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mercredi 23 février 2022

A quoi joue Xavier Niel candidat malheureux au rachat du groupe M6-RTL ?

A quoi joue Xavier Niel candidat malheureux au rachat du groupe M6-RTL ?

Décidément le projet de fusion TF1/M6 fait non seulement couler beaucoup d’encre mais provoque surtout des savoureux virages à 180°.

Le Canard enchaîné de ce mercredi dans son article intitulé « TF1-M6, la fusion qui crée la confusion Niel, prétendant éconduit dézingue le mariage. Comme Sarko pour le compte de Bolloré » (*), sous la plume d’Odile Benyahia-Kouider qui cite Xavier Niel qui mène une campagne effrénée contre cette fusion : « "La création d'un monopole, c'est extrêmement grave, un danger pour la démocratie" s'est offusqué le fondateur de Free durant son audition du 18 février [devant les sénateurs, ndlr]. Il n'a pas hésité à pilonner l'État et donc, indirectement, son pourtant ami Emmanuel Macron. Le Président, à ses yeux, est coupable d ' avoir "viré Isabelle de Silva, présidente de l'Autorité de la concurrence, parce qu'elle souhaitait faire son boulot normalement sur ce sujet"».

La proximité avec Emmanuel Macron, du propriétaire du groupe Le Monde Xavier Niel, aurait-elle du plomb dans l’aile ? 

Le palmipède cite d'ailleurs dans les soutiens de ce dernier, Jean-Louis Missika que ledit quotidien national  présentait le 6 février dernier comme « Le spécialiste des médias qui y détaillait les risques présentés pour le pluralisme », en martelant « Ce n’est pas en fusionnant que ces 2 groupes TF1-M6 qu’on va régler leurs problèmes ».

L’hebdomadaire satirique relativise le propos « l’objectivité relative de Jean-Louis Missika » en ces termes « Ex-salarié de Niel chez Iliad, le holding de Free, l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo à la Mairie de Paris est visé par une enquête préliminaire pour avoir favorisé des projets immobiliers développés par ... Xavier Niel ».

Nul doute, dans de telles conditions avec les auditions au Sénat de Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère, Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde), Martin Bouygues…devant la commission d’enquête sur la concentration des médias qui a commencé ses travaux le 24 novembre 2021 et qui les refermera avec Bruno Le Maire et Roselyne Bachelot le 24 février prochain, que les sénateurs médusés assistent plus à une de guerre de tranchée qu’à une véritable stratégie au niveau du Pays concernant les mariages entre médias qui se résument presque toujours à des considérations de gros sous !

Cela n’étonnera personne que le quotidien de Xavier Niel écrive dans ses colonnes « Les 21 sénateurs qui composent cette commission, inspirée par les inquiétudes provoquées par les rapprochements en cours de TF1 avec M6 et de Lagardère (et Prisma) avec Vivendi, voteront-ils le rapport final, seule façon d’en rendre les conclusions publiques ? » !

Pas plus que la réflexion de Martin Bouygues que relate Le Canard « Pour la première fois, devant les sénateurs, il [Xavier Niel, ndlr] a confirmé avoir déposé une offre pour le rachat de M6 - en vain. Ricanement de Martin Bouygues : « il n'avait qu'être compétitif s'il voulait la chaîne. »

Voilà qui est dit… c’est comme les appels d’offres, c’est le mieux-disant qui le remporte. Ici c’est, en l’occurrence, Martin Bouygues. 

(*)



 

mardi 22 février 2022

Le CAE estime à l’évidence que France Télévisions n’a pas joué son rôle !

Le CAE estime à l’évidence que France Télévisions n’a pas joué son rôle !

Dans un rapport rendu public la semaine dernière ("La culture face aux défis du numérique et de la crise"), le Conseil d'Analyse Economique (CAE) recommande de garantir l'autonomie de l'audiovisuel public par le maintien d'une ressource pérenne affectée.

 

Les auteurs du texte Mme Françoise BENHAMOU, M. Olivier ALEXANDRE et M. Yann ALGAB écrivent qu’"Il est nécessaire d'en garantir l'autonomie et de garantir l'indépendance de l'audiovisuel public par une ressource pérenne affectée qui soit adaptée à la réalité des usages audiovisuels actuels".

 

Waouh !!!! Le blog CGC média qui pensait que la Contribution à l'audiovisuel public (CAP auparavant dénommée redevance) amenée à disparaitre en 2023 puisque assise sur la taxe d'habitation, était là pour ça ! Quelle naïveté d’y avoir cru.

 

Le trio de rédacteurs propose « d'augmenter les financements et le périmètre d'action d'Arte, afin d'en faire la plate-forme culturelle de référence à l'échelle européenne. » - rien que ça ! – et préconise d'explorer la possibilité d'une collaboration avec Arte et la mise en place d'un réseau européen de diffusion des productions d'institutions et de scènes nationales avec cette phrase "En effet, la chaîne Arte présente un savoir-faire reconnu en la matière (agrégation et éditorialisation de contenus). La chaîne a déjà déployé une plate-forme européenne, avec une palette complète de contenus. Elle pourrait se voir confier la charge de développer les captations, agréger les contenus, fédérer toutes les catégories de programmes et en favoriser le développement".

 

Pas un mot sur France Télévisions, chacun l’aura compris…

 

Juste une référence à Radio France et rien d’autre « Selon eux, le service public s'est néanmoins adapté à l'accentuation de la concurrence pour le financement et la visibilité des contenus, dans des domaines aussi innovants que le podcast (Radio France) ou la vidéo à la demande (Arte.Tv) »

 

Le CAE, explique La Correspondance de la Presse (*), estime que la plateforme "Culture chez nous", lancée par le ministère de la Culture en 2020, "offre un espace permettant de centraliser les captations de spectacles soutenus par des fonds publics, une offre qui reste encore relativement confidentielle et faiblement éditorialisée" - première nouvelle !! – pourrait damer le pion aux plates-formes (américaines évidemment)  "devenues une forme d'organisation dominante dans le domaine culturel mais que la taille du marché domestique et la diversité linguistique européenne n'ont pas permis de concurrencer les entreprises anglosaxonnes via des opérateurs nationaux ou européens ".

 

Le rapport d’enfoncer le clou "Ce type d'initiative représente un marché aujourd'hui limité mais stratégique, sur lequel Netflix et Youtube se sont déjà positionnés. Afin de le développer, les droits d'exploitation doivent intégrer une clause permettant aux producteurs de spectacles vivants de bénéficier de droits sur ces spectacles (les droits d'exploitation étant au bénéfice du producteur de la captation)".

 

C’est assez incroyable de lire tout ça ! Il y a quelques mois l’ex-Orange qui imagine aujourd’hui sortir de Salto au moment de la fusion annoncée TF1/M6, expliquait pourtant que la plateforme devait concurrencer frontalement Netflix ! Tu parles, Charles….

 

La conclusion dans le droit fil du propos « suggère que la présidence française de l'Union européenne pourrait allouer, à l'occasion, des fonds supplémentaires à destination de cette plate-forme à vocation culturelle et européenne. »

(*)





lundi 21 février 2022

Les téléspectateurs de France Télés écœurés par la tambouille d’arrière-cuisine qui donne des haut-le-cœur !

Les téléspectateurs de France Télés écœurés par la tambouille d’arrière-cuisine qui donne des haut-le-cœur !

C’était ce weekend. Le Parisien donnait en EXCLUSIVITÉ l’info «"MasterChef" remet les petits plats dans les grands...sur France 2 »

Le titre de presse quelque peu caustique, liste d’entrée de jeu les types d’annonces qui circulent depuis quelques semaines sur des sites Internet, notamment ceux de casting :

« Vous êtes passionné.e de cuisine ? Vous avez l’âme d’un.e grand.e che.ffe ? Vous aimez le challenge et les défis ? Un concours de cuisine amateur prestigieux vous attend ! » 

Mais aussi : « Tu es un véritable as des fourneaux ? Ta grand-mère cuisine comme personne ? Ton meilleur pote te régale de ses bons petits plats ? » 

Ou encore : « Recherche différents profils qui aiment la gastronomie et déguster des plats ensemble : groupes d’amis, couples, voisins, famille, collègues de travail »

Le quotidien d’ajouter « Aucun détail sur le nom, ni sur le concept du concours en préparation mais un seul indice peut livrer un début de piste, l’adresse mail pour s’inscrire : castingcuisinieramateur@endemolfrance.com » avant de continuer « Endemol France ? Tiens donc ! Alors que les téléspectateurs continuent de dévorer « Top Chef » sur M 6, voilà plusieurs mois que cette boîte de production, associée à celle de Nagui, cherche à relancer « Master Chef », qui fit les beaux jours de TF 1 de 2010 à 2015, puis de NT1 (devenue TFX), toujours en 2015. Deux nouvelles versions ont été concoctées : la première pour la Une, l’autre pour France 2. »

Ils en font une indigestion les téléspectateurs/contribuables de cette tambouille réchauffée par l’ex-Orange et son ex-dircab !  

Nagui, encore Nagui, toujours Nagui de près ou de loin et Banijay juste derrière, la boîte d’où venait Takis Candilis le numérobis d’Ernotte et où il est retourné après avoir été dégagé des commandes de l’entreprise publique.

Le Parisien poursuit « La recette 2022 de « MasterChef » sera-t-elle gagnante ? Lancé en 2010 sur TF 1, ce format issu de la BBC avait disparu de l’antenne dans la quasi-indifférence. "Eh bien voilà, MasterChef, c’est terminé pour cette saison", annonçait Sandrine Quétier, en septembre 2015. "J’espère que vous avez passé un bon moment. On se retrouve très, très vite ».

Ce soir-là, ils n’étaient que 590 000 devant la finale de la cinquième édition, transférée sur NT 1 en cours de diffusion. Une ultime contre-performance qui avait poussé le groupe TF 1 à arrêter les frais, malgré les bonnes audiences des premières saisons.

Mais d’après nos informations, le concours de cuisine réservé aux amateurs, va renaître sur le service public, avec Agathe Lecaron à la présentation. Les tournages de cette nouvelle version débuteront dans deux mois.

Trois semaines de tournage sont prévues à partir de fin avril-début mai, dans un studio de la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Huit prime times ont été commandés, pour une diffusion prévue à la prochaine rentrée ».

« À l’étranger, MasterChef cette compétition culinaire entre amateurs adaptée dans 83 pays dont récemment la Suisse, continue pourtant d’être un hit » indique encore Le Parisien qui cite « Stéphane Courbit (le grand patron du groupe Banijay) qui ne comprenait pas pourquoi on n’arrivait pas à relancer MasterChef en France » et part du postulat que « Ça reste(rait) une valeur très forte et même la référence en la matière, comme le souligne Bertrand Villegas, directeur associé de The Wit, société qui assure une veille de programmes télé internationaux ».

« On a regardé ce qui se faisait sur le marché et MasterChef s’est imposé », confirme Nicolas Daniel, directeur des magazines de France Télévisions. Avec les Carnets de Julie et Cuisine ouverte, de Mory Sacko, nous étions déjà sur l’univers de la cuisine, mais on cherchait une émission en prime time qui portent nos valeurs. C’est du lien social, de la proximité, des produits de qualité. Si la mécanique restera identique, pas question pour France Télévisions de livrer un copié-collé de la version TF 1, axée téléréalité. La Deux promet des « surprises » dans l’élaboration des épreuves, le choix des candidats et la composition d’un « jury statutaire » résume encore l’article.

« MasterChef s’est imposé » raconte la télé publique qui explique que si « elle a déjà commandé huit prime times à Endemol France la boîte de production, associée à celle de Nagui, c’est parce qu’elle a regardé sur le marché ce qui se faisait ». Quant à la tôle que s’est pris le groupe TF1 avec « la dernière de MasterChef, en septembre 2015, avec seulement 590.000 curieux sur NT1 devant la finale de la cinquième édition », France Télés n’en a cure !

Après tout c’est le contribuable qui paie et chaque euro qu’il donnera pour ces 8 primes devrait, selon Ernotte, en rapporter 3 à l’État dans le cadre du PIB ?!

C'est bien ce qui désole nombre de Français comme Théophraste,

un nouveau venu sur le site de l'ADAP qui n'hésite pas lui non plus à jeter un pavé dans la mare pour dénoncer dès qu’il le peut les cuisines de France Télés et épingler  la gouvernance de France Télés qu'Emmanuel Macron qualifiait, en son temps, de "Honte de la République" !



dimanche 20 février 2022

France Télés : La privatisation ne doit pas être la conséquence de la colère de l’Élysée.

France Télés : La privatisation ne doit pas être la conséquence de la colère de l’Élysée.

C’est quasiment un appel au soulèvement des peuples qu’Ernotte a lancé il y a peu, en des termes qui dépassent l’entendement, dénonçant pêlemêle « Le pouvoir politique qui cherche souvent à nous faire taire [les médias publics, ndlr !], à nous manipuler, à contester notre rôle, voire nous supprimer. D’autres, qui sont souvent les mêmes, limitent nos ressources ou restreignent notre mission. » (sic) 

« Face aux terribles perturbations médiatiques qui menacent nos démocraties aujourd’hui, nous sommes la meilleure réponse pour l’avenir » (sic) ajoute l’ex-Orange qui invite les peuples à se soulever en ces termes « Nous devons redoubler d’efforts, mes amis. Redoubler d’efforts car il y a un besoin urgent de préserver notre modèle de pluralisme et de liberté des médias. Redoubler d’efforts pour défendre la liberté de la presse qui n’a jamais été aussi affaiblie, attaquée et menacée qu’en ce début du 21ème siècle. Nous devons mener une offensive directe et frontale contre la désinformation, contre la manipulation» (sic)  

Sur plus de 5 minutes d’un message vidéo qui en compte presque 6, en anglais – à moins d’une minute en français, voilà qui va plaire à Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports « la dame de chez Suez » toute vêtue de son costume de Reines des neiges, va pilonner, pilonner et encore pilonner avant d’admonester « les membres de l’Union européenne, à des actions concertées visant à peser sur les grandes décisions prises à Bruxelles pour l’avenir numérique…et à aider nos Membres les plus vulnérables, en ces temps difficiles ». (sic)  

N'ayant à l’évidence, pas encore compris que l’UER ce n’est pas juste l’Union européenne mais 69 membres représentant 113 organisations dans 56 pays (presque 30 de plus que l’UE dont l’Ukraine, la Russie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et tant d’autres), l’ex-Orange s’est donc adressée à certains d’entre eux pour déclarer « nos démocraties montrent des signes inquiétants de faiblesse ». (sic)  

Après avoir copieusement affirmé le 12 janvier dernier à Pleyel, quitte à créer autant de crises diplomatiques, que quatre des pays de l’Union menaçaient leurs médias publiques : « En République tchèque, en Slovénie, en Hongrie, en Pologne, les médias publics sont menacés dans leur indépendance, dans leur autonomie vis-à-vis des pouvoirs politiques, menacés dans leur liberté d’exercer et d’informer librement » - propos immédiatement repris par Roch-Olivier Maistre son fan numéro 1 qui est finalement à la régulation, ce que la clef à molette est à la mayonnaise qui en rajoutait « plus inquiétant encore, les récentes tentatives de mise au pas, à Budapest, Prague ou Varsovie. » - là voilà probablement victime d’un dédoublement de personnalité.

L’infirmière TV d’un soir - passée épidémiologiste en chef dans son adresse à l’Europe: « La pandémie se poursuit et risque de durer » (sic) - se prend pour ce qu’elle n’est évidemment pas !  

Elle n’est pas Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne depuis 2019…Elle n’est pas non plus Věra Jourová, la vice-présidente de la Commission européenne, en charge de la défense des valeurs de l'Union et de la transparence de la vie publique européenne

Pas plus n’assure-t-elle la Présidence française du Conseil de l'Union européenne tout comme elle n’est pas à la tête d’un organisme supranational législatif qui viserait à « peser sur les grandes décisions prises à Bruxelles pour l’avenir numérique des membres de l’Union européenne…en espérant que ces projets de textes majeurs qui y seront présentés cette année pour réglementer les plateformes mondiales,  se répandront dans d’autres pays et auront équivalents dans le monde afin de  profiter à tous ». (sic)

Chacun imagine dès lors assez aisément, la colère de certains en France mais aussi hors de nos frontières à la lecture du verbatim de la vidéo (en anglais donc mais sous-titrée en français) que le blog CGC média publie en fin de post (*) et ses mises en garde qui en ont irrité plus d’un. 

Pour autant, la privatisation d’une ou deux chaines de France Télés que certains mauvais conseilleurs soufflent à l’oreille d’Emmanuel Macron et dont ils lui avaient expliqué qu’une fois prolongée l’ex-Orange aurait pu en être chargée, ne peut et ne doit pas être la conséquence de la colère de l’Élysée mais aussi de Matignon ou de la Représentation nationale qui se demandent comment l’Exécutif a pu laisser s’abimer la télé publique à ce point et tolérer ces dérives récurrentes, sans rien dire ou faire.

 

Verbatim

« Chers amis, chers collègues

Tout d’abord permettez-moi de vous souhaiter du fond du cœur et depuis Paris, une très belle et très heureuse nouvelle année, plus clémente, pleine de liberté et avec une touche d’insouciance. Que cette nouvelle année soit aussi l’occasion de nous retrouver enfin en personne pour parler de notre belle Union, pour réaffirmer à quel point nous sommes fiers de nos organismes, fiers du dévouement de nos collègues, de notre formidable public, de notre impact démontré dans nos pays et nos sociétés en difficulté. Fiers de voir notre information professionnelle, libre et indépendante continuer à faire vivre nos démocraties. Fiers de nos fictions, de nos reportages sportifs, de nos documentaires, de nos programmes de divertissement éducatif qui rassemblent et jouent un rôle essentiel dans la vie de nos citoyens qui nous font toujours plus confiance. Fiers aussi des projets qui ont rassemblé, en grand ou en petit ombre, dans ces domaines.

Je pense à la réussite de nos productions, de grandes séries, au système d’échange novateur, de nouvelles en ligne traduites automatiquement, à notre démarche commune à l’égard des droits sportifs les plus importants, à nos actions concertées visant à peser sur les grandes décisions prises à Bruxelles pour l’avenir numérique des membres de l’Union européenne

Je pense à l’échange croissant des contenus et des technologies visant à aider nos Membres les plus vulnérables, en ces temps difficiles. 

Je pense aux milliers de réunions en ligne qui nous ont aidés à identifier ensemble des solutions pour traverser cette terrible pandémie. Enfin, je pense au travail fondamental accompli par Noël et ses équipes pour nous rassembler et je tiens ici, à les en remercier chaleureusement. 

Vous savez bien, comme moi que par sa stature l’UER nous donne les moyens nos ambitions. Car nos défis n’ont pas disparu : au contraire, ils se sont renforcés. La pandémie se poursuit et risque de durer, nos démocraties montrent des signes inquiétants de faiblesse.


Le pouvoir politique cherche souvent à nous faire taire, à nous manipuler, à contester notre rôle, voire nous supprimer. D’autres, qui sont souvent les mêmes, limitent nos ressources ou restreignent notre mission.

Nos nouveaux concurrents numériques souvent de dimensions mondiales, ont gagné du terrain dans la vie quotidienne de nos citoyens, surtout les plus jeunes.

Nous devons donc redoubler d’efforts, mes amis. Redoubler d’efforts car il y a un besoin urgent de préserver notre modèle de pluralisme et de liberté des médias. Redoubler d’efforts pour défendre la liberté de la presse qui n’a jamais été aussi affaiblie, attaquée et menacée qu’en ce début du 21ème siècle. Nos médias publics contribuent au récit démocratique grâce à leurs forces, leur liberté et leur indépendance.

 

Face aux terribles perturbations médiatiques qui menacent nos démocraties aujourd’hui, nous sommes la meilleure réponse pour l’avenir.

Nous devons mener une offensive directe et frontale contre la désinformation, contre la manipulation, contre la culture du « clash » et du « buzz ». 

À Bruxelles, plusieurs textes majeurs présentés cette année pour réglementer les plateformes mondiales, nous aideront au moins au sein de l’Union européenne. Nous espérons que ces projets de loi sont équivalents dans le monde et se répandrons dans d’autres pays pour profiter à tous.

Nous devons redoubler d’efforts aussi pour réaliser des fictions de qualité, des documentaires qui expliquent le monde dont raffolent le jeune public. Notre Union a lancé des initiatives importantes pour offrir de nouvelles opportunités de coopérations. Et je suis convaincue que les industries culturelles et créatives sont la clé d’une croissance inédite et vertueuse. [Le surréaliste euro qui génère trois euros de PIB, selon  Ernotte, ndlr]

Redoubler d’efforts pour innover ensemble et identifier de nouvelles solutions, de nouveaux formats pour un public toujours plus large et faire connaître nos progressions vers une transformation numérique réussie. Redoubler d’efforts pour mieux mettre en lumière la diversité et les multiples cultures de notre Union.

L’inclusion et le respect sont bien sûr au cœur de tout contenu unique et reconnaissable. En bref, en envisageant l’avenir des médias publics de notre vaste Union, je vois des valeurs et des projets communs. Je vois des convictions partagées. Je vois aussi une responsabilité commune envers les générations futures. 

(Quelques mots seulement en français

Vous le savez, l’audiovisuel public de l’UER contribue avec force à réunir les citoyens, à partager du commun. Nos sociétés ont plus que jamais besoin de se rassembler. Et nous sommes déterminés, tous ensemble, à porter toujours plus haut cette mission. Pour cette année 2022 qui s’ouvre, permettez-moi de partager avec vous l’espoir de visions et de projets communs pour nos belles maisons, leur personnel et nos citoyens. A chacune et chacun d’entre vous, j’adresse mes vœux de paix, de joie et de succès tant personnel que professionnel. Très bonne année à tous et à toutes.

samedi 19 février 2022

JO de Pékin : « La direction de France Télés, médaille d'or de la précarité, ou de la honte » !

JO de Pékin : « La direction de France Télés, médaille d'or de la précarité, ou de la honte » !

 

Les Jeux Olympiques de Pékin dont la cérémonie d’ouverture s’est déroulée en l’absence des États-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada ou encore de l’Australie - tous ces pays ayant décidé un boycott diplomatique de cette cérémonie d’ouverture, la France ayant choisi de « suivre la ligne de l’Union européenne » - c’est-à-dire pas de boycott - s’achèveront ce dimanche.

 

A la différence des Américains et des Canadiens, NBC diffuseur officiel n’a par exemple envoyé aucun commentateur en Chine en raison du COVID et des contraintes sanitaires draconiennes. France Télévisions, a pour sa part, annoncé envoyer les commentateurs sur la base du volontariat. Un volontariat déguisé car si les journalistes commentateurs refusent de partir pas question de commenter depuis Paris. Sauf cas extrême. Un chantage assez mal vécu par certains journalistes. Et sur place ça donne quoi ? Une couverture fastidieuse parfois où sur le ski acrobatique bosses par exemple, le consultant « bouffe le pauvre commentateur » qui répète mot pour mot ce que dit ce dernier. Le consultant « elle est première », le commentateur répète « elle est première » !

 

Quel bilan faut-il en tirer ?

 

Tout d’abord, le bilan écologique ! Catastrophique pour la planète en premier lieu avec l’utilisation par le « bureau de modification du climat dans Pékin » (* c’est bien l’intitulé !) d’une technique pour provoquer des précipitations de neige : 150 fusées contenant de l’iodure d’argent ont été tirées dans les nuages, produit chimique provoquant une réaction pour faire tomber de la neige.

 

« On devrait réfléchir aux dangers potentiels de la dispersion de produits chimiques dans les nuages » écrivait par exemple le China Daily.

 

Si on ajoute à cette neige 100% artificielle, les rubans blancs qui parent les sites arides des pistes et seulement les pistes de ski alpin, biathlon, ski de fond, etc…le coût des ressources en eau qui s’élève à 185 millions de litres d’eau pour produire 1,2 millions de mètres cubes de neige via 350 canons à neige déployés, devrait faire s’interroger les États et les politiques !

 

En France aucune voix, ne s’est vraiment élevée - surtout pas celles des écologistes ! - pour dénoncer cette incroyable folie et ce désastre mondial qui en plus du coût non négligeable de l’opération « un peu plus de 20 millions d’euros », ne fait pas non plus  référence  au conservateur chimique interdit dans le monde entier pour que la neige ne fonde pas.  (Source Le Monde)

 

(*) Le Bureau des modifications météorologiques de Pékin (en chinois : 北京市人工影响天气办公室 ; pinyin : Běijīngshì Réngōng Yíngxiăng Tiānqì Bàngōngshì) est une division du Bureau météorologique de Pékin chargée de tenter de modifier le temps à Pékin et sa région, y compris au Hebei et en Mongolie-Intérieure.

 

Le bilan humain ensuite…en marge de ce triste constat, c’est également la colère qui monte au service des sports de Franceinfo.

 

Le Syndicat National des journalistes vient de publier un communiqué, à découvrir ci-dessous, dans lequel on peut lire : "Les Jeux Olympiques de Pékin s’achèvent ce week-end. A l’heure de la cérémonie de clôture, les dirigeants de France Télévisions vont sans doute féliciter – à juste titre! – les centaines de salariés mobilisés depuis plusieurs semaines pour proposer la couverture la plus complète et la plus variée de l’événement. Ils ne manqueront probablement pas de vanter les « performances exceptionnelles » des équipes, et notamment les « records » d’audiences ou de pages vues des plates-formes de la rédaction numérique des Sports, franceinfo : sport et france.tv sport. Des motifs de fierté, certes il y en a.  Mais aujourd’hui, la direction mérite la médaille d'or de la précarité, ou de la honte !"

 

En plus de ce texte, plusieurs journalistes ont posté concomitamment des messages en affirmant : "Nous, journalistes au service des sports de France Info, alertons sur la précarité de notre rédaction où 90% du contenu est assuré par des pigistes, stagiaires/alternants sans opportunité d'embauche et dont la présence épisodique empêche d'assurer une continuité éditoriale." (¤)

(¤)

 

Un autre tweet en dit long « Les journalistes du service des sports numérique de France Télévisions signalent leurs conditions de travail précaires :

📝1 embauche en CDI depuis 2005

🧑🎓 19 alternants cumulés, 0 titularisé

🗓️ 78% de journalistes en contrat précaire au planning de février 2022 (28/36) »… et un journaliste qui travaille pour TF1 qui fait office de rédacteur en chef.


Lorsqu’on pense que l’ex-Orange plastronne tous azimuts pour raconter que tout va bien et que les salariés de France Télés seraient contents de leur sort dans un groupe public « premier du PAF »…avec son histoire « d’alignement des planètes »…les bras ont de quoi vous en tomber !  


  

Les dernières audiences calamiteuses de l’ex-Orange et de son ex-dircab contredisent à nouveau leur pathétique propagande.

Les dernières audiences calamiteuses de l’ex-Orange et de son ex-dircab contredisent à nouveau leur pathétique propagande.  

Décidément chaque jour qui passe vient contredire les élucubrations que « la dame de chez Suez » ressassait, il y a une dizaine de jours en webinaire, à ses hauts cadres !

Dans son article du 11 février intitulé « Sitbon-Gomez remet en place l’ex-Orange qui voit dans l’alignement des planètes : un signe ! »le blog CGC Média relatait comment cet éprouvant exercice imposé mensuellement aux managerss’est transformé en grotesque séance d’astrologie.

« Les audiences au top  et la bonne santé du groupe public » faisait prédire qui serine en permanence que « tout va bien » : « un alignement parfait des planètes » ! C’est vrai que ce n’est pas la première fois que nous l’écrivons mais c’est tellement énorme que la prédiction pourrait avoir un sens caché !

« Les planètes pourraient bien être alignées mais pour une tout autre issue après la Présidentielle » ironise ce fin connaisseur de l’entreprise publique qui ne croit pas que ceux qui soufflent à l’oreille du Chef de l’État que la télé publique est morte, pourront avoir gain de cause.    

D’ailleurs si la télé publique est moribonde et discréditée, aujourd’hui c’est entre autres à cause de cette com’ ridicule et intempestive que véhiculent ses fossoyeurs.

Le blog CGC particulièrement inspiré a tenu à donner à ses lecteurs un exemple des salades répétées à l’envi par l’infirmière TV et son équipe médicolégale, ne serait-ce que sur les audiences.

Très loin d’être spectaculaires, les audiences se suivent et se ressemblent inexorablement depuis trop longtemps.

Voici quelques audiences en première partie de soirée, cette semaine sur France 2 et France 3 :

- Le lundi 14 février 2022

F2 : Leonardo : 7,7% / 1 642 000 téléspectateurs

F3 : Il était une fois l’amour à la française : 5,3% / 1 111 000 téléspectateurs

- Le mardi 15 février 2022

F2 : Un flirt , une danse : 7,1% / 1 441 000 téléspectateurs

- Le mercredi 16 février 2022

F2 : La grande soirée du pouvoir d’achat : 8% / 1 666 000 téléspectateurs

- Le jeudi 17 février 2022

F2 : Élysée 2022 3,6% / 1 296 000 téléspectateurs

F3 : 9 mois ferme : 8,5% / 1 799 000 téléspectateurs.

Concernant les « Prime » de France 2 les 16 et 17 février, il faut écouter ce qu’en disait Guimier au micro du Buzz Le Figaro qui déclare sans rire qu’ « avec les émissions politiques sur France 2, la seule chaîne généraliste à faire ces émissions en Prime, on a 100 % de part d’audience ».

Hallucinant.  

Sur le flop de La grande soirée du pouvoir d’achat, Guimier se félicite  « 1,7 million de téléspectateurs captivés par une émission sur le pouvoir d’achat, c’est bien ! Je ne veux pas être langue de bois mais vous allez dire que mais je vais même dire qu’avec cette émission, nous sommes la seule grande chaîne généraliste historique à proposer des émissions de ce type… » (*)

 (*)  

Sur Élysée 2022, il exulte « J’ai coutume de dire, sur les émissions politiques hors campagne électorale même d’ailleurs sur cette campagne, nous sommes la seule chaîne généraliste à faire ces émissions en Prime, on a 100 % de part d’audience sur les émissions politiques ; c’est la mission du service public » (¤) 

(¤)  

 

Le constat est accablant mais ne semble visiblement émouvoir personne, en tout cas pas celles et ceux qui voient avec Ernotte comme le Secrétaire général de l’Elysée, l’ex-Premier ministre, la ministre de la Culture, le commissaire européen son ex-collègue chez France Télécom ou encore ROM son fan numéro 1 mais aussi une poignée de députés, la voie ouverte vers la privatisation d’une voire deux chaînes du groupe.