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dimanche 8 novembre 2026

« La Culture française : 8,5 milliards pour ne presque rien faire »

« La Culture française : 8,5 milliards pour ne presque rien faire »

C’est Écran total  qui l’indique précisant que la Cour des comptes a enfin osé sortir son rapport que le titre de presse présente comme un « chef-d’œuvre d’ironie involontaire » !

Depuis 2015, le budget du ministère de la Culture a « augmenté » de 21 % en euros courants. Bravo. On est passés de 7 milliards à 8,5 milliards. Sauf que, une fois l’inflation retirée, cette « hausse » se réduit à un pathétique +0,1 %. Autrement dit : en dix ans, le ministère a réussi l’exploit de stagner tout en dépensant plus. 

Pendant que le patrimoine s’effrite, que les toitures des monuments historiques fuient et que les besoins de rénovation explosent, on a continué à arroser gaiement. Mission Culture et Médias : +12 %. Mission Avances à l’audiovisuel public : –11 %. On coupe chez les uns pour mieux nourrir les autres, et le résultat global reste plat comme une crêpe…mais chut, on parle d’« investissements dans la culture ».

2025 a marqué la fin des crédits de relance post-Covid. 2026, première vraie baisse. Et soudain, surprise : « les besoins de financement sont de plus en plus importants ». Ah bon ? On ne s’en était pas rendu compte pendant dix ans de stagnation réelle et de dépassements budgétaires systématiques ?

La Cour des comptes, avec une délicatesse de notaire, ose quelques remarques. Elle constate que chaque année les crédits sont dépassés. Elle suggère… un suivi plus étroit de la consommation des crédits. Génial. Après dix ans de gabegie, on découvre qu’il faudrait peut-être regarder où part l’argent. Elle propose un plan pluriannuel des grands chantiers. Encore une idée révolutionnaire : planifier.

Le Pass Culture, ce bijou de rigidité administrative, continue de bloquer les remboursements des offreurs en cours d’année. Les exploitants râlent ? Tant pis. On préfère geler plutôt que d’anticiper.

La solution miracle de la Cour ? Utiliser des leviers non financiers. Comme le prix unique du livre et le droit d’auteur. Autrement dit : réguler un peu au lieu de toujours sortir le chéquier. Elle ose même écrire la phrase interdite : « mieux et moins dépenser est possible ».

Enfin, elle recommande de consolider l’existant (sécurité, entretien, sûreté) plutôt que de se lancer dans de nouveaux projets d’extension, de construction ou d’acquisitions. Traduction : arrêtez de jouer les mécènes de carton-pâte pendant que le toit de la cathédrale à côté s’effondre.

Voilà le bilan. Un ministère qui gonfle ses chiffres nominaux pour masquer une stagnation réelle, qui dépasse ses crédits tous les ans, qui découvre tardivement que le patrimoine se dégrade, et qui reçoit de la Cour des comptes des recommandations de simple bon sens qu’il n’a jamais appliquées.

La Culture française n’est pas en crise faute d’argent. Elle est en crise parce que l’argent est mal dépensé, mal suivi, mal priorisé, et souvent gaspillé dans une logique de clientélisme et de communication.

8,5 milliards pour un quasi-zéro réel. On appelle ça de la gestion. On devrait appeler ça un scandale.

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