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samedi 4 juillet 2026

Des nouvelles du vide-greniers rochelais lors du grand jeu de cache-cache organisé par France Télés !

Des nouvelles du vide-greniers rochelais lors du grand jeu de cache-cache organisé par France Télés !

Ah, le beau Sunny Side of the Doc 2026 ! La grand-messe du documentaire à La Rochelle, ce temple où l’on vient encenser la création, la coproduction internationale et la « force de la communauté ». D’abord annulé en décembre 2025, le Sunny Side of the Doc s’est finalement tenu en 2026…oui mais !  Il a été sauvé in extremis grâce à des aides du CNC et un partenariat avec Documentary Campus.

Trois jours seulement, cette année. Un jour de moins, comme un costume trop serré qu’on a raccourci pour faire illusion. On a plié bagage plus vite, histoire de ne pas trop s’attarder sur le cadavre dans le placard.


France Télévisions toujours parmi les sponsors - apparences obligent - a plutôt joué  cette année le remake de "Cours après moi que je t'attrape"! Le partenaire majeur, le mécène souriant, le géant généreux qui parade dans l’Auditorium, a certes présenté sa  "liste de courses" et redit "ses ambitions internationales" mais cela faisait partie du décorum ! Sur le « planqué tout au long de l’évènement » : France Télévisions est parvenu tenir son rôle ! L’ambiance générale du marché était marquée par les incertitudes économiques du secteur (baisse des financements traditionnels, transition numérique) mais les discours officiels voulaient croire en la « force de la communauté documentaire », les coproductions internationales et les ambitions de FTV plutôt que sur les coupes précises. C’est courant dans ce type d’événements : on célèbre les projets en cours et les partenariats, même quand le contexte budgétaire est tendu en coulisses. 

En résumé, rien d' « explosif » explosif pendant l’événement lui-même, mais un contexte de austérité budgétaire forte qui pèse sur les achats de documentaires (et la création en général). La filière documentaire traverse une période de transition difficile (moins d’argent des diffuseurs publics, évolution des plateformes, etc...). Le festival a servi de vitrine positive malgré tout, ce qui peut donner l’impression que le sujet était minimisé. 

A  entendre le groupe public, on en avait presque les larmes aux yeux. On se serait cru en 2015, quand l’argent public coulait encore à flots et que le service public jouait les philanthropes du réel.

Sauf que dans les coulisses, c’était une autre chanson. La plupart des producteurs – ceux qui font vraiment le boulot, ceux qui galèrent pour boucler des projets dignes de ce nom – ont erré comme des âmes en peine à la recherche d’un interlocuteur valable du groupe public. Porte close, agenda surbooké par des cadres en mode survie, réponses évasives, silences embarrassés. Le roi est nu, et il a froid.

Pendant que les communicants de France Télévisions posaient pour la photo de famille avec leur badge Gold Sponsor, la maison brûlait. Budget amputé de dizaines de millions, engagements dans la création rabotés, documentaires relégués au rang de variable d’ajustement dans un plan d’économies « historique ».

Ajoutez à cela la nomination, il y a plus d’un an, de Bertrand Delais (ex-président de LCP et ex-plume d'Emmanuel macron ) comme directeur du pôle documentaire chez France Télés Le Studio - un très cher parachutage ou si peu, et la morosité était totale.  Pas de grand souffle créatif, pas de projets marquants qui sortent du lot, pas de révolution documentaire mais les salaires, eux, tombent tous les mois, bien au chaud, pendant que les producteurs indépendants se serrent la ceinture et que les budgets fondent comme neige au soleil. 

Un vrai symbole de cette France Télévisions en déconfiture : on nomme, on communique, on encaisse… et on produit du vent.

C’est ça, le Sunny Side nouvelle génération : un marché du documentaire qui ressemble de plus en plus à un vide-greniers de la création subventionnée. 

On solde les illusions, on brade les promesses, et on fait mine de s’émerveiller devant les stands encore éclairés. Pourtant la chienlit était palpable. Le documentaire méritait mieux que ce bal des hypocrites en costume-cravate.

Pendant ce temps, les vrais créateurs, eux, continuent de ramer. Comme d’habitude.


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