pas d’interdiction, sauf un certain nombre d’émissions à la recherche d’audience qui n’avaient pas leur place sur la télé publique… le but n’est pas de faire une chaîne élitiste mais ce qui ne veut pas dire en revanche qu’on ne recherchera pas l’audience… [Christine Albanel dit] être pour qu’on publie dans l’avenir tous les jours les chiffres d’audience des différentes émisions»
[ C'est dramatique...Christine Albanel dit vouloir bânir "un certain nombre d’émissions à la recherche d’audience qui n’avaient pas leur place sur la télé publique" " ce qui ne veut pas dire en revanche qu’on ne recherchera pas l’audience" et pour ce afire elle déclare être pour "qu’on publie dans l’avenir tous les jours les chiffres d’audience des différentes émisions" ...]Quelqu'un aurait-il pu prévenir la Minisre que le système existe depuis de très nombreuse années: il s'appelle Médiamétrie !!!
Avec des phrases d'un tel vide sidéral et du type « Avec de petites contributions, on aura tout le financement nécessaire avec les moyens de faire de grandes choses… », les salariés de France Télé ont de quoi être rassurés!!!
L'apothéose c'est ce matin donc sur LCI...
Sur le financement, Christine Albanel dit : " Il faut être sérieux. 450 millions d'euros de compensation c'est un chiffre généreux. C'est pas mal! D'ailleurs les chaînes privés disent "Comment!!!" nous, nous l'évaluons à 200/220 millions d'euros ....Ces 450 millions d'euros , chiffre calculé par la commission de professionnels réunis autour de Jean-François Copé à partir des contrats d'objectifs fixés depuis 2007 et des chiffres publicité 2007/2008 dont tout le monde sait que depuis...C'est un engagement généreux qui va permettre de faire les programmes que l'on souhaite".
"Et 450 millions d'euros, chiffre généreux, à un moment où le secteur publicitaire est en graves difficultés" ajoute-t-elle.
Voila donc le fond de l'affaire, comme le secteur publicitaire est en graves difficultés [crise aidant] il ne faut plus le mettre à contribution comme cela était prévu. Mais pourquoi donc avoir fixé initialement à 3% la "collecte" pour la réduire de moitié et la faire passer ensuiteà 1,5% ?
Il serait plus que souhaitable que la Ministre en fasse preuve, de Sérieux ! La commission de professionnels réunis autour de Jean-François Copé n'a jamais fixé ce chiffre à 450 millions à partir des contrats d'objectifs fixés depuis 2007 et des chiffres publicité 2007/2008...voyez plutôt leur indignation et leurs réactions, Hervé Chabalier en tête.
«Concernant l’amendement faisant flotter la taxe fixée initialement 3% sur le chiffre d’affaire publicitaire supplémentaire engrangé par les chaînes privées, entre 1,5% et 3%, c’est un vrai sujet. » dit C. Albanel.
« Il va y avoir des transferts qui vont aller sur les chaînes privées donc il va y avoir des surplus et on va taxer le surplus. Actuellement vu la crise, on en est moins sûr qu’il y ait ce surplus mais moi (dit C. Albanel) JE pense qu’il existera puisqu’on ouvre par ailleurs de nouvelles fenêtres publicité qui vont apporter naturellement de nouvelles ressources chez le privé et on a intérêt à avoir des chaînes privées qui se portent bien puisqu’elles contribuent à la création ».
Si c’est Christine Albanel qui pense qu’il y aura des surplus pourquoi s’inquiéter ? Sérieusement !!!! Et puis ajoute-t-elle « la crise ne sera pas éternelle »».
Si c’est Christine Albanel qui pense qu’il y aura des surplus pourquoi s’inquiéter ? Sérieusement !!!!
Cerise sur le gâteau, Christine Albanel précise, toujours le plus sérieusement qui soit que ce faisant « il faut être attentif à la réalité des choses, c’est pourquoi l’idée c’est l’amendement parlementaire, assez raisonnable, qui propose de ne taxer qu’à 1,5% et ensuite de taxer le surplus [vous savez, celui dont C. Albanel pense qu’il existera sans en être sure vu la crise !] »
Quant à la redevance, le mécanisme d’indexation mis en place, « c’est pour éviter qu’elle ne baisse car de fait elle baissait ces dernières années ». Surréaliste !
C'est vraiement du n'importe quoi... Pour être attentif à la réalité des choses, actuellement vu la crise, alors qu'on en est de moins sen moins sûr qu’il y ait des surplus publicitaires vers les chaînes du privé, on devrait don en toute logique reporter la réforme.
Seulement voila, si Christine Albanel pense qu’il va y en avoir [du surplus], alors il n'y a pas de problème. Qui donc, au final, aurait en conclusions des raisons de s'inquiéter ????? Hein, on vous le demande!
Enfin pour clôre avec sérieux le suhjet des 900 départs avancés par Carolis lui-même, Christine Albanel dit "faire confiance aux responsables de France Télévisisons pour gérer le nombre de départs qu'il faudra" ( à ce sujet cliquez sur le lien suivant pour avoir une idée de la vaste supercherie qu'a vendu Carolis en la matière)
Découvrez tout le "sérieux" de l'argumentaire en cliquant sur le lien.
lundi 24 novembre 2008
Carolis, Duhamel et consort: vrais fossoyeurs de la télé publique
Rappel du courrier :" A plusieurs reprises, depuis deux ans, j'ai demandé à notre actionnaire une clarification de notre mode de financement..."
"Ce matin, le Président de la République a fait connaître son souhait de « revoir profondément le cahier des charges de la télévision publique », et de « réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques » de télévision, en compensant l'incidence financière de cette suppression.Cette orientation claire, donnée par notre actionnaire, entraîne évidemment de nombreuses conséquences pour le groupe France Télévisions, car elle modifie profondément notre modèle économique. Ces conséquences sont d'ores et déjà étudiées avec précision, à l'intérieur de notre Groupe, en liaison permanente avec notre actionnaire."
Ainsi donc Carolis affirmait-il en début d’année que « cette suppression de la pub pourtant aux nombreuses conséquences, non seulement il l’avait souhaite mais il travaillait dessus avec l’actionnaire depuis 2 ans ».
Finalement de quoi vient-il se plaindre à présent. Après de nombreux articles, notamment celui du 19 mars 2008 lu dans Le "Canard enchaîné", intitulé "Patrice Duhamel: ça balance sur Sarko" ("Le numéro 2 de France Télévisions, Patrice Duhamel, le raconte sans se faire prier : « Avec (le superpédégé) Carolis, nous avons rencontré à plusieurs reprises Sarko après son élection. Chaque fois il nous disait : « Vous allez avoir plus de pub ! » Du coup, le duo se dit convaincu que l'annonce, dans la conférence de presse du 8 janvier, de la suppression de la pub était aussi destinée à le « déstabiliser"), Carolis fait toujours mine de résister et de s’opposer à l’Etat. C’est minable.
Comme le confirmait Christine Albanel, il y a peu, le 21 octobre au JT de France 2 " Ce n'est pas l'État qui dit vous allez faire ça, ça et ça. Le rôle de l'État c'est quoi? C'est de fixer le cap, d'exprimer une ambition, des attentes et de garantir les financements c'est ça qui est important; après...vous savez la réforme elle était voulue d'ailleurs par Patrick de Carolis qui souhaitait justement la création de cette société unique et qui l'avait demandée à l'été 2007".
Pas plus tard que vendredi, Carolis continuait son cinéma avec un nouveau mail interne adressé à tous où il soulignait entre autres l'incohérence de certaines dispositions et amendements retenus par les députés.
Que le PS soit plus préoccupé par son devenir en ce moment, il n’en demeure pas moins que l’ensemble de ses parlementaires ont fait savoir qu’ils étaient farouchement opposés à ce projet de loi devenu un bourbier sans nom. Jean-Marc Ayrault, Président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale indiquait, ce matin même, que malgré cela le PS ferait son travail.
Ajoutez « Le Nouveau Centre » et ses parlementaires qui sont, eux aussi, opposés au projet de loi mais également un nombre croissant de parlementaires UMP (pour ne pas dire une majorité ralliée à la proposition Balladur de reporter en raison de la crise économico/financière la réforme) peu enclin à aller défendre une télévision publique minée ces 10 dernières années par ses dirigeants et que voulez-vous qu’il sorte de ce débat sinon l’avis de décès de la télé publique dont Carolis, Duhamel et consort sont bien les fossoyeurs ?
Jour après jour, le constat est attristant. Une seule et unique stratégie pour Carolis : « encore un jour de gagné » face au travail de lobbying de TF1 ou M6 relayé par quelques députés et les principales propositions de la Commission Copé s'envolent, à savoir que ces chaînes privées qui devaient renflouer à hauteur de 3% de leurs recettes publicitaires France Télévisions, ne seront presque plus ponctionnées. Que les industriels de la téléphonie mobile qui n'ont pas non plus, l’intention de jouer les vaches à lait, s’y mettent eux aussi et il ne restera pas grand-chose des millions d’euros escomptés. Et la question mystère sera, à l'évidence, où trouveront-ils l'argent ?
Et encore, les téléspectateurs l’ont échappé belle, ils ont failli avoir en lieu et place des écrans publicitaires de France 2 et de France 3, des programmes courts d’instruction civique, qu’un député de l'UMP par voie d’amendement avait très sérieusement déposé en fin de semaine dernière.
C'est du Goldoni, à moins que cela ne soit du Tardieu ou du Dubillard, ce projet de loi audiovisuel.
Comment Carolis avec comme seul objectif celui de durer, peut-il entraîner vers de si profonds abîmes une télé publique déjà exsangue face à un secteur privé plutôt bien loti vu le contexte ?
Le seul service que peut rendre Carolis à la télé publique, ce n’est pas d’essayer de sembler faire le siège de Bercy afin d’obtenir de l’Etat des subsides supplémentaires qu’il n’aura pas… ce n’est pas plus d’essayer de faire ami-ami avec le Chef de l’Etat qu’il qualifiait à l’été de stupide dans son analyse, non ce n'est pas la peine; le seul service le cas échéant qu’il peut rendre c’est son départ.
Il permettra en toute logique et le plus rationnellement qui soit, à son successeur de conduire le « groupe » vers le tout numérique en 2011 avec un tant soit peu de lattitude mais surtout une stratégie moins personnelle et plus visionnaire.
France Télévisions en faillite....Carolis l'a dit aux syndicats.
P. de Carolis a dit avoir "averti le gouvernement des risques que certains amendements au projet de loi réformant l'audiovisuel public faisaient courir au groupe".
Il a fait savoir à l'actionnaire (dixit Carolis) "que l'amendement limitant la taxation des chaînes commerciales contribuerait à accroître le décalage financier entre le public et le privé".
Il a également expliqué que le passage de la taxe de 3% à 1,5 % amendé par les députés UMP qui ont donc remplacé en commission la taxe de 3% sur les chaînes privées et pouvant varier de façon modulable, entre autres liés aux effets d'aubaine, serait extrêmement préjudiciable pour le groupe.
Selon Carolis pour qui le compte n'y est pas, même si les recettes publiques du groupe devraient bénéficier"d'une garantie de la Tutelle", cette décision des députés est grave et pourrait entraîner la faillite de France Télévisions.
Projet de loi audiovisuelle, même les anglais s'y mettent
Les scénaristes britanniques mettent « en garde les autorités [françaises] contre les conséquences terribles qui risquent d'en découler ».
Ils ne voient aucun inconvénient à la suppression de la publicité sur le service public français, « étant donné qu'au Royaume-Uni les services de la BBC sont proposés au public sans publicité », mais ils soulignent que « le financement de la BBC est très bien assuré au moyen de la redevance ».
La Writer's Guild of Great Britain s'inquiète de la « baisse de ressources » du service public français qui ne « peut que diminuer la capacité de France Télévisions d'accomplir sa mission (...) et la rendre incapable d'assurer son rôle de service public ».
L'autre sujet d'inquiétude évoqué dans la lettre est « la décision des autorités françaises de faire désigner le président de France Télévisions directement par le chef de l'Etat ». Enfin, la Writer's Guild of Great Britain, forte de son « expérience en Grande-Bretagne », affirme que le service public ne peut être crédible qu'à deux conditions : « Un financement adéquat et pérenne provenant d'une source publique, assuré sans conditions » et « des structures robustes et transparentes à même d'assurer la séparation et l'indépendance du diffuseur public vis-à-vis des organes du gouvernement et de l'Etat ».
Satellifax du 24 11 2008
vendredi 21 novembre 2008
Carolis dit accueillir le travail des députés de la commission "avec prudence et recul nécessaires" et souligne leur "incohérence"...
Après, il y a quelques jours l'amnésie dont il était sorti au bout 3 ans et demi en se rendant compte qu'il existait, depuis tout ce temps, des instances de représentation des personnels au sein des chaînes de télé, le voici qui manifeste à présent une crise aigüe de lucidité.
Elle se traduit par une nouvelle séance de propagande interne alors que la loi n'est pas votée destinée pour "faire le point sur la situation de France Télévisions à quelques jours de l’ouverture du débat parlementaire."
A peine la réunion terminée, Carolis a adressé comme à sa bonne habitude un mail écrit d'avance à l'ensemble des salariés. Ce mail énonce le dispositif qui n'est donc pas voté mais qui ne peut pas selon Carolis, ne pas l'être, indiquant par ailleurs "en off" à qui veut l'entendre que le Chef de l'Etat étant trop engagé dans sa réforme, il ne pourra plus reculer.
Il a également émis les plus grandes réserves « dans l’appréciation des amendements adoptés par la commission spéciale de l’Assemblée nationale qu'il a indique devoir prendre avec prudence et recul nécessaires»
Voila ce que Carolis, sûr de lui, écrit :
"Dans une période cruciale pour France Télévisions, les échanges ont porté notamment sur le projet de loi sur l’audiovisuel public, les négociations avec la tutelle sur le plan d’affaires, et la transformation du groupe en entreprise commune.
Point d’actualité sur le projet de loi.
Alors que le travail parlementaire ne fait que commencer, Patrick de Carolis a appelé à la prudence et au recul nécessaires dans l’appréciation des amendements adoptés par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, beaucoup de chemin restant encore à parcourir d’ici à fin décembre.
Il a estimé que sauf événement particulier, l’heure n’était pas -pour lui- aux prises de position publiques mais au dialogue et à l’échange permanent avec les parlementaires et l’Etat actionnaire, et à l’information constante des collaborateurs sur l’évolution des débats et négociation en cours.
Il a indiqué aux coordonnateurs syndicaux du groupe qu’il avait lui-même averti ses interlocuteurs institutionnels des risques que certains de ces amendements faisaient courir au groupe, notamment la réduction des taxes, même si celles-ci ne devraient pas avoir d’impact sur les recettes publiques du groupe, ces dernières bénéficiant d’une garantie de la tutelle.
[Des remarques aux députés sur les risques que font courir au groupe leurs amendements!!! Que les députés fassent bien attention sinon Carolis pourrait annoncer sa démission]
En effet, P.de Carolis a -dixit - fait savoir à l’actionnaire que l’amendement limitant la taxation des chaînes commerciales contribuerait à accroître le décalage financier entre le public et le privé.
Il a par ailleurs rappelé l’incohérence qu’il y aurait à maintenir des « guichets » par chaîne pour l’accueil des projets, alors que l’on créée une entreprise commune qui doit être capable de négocier de manière centralisée avec les producteurs pour faire baisser le coût des programmes.
En revanche, P. de Carolis s’est félicité qu’un amendement propose l’élargissement de l’assiette de la redevance.
Point d’actualité sur le plan d’affaires
Les négociations entamées fin juin sur le plan d’affaires sont entrées dans une phase conclusive et difficile. Les points de vue, s’ils se sont rapprochés, ne convergent cependant pas encore.
Le Président a ajouté que les jours qui viennent seraient sans doute décisifs. Ce plan d’affaires, qui porte sur la période 2009-2012, doit permettre à France Télévisions de soutenir son ambition éditoriale, de financer son développement, et d’assurer une visibilité à l’entreprise et à ses collaborateurs. Il comprend par ailleurs un volet d’économies important, qui n’a pas de lien direct avec la suppression de la publicité, mais traduit la nécessaire adaptation du groupe au nouveau modèle économique du secteur audiovisuel dans son ensemble, en réinventant ses modèles de production.
[En gros, c'est le dégraissage des 900 qu'il évoque fallacieusement, voir le paragraphe suivant également]
P. de Carolis est revenu par ailleurs sur les propos relatifs aux « 900 » collaborateurs potentiellement concernés par un éventuel dispositif de départs volontaires à la retraite, en précisant qu’ ils correspondaient à l’estimation statistique des collaborateurs qui pourraient disposer de la totalité de leurs annuités d’ici à 2012, estimation calculée en reprenant les paramètres du dispositif mis en place en 2007 et qui avait reçu un accueil favorable de la part des salariés alors concernés.
[ Tu parles d'un accueil favorable : 180/200 réponses sur plus de 600 courriers adressés à des salariés âgés au moins de 56 ans et demi dont, de facto, 2/3 ont refusé le dispositif et ne sont pas près d'accepter - sans parler de la possibilité de travailler jusqu'à 70 ans n'était pas encore d'actualité]
Si un tel dispositif de départs volontaires à la retraite devait être mis en œuvre à partir de 2009, il ferait l’objet d’une présentation préalable aux instances représentatives du personnel.

Point sur l’entreprise commune
Le projet de loi sur l’audiovisuel public est conforme sur ce point aux attentes de France Télévisions. L’entreprise commune est une opportunité pour l’entreprise de se moderniser et de s’adapter à la révolution numérique qui déstabilise aujourd’hui l’ensemble du secteur audiovisuel. [Cette bonne blague, préférer la mise en place d'une usine à gaz style ORFT à l'exception du R de Radio,à un fonctionnement en forme d'UES !!!!]
Afin de préparer cette transformation, des missions ont été confiées début octobre aux directeurs généraux du groupe pour nourrir les réflexions sur la nouvelle organisation dans tous les secteurs stratégiques de l’entreprise. En parallèle, des groupes de travail thématiques réunissant plusieurs dizaines de collaborateurs issus des différentes entreprises du groupe, ont été constitués pour préparer la bascule juridique et les modes de fonctionnement de transition. Ils sont soutenus dans ces travaux par le cabinet de conseil en organisation Bain & Company.
Un arbitrage du comité exécutif présidé par P.de Carolis interviendra fin décembre sur le projet d’architecture générale de la société commune. Ce schéma général d’organisation devrait être présenté pour information aux instances représentatives du personnel en janvier 2009.
Le déploiement de l’entreprise commune
A compter du 1er janvier 2009, France Télévisions s’inscrira dans une phase transitoire permettant d’assurer la continuité de ses activités avant même que ne soit mise en place l’organisation définitive de l’entreprise commune dans le courant de l’année 2009. Les projets d’organisation par grandes filières devraient être présentés pour information/consultation aux instances représentatives du personnel dans le courant du premier trimestre. Concernant le volet social, la direction du groupe informe actuellement les différents comités d'entreprise et comités centraux d'entreprise sur les conséquences qu’aurait l’entreprise commune sur les conventions et accords collectifs, ainsi que sur les mandats des représentants du personnel. [ Autrement dit perte des conventions collectives et autres accords d'entreprises]
A l’issue de cette rencontre, P.de Carolis s’est engagé [ Ah! les engagements de Carolis] à revoir régulièrement les coordonnateurs syndicaux du groupe, insistant sur leur rôle pivot dans le dialogue social au sein de l’entreprise, et sur le rôle moteur qu’ils auront à jouer dès le début de l’année 2009 dans les négociations sociales relatives au déploiement de l’entreprise commune."
Quelle fumisterie et quelle intox ! Venir parler de dialogue social et du rôle pivot des O.S alors qu'il les méprise depuis toujours, quelle culot!
Questions de Françoise Laborde Déléguée Syndicale CGC Journalistes à Frédéric Lefevre porte-parole UMP
Après que la première partie ait été plus ou moins éludée, la deuxième partie renvoie Carolis à sa déclaration devant les députés PS sur les 900 salariés "partants" à ne pas remplacer...quant à la pérennité juridique des chaînes ?????
Un petit mot sur le COM (Contrat d'Objctifs et de Moyens) que Carolis a signé avec l'Etat et qui est abordé sur le plateau de Jean-Marc Morandini, il n'a jamais été respecté mais de toute les façons, il ne garantit absolument pas le versement de ces 450 millions! Redisons-le, s'agissant par exemple du passage au "Global Médias" que la commission Copé mettait en avant et qui fait partie intégrante du COM au travers de 16 pages dudit document finalement parafé début 2007...ce volet n'a jamais été ni mis en oeuvre, ni respecté comme la quasi totalité des dispositions du reste, contrairement aux engagements pris par Carolis. voir notre prcédent article sur le sujet intitulé : "Carolis entendu par la commission voudrait convaincre les députés de faire le "sale boulot".... ")
Cerise sur la gâteau, les 450 millions "fruit du difficile travail de comptage de la commission Copé" que l'Etat s'est engagé à verser ont été "validés" par Carolis. Vous savez, Carolis qui réclamait 845 millions d'euros (sans la rallonge pour produire les programmes de remplacement à la disparition d'écrans publicitaires qui faisait passer le chiffre au dela du milliard d'euros) et qui annonçait qu'avec 600 millions le compte n'y était pas (d'où l'annonce de sa prise de responsabilité et donc de sa démission) mais qui aurait donc accepté ces 450 millions de bon coeur!
Mais pourquoi, en pleine crise économico/financière, faudrait-il ne pas écouter la sage proposition d' Edouard Balladur de reporter le projet de loi?
Les syndicats CFE-CGC, CFTC et FO du groupe TF1, qui représentent "plus de 85%" des 4.000 salariés du groupe, ont adressé une lettre ouverte auxdifférentes instances parlementaires pour s'opposer aux taxes sur leschaînes privées qui "mettent en danger l'emploi" et les salaires.
Dans cette lettre adressée mardi aux présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale et rendue publique jeudi, ces syndicats font part de leur "colère" et s'opposent " aux "taxes qui pénalisent leur pouvoir d'achat et mettent en danger l'emploi". Le fait que mercredi, les députés UMP aient remplacé en commission la taxe de 3% surles chaînes privées voulue par le gouvernement pour financer las uppression de la publicité sur France Télévisions, par une taxe modulable pouvant varier entre 1,5% entre 3%, n'a rien changé à l'envoi de la lettre.
C'est le principe même de taxer les chaînes privées décidé par le gouvernement au début de l'année 2008 suite aux propositions de Jean-François Copé et la commission éponyme sur la base d'un chiffre d'affaires 2007 en croissance, dans un contexte économique alors nettement plus favorable mais révolu aujourd'hui, qui est incompréhensible surtout vis-à-vis des règles de libre concurrence défendues par Bruxelles.
Les chaînes privées, elles aussi connaissant une "baisse sensible de leur chiffre d'affaires publicitaire", dans un contexte de crise féconomico-inancière dont la ministre disait qu'il touchait en premier le secteur de la publicité.
"Dans un tel contexte, maintenir une taxe (...) constitue une menace sur les emplois et les rémunérations avec un impact direct sur la participation et l'intéressement", dit entre autres le courrier.
Pourquoi le bons sens ne l'emporte-t-il pas et surtout pourquoi la proposition d' Edouard Balladur frappée de la plus grande sagesse et du plus grand bons sens, de reporter le projet de loi, trouve-t-elle encore des opposants ? Quels intérêts ont finalement ceux qui conseillent, coûte que coûte, que l'on aille au bout du projet... [et "coûte" est bien le bon mot ] peu important les millions, le milliard/le milliard et demi que cela coûtera immédiatement!!!!
jeudi 20 novembre 2008
"Le Temps" publie un article dans le contexte du projet de loi sur l'audiovisuel..auquel nous ajoutons: Où l'Etat va-t-il maintenant trouver l'argent?
Ce duopole a longtemps exercé une domination écrasante sur le paysage audiovisuel français. Mais aujourd’hui, l’ordre ancien est bouleversé. Sur un an, TF1 a subi une baisse qui a choqué les spécialistes, passant de 31,8% à 26,2% en audience cumulée. Ses recettes publicitaires ont fléchi de 3,7% durant la même période. L’érosion atteint aussi France 2, dont l’audience a baissé de 1%.
Ces dernières années, « les télévisions historiques – TF1, France 2, France 3, Canal+ et M6 – ont perdu 27% d’audience, commente Philippe Bailly du cabinet de conseil NPA. Le côté inquiétant, c’est que les pertes sur les cibles jeunes sont encore plus marquées, avec une audience de 45% pour les autres télévisions chez les 4-14 ans. »
L’irruption de la TNT, cette myriade de chaînes diffusées sur le câble, est la première cause de ce phénomène. Mais d’autres facteurs accentuent la tendance. « Le paysage télévisuel évolue à vitesse grand V, explique un spécialiste du secteur. La consommation se fait de plus en plus à la carte, en VOD [vidéo à la demande] ou sur Internet. Tu ne te dépêches plus pour rentrer chez toi de peur de louper un programme. Et les ados préfèrent regarder leur film au lit, sur leur ordinateur, plutôt qu’avec leurs parents dans le salon. »
Avec les chaînes d’information continue – il y en a trois en France –, la grand-messe de 20 heures n’est plus indispensable. Et l’indigestion de publicité, avec un tunnel de plus de 20 minutes après le journal du soir, encourage la migration vers la TNT, où le prime time commence dès 20h35.
Si TF1 a particulièrement souffert, c’est que ses programmes ont vieilli. De « Star Academy » à « Julie Lescaut », ses émissions phares tournent depuis des années, au risque de lasser le spectateur. Le 20 heures de Laurence Ferrari a eu des accès de faiblesse, passant deux fois sous la barre des 30% alors qu’il y a dix ans, des audiences de 40% ou plus étaient la norme.
En face, chez France télévisions, la chute est moins accentuée, mais l’atmosphère de crise est la même. Décidée par Nicolas Sarkozy, la suppression de la publicité en soirée doit être votée au parlement le 25 novembre. Elle entraînera la perte d’un milliard d’euros de revenus par an dès 2009.
Conséquence : « On fera moins bien avec moins », craint une journaliste de France 2. L’entreprise vient d’annoncer la suppression de 900 postes. Les syndicats pointent du doigt une longue liste de problèmes : direction jugée méprisante et passive, crainte d’ingérence politique dans les programmes, guerre ouverte entre les deux vedettes de l’information, David Pujadas et Arlette Chabot. Pour cause de grève des monteurs, la chaîne n’a pas été capable de suivre en direct l’élection présidentielle américaine.
Des deux « grandes télés », France 2 semble donc la moins armée pour réagir. « L’ambiance est au plus bas, personne ne prend de décisions, personne ne fait plus rien », regrette le syndicaliste Jean-Jacques Cordival. A TF1, en revanche, on prépare la riposte dans l’esprit typique de la maison : discipline et mobilisation. Les doutes, s’ils existent, sont soigneusement tus.
« Ça fait très longtemps qu’on annonce la mort de TF1, rappelle Frédéric Ivernel, directeur de la communication du groupe. A chaque fois, on a fait ce qu’il faut pour garder notre leadership et accroître la distance avec nos concurrents. »
Selon lui, le journal de Laurence Ferrari est en train de se stabiliser, même si c’est « compliqué ». Il promet une série de nouvelles émissions pour la rentrée 2009. « On veut être plus humbles, plus modestes dans la façon dont on communique avec notre public, ajoute-t-il. TF1 n’est pas une forteresse. »
De l’autre côté de la Seine, la contre-offensive la Une est attendue avec appréhension. « Ils vont brader leurs espaces publicitaires l’après-midi pour assécher le marché, nous piquer ce qui nous reste », redoute Jacques Larose, syndicaliste à France 2. Entre les deux géants de la télé, la guerre continue pour un marché qui rétrécit. Plus que jamais, ce sera malheur au vaincu. "
Autrement dit, la probabilité que France Télévisions ne perçoive quasiment rien est énorme...ce qui équivaudra au fait que la télé publique dont les nombreux rapports déjà rendus, entres autres ceux de la Cour des Comptes qui a toujours décrit son sous-financement, se paupérise encore plus.
Quant à la compensation que l'Etat s'engagerait à donner, de l'ordre du milliard/milliard et demi, le plus gros mystère c'est: où va-t-il trouver l'argent????
mardi 18 novembre 2008
Auditions de Patrick de Carolis au Sénat et à l'Assemblée Nationale qui vont pouvoir constater qu'il n'a jamais respecté le COM qu'il a signé
Comme chaque année et conformément à la loi, Patrick de Carolis sera auditionnésur le rapport d'exécution du Contrat d'objectifs et de moyens (COM) par le Sénat, puis l'Assemblée Nationale.
Le mercredi 19 novembre à 16h30, P.de Carolis sera donc entendu par la Commission des Affaires culturelles et la Commission des Finances du Sénat et le mercredi 3 décembre à 9h30, par la Commission desAffaires culturelles, familiales et sociales, et la Commission desFinances de l'Assemblée Nationale.
Les 2 chambres pourront constater, si tel n'avait pas été le cas l'année dernière, que Carolis n'a jamais respecté le COM qu'il a pourtant négocié en 2006 et signé début 2007 avec l'Etat.
A titre d'exemple les 16 pages du COM sur le passage au Global Média qu'il n'a donc jamais mis en oeuvre...sans parler des nombreuses dispositions concernant la "politique" sociale qu'il a, là aussi signées, et sur lesquelles il s'est copieusement assis.
Espérons que les sénateurs et les députés dans le cadre de ces deux auditions l'interrogent sur le pourquoi du non respect sur 3 ans de mandature des engagements qu'il avait pourtant pris.
Espérons également que les sénateurs et les députés au regard des " enjeux à venir" et de la discussion du projet de loi sur l'audiovisuel public, relèvent le fait que si P.de Carolis n'a pas tenu ses engagements depuis son arrivée à France Télé, comment dans ces conditions serait-il susceptible de les tenir à présent!
Préavis de grève générale sur la télé publique

Dans le contexte financier actuel où l’économie est frappée de plein fouet par la crise financière mondiale et en raison des prévisions sans cesse revues à la baisse du marché publicitaire (tous supports) dont la Ministre de Tutelle dit qu’ « il est, en cette période, le premier touché », le SNPCA-CGC et le SPC-CGC souscrivent à la proposition de l’ex Premier Ministre, Edouard Balladur de reporter le projet de réforme audiovisuelle.
Le SNPCA-CGC et le SPC-CGC estiment en effet que le modèle économique proposé où « l’effet d’aubaine » deviendrait la règle pour taxer les télés privées, (*) n’assure en rien la pérennité de la télévision publique. Il est clair que face à un secteur économiquement sur la pente descendante [crise financière oblige], le différentiel, comptablement parlant, du Chiffre d’Affaire lié aux recettes publicitaires entre la première année de référence : l’année « n » (2007) et les années suivantes « n+1» (2008) et « n+2 » (2009), ne sera une aubaine pour personne.
Dans de telles conditions auxquelles il faut ajouter l’absence de réelle stratégie d’entreprise, l’invraisemblable disparition des chaînes et leur transformation en « marques » et avec elle la disparition de leur couverture collective et autres accords d’entreprise. Mais aussi et surtout en l’absence d’engagement en matière d’investissements sur fond de création d’une « usine à gaz monolithique » qui figerait et ne ferait qu’aggraver une situation catastrophique, le SNPCA-CGC et le SPC-CGC exigent :
Que France Télévisions adhère à l’AESPA (Association des Employeurs de l'Audiovisuel Public sigantaire de la Convention Collective et de ses avenants) véritable garantie au maintien de nos conventions collectives et accords d’entreprises.
Que les chaînes s’engagent sur les investissements à venir et ceux en suspend qui sont la garantie d’une production et d’une fabrication en interne.
Que les chaînes se réapproprient les droits télé.
Que les chaînes obtiennent un financement pérenne de l’audiovisuel public, celui-ci n’étant à l’évidence pas assuré.
Tous ensemble à compter du 25 novembre, disons non à cette casse programmée de la télé publique et joignons-nous à la manifestation
vendredi 14 novembre 2008
Le cumul sera-t-il prévu dans le projet de loi audiovisuel ?
Etienne Fiatte est devenu le directeur général.
Ils succèdent respectivement à François Bonnemain et Jean Mino ayant largement dépassé, tous deux, 65 ans.
Il semblerait que Alain Belais (* voir son parcours ci-dessous) ancien directeur de Cabinet de 1997 à 2002 du maire de Nice (Jacques Peyrat) mais aussi ex attaché culturel de 2004 à 2006 au Consulat général de France à Los Angeles, soit toujours parallèlement Directeur adjoint des relations internationales de France Télévisions, poste qu'il occupe depuis 2006....une particularité France Télé qui doit sûrement rentrer dans la réforme!
* Alain Belais, IEP Strasbourg, Harvard Summer School, a réalisé le parcours suivant :
* 2004-2006 : Consulat général de France à Los Angeles, attaché culturel.
* 2004 : Cabinet du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (Renaud Muselier), chef du cabinet.
* 2002-2004 : Cabinet du ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie (Pierre-André Wiltzer), chef du cabinet.
* 1997-2002 : Cabinet du maire de Nice (Jacques Peyrat), directeur du cabinet.
* 1995-1997 : Cabinet du ministre délégué à la Coopération (Jacques Godfrain), chef du cabinet, conseiller auprès du ministre.
* 1993-1995 : Assemblée nationale, chargé de mission, coordinateur de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales au groupe Rassemblement pour la République (RPR).
* 1984-1993 : Conseil de Paris, chargé de mission.
* 1981-1984 : Assemblée des communautés européennes, assistant parlementaire du groupe des Démocrates européens de progrès (DEP).
Il n'y aura plus d'"erreur dans le déroulement de séance" pour accorder le milliard/le milliard et demi à Carolis
PARIS, 13 nov 2008 (AFP) - Les députés UMP ont adopté une disposition -
aussitôt qualifiée par l'UMP d'"erreur dans le déroulement de la séance"- qui réduit de 20 millions d'euros les aides de l'Etat à la presse, jeudi lors du
vote des crédits "médias" dans le cadre de l'examen du budget 2009.
L'amendement présenté par le député UMP Patrice Martin-Lalande revient en substance à retirer 20 millions d'euros d'aide à la presse écrite pour les
attribuer au secteur de l'internet et des innovations technologiques afin de "ne pas rater le tournant du multimédia", selon l'exposé des motifs.
Petit problème, cette disposition, par laquelle M. Martin-Lalande voulait, dit-il, simplement "poser la question de l'utilisation de ces crédits", a finalement été votée.
"Il s'agissait d'attirer l'attention du gouvernement pour qu'il y ait
davantage d'action en faveur de la dématérialisation", a déclaré à l'AFP M.
Martin-Lalande.
"C'est une erreur dans le déroulement de la séance, elle sera corrigée lors
d'une nouvelle délibération" à la fin de l'examen de l'ensemble du budget,
a-t-il affirmé, assurant que cette mesure n'avait "aucune signification".
Les députés communistes ont aussitôt dénoncé, dans un communiqué, un
"nouveau coup porté au pluralisme" de la presse, exigeant le "retrait immédiat de cette disposition" votée au moment où sont organisés les Etats généraux de la presse écrite.
"Nous demandons que, si erreur il y a, elle soit rectifiée au plus vite", a
commenté pour sa part le groupe socialiste.
tp/frd/eb/sh"
En risquant un commentaire concernant ce projet de loi sur lequel s'interrogent aujourd'hui, semble-t-il, une majorité de parlementaires sur, et l'urgence et la pertinence, il faut espérer que le déblocage du milliard, du milliard et demi que cela va coûter aux contribuables, en pleine crise financière, ne fasse pas l'objet d'une telle "erreur dans le déroulement de séance".
Les français qui ne sont pas ni officiellement, ni techniquement en réssesion (0,14% de croissance suivant un trimestre en négatif) vont être rassurés de constater que ce milliard, du milliard et demi qui ne fera défaut nul part ailleurs, aille bien à P. de Carolis pour sa réforme, celle qu'il est allé vendre à l'été 2007 à la Tutelle (dixit C. Albanel au JT de 20h sur France 2, le 21/10/08)
jeudi 13 novembre 2008
Carolis malade de sa réforme. "Que vont-ils en faire" se lamente-t-il !
"Que vont-ils faire de ma réforme" se lamente-t-il ! Que va-t-il en rester, après que les 263 amendements qui ont été déposés aient produit leurs effets en "détricottant" ce qu'il avait essayé de concocter.
La commission spéciale de l’Assemblée nationale chargée du projet de loi sur la réforme de l’audiovisuel qui a commencé hier l’examen du texte, aurait déjà adopté une vingtaine d’amendements au projet de loi sur le nouveau service public de la télévision.
Les députés membres de la commission spéciale, présidée parJean-François Copé, ont notamment adopté un amendement concernant le Conseil d’Administration de France Télévisions.
Selon cet amendement déposé par Christian Kert, rapporteur du texte, les parlementaires seront désignés non plus par l'Assemblée nationale et par le Sénat mais par les commissions compétentes, donc en charge des Affaires culturelles, des deux assemblées.
Par ailleurs, les personnalités qualifiées nommées par le CSA devront être «indépendantes » du groupe public. Deux amendements concernant "le reflet de la diversité" ont également été adoptés.
Une prochaine réunion de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi organique sur la nomination des présidents des sociétés de l'audiovisuel public, est notamment prévue pour mardi prochain.
Carolis ne suit plus...lui qui a tant indiqué avoir largement participé à la rédaction du projet de loi, en est réduit à écrire aux partenaires sociaux dans le cadre des instances qu'il snobe depuis près de 4 ans, qu'il " fera un point [avec elles] sur l'état d'avancement des travaux parlementaires.."...sûrement au cas où les partenaires sociaux ne sauraient pas lire les articles de Presse publiés jour après jour sur le sujet!
Après l'opposition et le Nouveau Centre, nombre de députés UMP s'interrogent sur la loi audiovisuelle, en pleine crise.
Fin mai déjà, le chef de l’Etat avait contredit cette hypothèse et s’était opposé à toute augmentation de la redevance; Il ne penchait que pour une simple indexation sur le coût de la vie. Copé s’était alors dit « très heureux » que l’essentiel du rapport de sa commission soit repris par l’Elysée....
C'était donc l'Elysée qui reprenait les préconisations Copé et il s'en disait fort aise. Ce mercredi, Jean-François Copé patron des députés UMP qui avait présidé la commission éponyme, a même affirmé devant ses troupes à la réunion hebdomadaire du groupe à l'Assemblée : "Moi vivant, pas d'augmentation de la redevance"
Cette réunion presque entièrement consacrée au projet de loi sur l'audiovisuel public, dont l'examen est toujours programmé à partir du 25 novembre à l'Assemblée, a été l'occasion pour J-F Copé d'indiquer que ce sujet avait permis de montrer "une nouvelle fois" qu'il était "en phase" avec Nicolas Sarkozy. C'est clair!
Interrogé sur la véracité de ces propos, M. Copé a répondu: "je l'ai dit comme ça ? Tant mieux !".
Bernard Deflesselles, vice-président du groupe en a plaisanté et souhaité "Longue vie au président Copé alors !" Et Jean-François Copé d'ajouter "J'ai toujours dit que j'étais défavorable à l'augmentation de la redevance. Je suis favorable à son indexation (sur l'inflation), ce qui n'est pas la même chose. Cette taxe est profondément injuste"... "Il y a [a-t-il poursuivi] une adhésion très forte de notre groupe" à ce texte, qui est le premier dispositif avant l'heure de coproduction législative réussie".
Cohérence quand tu nous tiens!!!
Comme le dit et l'écrit la CGC Médias depuis plusieurs semaines, allant ainsi dans le sens de la proposition d'Edouard Balladur de reporter le dispendieux projet de loi en raison de la crise financière, ce sont à présent plusieurs voix dissonantes qui s'élèvent le plus logiquement qui soit, au sein du groupe UMP, pour s'interroger sur la pertinence, en pleine crise, d'une telle loi, qui va notamment supprimer la publicité sur France Télévisions après 20H00 mais aussi instaurer une taxe de 0,9% sur les fournisseurs d'accès à internet et les opérateurs de téléphonie mobile.
Il est plus que clair qu'au moment où la France, après l'Allemagne aujourd'hui, va comme le reste de l'Europe entrer dans une période de réssession, l'Etat dans sa grande sagesse conserve pour d'autres priorités le milliard/le milliard et demi qu'il devra débourser sans contrepartie pour France Télévisions...il est bien aujourd'hui qu'une majorité de députés en soit convaincue.
Carolis vient de se souvenir qu'il existait des instances de représentation des personnels!
Il vient enfin de se rendre compte que depuis tout ce temps, il existait des instances de représentation des personnels et ce - incroyable découverte - au sein des chaînes de télé!!!!
Après un tel choc émotionnel - il n'est pas évident de s'apercevoir surtout après une telle période d'inconscience, d'une telle révélation -il faut y aller mollo. Découvrir qu'il existât un dialogue social mais aussi des CE et des CCE, qu'il y avait également des lois et un code du travail qui imposaient qu'on les respecte, c'est dur....Il faudrait tout naturellement une phase d'approche progressive et non comme le fait Carolis, une immersion directe...sinon cela peut être très dommageable.
En tout cas, il ne faudrait absolument pas que Carolis découvre, en plus, que les élus qui siègent dans ces instances auxquelles il n'assistait pas, sont en plus payés pour ce faire par lui...cela pourrait provoquer une rechute.
Voila ce qu'il écrit à tous (attention âmes sensibles s'abstenir) : "Réforme de France Télévisions : dialogue social et échanges avec les salariés Patrick de Carolis informe les collaborateurs de France Télévisions qu'il sera présent lors des prochaines séances des comités d'entreprise et comités centraux d'entreprise des sociétés éditrices du groupe.
Le Président y fera un point sur l'état d'avancement des travaux parlementaires d'une part, et des travaux de préparation au passage à l'entreprise commune d'autre part. Patrick de Carolis se rendra également dans les comités de direction des chaînes qui regroupent les principaux cadres autour des directeurs généraux. Enfin, il répondra aux questions des salariés du groupe dans le cadre d'un chat organisé dans la première quinzaine du mois de décembre."
Que de hardiesse!!! Enfin, Carolis ne s'engage pas à grand chose quand même...il ne devrait être embêté que 2 ou 3 fois tout au plus.
mercredi 12 novembre 2008
Eric Woerth annonce des déficits révisés à la hausse pour la Sécu à cause de "la crise" mais rien sur 1 voire 1,5 milliard à sortir pour la télé !
Selon le ministre, la baisse de recettes due à la "crise" fera passer le déficit prévu initialement pour la Sécurité Sociale en 2008 de 8,9 milliards à 9,3 milliards , et celui initialement prévu 8,6 milliards à 10,5 milliards en 2009.
Et ce sont encore quelques milliards qui viendront grossir la "note".
"Pour 2009, la prévision de croissance du PIB est revue de 1% à 0,5%", a-t-il dit. Pourtant, la veille, Le Premier ministre, François Fillon, indiquait lui dans une interview accordée au Parisien/Aujourd'hui en France et publiée ce mercredi, que l'économie française se rapprochait de "la croissance zéro" en espérant quand même "qu'en 2009 on ne soit pas en récession".
Il a toutefois ajouté qu'il avait "pour l'instant adopté une prévision de croissance entre 0,2 et 0,5%" pour l'année 2009 mais....Cela ne doit absolument pas détourner les parlementaires de leur débat sur la télé publique et l'urgence qu'il y aurait à débourser 1 milliard, 1 milliard et demi (que l'on a pas) pour que la seule stratégie actuelle de certains du "encore 1 jour de gagné" soit couronnée de succès.
Eric Woerth a beau affirmer que "Face à cette dégradation de notre environnement, nous maintenons notre effort sur la dépense" tout en répétant "nous ne chercherons pas à compenser le manque de recettes par plus de prélèvements ou par des coupes brutales dans les dépenses", que voulez vous la télé c'est pas la santé. A moins que....
Il y a peut-être un rapport entre les deux...une espèce d'effet thérapeutique....Eh! oui, comme si personne n'avait fait le rapprochement...lorsque vous êtes malade et alité qui plus est, que faites-vous ? Bien évidemment, vous regardez la télé....C'est pour cela que même si le trou de la Sécu grossit en raison de la crise, la télé véritable médicament télévisuel ne doit pas aussi, le cas échéant, en faire les frais !
"Effort vigoureux de redressement [certes] à hauteur de 6 milliards d'euros, un effort équilibré avec 3 milliards d'euros d'économies sur les dépenses avec notamment le déremboursement de dizaines et dizaines de médicaments, 1,7 milliard d'euros de redéploiement de ressources et 1,4 milliard d'euros de recettes nouvelles... action maintenue et confirmée" ajoute-t-il mais pour la Sécu pas pour la télé....cela ne doit donc pas l'empêcher d'accorder sans réelle contrepartie ce milliard, milliard et demi pour la télévision publique.
Il a eu beau enfin, devant le Sénat où a débuté mercredi l'examen du budget de la Sécurité sociale (PLFSS), faire part de son intention de "tirer les conséquences de la crise que nous vivons sur nos prévisions de recettes", il allait de soi que la télé publique ne devait, elle, pas faire les frais des conséquences qu'il disait [justement] vouloir tirer de la crise.
Finalement qu'est-ce que c'est que 1 milliard, 1 milliard et demi ? ( Quand on ne les a pas, c'est tout de même un peu difficile à trouver par les temps qui courent et surtout devant la friolosité des banques à prêter!) mais bon!!
Mais qu'à cela ne tiennent il y a la taxe de 3 % qui pèsera sur les chaînes privées mais qui fait l'objetd'un certain nombre d'amendements à l'Assemblée....C'est déjà quelque chose. Puis Christian Kert a prévenu, "cette taxe si elle est censée compenser le manque à gagner publicitaire de France Télévisions progressivment privée d'écrans publicitaires [ TF1 et M6, qui éprouvent des difficultés à remplir leur bas de laine publicitaire ont su se faire entendre de la majorité parlementaire] pourra être modulée pour faire en sorte qu'elle ne s'applique que si l'effet d'aubaine pour les chaînes privées est avéré."
" Grosso modo, la taxe s'appliquerait sur TF1, M6, Canal+ et les chaînes de la TNT uniquement si l'arrêt de la publicité sur France Télévisions devait conduire les annonceurs à reporter massivement leurs budgets en direction des chaînesprivées au point de les enrichir considérablement." Il fallait y penser. Comme aurait dit le commissaire Bourrel dans "Les Cinq dernières minutes": " bon sang, mais c'est bien sûr..."Avec tout cela, ça nous dit encore moins d'où va venir ce milliard, ce milliard et demi nécessaire ?
Quand en prime, une étude à la demande de TF1, M6 et Canal+ du cabinet AT Kearney transmise aux parlementaires, explique que ces 3 chaînes ne profiteraient que marginalement des reports publicitaires...que voulez-vous ajouter à cela, sinon quelle gigne si une telle loi voyait le jour!Fi dans de telles conditions des "gesticulations " de l'opposition qui conteste de telles projections et souhaite, par une série d'amendements, retirer aux chaînes privées la seconde coupure publicitaire dans les films et téléfilms telle qu'elle est prévue dans le projet de loi! Quant à la seconde taxe (de 0,9 %) qui frappera le secteur des télécoms et des entreprises de l'Internet, il est essentiel de préciser "avec précision" le "périmètre" pour finalement savoir qui ne paiera pas...gageons qu'à l'instar des chaînes de télé privées, ils ne seront peut-être plus, eux aussi, que très peu à être marginalement concernés.
Edouard Balladur avait bien raison avec sa proposition frappée du bon sens de « suspendre provisoirement le projet de loi » en raison de la crise financière. Les français ne comprendraient pas, cela est certain, qu'1 milliard, 1 milliard et demi soit donné une fois encore à la télé publique, uniquement pour faire que ce à quoi s'était pourtant engagé Carolis dès 2006 dans le COM et qu'il n'a jamais mis en oeuvre en 3 ans!Les français ont une sacrée mémoire et engloutir une telle somme dans la télé publique, non seulement ce n'est pas leur priorité mais par dessus tout, si cela devait se terminer comme c'est le plus probable, en "eau de boudin", là pour le compte ils ne le pardonneraient pas à ceux qui les y auront conduits.