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jeudi 11 mars 2010

Maisonneuve: "C'est moi qui suis mandaté pour "négocier" et personne d'autre et les négociations collectives c'est ici que ça se passe

Voila l'exacte phrase qu'a lancée René Maisonneuve à l'adresse d'un représentant de la CGT qui coupait la parole à un délégué syndical et alors que 15 autres attendaient, à leur tour de la prendre: "C'est moi qui suis mandaté pour "négocier" et personne d'autre et les négociations collectives c'est ici que ça se passe" [le cas échéant, rue Varet]

C'est après s'être copieusement fait rappeler à l'ordre pour apprendre au gégétiste la politesse et après qu'il ait lu une déclaration sur l'air de "comment se fait-il qu'on "négocie" ici alors que le préavis de grève se discute là-bas?" que la réponse à fusée.

Question donc...que peuvent bien "négocier" au siège de FTV pour sortir du préavis de grève, Sophie Arouet, Marc Chauvelot et Jean-François Téaldi absents de la séance rue Varet, alors que le négociateur en chef René Maisonneuve n'y est pas ?

Une première réponse de la direction à la CGT tient du reste dans le communiqué interne qu'elle a diffusé aujourd'hui (ci-après)



Quelle grève pour les premier tour des régionales a l'air de dire la direction?
Hier soir les échanges de mails émanant des "responsables" CGT allaient bon train....Les négociations avec la direction donc avec le chef négociateur, auraient duré de 20h00 à 3h00 du matin.

A en croire ces mêmes responsables et surtout ce que disait Jean-François Téaldi à l'AFP "le PDG du groupe aurait assuré que le nouveau texte n'aboutirait pas à une stagnation des salaires mais à une progression des carrières et des rémunérations plus équitables".

Mais dites donc Monsieur Téaldi, parler de "rémunérations plus équitables dans la cadre d'un nouveau texte qui n'aboutirait pas à leurs stagnation" c'est déjà tirer un trait sur les Conventions Collectives qui cadrent les grilles de rémunération et les dispositions plus générales que vous voulez pourtant garantir en appelant les salariés à faire grève!?

Curieux tout de même. Et avec ça on irait vers une sortie de grève?!

C'est bizarrre quand même de lire Jean-François Téaldi déclarer à l'AFP il y a peu, en tant que "porte-parole de la CGT de France Télévisions", que la grève du 14 mars sur France Télévisions "vraisemblablement reconductible, risquait de perturber fortement la soirée électorale, sauf si la direction retire d'ici là ses propositions".

1°) Il est étrange d'indiquer pour un préavis à durée indéterminée qu'il sera "vraisemblablement reconductible" !...comment pourrai-il l'être puisqu'il est par principe illimité dans le temps.

2°) Il est également inoui de préciser que la levée de ce préavis ne se fera avant le 14 mars que "si la direction retire d'ici là ses propositions" et de "négocier" sur des points qui n'ont rien à voir avec les réelles revendications....une commission de suivi par là, une garantie de veille sur les rémunérations (nouvelle formule) par ci, ou encore quelques engagements pris d'étudier avec "la plus grande attention" la possibilité d'intégrer ponctuellement en fonction du nombre de départs des salariés précaires!!!!!

Mais au fait, quelles propositions la direction devait-elle retirer dans le texte du préavis (à découvrir ci-après) ?


Il y en a deux et elles sont simples, elles portent sur :

- Les Conventions collectives
- La Restructuration

Signer un texte où donc l'abandon de ces 2 points ne figure pas, serait suicidaire à l'évidence.

Jean-François Téaldi toujours comme "porte-parole de la CGT de France Télévisions", ne peut pas développer son propos, toujours à l'AFP en indiquant: "Il s'agit pour le groupe de dénoncer les propositions de la direction sur la nouvelle Convention Collective de France Télévisions" ...et adresser aux adhérents un mail, la veille, avec cette formule: "Et oui, il faut que certains comprennent qu'ils n'auront pas leur B-21 même s'ils arrivent à 10 ans d'ancienneté en juillet, parce que le nouvel accord s'appliquera dès le mois de juin."!!!! [ copié-collé]

Que laisse entendre sa phrase? Qu'il faut bien que les salariés comprennent que le passage automatique dont il bénéficaient au bout de 10 ans d'ancienneté, ne se fera plus "parce que le nouvel accord s'appliquera dès le mois de juin".

Autrement dit, la CGT qui revendique dans son préavis l'application des Conventions Collectives, s'assoie de facto dessus en affirmant que "le nouvel accord s'appliquera dès le mois de juin".

D'ailleurs, Jean-François Téaldi ne se prive pas d'ajouter à l'AFP que "la date du 14 mars est la seule fenêtre de tir qu'il nous reste avant le 7 juin, c'est-à-dire avant que ne soit mis en place la nouvelle convention collective qui concerne les 11.000 salariés du groupe." ...
CQFD! La CGT estime bien que le 7 juin c'est la date d'expiration des Conventions Collectives.

Une fois encore, la CGT montre au grand jour que ce qu'elle écrit ou déclare sur le papier n'a rien à voir avec ce qu'elle signe régulièrement avec la direction.

Selon la CGT, la direction doit leur fournir un texte ce jeudi 11 mars avant 20h00 avec de nouvelles propositions!!!

Attendons donc, demain, de voir comment la CGT pourra expliquer aux salariés que les prositions qui ne correspondent pas aux 2 revendications majeures (maintien des Conventions Collectives et abandon de la restructuration) les ont conduits à lever le préavis!!!!!


mercredi 10 mars 2010

Combien de temps, la direction de FTV espère-t-elle continuer de marcher main dans la main avec la CGT ?

« Nous sommes mandatés par la Présidence.» [ont affirmé en coeur les représentants de la direction lors de la réunion "dite" de négociation du préavis de grève déposé par la CGT à partir du 14 mars 2010. Avec avec les autres organisations syndicales, la direction a pourtant toujours répondu, à chaque préavis déposé "Nous ne sommes pas mandatés par la Présidence"]

Les représentants de la direction ont poursuivi: « Notre objectif est d'aboutir à la levée du préavis ; nous ne sommes pas dans une logique d'affrontement.
Mais nous ne vous cacherons pas que notre marge de manœuvre est étroite, tant en ce qui concerne la Convention Collective que la réorganisation de FTV» [alors de quelles revendications ont bien pu parler les participants pendant 1h30?]

Et d'ajouter: «Nous souhaitons trouver des pistes pour aboutir à un accord ; essayer de vous convaincre que les propositions que nous vous avons faites répondent à ce que vous demandez. Notre philosophie n'est pas d'arriver au mieux disant de ce qui existe, car nous sommes arrivés à des accords favorables à certaines époques (accord du dimanche à F3), après des sorties de grève » [autrement dit, pour la direction ce qui compte ce n'est pas le mieux disant , NON, c'est comme par le passé arriver à un texte de sortie de grève style accord du dimanche à France 3....un texte qui finalement n'aurait rien à voir avec des revendications mais quelque chose de suffisamment alambiqué pour faire croire que la direction aurait cédé!]

Voila en gros autour de quoi pourrait tourner le protocole de sortie de grève que la direction imagine, mais attention, tout en considérant qu'en juin 2010 la Convention Collective est tombée, que les nouvelles grilles de salaires sont les seules à s'appliquer et que la réorganisation de FTV est finalisée: "En terme de rémunérations, la progression de carrière proposée est certes inférieure à ce qui existe à France 2, France 3 et RFO, sauf pour ceux qui auront des augmentations individuelles. ...c'est un fait mais il faut que certains comprennent qu'ils n'auront pas leur B-21 même s'ils arrivent à 10 ans d'ancienneté en juillet, parce que le nouvel accord qu'elle qualifie de rupture avec ce qui existe - quel cynisme!- s'appliquera dès le mois de juin."

Une vraie provocation par rappport au contexte....et d'enfoncer le clou: "la progression minimale garantie au même niveau qu'aujourd'hui ce n'est pas notre philosophie. L'encadrement doit reprendre la responsabilité de décider du niveau de salaire des personnels. "

Que la direction mandatée par la présidence prétende "rendre à l'encadrement la responsabilité de décider du niveau de salaire des personnels." c'est bien évidemment, consacrer le fait qu'elle la direction lui avait confisqué! Il ne faut pas manquer d'air...et proposer cela à la CGT alors que la CGC depuis des années et des années, le revendique, c'est vraiement minable !

Que chacun soit bien conscient que les syndicats unis, le SNPCA-CGC, la CFDT et le SNJ, encore dernièrement le 16 février 2010 dans la procédure qu'ils ont déposée devant le TGI pour voir perdurer l'application des Conventions Collectives ou, à tout le moins, déclarer leur délais de survivance respectifs allant jusqu'en juin 2012 comme pour la CCCPA, ne laisserons pas la direction faire de petits arrangements entre "amis" sans concertation, visant uniquement à pratiquer à l'adresse du prochain PDG dont la désignation est imminente, le politique de la terre brûlée et du minage de terrain.

mardi 9 mars 2010

Le SNPCA-CGC suite à la lettre de René Maisonneuve va demander à la Justice l'annulation du Plan Social de France Télévisions (faux PSE)

Voici l'intégralité du courrier qu'à adressé René Maisonneuve (RM) au titre de la :DIRECTION GENERALE ADJOINTE RESSOURCES HUMAINES DE FRANCE TELEVISIONS

On peut y lire, notamment, que "dans le cadre d'un PSE plan de sauvegarde de l’emploi, les indemnités de départ volontaire versées ne constituent pas une rémunération imposable "....

Petit hic pour ne pas dire gros hic, France Télévisions n'a jamais présenté cet accord dit de "départs volontaires" comme un PSE - Plan de Sauvegarde de l’Emploi - dont les dispositions légales sont parfaitement encadrées et auxquelles bien sûr le plan social de France Télévisions ne répond absolument pas!

Voici donc le courrier grâce auquel, le SNPCA-CGC va saisir le Justice pour demander l'annulation de ce simulacre de plan social, que nous commenterons juste après:

"RM/MDR/L059-10


Madame, Monsieur,

En complément du courrier d'information qui vous a été adressé sur le dispositif de départs volontaires à la retraite mis en place par France Télévisions, il est apparu nécessaire de préciser le régime fiscal de l’indemnité de départ versée dans ce cadre.

En l’état actuel de la législation applicable à ce jour concernant les rémunérations versées au cours de l’exercice 2010, ne constituent pas une rémunération imposable les indemnités de départ volontaire versées dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l’emploi au sens des articles
L 1233-32 et L 1233-61 et suivants du Code du travail, conformément à l’article 80 duodecies, 1.2° du Code général des impôts.

Le dispositif de départs volontaires à la retraite mis en place par France télévisions s'inscrit précisément dans le cadre des dispositions précitées du Code du travail.

Ainsi, tant l’indemnité conventionnelle de départ à la retraite que l’indemnité spécifique de volontariat versées dans le cadre de ce dispositif en 2010 seront exonérés d'impôt sur le revenu.

Je vous prie de recevoir. Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées."


COMMENTAIRES:

Que dit l'article 80 duodecies modifié par LOI n°2009-1673 du 30 décembre 2009 - art. 100 (V) cité dans le courrier ?

1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes.
Ne constituent pas une rémunération imposable :

....
2° Les indemnités de licenciement ou de départ volontaire versées dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi au sens des
articles L. 1233-32 et L. 1233-61 à L. 1233-64 du code du travail ; (*)

PLAN DE SAUVEGARDE DE L'EMPLOI donc, contrairement à ce qu'à raconté France Télévisions....
Gros problème, très gros problème pour que "les indemnités de licenciement ou de départ volontaire versées ne soient pas imposables" elle doivent l'être dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l’emploi qui répond à des contraintes extrêmement cadrées légalement et qui ne souffrent aucun petit "arrangement".

Les articles qu'évoquent René Maisonneuve dans son courrier et compris dans une "Sous-section 1 intitulée: "Plan de sauvegarde de l'emploi", assimilé à une procédure de "licenciement collectif de plus de 10 salariés", ne le rappellent que trop:


Article L1233-61 En savoir plus sur cet article...

"Dans les entreprises de cinquante salariés et plus, lorsque le projet de licenciement concerne dix salariés ou plus dans une même période de trente jours, l'employeur établit et met en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre.

Ce plan intègre un plan de reclassement visant à faciliter le reclassement des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile.

NOTA:
Ordonnance 2007-329 du 12 mars 2007 art. 14 : Les dispositions de la présente ordonnance entrent en vigueur en même temps que la partie réglementaire du code du travail et au plus tard le 1er mars 2008.
La loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 dans son article 2 X a fixé la date d'entrée en vigueur de la partie législative du code du travail au 1er mai 2008."


Il s'agit donc bien d'un dispositif qui intègre, dit le texte, un plan de reclassement visant à faciliter le reclassement des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile....

Pour éviter le licenciement, notamment des salariés âgés de l'entreprise, qui ne pourrait être évité.
Gros problème, très gros problème, redisons-le France télévisions n'a jamais ni informé et encore moins consulté les élus sur ce PSE.

Qu'impose le loi, sous peine de voir annuler par la Justice, tout PSE qui ne répond pas aux critères cumulatifs du Code du travail rappelés à l'Article L.1233-32 qui lui même renvoie à l'article L. 1233-31?


"Outre les renseignements prévus à l'article L. 1233-31 (voir détail de cet article en fin de définition en N.B), dans les entreprises de moins de cinquante salariés, l'employeur adresse aux représentants du personnel les mesures qu'il envisage de mettre en œuvre pour éviter les licenciements ou en limiter le nombre et pour faciliter le reclassement du personnel dont le licenciement ne pourrait être évité.

Dans les entreprises de cinquante salariés et plus, l'employeur adresse le plan de sauvegarde de l'emploi concourant aux mêmes objectifs."

N.B : Article L.1233-31 (Version en vigueur au 28/11/09, depuis le 1er Mai 2008)

"L'employeur adresse aux représentants du personnel, avec la convocation à la première réunion, tous renseignements utiles sur le projet de licenciement collectif.

Il indique :
1° La ou les raisons économiques, financières ou techniques du projet de licenciement ;
2° Le nombre de licenciements envisagé ;
3° Les catégories professionnelles concernées et les critères proposés pour l'ordre des licenciements ;
4° Le nombre de salariés, permanents ou non, employés dans l'établissement ;
5° Le calendrier prévisionnel des licenciements ; 6° Les mesures de nature économique envisagées.


NOTA: Ordonnance 2007-329 du 12 mars 2007 art. 14 : Les dispositions de la présente ordonnance entrent en vigueur en même temps que la partie du code du travail et au plus tard le 1er mars 2008.La loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 dans son article 2 X a fixé la date d'entrée en vigueur de la partie législative du code du travail au 1er mai 2008."

En l'occurrence, France télévisions n'a jamais adressé aux représentants du personnel avec la convocation à une quelconque "première réunion", tous renseignements utiles sur le projet de licenciement collectif qui répondraient point par point à ces 5 critères impératifs.

Le dispositif que France télévisions essaie de faire passer pour légal mais aussi comme ayant reçu le feu vert de l'Etat (soi-disant, lui-même demandeur!) est totalement illégal donc.

Les article L.1233-62 et suivants du Code du travail également cité dans le courrier de Maisonneuve sont édifiants.

L'Article L.1233-62 En savoir plus sur cet article... :"Le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit des mesures telles que :
1° Des actions en vue du reclassement interne des salariés sur des emplois relevant de la même catégorie d'emplois ou équivalents à ceux qu'ils occupent ou, sous réserve de l'accord exprès des salariés concernés, sur des emplois de catégorie inférieure ;
2° Des créations d'activités nouvelles par l'entreprise ;
3° Des actions favorisant le reclassement externe à l'entreprise, notamment par le soutien à la réactivation du bassin d'emploi ;
4° Des actions de soutien à la création d'activités nouvelles ou à la reprise d'activités existantes par les salariés ;
5° Des actions de formation, de validation des acquis de l'expérience ou de reconversion de nature à faciliter le reclassement interne ou externe des salariés sur des emplois équivalents ;
6° Des mesures de réduction ou d'aménagement du temps de travail ainsi que des mesures de réduction du volume des heures supplémentaires réalisées de manière régulière lorsque ce volume montre que l'organisation du travail de l'entreprise est établie sur la base d'une durée collective manifestement supérieure à trente-cinq heures hebdomadaires ou 1 600 heures par an et que sa réduction pourrait préserver tout ou partie des emplois dont la suppression est envisagée. "


NOTA:
Ordonnance 2007-329 du 12 mars 2007 art. 14 : Les dispositions de la présente ordonnance entrent en vigueur en même temps que la partie réglementaire du code du travail et au plus tard le 1er mars 2008.


La loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 dans son article 2 X a fixé la date d'entrée en vigueur de la partie législative du code du travail au 1er mai 2008.

Article L1233-63 En savoir plus sur cet article... à lui seul est de nature même à rendre tout le dispostitif illégal et invalidé par le Justice.

"Le plan de sauvegarde de l'emploi détermine les modalités de suivi de la mise en oeuvre effective des mesures contenues dans le plan de reclassement prévu à l'article L. 1233-61.

Ce suivi fait l'objet d'une consultation régulière et détaillée du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel.

L'autorité administrative est associée au suivi de ces mesures.

NOTA:
Ordonnance 2007-329 du 12 mars 2007 art. 14 : Les dispositions de la présente ordonnance entrent en vigueur en même temps que la partie réglementaire du code du travail et au plus tard le 1er mars 2008.
La loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 dans son article 2 X a fixé la date d'entrée en vigueur de la partie législative du code du travail au 1er mai 2008."

Il fait l'objet, EN TANT QUE TEL, c'est-à-dire en tant que plan de licenciement collectif dit PSE, d'une consultation régulière et détaillée du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel l'autorité administrative est associée au suivi de ces mesures.

Le CCE n'a jamais fait l'objet d'une consulation régulière et détaillée d'un PSE dont les critères tant impératifs que cumulatifs sont fixés clairement par la loi!

Enfin l'Article L.1233-64 En savoir plus sur cet article... parait presque dérisoire par rapport à tout ce qui est dit avant:
"Les maisons de l'emploi peuvent participer, dans des conditions fixées par voie de convention avec les entreprises intéressées, à la mise en oeuvre des mesures relatives au plan de sauvegarde de l'emploi.

NOTA:
Ordonnance 2007-329 du 12 mars 2007 art. 14 : Les dispositions de la présente ordonnance entrent en vigueur en même temps que la partie réglementaire du code du travail et au plus tard le 1er mars 2008.
La loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 dans son article 2 X a fixé la date d'entrée en vigueur de la partie législative du code du travail au 1er mai 2008."


Pour que "les maisons de l'emploi" autrement dit le pôle-emploi participent dans des conditions fixées par voie de convention avec les entreprises intéressées, faudrait-il encore que la mise en oeuvre des mesures relatives au plan de sauvegarde de l'emploi respectent le Code du travail et donc la loi, ce qui n'est absolument pas le cas ici.

Il ne se trouvera pas un Tribunal qui validera le plan social déguisé qu'essaie de mettre en oeuvre France Télévisions et qui ne répond à aucun des 5 critères établis par la loi et des 6 actions à mener dans le cadre d'un PSE.

Quant aux "indemnités en cas de départ volontaire pour qu'elles soient NON IMPOSABLES, il faudrait qu'elle soient versées dans le cadre d'un PSE plan de sauvegarde de l’emploi ( un vrai!)"...et puisque France Télévisions n'a jamais présenté, ni consulté les élus sur un PSE - Plan de Sauvegarde de l’Emploi -[n'en déplaise au rédacteur en chef du courrier René Maisonneuve, droit dans ses bottes] et qu'il ne répond absolument pas aux dispositions légales, nous laissons la perspicacité de chacun s'exercer sur les conséquences à en tirer.

lundi 8 mars 2010

Les NMPP que dirige Rémy Pflimlin condamnées par le TGI de Paris pour discrimination syndicale, reviendrait-il sur FTV pour favoriser la CGT?

Suite à l’assignation en référé devant le TGI de PARIS délivrée le 23 mars 2009 par les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC et CFTC, pour discrimination syndicale, concernant l’accord signé le 27 novembre 2008 entre le syndicat CGT (SGLCE) dont l’objet était la création du CNP Lieusaint et les NMPP dont Rémy Pflimlin est Directeur Général Adjoint depuis janvier 2006, (*) une ordonnance de référé a été rendue le 30 avril 2009, par le Tribunal de Grande Instance de Paris, condamnant une nouvelle fois les NMPP pour "violation des droits des organisations syndicales représentatives, occasionnant un trouble manifestement illicite du fait du non respect de ses obligations légales."

Le Tribunal de Grande Instance de Paris relève notamment que "le constat de discussion" signé le 27 novembre 2008 entre la Direction Générale des NMPP et la CGT a été conclu en violation des droits des autres organisations syndicales.

L'ordonnance enjoint les NMPP de mener toutes les négociations collectives simultanément avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives.

Une astreinte de 100.000 euros est fixée par infraction constatée et à défaut de respecter les négociations collectivement, les NMPP seront tenus de verser cette somme à chacun des syndicats demandeur, entre autre la CGC et la CFDT.

Le Tribunal de Grande Instance de Paris a également condamné les NMPP à verser aux syndciats demandeurs un article 700 dans le cadre du nouveau code de procédure civile. Le jugement était exécutoire.

Les NMPP ont interjeté appel de cette décision le 19 mai 2009..

La Cour d’Appel de Paris, dans son arrêt du 16 décembre 2009, confirme le jugement rendu en première instance par le TGI et condamne les NMPP aux dépens d’appel et à verser à nouveau des "domages" au titre de l’article 700.

Les NMPP devenues PRESSTALIS se sont donc bien illustrées par des pratiques discriminatoires à l’encontre de diverses organisations syndicales, à l'exception de la CGT comme le souligne le Tribunal et ont donc bien été condamnées à plusieurs reprises pour des faits suimilaires.

Les changements de Direction Générale -dernier en date donc celui de janvier 2006 avec Rémy Pflimlin - n’auraient-ils fait que confirmer de telles pratiques au fil des ans ?

Le fait qu'une direction privilégie un syndicat au détriment de tout un tas d'autres - en l'occurrence la CGT - et soit condamnée en première instance puis voit sa condamnation confirmée en appel, force à s'interroger.

Comment une direction qui tente d'acheter la paix sociale en marchant exclusivement avec telle ou telle organisation, peut-elle imaginer sérieusement que cette démarche soit validée par son actionnaire et constitue une stratégie d'entreprise?

(*) Rémy Pflimlin (1954), diplômé d' HEC qui a débuté sa carrière à l'hebdomadaire "Jours de France" avant de rejoindre en 1985 le quotidien "Les Dernières Nouvelles d' Alsace" puis en juin 1991, est nommé Directeur général adjoint de la Société Alsacienne de Publications, éditrice du quotidien "L' Alsace" dont il fut Président du directoire de 1993 à 1999 avant de rejoindre en novembre 1999 "France 3" en qualité de Directeur général, est devenu 1 juillet 2006, Directeur Général Adjoint des NMPP en janvier 2006 pour succéder à Ghislain Le Leu.

jeudi 25 février 2010

Que la direction de France Télévisions fasse bien attention aux accusations qu'elle lance!

"Le Parisien" a publié ce jeudi un article intitulé: "Ce soir, l'émission de Guillaume Durand en panne"

Voici l'article :
"L'émission de Guillaume Durand, "L'Objet du scandale" ne sera pas diffusée ce mercredi soir comme annoncée à 23 h 10 sur 2. Elle est remplacée par un best-of de «Panique dans l'oreillette». Une panne d'alimentation du car-régie situé à l'extérieur du bâtiment de Télévision ( XVè) a empêché l'enregistrement de l'émission en fin d'après-midi.

Le débat Daniel Cohn-Bendit-Claude Allègre, qui n'a pas eu lieu, a été reprogrammé pour le 10 mars. "


Voila qui est factuel et plutôt prudent.

France Télévisions dont une poignée de dirigeants étaient réunis hier soir en situation de "crise" lançant des propos plutôt scabreux laissant entendre qu'il pourrait s'agir de "faits graves" visant même certains salariés:

"France Télévisions a immmédiatement diligenté une enquête interne. Quelles en sont les raisons et les circonstances?"

Guillaume Durand d'ajouter "il y a un type qui a été identifié", qui pourrait être un membre de l'équipe.

Allégations graves. Selon nos informations, le car-régie situé à l'extérieur du bâtiment ayant "dijoncté", plusieurs techniciens sur place ont cherché à trouver pourquoi et commnent y remédier....le car a dijoncté à nouveau, ce qui aurait eu pour pour effet de faire "sauter" plusieurs mémoires dont celle de la console "son"....la panne a donc été totale.

Guillaume Durand peut bien qualifier d' "incompréhensible" l'incident technique d'hier soir qui a provoqué l'annulation de l'enregistrement de l'Objet du scandale, parler de mystère et indiquer que cela ressemble "a une énorme maladresse" d'un "type qui a été identifié", c'est pour le moins léger sinon un brin nauséabond même en pondérant le propos juste après avec "je refuse de croire à un acte de sabotage contre mon émission".

En conclusion et l'affaire Soumaré devrait inciter France Télévisions à une profonde retenue, écarter d'office un problème technique en laissant planner un doute sur une "intervention humaine malveillente" est, dans le climat actuel, très risqué et de nature à mettre le feu aux poudres.

mercredi 24 février 2010

Les quelques jours qui séparent Carolis de son départ se noircissent de plus en plus.

Il est bien loin l'été 2007, où comme le révélait à David Pujadas, l'ex ministre de la Culture et de la Communication qui rejoint France Télécom Christine Albanel, Carolis faisait illusion.
" C'est Patrick de Carolis qui souhaitait la création de cette société unique, il l'avait demandée à l'été 2007, pas l'Etat ...Ce n'est pas l'État qui dit vous allez faire ça, ça et ça. Le rôle de l'État c'est quoi? C'est de fixer le cap, d'exprimer une ambition, des attentes et de garantir les financements c'est ça qui est important. " disait la ministre au au JT de 20h sur France 2, le 21 octobre 2008.

Aujourd'hui, alors que le nom du successeur de PdC devrait être connu après les élections régionales, c'est une fois de plus, une fin de mandat en forme de chienlit où, ni le premier responsable PdC, ni sa garde rapprochée, ni ses équipes ne maîtrisent plus rien.

Comme le disait aujourd'hui même un des dirigeants "des grèves on peut gérer, mais le bord...on ne sait pas"...Et à voir comment Carolis "gère ses grèves":

- Le syndicat ayant déposé le préavis, à la direction "Vous avez des propositions?"

- La direction répondant au syndicat: "On a rien à vous dire"....personne ne peut être étonné de la tournure que vont prendre les derniers jours de son mandat.

Une fin de mandat que PdC a essayé d'enjoliver au maximum par une communication outrancière sur fond de fronde globale des salariés et d'affaires plus mal engagées les unes que les autres.

Tout d'abord les conditions de cession de la régie publicitaire qui font couler beaucoup d'encre et suscitent de plus en plus d'interrogations. Derniers articles en date, celui de Marianne : "La face cachée de la cession de France télévissions Publicité" ou encore celui de Médiapart signé Laurent Mauduit : "France Télévisions: un scandale peut en cacher un autre" qui débute ainsi:

"La privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions au profit de l'homme d'affaires Stéphane Courbit, allié pour la circonstance au groupe Publicis et conseillé par Alain Minc, apparaît de jour en jour plus opaque. Mediapart a déjà révélé les conflits d'intérêts d'Alain Minc dans ce dossier ou encore les documents confidentiels du conseil d'administration du groupe public faisant apparaître un prix de cession très enjolivé. Mais selon notre enquête, le groupe public pourrait, de surcroît, avoir violé la loi en ne procédant pas à un appel d'offres pour le renouvellement de son contrat de régie, le 31 juillet 2009, ce qui est impératif en cas d'ouverture de capital. Interrogée par Mediapart, la direction de France Télévisions conteste avoir dérogé à ses obligations. Ce pourrait être, toutefois, l'irrégularité de trop, ouvrant la porte à une cascade de recours devant la justice. Enquête...."

Les soi-disant négociations qui , sur les rails, seraient sur le point d'aboutir selon Carolis. Cela n'a jamais été le cas et il a fallu attendre 7 mois pour que dans la plus extrême déloyauté qui soit, un deuxième texte (après qu'un premier tellement minable, ait été retiré) "assez creux" (dixit la direction) soit remis fin janvier 2010 aux syndciats. Ce qui a eu pour effet radical de provoquer une véritable fronde et plusieurs communiqués parlant clairement de "déclaration de guerre".

A ceux qui se seraient laissés attrapper par PdC, il convient de confirmer que depuis mars 2009, seules les quelques lignes (2 pages) d'introduction de la Convention "idéale" que prévoit Carolis, ont fait l'objet de réunions...

Il est on ne peut plus clair que la centaine de pages de l'avenant audiovisuel à la Convention des Journalistes et les quelques 300/400 pages que compte la Convention Collective de l'Audiovisuel avec ses avenants et protocoles que Carolis veut remettre à plat, ne peuvent en toute logique et en aucun cas faire l'objet d'un accord en moins de 2 mois.


Quant à ceux qui prétendent encore comme le dit Carolis que la date butoir est celle du 7 juin et qu'elle "serait bien l'ultime étape de la réforme" pour l'interessé, ils ne font que relayer le disours sans chercher à en vérifier le fond.

Le SNPCA-CGC, la CFDT et le SNJ qui ont saisi le TGI, le 16 février, ne l'ont pas saisi pour "réclamer l'allongement de la durée de la négociation portant sur la nouvelle convention collective"comme certains ont pu l'écrire le plus faussement qui soit mais l'application de la loi sur les dispositions conventionnelles plus favorables que celles du Code du travail sur le délai de surivance des textes en cas de leur "mise en cause ou de leur dénonciation" , si tant est que le Tribunal décide que leur application (des convnetions) ne s'imposerait plus.

Là aussi pour tordre le cou à certaines inepties lues ici et là dont certains ont l'habitude "la loi audiovisuelle du 5 mars 2009 n' a jamais fixé à 15 mois la période qui permettrait à Carolis d'achever son quinquennat sur une signature des accords au 7 juin prochain", ce n'est là que pur élucubration et celui qui écrit trouver cela dans la loi, ne l'a, à l'évidence, pas lue.

Cerise sur le gateau, aller s'interroger sur le fait que "le juge du TGI qui rendra son jugement le 7 avril, ne peut ignorer un délai fixé par une loi" , en ajoutant "en principe non, mais sait-on jamais... " c'est intellectuellement malhonnête et insultant pout le Tribunal puisque ce soi-disant délai carolisien n'est justement pas contenu dans la loi du 5 mars.

Au regard de tout ce souk (pour ne pas reprendre la formeule plus explicite du dirigeant cité plus haut) les salariés qui voient par tout cela l'image de leur entreprise se ternir chaque jour un peu plus, n'attendent qu'une chose de l'Élysée: le nom du prochain président France Télévisions qui, après validation du CSA et de la commission parlementaire ad hoc, aura en toute logique la charge de conduire à son terme cette négociation capitale pour l'avenir des sociétés publiques de programmes télé et de façonner comme il l'entendra la nouvellle entité .

Carolis croit pouvoir humilier les salariés en rognant leur droit de grève….il se trompe.

Carolis recalé au test de la transapence et de la confiance....Il croit pouvoir humilier les salariés en rognant leur droit de grève mais il se trompe.

Après les propos tenus sur la confiance et la transparence à la réunion du 19 février, Carolis s'est pris les pieds dans le tapis....il pensait, une fois encore, pouvoir humilier, ridiculiser avec cynisme et mépris les salariés, il vient de montrer une fois encore que ses paroles n'étaient bieen que des paroles en l'air. Il va devoir, se rendre à l'évidence, personne et surtout pas lui ni "les équipes qu'il a choisies et à qui il a réaffirmé son soutien" ne prennent impunément les salariés pour des billes!

Le 19 février au soir, le SNPCA-CGC déposait 2 préavis de grève de 24h.

- un pour le jeudi 25 février avec comme revendications : «Le maintien des garanties conventionnelles et accords d’entreprise actuels, sous la forme de deux textes distincts, pour les PTA et les journalistes et une négociation ayant pour base les textes existants ainsi que la prorogation des conventions et accords d'entreprises en vigueur pendant le temps nécessaire à la conclusion d'accords préservant les garanties des salariés. »
- un pour le jeudi 26 février avec comme revendications : « Le gel de la restructuration mise en œuvre unilatéralement sans négociation ni concertation et sans consultation des instances représentatives des personnels (CE et CHS-CT) ».

Que s’est-il passé depuis ? Les plannings ont « viré » les productions des studios qui devaient se faire le jeudi en les décalant au mardi, l’enregistrement le Télématin du samedi qui se fait de « la régie AB » est ravancé à ce mercredi, etc…

Zut, le lendemain, la direction s’est aperçu qu’il y avait aussi un préavis pour le vendredi…on décale à nouveau donc, tout en urgence. Pour la production c’était donc réglé….Pour les émissions de flux et les JT en direct, comme d’habitude on les fera de la « régie finale ». Restait la retransmission des Jeux Olympiques sur les 2 jours que contractuellement France Télévisions est obligé d’assurer. Discrètement (enfin, le croit-elle mais pas tant que ça d’ailleurs puisque les techniciens se parlent entre eux, eh !oui) la direction va mettre en place son plan B.

Un technicien suffisamment zélé, qui a vraisemblablement bien entendu le message qu’on lui a fait passé « pensez à votre carrière professionnelle » a, lui-même demandé aux intermittents prévus ce jour là, s’ils étaient prêts à assurer. Fort de leur réponse (avaient-ils le choix) il a donc, toujours discrètement préparé le matériel afin d’assurer « le minimum syndical »la retransmission fortement dégradée.

Un bon coup pensait Carolis ! Il privait, de la sorte, les personnels, (au moins techniques) remontés contre sa réforme et quasiment tous grévistes, de l’efficacité de ces 2 jours de grève. Il mettait tout en place pour court-circuiter les préavis.

Seulement voilà, ces 2 préavis n’ont pas été déposés par hasard, ils l’ont été suite de la réunion du 19 février où Carolis n’a cessé de répéter « Vous pouvez avoir confiance, tout est fait dans la plus grande transparence ».

Ils avaient valeur de test…Force est de constater que l’on ne peut pas avoir confiance et que les salariés qu’il prétend couvrir avec son accord d’entreprise « idéal » (en réalité au rabais) auraient été les dindons de la farce; ce dont ne veut pas le SNPCA-CGC. Quant à la transparence, tant vantée, elle est aux abonnés absents.

Carolis a cru pouvoir, à nouveau, jouer le mépris, le cynisme dans l’opacité totale contre les salariés et leur faire payer le prix fort d’une grève presque sans effet.

Le SNPCA-CGC n’est pas dupe et n’entend pas laisser Carolis continuer de ridiculiser ainsi les salariés.
Il agit, d’ailleurs, avec les salariés comme avec les I.R.P (Instance de Représentation des Personnels), il s’en bat l’œil et les contourne allègrement. Le SNPCA-CGC suspend son 1er préavis du jeudi 25 et décidera demain de la suite à donner à ce mépris affiché.

QUE CAROLIS SE RASSURE : ON A TOUS LA FLAMME!!!!

Une direction désormais incapable de conclure un quelconque accord !

Une direction désormais incapable de conclure un quelconque accord !

Suite à la réorganisation aux conséquences désastreuses qui a débuté le 4 janvier, la direction a "ouvert" des discussions très techniques concernant la mise en place de nouvelles Instances Représentatives du Personnel
(CE, DP et CHSCT).

Ces discussions, segmentées en trois phases, devraient déboucher, après l’été, à des élections professionnelles!

Au cours de la réunion du 23 février la direction a proposé de mettre en place une quinzaine de comités d’établissements qui s’articuleraient de la manière suivante :

1 pour le siège (ex France 2 siège, France 3 siège et Malakoff),

1 pour chaque pôle de gouvernance et 9 autres regroupant la Corse et les établissements d’Outre-mer.

S’opposant à cette vision impersonnelle de l’entreprise dont le seul but est de construire des instances où seraient diluées les préoccupations des salariés, le SNPCA-CGC a proposé un découpage de l’entreprise
épousant les communautés de travail existantes et tenant compte de leurs spécificités.

Ainsi nous proposons par exemple un CE pour chaque antenne de proximité, chaque établissement d’Outre-mer et chaque antenne nationale.

Au cours des échanges nous avons constaté une fois de plus les propos d’une direction voulant nous imposer une vision centralisée de l’entreprise et sans aucune marge de négociation.

Qui plus est , les incohérences du calendrier mis en avant par la direction est venu percuter, une fois de plus, l’échéance prochaine de la fin de mandat de l’équipe actuelle.

Ainsi pour ce qui est de la gestion des oeuvres sociales la direction a indiqué, que dans son schéma, les CE garderaient des moyens humains spécifiques dans tous les anciens établissements. Hélas, au vu de l’étalement des discussions, nul ne peut affirmer que les engagements oraux d’aujourd’hui seront les propositions écrites de la direction à échéance des élections, soit à l’automne prochain !

Devant l’absence, une fois de plus, de documents précis et chiffrés de la direction, les discussions se sont achevées sur un désaccord unanime avec les propositions de la direction.

Depuis les positions communes de toutes les organisations syndicales et le rejet massif des textes proposés par la direction concernant les textes collectifs, le SNPCA-CGC pose clairement la question :

La direction actuelle est-elle encore en mesure de négocier quoi que ce soit dans l’entreprise ?

La réponse est évidente et devrait inciter la direction à prendre les pleines mesures du climat social qui règne dans l’entreprise et en tirer toutes les conséquences !

mardi 23 février 2010

Carolis a compris lors de la réunion du 19 février 2010, que l’étape suivante était la défiance.

Carolis a compris lors de la réunion du 19 février 2010, que l’étape suivante était la défiance.

Après que l’ensemble des syndicats ait quitté la table des négociations sur ce projet de nouvel accord malgré les explications emberlificotées de F. Chazaud qui d’une voix éraillée a affirmé « ne pas avoir vraiment quitté la table des négociations »…tout en ajoutant « On ne veut pas quitter la table » alors qu’elle l’a quittée comme il est dit dans la déclaration du 4 février qu’elle a signée et où le texte parle de « déclaration de guerre », Carolis a donc contraint et forcé rencontré les syndicats pour soi-disant s’expliquer. « Se soumettre à la question » ironisait-il !

Ce terme de « déclaration de guerre », PdC le récuse...."La seule guerre qu'il veut mener c'est celle venant de l'extérieur".

Le 19 février 2010 donc, PdC devait préciser en quoi le projet de statut collectif qu’il « a voulu, choisi et qu’il a validé à la virgule près » (dixit) constituait un accord « gagnant, gagnant » pour les salariés. « Un texte idéal » comme il le dit !

PdC a commencé d’emblée par une langue de bois sans pareil. « Je voulais vous dire un mot de la stratégie que nous menons depuis 5 ans et de la stratégie que nous devrons mener… » là il y a un blanc et il modifie un peu son propos « J’ai envie de vous dire, tout simplement, que devra mener France Télévisions quelles que soient les équipes ».
La phrase était lâchée : quelques soient les équipes …(dixit) Il est, évidemment, sur le départ !

Et d’ajouter « France Télévisions devra affronter et gagner les défis qui sont les siens….Laissez-moi vous dire que je suis à la tête de FTV pour gagner des batailles et relever ces défis là ».

Le SNPCA-CGC ne fait pas partie de ceux qui espéraient grand chose de cette rencontre, il n’a donc pas été surpris.

Discours convenu, emphatique, hautain et très scolaire à l’adresse de certains syndicats qu’il pointait du doigt : « Tant que vous n’aurez pas admis que nous devons évoluer dans un mode exigeant où réactivité et où extrême souplesse se côtoient, vous aurez du mal à comprendre la logique dans laquelle nous sommes ». Phrase qui a eu pour effet de provoquer un tollé parmi les syndicalistes présents pris pour des crétins.

Menaces à peine voilées, ensuite, avec son « Si à la date du 7 juin 2010, si cette date est validée légalement, nous ne sommes parvenus à aucun accord, c’est VOUS, je dis bien VOUS syndicats qui porterez cette responsabilité ».

PdC a également donné dans le « Dallas, ton univers impitoyable » : « Avec la stratégie de bouquets que l’entreprise unique, commune, nous a officiellement demandé par la loi de faire (dixit, comprennes qui pourras) nous avons montré la voie. Notre stratégie a fait école et TF1 avec le rachat de TMC et NT1 ou encore M6 avec W9 nous ont suivis ».

Summum, juste ensuite dans les propos, « Nous avons répondu à cette stratégie de bouquets par une réorganisation mise en place à partir du 4 janvier de cette année….Je pense qu’il s’agit d’une stratégie « gagnant, gagnant »….Demain, dans les 2 ans à venir, nous avons un défi à relever, NOUS ALLONS NOUS BATTRE CONTRE L’UNIVERS »

Rien que ça !!!! Et d’embrayer après ce satisfecit Carolisien « En 2010, 25% des téléviseurs seront hybrides c’est-à-dire que pendant que les téléspectateurs regarderont nos programmes, ils seront interpellés par des icônes qui les orienteront vers d’autres programmes…et il faudra les retenir. Si nous ne sommes pas dans l’univers du broadcast (où nous somme), du broad-band, du global média, nous aurons perdu la partie »

Tu parles, Charles !
Après cet étalage « historique », ce rappel à l’entreprise unique, interpellé par un des participants lui mettant le nez dans ses contradictions : « Vous avez oublié la suppression de la pub que vous avez vanté » PdC a tout bonnement eu un trou de mémoire dans sa réponse « Moi j’ai vanté la suppression de la pub ? Moi ? Ah ! oui ? ….Vous pouvez me retrouver les propos !!! J’ai bien acté…ce n’est pas un projet qui était le nôtre ».

Il convient ici de lui rafraîchir la mémoire; voila ce qu’il a écrit et adressé à tous les salariés du groupe le lendemain de l’annonce du Président de la République, le 9 janvier 2008: « A plusieurs reprises, depuis deux ans, j’ai demandé à notre actionnaire une clarification de notre mode de financement, condition sine qua non pour préserver un groupe public fort dans la perspective du basculement au tout numérique. Cette clarification [la suppression de la pub donc] est aujourd’hui faite.. Elle va permettre de renforcer encore l’identité du service public, en confortant le travail mené depuis deux ans et que nous souhaitons amplifier. »

Il devient, dès lors, très difficile d’être crédible lorsqu’on a si peu de mémoire!

- Création d’une « commission de concertation » ou « commission de suivi » (après coup forcément) qui se substituerait aux commissions paritaires dont Chazaud autour de la table est la seule à dire « On n’est pas content du système des paritaires »;

- Les 58 postes en consultation dont Carolis affirme, péremptoirement, qu’ils ne relèvent pas des commissions paritaires et qui ne répondent à aucun dispositif conventionnel, aucune nomenclature en vigueur, aucune définition de poste dans les Conventions, aucun métier existant;

- L’indispensable souplesse qui fait cruellement défaut, selon PdC. Les dispositifs conventionnels actuels et les accords d’entreprises sont trop lourds…c’est de la souplesse dont a besoin l’entreprise pour s’adapter à la concurrence;

- Le paritarisme qui serait un frein pour l’encadrement. C’est le mérite et la compétence qui doivent être les critères essentiels pris en compte avec des rendez-vous plus fréquents sur l’air de la transparence, etc….

La supplique de Carolis lancée aux syndicats.est bien inutile « Il ne tient qu’à vous de rentrer dans une négociation réelle, positive pour laquelle vous ne pourrez pas dire que nous avançons masqués »…

Mais c’est bien lui qui a fait croire à toute la Presse que « les négociations étaient sur les rails et aboutiraient en juin », qui a transmis la majeure partie des points fondamentaux à négocier avec 7 mois de retard dans la fenêtre d’un an qu’il n’a cessé de revendiquer. Il ne manque pas d’air !

Affirmer que les personnels seront gagnants alors que la masse salariale subit une réduction drastique, que toutes leurs garanties passent dans la rubrique perte et ne laisser la place qu’à l’arbitraire, faut quand même oser!

En fait, c’est bien se sentant acculé et pris à son propre piège, celui d’une communication beaucoup proche de la propagande que de l’info, que PdC se dirigeant vers la porte, cherche le clash et voudrait rendre les syndicats responsables de l’échec de la négociation dont il est le seul responsable.

Carolis a bien compris, que la partie de bluff qu’il avait jouée se termine.


Sa formule «Aucun salarié ne restera au bord de la route », a fait penser à certains, à celle-là même utilisée à TDF «Si aucun salarié n’est resté au bord de la route, beaucoup ont fini dans le fossé».

Cette « guerre » que Carolis dit « vouloir gagner, vis-à-vis de l’extérieur », il aurait peut-être pu la mener avec l’ensemble des partenaires sociaux…mais il n’est plus temps, il ne reste plus aucun espace de discussion face aux déréglementions sauvages qu’il espérait mettre en place…

La prochaine étape ne peut plus être que la défiance.

Stress en entreprise: En orange, on trouve France Télécom et France Télévisions

Lisez la dépêche AFP de Anne-Pascale REBOUL publiée le 18 février 2010 intitulé " Stress en entreprise: le gouvernement distribue bons et mauvais points "

Le gouvernement a distribué jeudi bons et mauvais points aux grandes entreprises, classées en fonction de leurs efforts de prévention du stress au travail, mais sans envisager de sanction pour celles dans le rouge, comme Bull, Goodyear Dunlop, ou KFC .

En pleine série noire de suicides de salariés à France Télécom, le ministre du Travail Xavier Darcos avait lancé début octobre un plan national d'urgence, fixant aux quelque 1.500 entreprises françaises de plus de 1.000 salariés la date-limite du 1er février pour entreprendre des démarches.

Selon les résultats publiés jeudi sur le site travailler-mieux.gouv.fr, 45% des entreprises sont classées en rouge (elles n'ont rien entrepris ou n'ont pas répondu au questionnaire soumis par le ministère), 35% en orange (ont engagé une ou plusieurs réunions de négociations ou de discussions) et 20% en vert (ont signé un accord de fond ou de méthode).

Pour M. Darcos, "ces résultats sont relativement positifs" et "les entreprises françaises " ont joué le jeu car le "name and shame" (nommer et faire honte, ndlr) a des conséquences sur leur image". Les listes seront actualisées chaque mois. "Je suis persuadé que la transparence suffira, qu'il serait inutile de créer une taxe", a ajouté le ministre.

Parmi les entreprises dans le rouge figurent Picard Surgelés, GSK, Bull, Goodyear Dunlop, KFC , Veolia Transport ou encore...l'Agence France Presse. Souvent, ces entreprises "assument" de ne rien faire, a noté le ministre. Picard et GSK ont assuré à l'AFP prévoir d'engager en mars des négociations. Labeyrie s'est étonné de figurer dans cette catégorie alors que le groupe agroalimentaire a lancé un plan d'actions.
Parmi les bien notées, en vert: Areva, Alstom, EDF, Eurodisney, GDF-Suez, L'Oréal, PSA, Renault. Ces entreprises déclinent ainsi l'accord interprofessionnel sur le stress au travail de juillet 2008, qui était resté quasiment lettre morte.

En orange, on trouve France Télécom, qui a commencé depuis septembre des négociations sur le point d'aboutir dans certains domaines. Chanel, Conforama, France Télévisions, la Banque Postale et Total sont également en orange.

Le Conseil d'orientation des conditions de travail examinera mercredi ces résultats ainsi qu'un rapport qui vient d'être remis au Premier ministre, soulignant la responsabilité des dirigeants et préconisant de modifier à la marge leur mode de rémunération en intégrant le niveau de santé de leurs salariés. Tous ces éléments doivent contribuer au Plan santé au travail 2010-2014, qui doit être adopté en mars.

Le problème du stress reste brûlant, comme l'illustre la tentative de suicide mardi d'un cadre de Pôle Emploi dans les locaux de la direction régionale à Ajaccio, qui a suscité une grève en Corse jeudi. "Il y a une montée considérable des risques, avec la précarité grandissante" des salariés, observe le directeur général du cabinet de conseil Technologia, Jean-Claude Delgènes. "Cette opération médiatique ne pourra laisser les entreprises dans un repli sur soi, d'autant que ce n'est pas simplement un classement: cela peut donner une indication à un juge" en cas de procédure pénale, a-t-il souligné à l'AFP. L'Anact (agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) met en garde contre trop de précipitation, pouvant conduire à "des accords un peu vides" ou "sans réflexion sur la situation propre à l'entreprise".

La CFDT, qui a constitué un groupe de travail sur le stress, a observé des mesures "inégales" selon les entreprises, les numéros verts et formations au management étant "inefficients" selon elle, et en appelle à une analyse sur le fond des démarches.

reb/im/ag

lundi 22 février 2010

"Nous sommes de l'autre côté de la table maintenant" répond Téaldi à Carolis qui l'interpelle!

Ce vendredi 19 février, dans un exercice de provocation évidente à l'adresse des syndicats, Patrick de Carolis a tenté une nouvelle fois de prendre les représentants des salariés pour des andouilles en affirmant " qu'avec son système, il promettait un salaire plus équitable".

Dans un communiqué commun, le SNPCA-CGC, la CFDT et le SNJ ont indiqué que :"loin de la constitution sociale vantée par Patrick de Carolis", la nouvelle convention "n'a pour but que de casser et de rogner tous les acquis des personnels".

Le SNPCA-CGC, la CFDT et le SNJ qui ont saisi TGI de Paris pour voir dire que l'application des textes conventionnels doit se poursuivre au dela de juin 2010, attendent maintenant depuis l'audience du 16 février, le jugement du TGI de Paris pour le 4 avril 2010.

Les 3 syndicats unis s'inquiètent notamment de la disparition de facto des grilles de salaires, des conditions de travail dégradées et d'une couverture à minima que voudrait mettre en place PdC.

Cette réunion ne fut qu'une vaste fumisterie qui ne trompe personne...quant aux pseudos déclarations de Téladi du SNJ-CGT qui y voit "une réunion de dupe", elles non plus elles ne trompent personne.

Le même qui ose qualifier la rencontre de "très tendue des deux côtés" (il doit parler pour lui et son syndciat) mais ajoute aussitôt "On a l'impression que Patrick de Carolis qui refuse de toucher au moindre point de la convention cherche le conflit avec les syndicats pour ne pas arriver à un accord".

S'il y avait besoin d'une preuve supplémentaire sur le double jeu et sur les intentions de la CGT, les voila ainsi résumées "Carolis refuse de toucher au moindre point de la convention"...autrement dit, le but poursuivi par la CGT était bien que Carolis touchât à la Convention avec le plein et entier soutien du syndicat donc!

Seulement, la CGT qui a été prise les doigts dans le pot de confiture que la direction lui avait refilé, ne sait plus quelle parade inventer pour faire croire qu'elle n'y serait pour rien. C'est peine perdue.

Le SNPCA-CGC, la CFDT et le SNJ ne s'y laissent, bien évidemment, pas prendre....et la remarque lors de la réunion du 19/02, entendue par tous, de Téaldi répondant à Carolis qui l'interpellait sur la responsabilité de son syndicat dans le blocage des négociations : "Nous sommes de l'autre côté de la table maintenant", est plus qu'édifiante.

Chacun appréciera, le "maintenant"...




Au sujet de cette réunion totalement provoc, voyez ci après le tract de nos amis de la CFDT.

France Télévisions débouté dans son référé contre Mediapart

France Télévisions débouté dans son référé contre Mediapart

Vendredi 19 février à 18 heures, France Télévisions et France Télévisions Publicité ont décidé d'introduire une procédure d'heure à heure visant à demander le retrait de documents adressés aux administrateurs du Conseil d'Administration de France Télévisions, que le site d'information Mediapart avait publiés.

C'est donc lors de cette réunion que France Télévisions a fait voter aux administrateurs la décision "d'entamer des négociations exclusives avec le duo Stéphane Courbit/Publicis en vue de la privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions".

D'autre part, Christophe Girard, responsable de la culture à la mairie de Paris, a saisi le Conseil d’Etat pour demander l’annulation de la décision du conseil d’administration de France Télévisions mandatant son président pour qu’il ouvre des négociations exclusives avec Financière Lov de Stéphane Courbit et le groupe Publicis; Catherine Tasca, vice-présidente du Sénat, lui a emboîté le pas en exigeant des explications sur ce dossier.

Ils sont de plus en plus nombreux, d'ailleurs, à s'interroger à commencer même par des parlementaires de la majorité sur les conditions de cette cession - à présent exclusive! - qui n'a pas fait l'objet de la moindre publicité à la vente alors que l'ensemble des privatisations dans le passé ont pourtant eu droit à des communications officielles!!!! Etonnant pour une régie publicitaire de ne pas avoir fait de pub!!!!

Tout a semble-t-il été concocté dans la plus grand secret depuis le départ...France Télévisions et sa filiale France Télévisions Publicité ont donc choisi d'assiger le site dans une procédure d'urgence, le "référé-interdiction", demandant "le retrait des documents confidentiels issus du conseil d'administration de France Télévisions dont la teneur pourraitcompromettre la négociation". Les deux plaignants demandaient le retrait immédiat des documents.
Samedi à 11 heures, le juge des référés de la première chambre du Tribunal correctionnel de Paris, a débouté les plaignants de leur demande, estimant qu'elle « représenterait une restriction excessive et disproportionnée à la liberté d'informer ». Le tribunal a ainsi jugé qu'il n'y avait pas lieu à référé et les a invité « à se pourvoir devant le juge du fond si elles l'estiment opportun ».

Enfin, France Télévisions et FTP ont été condamnés à rembourser les frais de justice de Mediapart à hauteur de 3 000 euros.

lundi 15 février 2010

France Télévisions doit agir en toute indépendance en se conformant à la loi…dit le Conseil d’Etat

"France Télévisions doit agir en toute indépendance en se conformant à la loi…"

C’est ce qu’a rappelé le Conseil d’Etat saisi antérieurement par 24 sénateurs du groupe CRC-SPG, ce jeudi 11 février 2010, en suivant les conclusions du Rapporteur public et en annulant l’ingérence de l’exécutif du 15 décembre 2008 et la décision de France Télévisions qui s'en est suivie.

L’arrêt du Conseil d’Etat a ainsi sanctionné l’ « incompétence » de l’exécutif; "fait sans précédent dans l’histoire de la République française", dit un communiqué des sénateurs demandeurs, qui "prouve que la résistance institutionnelle face aux dérives autoritaires de l’exécutif est possible et nécessaire".

Les sénateurs ont salué cette décision du Conseil d’Etat, indiquant que "dans une affaire aussi grave pour l’avenir de l’audiovisuel public et pour le respect de la séparation des pouvoirs…la décision obtenue est une garantie essentielle de l’indépendance du Parlement. "

France Télévisions doit donc agir, rappelle le Conseil « en toute indépendance et en se conformant à la loi… ».

Force est de constater que cela n’a pas été le cas.

Et le communiqué des sénateurs de renvoyer PdC à ses propres déclarations, celles tenues dans l’interview du 5/02/10 au JDD que : "France Télévisions n’a subi aucune influence. Si je devais me soucier de tous ceux qui prétendent avoir l’oreille du pouvoir, ma journée n’y suffirait pas" .

La CGC relevait également cette contradiction flagrante où PdC disait « agir en toute indépendance et ne subir aucune influence » alors que la loi n’était pas passée, qu’il le savait et qu’il violait donc les droits élémentaires des parlementaires.

Etre jugé hors la loi par le Conseil d'Etat pendant plus de 2 mois, du 5 janvier au 7 mars 2009, ce n’est pas admissible pour quiconque a en charge une entreprise d’Etat… PdC en a bien conscience.

Il n’y a, redisons-le, pour celui qui dit respecter scrupuleusement les règles et en être au nom de l’Etat le garant, qu’une seule issue suite à ce constat sans appel du Conseil d’Etat: la démission.

Les sénateurs d’ajouter "L’amputation pure et simple de ses ressources publicitaires décidée dès le 15 décembre 2008 ayant été annulée, la réduction de la publicité ne s’impose désormais à France Télévisions que dans les limites où une contrepartie financière est effectivement accordée, conformément à la réserve de constitutionnalité posée par le Conseil Constitutionnel en mars dernier."

Il est donc implicite, à l’heure où le mode de financement de la compensation accordée à France Télévisions est remis en cause par la Commission européenne, "qu’il appartient au conseil d’administration de France Télévisions de tirer les conséquences de la décision du Conseil d’Etat. "

Dans un tel contexte, la privatisation engagée par Carolis de la régie publicitaire semble bien être totalement incongrue. Au moment où de nombreux parlementaires s’interrogent de la même façon que la Presse a pu le faire récemment, la précipitation dont il a fait preuve est d’autant plus incompréhensible qu’inopportune.

dimanche 14 février 2010

Carolis : ses derniers Jeux Olympiques…il devrait rentrer sans médaille !

Carolis : ses derniers Jeux Olympiques…il devrait rentrer sans médaille !

Le 5 février 2010, PdC racontait au JDD que « la révision des conventions collectives et des accords sociaux devait aboutir début juin». Pures balivernes.

Comment, du reste saurait-il, à quel stade en sont les soi-disant « négociations », il ne participe jamais à aucune d’entre elles. S’il s’était renseigné, il aurait appris que les « discussions » ne sont jamais allées plus loin que les quelques lignes d’introduction du « nouveau texte » dont il assure qu’il doit aboutir en juin !

C’est face à ce constat qui s’est vérifié tout au long de son mandat, à savoir qu’il n’est quasiment jamais présent dans les instances de représentation des personnels, que l’ensemble des organisations syndicales après un premier communiqué le 4 février 2010 dénonçant "la véritable déclaration de guerre que constituent l’ensemble des textes remis au 29 janvier par la direction contre les salariés du service public et contre ses missions" exigent ce dans un nouveau communiqué en date du 11 février 2010 diffusé à 16h00, "que PdC soit à la table de négociation sur la convention collective."

Le communiqué poursuit "Compte tenu de la violence des attaques contre les garanties sociales et les acquis des salariés, il est impératif qu’il vienne expliquer en quoi le texte proposé à la négociation est plus favorable aux salariés que les textes auxquels il est supposé se substituer."

Mais des syndicats il se moque bien, il est à Vancouver pour les Jeux Olympiques… vraisemblablement jusqu’au jeudi 18. Alors pensez-donc, une réunion avec les syndicats, impensable…il a autre chose de mieux à faire.

Il ne pouvait quand même pas ne pas se priver de Canada pour ses derniers Jeux Olympiques et aller s’expliquer devant les partenaires sociaux à Paris.

Bien sûr il rentrera sans médaille mais des médailles il n’en a pas besoin !!! Sa dernière interview au JDD sur l’air de « je suis le meilleur et même le privé envie ma réorganisation qui se fait en douceur et sur fond de bilan que beaucoup voudraient avoir », c’est mieux qu’une médaille.

Il convient de le dire et le redire, contrairement à ce qu’affirme faussement PdC, rien ne sera abouti en juin, c’est certain.

Son calendrier, depuis le début est un leurre.

Il n’a jamais pu être tenu car intenable à l’origine. Et c’est sur la base de cette affirmation bidon qu’il a gagné du temps, laissant croire que le passage à l’entreprise unique se ferait avant qu’il ne parte ! Précipitation, impréparation, inconséquence, souk permanent, armée mexicaine, usine à gaz, manque évident de concertation, absence totale d’adhésion des personnels…etc.

Pourquoi faut-il finalement attendre après les élections régionales pour avoir le nom du nouveau patron de France Télé alors que la situation est dramatique et que plus les jours passent plus elle se dégrade ?

jeudi 11 février 2010

Carolis lâché tous azimuts

Pour faire suite à la précédente déclaration de l'ensemble des organisations syndciales de France télévisions après la séance houleuse du 4 février 2010, parlant de " la véritable déclaration de guerre que constituent l’ensemble des textes remis au 29 janvier, contre les salariés du service public et contre ses missions par la direction" , les organisations syndicales sans aucune avancée de la direction ont quitté sine die les négociations.


Dans un nouveau communiqué en date du 11 février 2010 diffusé à 16h00, "l'ensemble des organisations syndciales de France télévisions veulent que PdC soit à la table de négociation sur la convention collective."


Le communiqué poursuit "Compte tenu de la violence des attaques contre les garanties sociales et les acquis des salariés, il est impératif qu’il vienne expliquer en quoi le texte proposé à la négociation est plus favorable aux salariés que les textes auxquels il est supposé se substituer."





Pour marquer son indépendance face au Pouvoir réaffirmée au JDD et après la décison du Conseil d'Etat, PdC devrait donc donner sa démission

Le vote que Carolis avait demandé aux administrateurs de France Télévisions le 5 janvier 2009 est donc hors la loi.

Le Conseil d'Etat a ainsi jugé que la lettre de la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel demandant le 15 décembre 2008 à PdC "d'envisager de cesser, à partir du 5 janvier 2009, la commercialisation des espaces publicitaires entre 20h et 6h" était une "décision ne pouvant relever que du pouvoir réglementaire". La lettre constituait donc une "instruction ministérielle illégale".

C’est ce jeudi soir que le Conseil d'Etat saisi par les sénateurs PCF-PG, a donc annoncé avoir annulé la mise en œuvre de la limitation de la publicité télévisée sur les chaînes publiques mais cette décision ne pourra pas réellement remettre en cause la loi du 7 mars 2009 supprimant les écrans publicitaires après 20h.

Le Conseil dans son communiqué, note également que "la suppression de la publicité pendant une part substantielle du temps d'antenne était une mesure qui avait pour effet de priver France Télévisions d'une part significative de ses recettes et d'affecter la garantie de ses ressources, qui constitue un élément de son indépendance. Or les règles concernant l'indépendance des médias relèvent, aux termes de l'article 34 de la Constitution, du pouvoir législatif".

Cette annulation ne concernerait donc que la période comprise entre le 5 janvier, date de mise en œuvre de la mesure par PdC et le 7 mars 2009, date à laquelle la loi est entrée en vigueur. Personne n’imagine que la décision prise par PdC, jugée donc hors la loi, puisse ne déboucher sur rien !

PdC en tant que journaliste reconverti, qui sait ce que « déontologie » veut dire et qui affirme dans son interview du 5/02/10 au JDD que : « France Télévisions n’a subi aucune influence. Si je devais me soucier de tous ceux qui prétendent avoir l’oreille du pouvoir, ma journée n’y suffirait pas. », ne peut à présent expliquer qu’il a agi en toute indépendance, sous aucune influence – pas même la lettre de la ministre - en mettant à l’ordre du jour du Conseil d’Administration cette mesure jugée hors la loi par le Conseil d’Etat mais qu’il n’est pas responsable aujourd’hui !

PdC sait trop ce qu’éthique signifie pour ne pas en tirer sans délai les conséquences….Il a trop de respect pour la charte de déontologie des journalistes mais plus généralement pour la loi, le droit et les instances suprêmes de ce Pays pour accepter de les bafouer même une seconde.

Alors pensez, violer la loi pendant plus de 2 mois, du 5 janvier au 7 mars 2009, être jugé hors la loi par le Conseil d'Etat, ce n’est pas possible; il en fait une affaire personnelle.

Suite à cette décision du Conseil d'Etat et pour marquer l’indépendance face au Pouvoir qu’il revendiquait et réaffirmait ce week-end au JDD, PdC devrait donc donner sa démission.

Le Conseil d'Etat annule la limitation de la pub à la télé décidée avant la loi

Ci-dessous, la dépêche AFP annonçant l'annulation de la limitation de la pub sur France Télévisions:

Le Conseil d'Etat annule la limitation de la pub à la télé décidée avant la loi

PARIS, 11 fév 2010 (AFP) - Le Conseil d'Etat a annoncé jeudi avoir, comme le
lui demandaient les sénateurs PCF-PG, annulé la mise en oeuvre, avant l'adoption
d'une loi en ce sens, de la limitation de la publicité télévisée sur les chaînes
publiques par le ministère de la Culture et les administrateurs de France
Télévisions.

cgd-szb/mad/jpa

France Télé veut « élaborer les microzoning dans le cadre de la phase opérationnelle du réaménagement spatial des emprises parisiennes ».

France Télé veut « élaborer les microzoning dans le cadre de la phase opérationnelle du réaménagement spatial des emprises parisiennes ».

Pourquoi voudriez-vous que les collaborateurs de France Télé comprennent et adhèrent à une réforme incompréhensible pour laquelle plus de 9 salariés sur 10 ont dit ne pas avoir été informés, quand ce que la direction appelle les « directeurs de secteurs » reçoivent ce genre de courrier ?

Damien Cuier directeur général chargé de la gestion, des finances et des ressources humaines à France Télévisions a donc écrit aux « directeurs de secteurs » , le 10 février 2010 pour leur demander « dans un premier temps, d’élaborer les microzoning…. »

Quelle stupeur !!!!! Nous voila donc passés « dans la phase opérationnelle du réaménagement spatial des emprises parisiennes justifiant donc l’élaboration des microzonings »….Personne n’était au courant…


mais où donc le macro ?

Eh ! oui, à France Télé on explique toujours qu’après le macro vient le micro….Donc où est donc le macro ?

Mieux que du Devos, parler du micro avant même de parler au micro du macro c'est habituel de la part du microcosme du 8ème étage....
Voici le courrier :
« Nous entrons désormais dans la phase opérationnelle du réaménagement spatial des emprises parisiennes.
Nous allons donc dans un premier temps élaborer les microzoning, les présenter au fil des mois aux IRP puis dans un second temps mettre en œuvre les déménagements.
La direction des affaires immobilières et des moyens généraux doit absolument s'appuyer, au sein do chaque direction, sur des référents «déménagements» qui doivent être en mesure :
-de relayer vos propres demandes et décisions en la matière, voire de décider de certains points en vos lieux et place ;
.d'assurer l'interface entre les collaborateurs de votre direction et les responsables de la gestion des espaces ;
-de participer à toutes les opérations de communication qui seront mises en place à l'égard de voire direction concernant les réaménagements ;
-d'assister le cas échéant la direction des affaires immobilières et des moyens généraux pour les réunions IRP ;
-d'assurer des tâches très opérationnelles (lister les liens entre collaborateurs et secrétariats, préciser où doit être livré le courrier d'un collaborateur donné, à quelle imprimante il doit être rattaché, etc...).
Ces référents doivent pouvoir être très accessibles.
Une réelle Implication sera donc nécessaire pondant plusieurs mois, un peu à l'image du rôle qu'ont assumé les pivots dans le cadre du projet de réorganisation, même si la tâche, relativement aux seuls déménagements, sera évidemment moins lourde.
Je vous remercie donc d'indiquer si possible dans la semaine à venir à la direction IMG l'identité du référent que vous souhaitez investir de cette mission.

Signé Damien Cuier »


mercredi 10 février 2010

"France Télévisions, conflits et intérêts" (lisez l'article paru dans Le monde du 11/02/10)

"France Télévisions, conflits et intérêts"

"Depuis des mois, chaque fois qu'on évoque devant lui Patrice Duhamel et Patrick de Carolis, les patrons de France Télévisions, Nicolas Sarkozy lève les yeux au ciel : "Je ne peux plus les supporter !" Il n'est pas certain que la polémique suscitée par la vente de France Télévisions Publicité (FTP), la régie publicitaire de la télévision publique, améliore leurs relations.

La guerre sourde que se livrent plusieurs amis du président pour prendre le contrôle de l'un des joyaux de France Télévisions et l'inquiétude que cette vente suscite parmi les grandes agences de publicité ont fini par semer le doute dans le milieu politique. Et par inquiéter un Elysée qui craint la remise en cause de l'une de ses mesures phares : la suppression totale des écrans publicitaires sur le réseau public.

France Télévisions Publicité a longtemps été une belle source de revenus de France Télévisions, avec un chiffre d'affaires tournant autour de 840 millions d'euros avant l'annonce de la suppression de la publicité. Ses équipes ont la réputation d'être performantes et des télévisions du monde entier cherchent à copier son logiciel, qui permet de gérer l'achat et la vente d'espaces publicitaires automatiquement.

Son patron, Philippe Santini, un ancien d'Havas, âgé de 59 ans, dirige la régie comme une entreprise florissante et vit lui-même sur un grand pied, 500.000 euros les bonnes années. Riad à Rabat, maison dans le Luberon, voiture de fonction allemande avec chauffeur. Chaque année, les annonceurs se pressent pour le voir, à Méribel, où il reçoit pendant dix jours dans un Relais et Châteaux.

La privatisation de la régie est sa grande idée. Il en parlait déjà au prédécesseur de Patrick de Carolis, quand il paraissait fou que l'Etat privatise sa seule source de revenus. Le 8 janvier 2008, la décision de Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur les chaînes publiques a été comme un coup de massue pour ses équipes. Lui a compris que, pour éviter l'hémorragie parmi ses commerciaux, il doit chercher avec soin le meilleur repreneur.

Au mois de mai 2009, la Banque Rothschild, mandatée par France Télévisions, fait le tour des investisseurs potentiels, en proposant la vente de 70 % de FTP, l'Etat gardant les 30 % restants. Elle en distingue vingt-sept, seize se disent intéressés, mais seuls sept candidats se déclarent à la fin du mois de juillet.

A l'automne, après les premières discussions approfondies, ils ne sont déjà plus que quatre. La rentabilité de la régie est devenue aléatoire, après l'arrêt total de la publicité sur les chaînes publiques, fin 2011. Et le dossier est trop politique pour ne pas présenter de risques.

Le groupe Lagardère, qui dispose d'une régie adossée à son groupe médias, devrait être un candidat majeur. Mais sa candidature suscite de gros débats internes entre son directeur financier, Dominique d'Hinnin - surnommé "Dit non" tant il douche les enthousiasmes coûteux -, opposé à cet investissement risqué, et Constance Benqué, présidente de Lagardère Publicité, soutenue par le patron de Lagardère Active, Didier Quillot. Dans sa première offre, le groupe propose un rachat de la régie pour 1 euro symbolique, ce qui révulse les personnels de FTP et est inacceptable pour la Commission de privatisation. Depuis, il n'est pas parvenu à rattraper sa bévue.

L'autre investisseur venu de la presse est Alain Weill, patron de Next Radio TV. Lui aussi dispose d'une régie adossée à son groupe de médias (RMC, BFM radio et BFM TV, La Tribune). Son projet industriel est malin (il propose un rapprochement de FTP avec la régie de Next), mais son prix reste inférieur de près de 30 % à celui des deux derniers candidats : Hi-Media (une régie spécialisée sur le Web, dirigée par Cyril Zimmermann) et Lov Group Investment (LGI), de Stéphane Courbit. Ces deux-là paraissent tenir la corde.

Stéphane Courbit, 44 ans, n'est pas inconnu à France Télévisions. Sous ses allures de grand jeune homme un peu gauche, il est l'un des plus riches producteurs du paysage audiovisuel français (PAF). Fils d'une postière de Crest, dans la Drôme, il a débuté comme stagiaire auprès de l'animateur Christophe Dechavanne, avant de monter sa propre société de production, puis, à force d'ingéniosité, de devenir président d'Endemol France. Il en est parti avec plusieurs centaines de millions d'euros. Depuis, il investit aussi bien dans la télévision, l'énergie, ou même l'hôtellerie, en proposant à chaque fois une petite part du capital aux salariés. Sa réputation de jeune loup a longtemps eu une faille : il n'est pas un produit classique de l'establishment. Mais il s'attache depuis longtemps à le pénétrer.
A ses débuts, il a connu le journaliste Charles Villeneuve. C'est en évoquant avec lui, en 1999, son idée de vendre les programmes d'Endemol à une chaîne de télévision ivoirienne que ce dernier l'a envoyé voir l'ancien ministre de la coopération, Michel Roussin. Par le jeu de dominos propre aux relations de pouvoir, ce dernier lui a présenté son employeur de l'époque, Vincent Bolloré. Et Vincent Bolloré l'a envoyé vers Alain Minc avec une recommandation : "Ce petit jeune a du talent, tu devrais jouer pour lui les Pygmalion.

"Alain Minc est, d'une certaine façon, l'antithèse de Stéphane Courbit. Pur produit de l'élite française, ce conseiller des puissants est introduit jusqu'au coeur de l'Elysée. De Courbit, il a tout de suite pensé "c'est un petit Pinault" - il a le même profil d'autodidacte que l'industriel François Pinault. Minc présentera à Courbit Bernard Arnault et la famille Agnelli et, dans le milieu politique, Nicolas Sarkozy, dont le jeune patron fêtera l'élection présidentielle, au Fouquet's. Courbit donne à Minc, en échange de ses conseils et de son introduction au coeur du capitalisme européen, 3 % du capital de l'une de ses sociétés, Financière Lov. Lov comme les initiales de ses trois enfants : Lila, Oscar et Vanille.

Pour le rachat de la régie de France Télévisions, Stéphane Courbit et Alain Minc ont tout de suite compris que la partie sera difficile. Minc est celui-là même qui a soufflé à Nicolas Sarkozy l'idée de supprimer la publicité sur les chaînes publiques. A la fois juge et partie, il ne doit pas apparaître dans cette affaire. Courbit, de son côté, fournit des programmes à la télévision publique, essentiellement en produisant les émissions de variétés présentées par Nagui. Il n'a, par ailleurs, aucune expérience dans la publicité, et son passé à Endemol, la société qui a introduit la télé-réalité en France, reste sulfureux pour le service public. "Nous ne sommes ni crédibles ni compétents", analyse Courbit. Il lui faut trouver un associé susceptible de lui apporter savoir-faire et respectabilité.
Dès le mois d'octobre 2009, le voici dans le bureau de Maurice Lévy. Le PDG de Publicis Groupe est un magnat de la publicité. Une sorte de caïman du milieu, influent et respecté. "Donnez-moi 48 heures", propose d'abord Lévy par politesse, déjà certain de dire non. Mais, à y regarder de plus près, la proposition est tentante. Le rachat de FTP ne serait qu'une goutte d'eau dans les investissements de Publicis, mais permettrait de renforcer le développement des régies publicitaires dans l'Internet, dont Maurice Lévy, âgé de 68 ans, veut faire son dernier défi.

En connaisseur du monde de la publicité, il est conscient de l'émoi que son engagement susciterait. Il deviendrait à la fois conseil en stratégie, via ses agences de publicité, acheteur d'espaces, via ses centrales, et vendeur d'espaces via son entrée dans FTP. Vincent Bolloré, grand ami de Nicolas Sarkozy et président d'Havas, deuxième groupe publicitaire en France, a déjà fait savoir son mécontentement à l'Elysée. Pour éviter la polémique, Maurice Lévy propose de rester minoritaire à 40 %, laissant Stéphane Courbit à la manoeuvre.

La Commission de privatisation, devant laquelle passent obligatoirement toutes les ventes de sociétés publiques, a fixé une série de critères, dont le prix d'achat et la reprise des personnels sont les deux critères déterminants. Hi-Media et le duo Courbit-Lévy sont au coude à coude. Mais le tandem dispose manifestement de l'appui du cabinet de Christine Lagarde, la ministre de l'économie. Mieux informé des critères de sélection, c'est lui qui, pour finir, propose la meilleure offre : le rachat pour 16 millions d'euros, suivi d'une recapitalisation de 4 millions d'euros, le maintien du personnel de métropole pendant trois ans et la distribution aux 280 salariés de 15 % du capital.

Le 3 février, Patrick de Carolis convoque un conseil d'administration extraordinaire pour proposer l'engagement de négociations exclusives avec Lov-Publicis. Mais une intervention du représentant de l'Assemblée nationale, le député UMP Christian Kert, va semer le trouble. La Commission européenne a en effet changé la donne. En retoquant le projet de taxation de 0,9 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications qui devait compenser financièrement la suppression de la publicité, elle a mis l'Etat dans l'embarras : il devra combler les 350 millions d'euros annuels de manque à gagner dans le budget de France Télévisions.

Dans ces conditions, explique le député de la majorité, "je suis favorable au maintien de la publicité avant 20 heures". En privé, l'élu n'a pas caché à Patrick de Carolis que plusieurs de ses collègues UMP, dont le patron du groupe, Jean-François Copé, jugent que le maintien des recettes publicitaires pour France Télévisions éviterait une nouvelle dépense budgétaire de l'Etat.

Pourquoi dans ces conditions vendre la régie, l'élément le plus rentable du service public ? "Il est urgent d'attendre", estime de son côté le journaliste Laurent Bignolas, représentant des salariés. Le sociologue des médias, Dominique Wolton, administrateur lui aussi, juge que "c'est typiquement le genre de décision prématurée prise pour faire plaisir à Sarko".
Le contrat de cession a déjà prévu qu'en cas de maintien de la publicité avant 20 heures, l'intégralité du surplus des recettes après impôts reviendrait à France Télévisions. Face au trouble de son conseil d'administration, Patrick de Carolis, dont le mandat s'achèvera cet été, décide de demander à Matignon la confirmation que le gouvernement ne reviendra pas sur la suppression de la publicité. Jusqu'ici, il n'a obtenu aucune réponse.

Ce week-end, le président des chaînes publiques affirmait au Journal du dimanche : "La vente n'est pas faite. Loin s'en faut." Une phrase qui a achevé d'exaspérer l'Elysée. (*)

Raphaëlle Bacqué et Marie-Pierre Subtil
Article paru dans l'édition du 11.02.10"

(*) La veille PdC prononçait également une autre phrase, toujours dans son interview au JDD que nous relations dans notre précédent post: « si la taxe télécoms n’est pas affectée au budget de France Télévisions, cela posera un problème au budget de l’Etat, pas au notre » ...autrement dit, c'est l'Etat donc le contribuable français qui paiera. Cette phrase aussi on peu imaginer asiément qu'elle a largement contribué itou à exaspérer l'Elysée!