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jeudi 16 avril 2026

A France Télévisions, le mépris n’est pas seulement culturel, il est structurel et hiérarchique.

A France Télévisions, le mépris n’est pas seulement culturel, il est structurel et hiérarchique.

 Voici un texte corrosif, direct et mordant, inspiré des éléments que tu m’as fournis. Il raconte la scène comme une gueulante bien sentie, tout en reliant au rapport CEDAET et au sentiment d’impunité managériale :

Ce n'est pas le titre d'un fable, non. C'est un nouvel épisode du climat de terreur qu'entretienne certains dirlos de France Télés.

Ce matin, au CSE de France Télévisions, les murs du siège ont tremblé et pour une fois, ce n’était pas à cause des cloisons qu'on déplace à l'envie a cause d’une énième restructuration mobilière.

Tout a commencé par le décès d’Isabelle Mergault. À 12h50, le service Culture se voit ordonner une nécro en urgence : images introuvables, ingestion dans Dalet (éditeur de logiciels de production et de diffusion d'actualités multimédias entièrement intégrée pour la télévision, la radio, le web et les réseaux sociaux) et dans les temps, sujet propre à l’antenne sans bourde. Mission impossible, évidemment. 

Résultat ? Le service se fait tancer en public (le mot est gentillet), en conférence critique, pour son incapacité à « rivaliser avec TF1 ». Sauf que TF1, elle, n’avait diffusé qu’un simple off. Rien de plus.

Les journalistes du service Culture, déjà laminés par la désaffection des éditions de France 2 pour leur matière (c'est un fait quoi que chante Ernotte sur le fait que France Tlés soit leader sur l'actu...Ben voyons!) et la disparition pure et simple d’Ici, ont le sentiment très net d’un mépris systémique. Un mépris qui vient de haut. Très haut...et qui se cultive !

C'est là que Julien Duperray, Directeur de la rédaction nationale, entre en scène. Le même qui, selon le rapport accablant du cabinet indépendant CEDAET (mandaté en février 2025 pour « risque grave »), a déjà humilié publiquement un salarié journaliste en conférence critique. Ce même rapport qui décrit des discriminations, des maltraitances managériales à répétition, des souffrances au travail, des placardisations et une ambiance délétère telle que les experts eux-mêmes ont rencontré des obstacles pour faire leur boulot.

A la séance du CSE Siège, Philippe Corbé, Frédéric Debains (RH) et le sieur Duperray lui-même. Le trio a tenté de minimiser, de lisser, de désamorcer comment dit-on en bon français "la soufflante" passée. Classique.

Les élus n'en sont pas revenus, bien évidemment alors que pour des salariés lambda, les convocations RH pleuvent pour un oui ou une non mais visiblement pas certains managers. Il doit y avoir un traitement identique pour tout un chacun !

Parce que c’est bien ça, le fond du problème. Un manager peut hurler, humilier, maltraiter en public. Rien. Pas de convocation, pas de suite. Un journaliste de base fait une remarque un peu vive ou rate une deadline impossible et là, bim, c'est convocation express.

Alors la question, toute simple, reste posée : l'intéressé bénéficiera-t-il d’un traitement de faveur, comme d’habitude, ou sera-t-il enfin sanctionné comme n’importe quel salarié de la maison ?

Le rapport CEDAET est pourtant clair : le management toxique n’est pas un accident, c’est un système. Et tant que les hurleurs en costume resteront intouchables pendant que les équipes trinquent, la rédaction continuera à saigner en silence.


Le mépris n’est pas seulement culturel. Il est hiérarchique. Et ce matin, au CSE, il a enfin été nommé.



Lettre ouverte à la Direction du Pôle Outre-mer de France Télévisions.

Lettre ouverte à la direction du Pôle Outre-mer de France Télévisions. (*)

Il n’y a pas grand chose à ajouter à la lettre ouverte, adressée le 14 avril dernier au tandem Gengoul/ Ernotte qui visiblement, ne respecte pas ses engagements…

Dire que l’ARCOM a osé écrire dans son avis pour tenter de justifier l'indécent reparachutage de l’ex-Orange "L'Autorité s'est fondée sur les engagements pris pour viser l'équilibre budgétaire par la maîtrise des dépenses grâce notamment à la mise en place d'une comptabilité analytique performante; pour associer, par un dialogue social actif, l'ensemble des salariés de l'entreprise à l'évolution de son accord collectif, de ses métiers et de ses effectifs"

Avec cette décision qui fait aujourd'hui l'objet d'une plainte au pénal déposée par la CGC Audiovisuel pour la faire annuler, on a tout de suite une bonne idée de ce que respect des engagements et dialogue social actif  veulent dire avec en prime la dénonciation de l'accord collectif (jamais abordée devant l'instance) qu'Ajdari et sa troupe arcommienne appellent pudiquement évolution

Les organisations syndicales signataires des protocoles de sortie de crise de 2009 en Guadeloupe et en Martinique, saisissent formellement celle qui vient de faire l'objet d'une deuxième motion de défiance et son bras armé ultramarin pour "formellement attirer leur attention sur la particulière gravité du projet actuellement envisagé consistant à transférer la diffusion d e nos Antennes respectives vers Paris."

Elles expliquent qu' "En 2009, à l'issue d'un conflit social majeur d'une durée de 27 jours, un engagement explicite, précis et opposable a été formellement pris : celui du maintien de la maîtrise locale de la diffusion au sein des territoires."

Puis d'ajouter "En 2025, suite à une énième tentative de remise en cause de ces protocoles par la direction de France Télévisions, les organisations syndicales signataires de ces protocoles, dans une déclaration commune ont de nouveau formellement réaffirmé leur opposition à la centralisation de la diffusion des Antennes d e la Guadeloupe et de la Martinique" avant de réaffirmer "Cet engagement ne saurait être regardé comme accessoire ou circonstanciel. Il revêt un caractère substantiel et constitue un élément déterminant de l'équilibre issu du protocole de sortie de crise. À ce titre, il participe directement à la reconnaissance institutionnelle et fonctionnelle du rôle spécifique des chaînes 1ères de plein exercice de Guadeloupe et de Martinique dans l'accomplissement des missions du service public audiovisuel outre-mer"

La conclusion s'impose "Aujourd'hui, la remise en cause de cet équilibre par la direction de France Télévisions s'analyserait comme un revirement unilatéral d'un engagement formellement pris et acté. Une telle décision ne saurait être justifiée. Toute remise en cause, directe ou indirecte, de cet engagement doit être regardée comme constituant une violation caractérisée des obligations résultant dudit protocole, ainsi qu'une atteinte grave aux principes fondamentaux du service public, au premier rang desquels figurent les principes de continuité d e service, d'égalité d'accès et d'adaptation aux réalités locales"

(*)



mercredi 15 avril 2026

Delphine sort l'artillerie lourde pour tenter de sauver le soldat Ernotte...et toujours avec l'argent des Français.

Delphine sort l'artillerie lourde pour tenter de sauver le soldat Ernotte...et toujours avec l'argent des Français.

Il y a quelque chose de particulièrement malsain dans cette grand-messe organisée hier (14 avril 2026) par France Télévisions au théâtre La Scala à Paris, intitulée « L’information, nouvelle ligne de front », sur le thème « Guerre, ingérences, menaces : les médias, acteurs de la défense européenne »Pas seulement dans ce qui s’y dit — convenu, balisé, institutionnel — mais dans le moment choisi.

Après que quelques-uns à France Télés ont fait brûler des cierges à sainte Rita, en janvier de l'année dernière, attendant désespérément que le vote de la motion de censure d'un bloc de gauche qu'ils imaginaient au-dessus des 288 suffrages requis, fasse tomber le gouvernement d'alors et dans la foulée provoque la dissolution qui aurait fait disparaitre la commission d'enquête sur  la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », il fallait donc trouver autre chose.

Torpiller la commission, pilonner au quotidien son rapporteur avec le soutien sans faille du député du Calvados qui n'a pas raté un tacle, une remarque, un recadrage, une admonestation, reformulation ou un esclandre, allant jusqu'à suspendre les séance au nom d'une soi-disant dignité dont visiblement il ne connait visiblement pas la définition et souhaiter qu'avec ça une majorité de députés amis (LES 12 FAVORABLES) bloquent l'adoption du rapport !

Il semble bien que parmi la douzaine recensée dans un document de France Télés, les rangs commencent à se dégarnir au fur et à mesure qu'approchent les Législatives (dans un an) qui flingueraient à coup sûr toutes celles et ceux qui empêcheraient ledit rapport de sortir.

D'où la nouvelle sortie de route de l'ex-Orange qui vient de se prendre une deuxième motion de défiance dont la commission  a montré nombre d'incohérences dans ses déclarations (c'est un moindre mot) et avec un climat de rejet croissant envers l’audiovisuel public : organiser une matinée où elle se met en scène… comme rempart démocratique.

"La manœuvre est grossière"  militairement parlant  car derrière les mots ronflants — “résilience”, “ligne de front”, “défense européenne” il y a surtout une opération assez gros sabots : transformer une position fragile en position indispensable.

Une nouvelle propagande par transitivité ou comment prendre les Français et la Représentation nationale  pour La 7ème compagnie :

- le monde est dangereux

- l’information est une arme

- donc ceux qui contrôlent cette information sont essentiels

Par  extension : Toucher à France Télévisions, ce serait fragiliser la démocratie elle-même. Ben voyons...Tellement bourrin que c'en est pathétique.

Cette mise en scène alors que les caisses sont vides, sonne comme une nouveau et énième dérapage - celui de trop, il faut le penser -  pour éviter soigneusement les questions qui fâchent : Pourquoi une partie croissante du public ne fait plus confiance au service public et celui-ci devrait-il ne jamais être questionné sur l'utilisation des milliards d'argent public ?!

À la place, on change le décor  : Non, nous ne sommes pas face une crise de crédibilité, c’est une guerre informationnelle...Ce n’est pas une défiance interne, ce sont des ingérences externes !

Autrement dit : si les gens doutent, ce n’est pas forcément que les médias ont failli…c’est peut-être qu’ils ont été manipulés.

Pratique mais tellement ridicule. dans ce contexte , la "conférence" ressemble moins à un débat qu’à une démonstration de légitimité avec journalistes, experts, militaires et institutionnels, tous alignés pour produire un récit cohérent : Nous sommes du bon côté donc nous devons rester en place.

Et tout le monde est supposé avaler la couleuvre...le boa constrictor serait plus juste ?! Ce qui est frappant, ce n’est pas tant le contenu — prévisible — que l’absence totale de mise en danger intellectuelle.

Aucune vraie contradiction.

Aucune remise en cause sérieuse.

Aucune interrogation sur les angles morts du système.

On ne questionne pas le rôle du service public. On le sacralise...sur l'air "ta commission d'enquête tu sais ce que j'en fais!". Difficile dès lors, de ne pas y voir une forme de plaidoyer indirect :

regardez comme nous sommes utiles

regardez comme nous sommes responsables

regardez comme nous sommes nécessaires

Bref 

regardez pourquoi il ne faut surtout pas nous remplacer....me remplacer, moi Ernotte !

Ce n’est pas encore un scandale mais ça pourrait bien devenir l'étincelle d'une fronde prête à repartir de plus belle.  Mais c’est révélateur de cet entre soi qui pervertit et pourrit tout.

Certes à ce stade, il n’existe aucun élément public solide permettant d’affirmer que Matignon ou l’Élysée ont piloté ou commandité directement cet événement mais la question se pose parce que quand un média commence à expliquer qu’il est un acteur de la défense, il cesse, au moins en partie, d’être un objet de critique...et c’est précisément là que le problème commence.

La conclusion le blog CGC Média la laisse bien volontiers au sénateur Max Brisson :


mardi 14 avril 2026

Pathétique Léa Salamé au colloque ernottien sur la guerre qui se rappelle avoir oublié un p’tit truc !

Pathétique Léa Salamé au colloque ernottien sur la guerre qui se rappelle avoir oublié un p’tit truc !

Ah, Léa Salamé qui brise enfin son silence dans Le Figaro avec cette phrase : « J’ai un regret sur cette interview ». On se frotte les yeux et on se demande si on a bien entendu ? De quoi s’agit-il ?

Après avoir offert à Sergueï Lavrov – ce vieux routier de la propagandiste en chef de l’invasion de l’Ukraine par la Russie voilà déjà 4 ans - une belle tribune bien complaisante sur France 2 - voilà qu’elle découvre, des semaines plus tard, qu’il y avait peut-être un léger problème. Un regret ? Vraiment ? Comme on regrette d’avoir oublié son parapluie un jour de pluie.

Pendant que Lavrov enlevait tranquillement son oreillette pour dérouler sans être dérangé, son narratif que Moscou trafiquait ensuite pour en faire un pur outil de propagande, notre grande journaliste du service public se contentait d’un petit « mais quand même, les civils ukrainiens…». Du journalisme de combat, du musclé, du brutal !!!!

Le vrai regret, Léa, ce n’est pas « sur cette interview ». C’est de l’avoir faite. C’est d’avoir transformé le 20 heures en salon feutré pour celui qui va raconter n’importe quoi, sans être contredit...C’est d’avoir offert à la Russie une victoire de communication gratuite sur une chaîne censée incarner le service public français…C’est d’ailleurs à se demander, particulièrement lorsque la journaliste de Franceinfo tv termine son plateau, en : « Vous restez  sur CNews » !!! (¤)

(¤)

https://youtube.com/shorts/WpkgRrsLtEQ?is=Dzg8iiJMUvjzZbUu

Un regret tiède, tardif, presque poli. Exactement comme l’interview elle-même.

Bravo pour la prise de conscience… trois semaines après. On sent l’urgence et la fermeté légendaire de France Télévisions face à la propagande. 

Remarquez, niveau propagande, l’ex-Orange, elle sait de quoi elle parle. Pascal Boniface vient justement par réseau interposé de lui laisser un message au vitriol. (*)

Pathétique. 

(*)

https://youtube.com/shorts/TSBdlQd2tso?is=nSVoUjAl4sj5Pqzb


Une guerre en Europe avant 2029 : la confusion des rôles entre médias publics et appareil d’État/militaire est totale !

Une guerre en Europe avant 2029 : la confusion des rôles entre médias publics et appareil d’État/militaire est totale !

La nouvelle prêtresse de la guerre continue son tintamarre guerrier. Après son dernier dérapage devant la commission d'enquête sur l'Audiovisuel public (*) sur l'imminence de la guerre et ses propos "Savez-vous par exemple que en Suède, c’est le chef de l’État-major de l’armée suédoise qui a demandé qu’on augmente les crédits de l’audiovisuel public. J’ai eu la même discussion un petit comité avec le chef de la défense allemande, et je ne vous dirai pas les discussions que je peux avoir ici en France.  Pourquoi c’est important ? Et d’ailleurs j’ai invité le chef d’État-major de l’armée suédoise intervenir à l’assemblée générale ou tous les membres de cette union était présents. Qu’est-ce qu’il dit ? Il dit qu’en temps de guerre, en temps de guerre et sachez que les militaires prévoient une guerre avant 2029 donc je ne suis pas en train de parler dans le vide. Voilà ! En temps de guerre, la chose la plus précieuse, un des éléments les plus précieux pour les militaires, c’est la capacité de parler avec la population. Or, pour parler avec la population, il faut un média qui leur inspire confiance..." elle a décidé de passer à la vitesse supérieure.

Ce mardi, elle organise ni plus ni moins une matinée de débats sur le thème « Guerre, ingérences, menaces : les médias, acteurs de la défense européenne ». L’info, nouvelle ligne de front. Avec un beau rond ORANGE bien placé sur la « nouvelle ligne », histoire de marquer son territoire. Animée par Mélanie Taravant et Thomas Snégaroff, avec la fine fleur des experts maison (Léa Salamé qui recevait Sergeï Lavrov récemment, Raphaëlle Bacqué, Thierry Breton son ex patron, etc.) et une clôture en apothéose par… elle-même.

On imagine la scène : Celle qui se vante de présider aussi l’Union européenne de radio-télévision, en grande stratège de la « guerre de terrain » dans le droit fil de ce qu'elle expliquait sous serment  : à savoir  que les militaires considèrent les médias publics comme un élément « précieux » pour « parler à la population » en temps de guerre. 

Alors qu'elle a conduit l'entreprise vers la faillite sinon la dissolution,  elle transforme aujourd'hui France Télévisions en think tank hybride, mi-média mi-état-major, où l’on débat de désinformation comme arme stratégique tout en réclamant plus de crédits pour « la confiance » et la « redondance des infrastructures ».

Allo la terre !  Et au Château pas un mot.

C’est beau, l’engagement. Surtout quand on se souvient que la même a été auditionnée sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, pas sur les mouvements de troupes à l’Est. Mais bon, quand on a les discussions « que je ne vous dirai pas » avec les chefs de la défense française, on ne va pas se limiter à des débats sur l'évolution de la fraction de TVA qui a remplacé la CAP (ex redevance)

Delphine Ernotte ne se contente plus de gérer une télé publique en difficulté. Elle se voit  actrice de la défense européenne, en interlocutrice privilégiée des militaires, en gardienne de la « ligne de front » informationnelle. 

On est passé du service public à la mobilisation générale des plateaux. La prochaine étape ? Un JT présenté en treillis, avec carte d’état-major en fond vert et un bandeau « Restez chez vous, on gère l’info » ? 

En attendant, on peut toujours cliquer sur le lien rouge pour suivre le live. Histoire de voir à quoi ressemble une guerre informationnelle quand elle est pilotée depuis les bureaux de France Télévisions par la "dame du Majestic". Après avoir discrédité la Cour des comptes, l'Inspection Générale des Finances, c'est au tour de la France !

La France : lanterne rouge de l’Europe… mais première à déclarer la guerre de 2029. Merci Ernotte, le chef de l’État est servi.

(*)

https://youtu.be/ryuEx9rer2Q?is=oJAPamIDBbBenjif



Deux motions de défiance, zéro remise en cause : à France Télés les salariés ne réclament plus d'explications, ils exigent le départ d'Ernotte.

Deux motions de défiance, zéro remise en cause : à France Télés les salariés ne réclament plus d'explications, ils exigent le départ d'Ernotte.

Il se murmure un peu partout dans l’entreprise que l’ex Orange est prête à sacrifier son ex-primo dircab pour sauver sa tête et pouvoir continuer ses courbettes. Il suffit de regarder le dernier documentaire d’OFF INVESTIGATIONS (*) signé Gauthier Mesnier et intitulé «Macron.tv : France Télévisions au garde-à-vous » pour comprendre que pour les salariés la coupe a débordé. Après les bobards enchaînés devant la commission d'enquête « La dame du Majestic » à l’évidence aux abois, elle vient d'essuyer une deuxième motion de défiance. 

1.  La première. Celle qui donne le ton.. En 2017, deux ans après son parachutage à la tête de France Télévisions (en 2015), les Sociétés des journalistes (SDJ) des rédactions nationales (France 2, France 3, franceinfo…) organisent un vote.

La question posée était essentiellement : « Faites-vous confiance à Delphine Ernotte pour préserver la qualité et les moyens de l’information ? »

Résultat : la motion de défiance était adoptée à 84 % des voix (avec un taux de participation d’environ 69 %).

Contexte : les journalistes dénonçaient un plan d’économies important pour 2018 (suppressions de postes, réduction de moyens dans l’information) et déjà, une réforme plus large de l’audiovisuel public préparée par le gouvernement de l’époque.

Ce vote symboliquement fort, marquait un important désaveu public envers sa méconnaissance de l'entreprise et surtout ses méthodes méprisantes face au personnel. 

2. La plus récente. La plus écrasante.

Adoptée hier (dimanche 12 avril 2026) par les journalistes de France 3 Île-de-France, elle en laisse aucune place au doute.

Résultat : adoptée à 93 % des voix (sur une soixantaine de journalistes de l’antenne régionale).

Le contexte est lourd : une grève engagée depuis depuis le 2 mars 2026

Sur le fond, les griefs sont clairs et convergents :

Une forte dégradation de leurs outils de travail (plateau trop petit, problèmes techniques perturbant les JT, etc.)

Une baisse des moyens techniques.

Des inquiétudes sur la ligne éditoriale et l’avenir de l’antenne régionale au sein du réseau France 3.

En plus d'Ernotte, la motion visait explicitement deux autres personnes : Yolaine Poletti-Duflo (directrice régionale de France 3 Île-de-France) et Christophe Poullain (directeur du réseau France 3).

En résumé : 

  • 2017 → motion nationale (84 %) liée à des économies et à la réforme de l’audiovisuel public.
  • 2026 → motion locale à France 3 Île-de-France (93 %) liée à des problèmes concrets de moyens et de conditions de travail après plus d’un mois de grève.

Ces motions sont symptomatiques. Elles ne traduisent pas seulement une défiance des journalistes mais un ras-le-bol généralisé: celui  des salariés qui n'en peuvent plus d'une propagande servie en continu, au bénéfice d'un entre-soi qu'ils rejettent désormais frontalement..

Balthazar  est fin observateur : il regarde, il décrypte et commente avec une précision redoutables.

Notre rusé renard à qui le blog CGC Média donne la parole, avait d'ailleurs affûté son analyse après la présentation  faux chiffres assénés sous serment en réponse à une question de Charles Alloncle qui ne faisait pourtant que relayer les rapports de la Cour des comptes (2016 et 2025)

La voici:

Le graphique publié par France TV est un pathétique bidonnage. Il manque 23,2 M€ en 2022, 30,5M€ en 2023 et 55,5M€ en 2024 par rapport aux chiffres de la Cour des Comptes. (*)

(*) La manipulation comptable de France TV consiste probablement  à ne pas tenir compte du concours supplémentaire de l'État de 22,5M€ en 2022 puis de soustraire la compensation de la taxe sur les salaires en 2023 et 2024 car ce montant "serait reversé immédiatement à l'Etat" — comme pour toute entreprise privée, comme publique. 

En sus, l'explication de l'ex-Orange à l'adresse du rapporteur, quasiment insultantes  "Vous bonfondez tout...le Chiffre d'Affaires est composé de la dotation de l'Etat et des recettes publicitaires" : le tableau n°21 dans le rapport de la Cour des comptes (p.65) indique un taux de rentabilité de la régie entre 1,6% et 2,8% et une ponction de 15M€ en 2022 puis 12M€ en 2023 et 2024. On peut supposer que cette présentation erronée vise à minimiser 2023 (écart de 8M€).

Les comptes 2025 n'ont été approuvés par le Conseil d’administration que le 13 mars 2026. Seuls les résultats consolidés sont publics via un communication de France Télévisions : ils indiquent un chiffre d’affaires en baisse de 130 M€, un résultat d’exploitation de gestion à -22,7 M€ et un résultat net à -30,8 M€, avec des économies sur les coûts d’antenne et les frais généraux, mais sans aucun détail par vraiment par fournisseurs ou prestataires.

Les vrais chiffres pas ceux de FTV

Le constat est aussi pathétique qu'il est clair lorsqu'on pose le graphique sous le tableau. France TV qui invente sa propre comptabilité nationale...Ben, voyons. 

Un rapport pour comprendre ? Non, pour couvrir. Soyons clairs. Ce document n’a pas été écrit pour analyser. Il a été écrit pour tenter de protéger.

Commandé par la gouvernance de France Télévisions à NPA qui l'encense depuis plus de 10 ans, puis présenté devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public comme une analyse indépendante, il installe en réalité un récit orienté, conçu pour induire en erreur les parlementaires sur l’état réel de la situation.

Brandi comme une preuve de sérieux, ce rapport n’est rien d’autre qu’un habillage technique dans un contexte politique chaotique : Des consultants payés par le système…pour expliquer que le système doit continuer.

On a connu démonstrations plus honnêtes. Ledit rapport s’appuie sur les chiffres de France Télévisions elle-même. What else ? 

Quand on imagine raconter une histoire propre, il faut évite d’aller chercher les chiffres qui salissent or les données publiées par France Télévisions sous-estiment les concours publics par rapport au tableau n°21 du rapport de la Cour des comptes :

- 23,2 M€ en 2022

- 30,5 M€ en 2023

- 55,5 M€ en 2024

Ces écarts interrogent sur les méthodes de présentation retenues avec des chiffres différents de ce qu’ils sont. C’est sur cette base allégée que NPA construit son raisonnement.

Une des explications avancées repose sur le traitement de certains flux, notamment le concours exceptionnel de l’État en 2022 (22,5 M€), ainsi que la neutralisation de la compensation de la taxe sur les salaires en 2023 et 2024, considérée comme immédiatement reversée. D'autre part, l’explication selon laquelle le chiffre d’affaires reposait uniquement sur la dotation de l’État et les recettes publicitaires apparaît partielle. 

Ces éléments suggèrent que certaines composantes ont pu être sous-évaluées dans la présentation globale. Enfin, les projections pour 2025 et 2026 ne permettent pas, à ce stade, de vérification indépendante.

Ce n’est pas un oubli. C’est une méthode. Comment est-il possible de s'autoproclamer "acteur influent de l’économie" et se tromper dans une comparaison aussi simple ?

En outre, le récit de Matthieu Pigasse (@MPigasse) reprenant les éléments de langage de Delphine Ernotte, consistant à comparer un coût par habitant de France Télévisions avec un coût par foyer pour Canal+ c'est du vent. La comparaison est trompeuse.

Démonstration.

En se limitant à France Télévisions (hors Radio France, INA, etc.), et en raisonnant sur les foyers réellement exposés — environ 9 millions de foyers, soit près de 30 % d’audience moyenne sur les foyers équipés TV — pour un coût de 2 568 M€, on obtient un coût d’environ 285 € par foyer et par an. Soit un niveau peu éloigné d'un abonnement à Canal+ autour de 30€/mois. 

À une différence près. Canal+ est un abonnement que l’on choisit. France Télévisions est un financement que l’on supporte.

Et surtout :

l’un peut être résilié à tout moment,

l’autre s’impose, indépendamment de l’usage réel.

Ce type de comparaison ne relève pas de l’approximation. Il participe à installer une lecture biaisée de la réalité économique.

Ensuite Netflix : l’arnaque élégante. Comparer 4,2 € d’audiovisuel public à Netflix, il fallait oser.

D’un côté : tu paies quoi qu’il arrive.

De l’autre : tu choisis, tu pars, tu reviens.

Une supercherie parmi d'autres ! Parce que l’objectif n’est pas d’être juste. L’objectif est d’être plausible… juste assez.

Pendant ce temps : 

France Télévisions est sous le seuil légal depuis 2021 et l'est toujours quoi que chante l'ex-Orange et ses supporters. Quatre ans que la situation est connue. Dans un environnement privé, une telle situation conduirait à des mesures beaucoup plus radicales.

Quatre années après le franchissement du seuil et on ampute le capital social de -150M€ qui ne suffisent pas de toute façon. Les ordres de grandeur sont sans ambiguïté :

→ Capital social : 424,7 M€

→ Seuil légal (moitié) : 212,4 M€

→ Capitaux propres fin 2024 : 179 M€

→ Projection fin 2025 : ~139 M€

→ Projection fin 2026 : ~100 M€

L’écart se creusant d’environ 40 M€ par an.

Une entreprise privée dans cet état ? On ne lui écrit pas un rapport. On ouvre un dossier et on en tire les conséquences: France Télévisions est bien face au mur juridique. Ce n’est pas une opinion; C’est un cadre légal.

L’article L. 225-248 du Code de commerce prévoit que lorsque les capitaux propres d’une société anonyme deviennent inférieurs à la moitié du capital social, l’actionnaire dispose d’un délai de deux ans pour régulariser la situation. À défaut, une procédure de dissolution peut être engagée.

Les ordres de grandeur sont sans ambiguïté :

→ Capital social : 424,7 M€

→ Seuil légal (moitié) : 212,4 M€

→ Capitaux propres fin 2024 : 179 M€

→ Projection fin 2025 : ~139 M€

→ Projection fin 2026 : ~100 M€

L’écart se creuse d’environ 40 M€ par an.

En conclusion : la gouvernance est reconduite, les mécanismes restent inchangés et les équilibres continuent de se dégrader....La réalité multiverse !

Le rapport parle d’efforts mais depuis 10 ans, FTV a perdu 2 300 postes alors que la masse salariale est roche du milliard. Traduction : on a coupé en bas… et on sanctuarise le reste. 

Et le reste dont plus personne ne parle vraiment 

- 169 directeurs ? disparus

- comptes illisibles ? évacués

- 46 M€ de frais ? oubliés

- circuits opaques ? invisibles

Ce n’est pas une analyse. C’est une sélection. On ne cache pas tout. On retire simplement ce qui dérange...avec un but : surtout que rien ne change.

Quant aux conclusions du doc' NPA il faut plus de moyens. Toujours. Qui en aurait douté ? 

Moins de structure, non ! Moins de couches, non ! Moins de dépenses absurdes, non ! Moins d'externalisations, non !

Plus d’argent pour un modèle empilé, illisible et surtout jamais évalué sérieusement, Oui !

En conclusion :

- des chiffres choisis

- des angles morts organisés

- des sujets évités

Ce n’est pas de la transparence. C’est une mise en scène. Une vitrine nettoyée. Une arrière-boutique soigneusement dissimulée.

Ce rapport n’est pas un accident. C’est un outil. Un document conçu pour essayer d'enjoliver, de justifier et éviter les vraies questions avec comme objectif, maintenir l’illusion que tout est sous contrôle

Ce système ne dérape pas, il est organisé pour durer ainsi. Le plus incroyable dans tout ça,  ce n’est pas que ce rapport ait été commandé. C’est qu’il ait pu être présenté devant la commission d’enquête…espérant bien masquer ce que dix années de dérives ont fini par produire : des chiffres qui ne décrivent plus un incident, mais une trajectoire.

Sources :

– Cour des comptes, tableau n°21 du rapport sur France Télévisions

– Commission d’enquête sur l’audiovisuel public (auditions)

– Compte X @j_bg, analyse des écarts entre données FTV et Cour des comptes