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mercredi 31 janvier 2024

Un plan massif de suppressions de postes à 200M€ pour que Mediawan conserve son chiffre d’affaire ?!

Un plan massif de suppressions de postes à 200M€ pour que Mediawan conserve son chiffre d’affaire ?!

La dernière enquête de La Lettre signée Catherine Boullay « L'emprise croissante de Mediawan dans la grille de France télévisions »  (*) en  dit long sur le climat affairiste qui règne à France Télévisions, sur fonds de centaines de millions d’argent public payés jusqu’en 2022 par les contribuables via la CAP (ex-redevance) et depuis par tous les Français par captation d’une partie de la TVA.

(*) 

Avec les informations qui circulent et notamment cette phrase sans appel de La Lettre "Devant la commission d'enquête du Sénat sur la concentration dans les médias, le producteur Pierre-Antoine Capton avait, en effet, cité un chiffre d'affaires de 166 millions d'euros de ventes de programmes pour le seul exercice 2021",  nombre de professionnels du secteur mais aussi de Représentants de la Nation estiment que sur 8 ans, c'est à dire depuis le parachutage d'Ernotte à l'été 2015, le montant total serait susceptible de flirter avec le MILLIARD D'EUROS !

Informations du titre de presse précité qui avait déjà révélé dans son article du vendredi 26 janvier 2024, intitulé « France Télévisions : Delphine Ernotte-Cunci annonce un tour de vis de 200 millions d'euros » (¤)avec  le nouveau plan imaginé par l’ex-Orange et ses thuriféraires destiné à vider un maximum de salariés – les petits et moyens salaires de préférence pour un nombre de départs le plus important possibleles salaires de centaines de directeurs et affiliés nommés depuis l’été 2015 ne suffisant certainement pas à la politique du chiffre et à l’affichage voulu !  font froid dans le dos. 

(¤)

Elle est là "La honte de la République" madame la ministre et vous aussi mesdames, messieurs les parlementaires qui ne pouvez plus longtemps, laisser se poursuivre la mise à sac la télé publique ! 

Combien de salariés de France Télés vont devoir prendre le chemin de la porte  – 2000 ? 3000 ? – pour que quelques copains puissent finir d’essorer la télé publique ?

Informations que FO le syndicat maison allié de la direction, ne semble pas découvrir comme son vomitoire liminaire au CSE central de France Télés le prouve (ci-après)

"Dans la presse il a été dit que ces rencontres étaient informelles, alors que vous avez reçu, les organisations syndicales mercredi dernier.  Pourquoi ?" fait mine de s'interroger le SAV de FO ce 31 janvier 2024 (mouillant au passage le duo CGT - CFDT) alors que depuis une semaine il n'a jamais écrit avoir rencontré l'ex-Orange  pour parler "plan d'économies à hauteur de 200M€, suppression massive de postes et selon nos informations, du détricotage de l'accord collectif pourtant conclu en 2013...Un oubli sans doute !

Il n'était question dans leur dernière com' que de "bilan carbone et des attaques externes contre FTV" ...tout juste était-il fait référence pour leur allié cégétistes d’une possibilité de « renégocier l’accord collectif, le dépoussiérer éventuellement »…la cfdt étant restée muette sur ladite réunion !



D'après les informations collectées par La Lettre, la société de production fondée en 2015 par le trio Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse s'impose comme le premier fournisseur de programmes du groupe audiovisuel public, devant le leader du secteur Banijay

Principal client 

Cette montée en puissance inquiète les producteurs indépendants.  Pour l'exercice 2018, selon nos informations, le chiffre d'affaires atteint par Mediawan avec France télévisions tournait non loin des 50 millions d'euros. En 2020, il a doublé, bondissant à un peu moins de 110 millions d'euros en chiffre consolidé, dont 19,33 millions d'euros réalisés avec sa société Troisième œil productions. Cette hausse a été principalement portée par le rachat de Lagardère studios en novembre 2020.

Pour les exercices 2021 et 2022, le chiffre d'affaires réalisé par Pierre-Antoine Capton grâce au service public s'est maintenu à un niveau légèrement inférieur à 100 millions d'euros, d'après des données obtenues par La Lettre auprès du groupe France Télévisions. Au total, le groupe public est en contrat avec 27 sociétés de production majoritairement détenues par Mediawan. (dont le titre de presse donne la liste ) 

Ce volume de prestations pourrait toutefois être plus important. 

Les estimations de France Télévisions sont étrangement inférieures à celles avancées par Pierre-Antoine Capton.

Devant la commission d'enquête du Sénat sur la concentration dans les médias, le producteur avait en effet cité un chiffre d'affaires de 166 millions d'euros de ventes de programmes pour l'exercice 2021.

Il évaluait alors à 33 % la part de son chiffre d'affaires réalisé avec France télévisions, ce qui faisait du groupe public son premier client. L'écart pourrait correspondre à un mode de comptabilité différent. Les chiffres avancés par de France Télévisions correspondent en effet aux factures présentées annuellement par Mediawan au titre de l'"approvisionnement", c'est-à-dire tout ce qui a été acheté, mais pas forcément diffusé immédiatement sur la grille..." 




mardi 30 janvier 2024

Un énième scandale sur France Captonvisions...Xavier Niel vient faire la pub de sa nouvelle Freebox chez lui !

Un énième scandale sur France Captonvisions...Xavier Niel vient faire la pub de sa nouvelle Freebox chez lui ! 

Ce mardi soir, c'est un peu comme si le standard du blog CGC Média avait sauté tant les appels indignés se sont enchaînés...Invité d'Anne Elisabeth Lemoine, Xavier Niel fondateur en décembre 2015 avec Pierre-Antoine Capton et Matthieu Pigasse du groupe  Mediawan était donc, chez lui, sur le plateau de "C à vous" pour présenter sa nouvelle Freebox. (*)

La promo dont le blog CGC Média a enregistré l'intégralité va durer environ 3 minutes sur France 5...

(*)


Hallucinant...Surréaliste et qui plus est hors la loi ! 

Est-il besoin de rappeler que ce genre d'exercice de pub clandestine est totalement interdit, qui plus est sur les chaîne su service public et le cas échéant en raison de l'activité même de  Xavier Niel (*) dont son groupe Mediawan produit l'émission! (¤)

(* vu sur leur site ) 

Le Groupe Mediawan

"Fondé en décembre 2015 par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, Mediawan est rapidement devenu le premier studio européen indépendant de contenus audiovisuels premium.

Présent dans 11 pays - France, Allemagne (partenariat avec LEONINE Studios depuis 2020), Angleterre, Italie, Espagne, Pays-Bas, Finlande, Etats-Unis, Canada, Sénégal et Côte d’Ivoire

 - Mediawan fédère les meilleurs talents de la création européenne pour produire, distribuer et diffuser les meilleurs contenus.

Le groupe se déploie dans toutes les expertises audiovisuelles : 

La production de contenus originaux en fiction (Mediawan Studio France), flux (Mediawan Prod), cinéma (Mediawan Pictures) et documentaires ;

La distribution de contenus audiovisuels (Mediawan Rights, LS Distribution et Telmondis Distribution) avec plus de 20 000 heures de programmes en catalogue ; 

L’édition de chaines et services digitaux (Mediawan Thematics) tels que RTL9, AB1, Mangas, Toute l'Histoire, Automoto, Golf Channel, Explore, Kitchen Mania, Insomnia…"

Que va bien pouvoir dire et faire ROM le captain de l'Arcom entrerprise face à un tel scandale ? 

Roch-Olivier Maistre, fan numéro 1 et ultime soutien d'Ernotte si prompte à taxer les chaines du Privé va-t-il engager une procédure immédiate contre France Télévisions ou va-t-il attendre que les téléspectateurs mais aussi les parlementaires le saisissent officiellement et portent plainte ?

Le jour où sort l'incroyable dossier de Catherine Boullay sur Capton (le co-dirigeant de Mediawan avec Niel dont le blog prépare demain un nouvelle communication) sur lequel le blog CGC Média prépare un nouvel article dès demain, ça fait vraiment désordre !!!




A France Télés, l'ex-Orange court-circuite les élus, leur instances notamment la CSSCT

A France Télés, l'ex-Orange court-circuite les élus, leurs instances notamment la CSSCT...Prélude au plan massif de suppression de postes ?!

C'est une com' à que peut-être tous les personnels n'avaient pas encore reçue et qui court-circuite dans les faits, les élus, leurs instances de représentation notamment la CSSCT...

Alors que La Lettre révélait en exclusivité, le plan de suppression massive de postes visant 200 millions d'économies (* voir Les Échos de ce lundi en parallèle) - à peu près le chiffre d'affaire d'un des copains producteurs de "la dame du Majestic" (§) - la direction adressait un mail aux salariés leur demandant de répondre au questionnaire sur leur "climat de travail". (¤)

Encore des dizaines de milliers d'euros claqués pour un prestataire extérieur dans une enquête supposée "connaître vos ressentis au sujet de votre environnement de travail et faire émerger les pistes de progrès"...

Autrement dit, dites nous si votre poste de travail et son environnement vous conviennent, sinon nous allons faire émerger des pistes de progrès plus proches de la sortie où vous serez mieux !

(*)

(¤) Voici le questionnaire :

"L’enquête à laquelle vous allez répondre, porte sur un ensemble de facteurs ayant un impact sur votre climat de travail. Elle se déroulera du 15 janvier 2024 au 2 février 2024.

Vos réponses seront anonymes: attention ne pas donner d’éléments permettant votre identification dans l’unique champ libre du questionnaire. 

Elle nous permettront de connaître vos ressentis au sujet de votre environnement de travail et de débuter le dialogue au sein des équipes afin de faire émerger les pistes de progrès.

Le lien permettant d’y accéder strictement personnel. Il ne faut pas le transmettre à un collègue. Si vous pensez qu’il aurait dû le recevoir, merci de contacter équipe-klimat@france•tv. Attention, une fois les réponses validé, Il n’est plus possible de revenir en arrière."

(§)




lundi 29 janvier 2024

Les États Généraux de l’Information (EGI)…ou comment faire croire aux Français qu’ils seraient acteurs ! Une farce....

Les États Généraux de l’Information (EGI)…ou comment faire croire aux Français qu’ils seraient acteurs ! Une farce....

Samedi 27 et dimanche 28 janvier se déroulait le premier des 2 week-ends fixés pour « débattre » (faire comme si, serait plus juste !)  dans le cadre des EGI pilotés par le secrétaire général de Reporters sans frontières Christophe DeloireLe second étant prévu les 3 et 4 février 2024.

« Les États généraux de l’information, c’est quoi ? » s’interroge sur son site le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) ? la troisième assemblée constitutionnelle de la République qui explique  « Les États généraux de l’information ont été lancés à l’initiative du président de la République dans l’objectif d’établir un diagnostic sur les enjeux liés à l’information et de proposer des actions concrètes.

Afin d’alimenter leurs travaux, les États généraux de l’information se fondent sur trois types de participation : la participation des professionnels, celle des chercheurs et enfin celle des citoyens.

Dans ce cadre, une consultation citoyenne en ligne a été organisée avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE) afin de recueillir les attentes et les propositions des citoyens. Cette consultation vise à nourrir, enrichir ou inspirer les réflexions des cinq groupes de travail des États généraux de l’information.

Pour poursuivre ce travail engagé en ligne, des journées délibératives réunissant 100 citoyens tirés au sort parmi les contributeurs en ligne volontaires sont organisées au CESE les 27 et 28 janvier ainsi que les 3 et 4 février 2024. »

C’est donc dans ce cadre que la centaine de citoyennes et citoyens tirés au sort pour « réfléchir et faire des propositions autour de différents thèmes en lien avec l’information et les médias » (impact des innovations technologiques, conditions d’exercice du métier de journaliste, développement de l’éducation aux médias et à l’information, modèle économique et régulation, ingérences et manipulations …), s’est réunie…Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils n’ont  pas dû en revenir !!

Les oreilles de Christophe Deloire ou encore Laurence Franceschini, conseillère d’État en charge du groupe 5 “Quelle régulation efficace pour les médias traditionnels comme pour les nouveaux acteurs ?” (*), n’ont pas arrêté de siffler et doivent encore siffler !

(*)





Chacun notera que c’est Thomas Huchon qui a en charge le Groupe 1 “Comment la technologie change-t-elle notre rapport à l’information ?”

Le même Thomas Huchon (le fils du socialiste Jean-Paul Huchon) qui se retrouve aujourd’hui dans une incroyable polémique avec 3 autres protagonistes Rudy ReichstadtJulien Pain et Tristan Mendès France dont  France Télévisions et son wokisme consommé beaucoup plus affairiste que conceptuel, assure les tribunes que tiennent par exemple ces derniers sur les antennes de la télé publique comme l’expliquait le blog CGC Média dans son récent article : « A quand la commission d’enquête concernant l’utilisation des fonds de la DILCRAH  et du CNC demandé par le sénateur Houpert ? » (¤)

(¤)


Une commission d’enquête concernant l’utilisation des fonds de la DILCRAH et du CNC demandée donc par le sénateur Houpert, où les intéressés sont également concernés par le clip intitulé "Les censoeurs" diffusée sur Youtube, où il est justement question des liens qui unissent certains d'entre eux avec France Télévisions et la société monopolistique de Pierre-Antoine Capton.  (ci-après)

Revenons à ce cinquième groupe qui a attiré toute notre attention. 

Parmi l’un des « citoyens » choisi pour ne faire partie, un homme de presse qui n’a pas maché ses mots et mis les pieds dans le plat dès le départ, devant un auditoire  interloqué mais néanmoins captivé.  

D'entrée de jeu, il demande "où est Bruno Lasserre le président de EGI ?" La réponse fuse "Il a été retenu pour des problèmes familiaux "

"Eh bien non", lui répond-t-il, ajoutant vos devriez lire la presse "Le haut fonctionnaire de 70 ans qui présidait le comité de pilotage indépendant des EGI depuis leur lancement en octobre 2023 a démissionné."

«Pour des raisons strictement personnelles et familiales» (dixit) mais après que le 30 novembre dernier, une juge d’instruction parisienne a ordonné un procès en correctionnelle pour complicité de harcèlement moral

Bruno Lasserre qui est également président de la Cada et ancien vice-président du Conseil d’État, doit être jugé pour pour des faits remontant à l’époque où il dirigeait l’Autorité de la concurrence(2004-2016). Son ancien subordonné à l’Autorité de la concurrence, Fabien Zivy, le sera lui pour harcèlement moral." précise Satellifacts, ajoutant "LÉlysée a annoncé  jeudi 25 janvier qu'il était remplacé par le patron d’Arte, Bruno Patino"

Il s'interroge donc "où est Bruno Patino le nouveau président de EGI ?" Réponse identique   "Il a été retenu pour des problèmes familiaux "

"Décidément, lui aussi ...Que de  problèmes familiaux" s'amuse-t-il !

Au niveau « Information »…Les États Généraux « éponymes, commencent bien ! 

Le citoyen-contribuable évoquera ensuite, la situation financière de France Télévisons particulièrement inquiétante, que l'État a dû recapitaliser par décret à la mi juin 2023 sans passer par la Représentation nationale à hauteur de presque 32M€ (#)

(#)

mais aussi

la liquidation de Salto la plateforme de replay voulue par Ernotte qui expliquait qu'elle allait concurrencer "le diable Netflix" (sic) mais qui après 2 ans et demi  d'exploitation a dû être liquidée, coûtant environ 90M€ aux contribuables et plus généralement aux Français puisque chacun d'entre eux paie aujourd'hui la note avec la suppression de la CAP (ex redevance)  et le financement via la TVA...etc...

"C'est faux" lui répondra tout de go Laurence Franceschini - qui aurait au moins dû tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant d'asséner une énorme contre-vérité :  "Ce n'est pas Ernotte qui a voulu Salto mais M6 et TF1"  

Il abordera ensuite la plainte que vient justement de déposer TF1 contre France Télés avant d'être une fois encore recadré par ladite conseillère d'État qui l'invitera à "passer à autre chose" et ce devant des citoyens qui se sont demandés s'ils ne servaient pas d'alibi...

Les mêmes qui ont dû écouter Christopher Baldelli l'actuel patron de Public Sénat  dans une autre commission parler de lui, de lui et encore de lui et de ses passages dans le secteur, tout en essayant de politiser l'intégralité de son propos !

Il a aussi demandé pourquoi les syndicats n'étaient pas là, expliquant qu'il avait eu certains d'entre eux, affirmant ne pas avoir été conviés ? On lui a répondu qu'ils étaient associés...

Ah bon ! 

« Information » quand tu nous tiens !…et c'est en juin prochain que le retour de ces supposés travaux -  probablement déjà pré écrit  - devrait se faire où comme Labourage et Pâturage (c'est d'actualité) étaient les deux mamelles de ce Pays,  Indépendance et Transparence le seront sûrement en matière d'Information   !!

PS : Aucun des 5 groupes n'est dédié à l'Outremer pas plus que des intervenants d'ailleurs qui en seraient issus...

Ne cherchez donc pas un groupe du style "Diversité et pluralité en matière d'information dans nos territoires hors l'Hexagone" , il n'y en a pas  ! Il y a bien 2 ou 3 participants maximum venant des DROM  mais c'est tout.

dimanche 28 janvier 2024

Ça sent la motion de défiance à France Télévisions !

Ça sent la motion de défiance à France Télévisions !

Le mercredi 24 janvier, la SDJ qui rencontrait le directeur de l’information après de nombreuses sollicitations de la part de la Rédaction nationale, a publié un compte- rendu dont le premier point :"Mise en pause » des portraits politiques à Complément d’Enquête", a fait l’effet d’une bombe.

Extrait :

"Nous souhaitions notamment avoir des précisions sur une demande de la direction de l’information formulée à la rédaction de Complément d’Enquête : l’arrêt temporaire de tout projet de portrait, sous la forme d’enquête, concernant des personnalités politiques, dès maintenant et ce jusqu'à la fin des élections européennes".

Alexandre Kara nous confirme ce « moratoire », selon ses termes. "Je ne leur ai pas demandé d’arrêter mais de ne plus lancer de portraits politiques pendant la campagne des Européennes. (…) Je demande juste une pause. Ils feront les portraits qu’ils voudront après les Européennes, donc juin".

Nous faisons part dans un premier temps de notre étonnement. Pourquoi cette décision ?

Alexandre Kara explique que certains dirigeants politiques refusent de venir (ou menacent de ne pas venir) sur nos antennes à cause des enquêtes de la rédaction, passées ou en cours.

"Notre rôle est de donner la parole à tout le monde pendant cette campagne et d’être très présents. Notre rôle c’est d’être numéro 1 sur ces élections, peu importe qui en sortira vainqueur. Et aujourd’hui on a des difficultés avec un certain nombre de candidats parce que l’on fait de l’investigation"… 

La SDJ exprime son profond désaccord vis-à-vis de cette décision et de cette stratégie. Nous le manifestons à plusieurs reprises au cours de ce rendez-vous, et indiquons notre inquiétude quant à sa perception par le public. 

Sans parvenir à infléchir la position d’Alexandre Kara : "Je soutiendrai toujours l’investigation sauf que j’ai besoin que les hommes et femmes politiques soient présents sur l’ensemble de nos éditions et sur l’ensemble de notre offre dans les prochains mois parce que sinon, je considérerais que c’est une faute de pluralisme. On va faire 4 primes sur les Européennes. Et si plus personne ne vient sur le plateau du 20h, c’est un problème pour moi [...] et ça vient en partie de l’investigation". 

Nous sommes conscients qu’il est essentiel – notamment sur le plan démocratique - de recevoir sur nos plateaux des représentants politiques de premier plan et de tous bords pendant cette campagne. Nous déplorons que certains boycottent nos émissions. Mais cet état de fait ne doit pas entraver la liberté des journalistes d'enquêter, même l’espace de quelques mois. 

La SDJ souligne que ce n’est pas la première fois que des politiques refusent de venir sur nos antennes et qu’interrompre ces enquêtes, c’est céder au chantage de celles et ceux que nos enquêtes dérangent. Nous ne pouvons accepter que le travail d’enquête (réaliser des tournages et mener des interviews par exemple) soit interrompu. Il en va de notre indépendance qui doit être permanente et ne peut être « mise en pause ».

Alexandre Kara indique que depuis qu’il est en poste, Complément d’Enquête a fait plus de portraits politiques qu’au cours des 5 dernières années : "Je n’ai jamais rien censuré. Jamais le service public n’a eu autant de liberté [...] Notre responsabilité est plus large. On doit travailler ensemble pour toute l’info ». Il précise par ailleurs que si des candidats aux Européennes sont mis en cause, il sera possible de mener et diffuser des enquêtes. Cela nous semble difficilement concevable si, dans le même temps, les enquêtes sur des personnalités politiques sont en suspens.

Nous souhaitons ici rappeler que, jusqu’à présent, grâce à la liberté éditoriale totale dont bénéficient les rédactions de France Télévisions, Complément d’Enquête avait pu réaliser des investigations sur des personnalités de tous bords politiques afin de respecter un « équilibre » : Jordan Bardella, Sophia Chikirou, Anne Hidalgo, Alexis Kohler, Edouard Philippe, Sandrine Rousseau ou Eric Zemmour…." »

« Ça sent la motion de défiance » préviennent à présent déjà plusieurs journalistes du Siège.