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samedi 17 octobre 2026

Toutes les chaines d'info au départ des défilés ce 17 octobre sauf franceinfo tv !

Toutes les chaines d'info au départ des défilés ce 17 octobre sauf franceinfo tv !

Ce samedi 17 octobre, alors que la France entière est dans la rue pour de nombreuses manifestations, nos chères chaînes d’info ont rivalisé d’ardeur pour nous montrer les cortèges en direct. Toutes ? Non ! Une seule a tenu bon, une seule a résisté à la tentation vulgaire de l’actualité : France Info.

Pendant que LCI, BFMTV et CNews sont là pour filmer des gens qui marchent, crient et agitent des pancartes, France Info, fidèle à sa mission noble, a choisi de diffuser entre 13 h et 14 h: « Vrai ou faux ».  Juste au moment où le cortège démarrait. Quel sens du timing ! Quelle élégance !


On n’interrompt pas une émission pré-enregistrée pour un simple mouvement social, voyons !

Certains esprits chagrins  osent murmurer que couper la spéciale « couverture de manif » quelques heures avant le départ du cortège, c’est un moyen original de perdre des parts de marché face aux chaînes concurrentes. Quelle mauvaise foi ! C’est au contraire un acte de pure pédagogie : apprendre au public que l’événement exceptionnel, c’est quand on parle de Trump pendant une heure, pas quand des Français descendent dans la rue.

Puis, soyons honnêtes : qui a besoin de voir « où en étaient les manifs » en direct quand on peut regarder un débat savant sur des sujets déjà tranchés la veille ? Le streaming YouTube existe, d’ailleurs. 

Si vous n’avez pas le « Streaming First », c’est que vous n’êtes pas assez modernes. France Info, elle, reste pure, analogique, intemporelle ! Alors merci, France Info. Merci de nous rappeler que l’information en continu, c’est bien… tant que ça ne dérange pas le programme.

Allez, comprenez. Ou ne comprenez pas. De toute façon, on diffusera un « Vrai ou faux » pour vous expliquer pourquoi vous avez tort.





La contestation s’élargit contre le projet de Direction de la Production transverse signé Ernotte.

La contestation s’élargit contre le projet de « direction de la production transverse » signé Ernotte.



Après les responsables de production, la Société des journalistes des Sports alerte à son tour Delphine Ernotte. Son constat est cinglant : aucune économie démontrée, des décisions plus éloignées du terrain et la menace d’une dilution des budgets. La réforme censée améliorer l’organisation commence surtout par inquiéter ceux qui la font vivre.

La fronde prend de l’ampleur à France Télévisions. Après la lettre des responsables de production des Sports qu’a révélé le blog CGC Média, la Société des journalistes des Sports (SDJS) vient d’adresser à son tour un courrier à Delphine Ernotte pour soutenir leurs inquiétudes.

Le signal est clair : ce n’est plus seulement la production qui conteste la réforme mais aussi la rédaction qui dépend directement de son efficacité.

Le projet de rattachement à une Direction de la Production transverse promet-il des économies faites parce que les caisses sont vides ? Améliorera-t-il les conditions de fabrication des émissions ? Accélérera-t-il les décisions ? 

Après examen, la SDJS estime que les changements envisagés n’apportent « ni économie budgétaire, ni fonctionnement adapté », tout en éloignant le pouvoir décisionnaire du terrain.

Voilà qui pose un sérieux problème aux promoteurs de cette réorganisation car si personne ne conteste la nécessité de maîtriser les dépenses qui depuis 2015 ont explosé tous les niveaux mais aussi d’adapter les contenus aux nouveaux usages, encore faut-il démontrer que le remède ne sera pas pire que le mal.

La transversalité, mais à quel prix ?

La production des Sports ne se résume pas à un organigramme. Elle assure les grands événements, mais aussi Stade 2, Stade 2 La Quotidienne, la chaîne Sport numérique et les contenus en streaming. Elle repose sur une expertise spécifique, une connaissance des droits sportifs et des contraintes contractuelles, ainsi que sur des circuits de décision courts.

La SDJS rappelle que ce savoir-faire est unique à France Télévisions, à l’exception de celui de la Direction de l’Information pour les journaux télévisés, précisément épargnée par cette réorganisation.

Une question s’impose donc : pourquoi bouleverser l’organisation des Sports si son fonctionnement répond déjà aux exigences éditoriales et budgétaires ?

La centralisation peut sembler un changement depuis un bureau de direction. Sur le terrain, elle risque surtout d’ajouter des intermédiaires là où la rapidité de décision est essentielle. Dans une retransmission sportive, un arbitrage tardif n’est pas une simple contrariété administrative : il peut générer des surcoûts et dégrader la qualité de la diffusion.

Au nom des économies, la direction prend le risque de fragiliser précisément ce qui permet d’en réaliser.

Le budget des Sports bientôt noyé dans la masse ?

L’inquiétude la plus lourde concerne les moyens financiers. La SDJS redoute que le budget de production des Sports perde sa spécificité en étant intégré dans une enveloppe plus large, soumise à des arbitrages avec d’autres grands événements.

Derrière la réorganisation administrative se profile donc un enjeu éditorial : quels événements seront produits, avec quels moyens et selon quelles priorités ?

La direction devra expliquer comment elle compte préserver les budgets, garantir des décisions adaptées et éviter que les besoins du sport deviennent une variable d’ajustement.

Pour l’heure, les professionnels décrivent des risques concrets. Les économies attendues, elles, restent à démontrer.

Ernotte face à une question simple

Réduire cette contestation à une résistance au changement serait une erreur. Les producteurs comme les journalistes réaffirment leur engagement dans la transformation numérique et la maîtrise des dépenses. Ils ne réclament pas l’immobilisme. Ils demandent que l’on justifie une réforme susceptible de fragiliser toujours plus une organisation qui fonctionne pour satisfaire avant tout quelques égos surdimensionnés ! 

La nuance est essentielle : ils ne refusent pas de changer ; ils refusent de changer sans preuve que ce sera mieux.

Delphine Ernotte peut imaginer maintenir son projet mais elle doit désormais répondre à des questions précises : quelles économies chiffrées ? Quels gains opérationnels ? Quelles garanties budgétaires ? Et pourquoi appliquer aux Sports une nouvelle organisation dont les bénéfices ne convainquent ni les producteurs ni les journalistes ?

À force de brandir la « modernisation » comme un argument suffisant, les directions finissent par confondre réorganisation et progrès. Déplacer des cases dans un organigramme ne crée pas automatiquement de la valeur et la transversalité n’est pas une stratégie en soi.

vendredi 16 octobre 2026

France Télévisions : la Production des Sports refuse de se faire passer à la moulinette d’Ernotte…

France Télévisions : la Production des Sports refuse de se faire passer à la moulinette d’Ernotte…

Réorganisation, éloignement hiérarchique, standardisation à marche forcée : derrière les mots policés d’une lettre adressée à Delphine Ernotte, les équipes de la Production des Sports viennent de signifier à la direction qu’elles ne sont pas dupes et qu’elles n’entendent pas applaudir à une réforme dont personne ne semble capable de démontrer la nécessité.

Il y a des lettres qui, sous leurs formules de politesse, ressemblent à des actes d’accusation. Celle que l’équipe de la Production des Sports de France Télévisions a adressée à Delphine Ernotte, le 14 octobre 2026, appartient à cette catégorie.

Pas de rébellion spectaculaire, pas de grand discours syndical, pas de déclaration incendiaire. Les signataires ont choisi une méthode plus redoutable : exposer calmement, point par point, les incohérences d’un projet de réorganisation dont les bénéfices restent, à leurs yeux, aussi mystérieux que sa logique.

Le message est limpide : nous ne refusons pas la transformation de France Télévisions ; nous refusons qu’on désorganise un service qui fonctionne sans être capable de nous expliquer pourquoi.

Voilà qui devrait donner quelques sueurs froides aux promoteurs de la « réforme » (mot générique, sans aucun sens à France Télévisions).

La transversalité, ce nouveau nom de code pour éloigner ceux qui travaillent de ceux qui décident

Le projet annoncé le 3 septembre consiste à rattacher plusieurs périmètres de production à une Direction de la Production transverse. Sur le papier, la formule pourrait séduire les amateurs d’organigrammes : mutualisation, coordination, rationalisation, harmonisation…

Dans les entreprises, lorsqu’une réforme est difficile à justifier concrètement, il reste toujours une solution : lui donner un nom suffisamment abstrait pour lui conférer l’apparence d’une évidence stratégique. La transversalité est de ceux-là.

Les équipes des Sports rappellent une réalité que les concepteurs de la réforme semblent avoir soigneusement reléguée au second plan : produire un événement sportif en direct, coordonner des dizaines d’intervenants, anticiper les contraintes techniques et éditoriales, gérer des budgets et réagir à l’imprévu ne se résume pas à remplir des cases dans un tableau Excel. 

Les Jeux de Paris 2024, Roland-Garros, le Tour de France, les grandes compétitions internationales : cette équipe revendique des décennies d’expérience et une organisation éprouvée. Elle ne prétend pas que tout doit rester immuable. Elle pose une question autrement plus gênante : quel problème cette réorganisation est-elle censée résoudre, et sur quelles preuves repose-t-elle ?

À ce stade, selon les signataires, la démonstration manque. La direction disposerait donc d’un projet. Les salariés, eux, attendent toujours la démonstration de son utilité.

Une équipe qui fonctionne trop bien pour être laissée tranquille ? Le deuxième reproche est particulièrement embarrassant. Les professionnels des Sports expliquent que leur proximité avec leur direction et les services juridiques garantit des circuits de décision courts, une bonne anticipation des besoins et une réactivité indispensable aux événements en direct. En clair, leur organisation actuelle leur permet de travailler efficacement. C’est précisément cette organisation que l’on veut modifier. On connaît le scénario : on prend un service qui maîtrise son métier, on éloigne ses équipes des interlocuteurs dont elles ont besoin, on ajoute un étage hiérarchique, on harmonise les procédures, puis on s’étonne que les décisions prennent plus de temps et que les économies annoncées se fassent attendre. Ce n’est pas une fatalité mais c’est un risque que les salariés identifient explicitement dans leur courrier. Le plus ironique est que la direction semble vouloir rapprocher les services sur le papier tout en éloignant les producteurs des Sports de leur environnement opérationnel réel.

La transversalité promet de rapprocher les organigrammes. Les salariés craignent, eux, qu’elle éloigne les décisions du terrain. 

Dans le sport en direct, une décision qui arrive trop tard n’est pas une simple contrariété administrative. Elle peut devenir un véritable problème de production. 

« Streaming First » : l’argument stratégique qui se mord la queue

C’est sans doute l’un des passages les plus révélateurs de la lettre. Les équipes ne contestent pas la stratégie numérique du groupe. Elles soulignent même qu’elles y participent déjà, notamment avec le lancement de la nouvelle chaîne numérique Sport (Laquelle ?) et de la Streaming Zone. Dès lors, pourquoi rattacher leur activité à une nouvelle direction, au nom d’une transformation à laquelle elles contribuent déjà au sein de la Direction des Sports ? La question est simple. La réponse, manifestement, ne l’est pas autant. Si la Production des Sports est déjà engagée dans la stratégie « Streaming First », en quoi son déplacement hiérarchique constitue-t-il une condition nécessaire de cette transformation ? Quel gain opérationnel précis est attendu ? Quel coût sera économisé ? Quel indicateur permettra de vérifier que la réforme améliore effectivement le service rendu au public ? Autant de questions auxquelles la lettre ne trouve pas de réponse convaincante.

Le numérique ne peut pas devenir un mot magique permettant de justifier n’importe quelle modification d’organigramme. Une stratégie de diffusion ne démontre pas, à elle seule, la pertinence d’une réorganisation hiérarchique. Le « Streaming First » ne saurait tenir lieu de raisonnement : ce n’est pas parce qu’une réforme se réclame du numérique qu’elle devient automatiquement intelligente.

Les salariés demandent des garanties. La direction leur propose des intentions.

Le quatrième point est peut-être le plus préoccupant pour les personnels. Les contrats de travail, les temps de travail et les effectifs seraient préservés, selon la présentation du projet rapportée dans la lettre. Pourtant les signataires soulignent qu’aucune garantie formelle ne leur assure le maintien de leurs missions, de leur rattachement contractuel et de leurs conditions de travail. 

La nuance est essentielle. Une présentation rassurante n’est pas un engagement opposable. Une promesse orale ou une affirmation dans un atelier ne remplace pas une garantie écrite suffisamment précise. Les salariés ne demandent pas que leur soit accordé un privilège exorbitant. Ils veulent savoir ce que cette réforme changera réellement dans leur quotidien professionnel, dans leur chaîne de décision et dans leur avenir.

En somme, ils réclament ce que toute direction devrait être capable de fournir avant de bouleverser une organisation : de la visibilité. À la place, ils décrivent une incertitude qui s’installe depuis l’annonce du projet.

Dans une entreprise publique, on pourrait pourtant imaginer que la conduite du changement commence par l’explication, la concertation et la sécurisation des équipes. À lire cette lettre, le calendrier semble avoir été inversé : la réorganisation est annoncée, les ateliers se tiennent, et les salariés doivent encore chercher la logique du projet.

Standardiser le sport : quand le tableur prétend remplacer l’expérience

Les signataires consacrent également un passage aux ateliers consacrés aux « gabarits de production ». Leur verdict est sans ambiguïté : standardiser les modèles de production ne leur paraît pas réaliste. Leur argument est concret. Chaque événement sportif répond à des contraintes propres : obligations contractuelles, exigences éditoriales, budgets, cahiers des charges, moyens techniques, modes de diffusion et conditions de réalisation. Autrement dit, une compétition internationale, une émission sportive et une retransmission ne se fabriquent pas nécessairement avec les mêmes paramètres. Cela paraît évident à ceux qui produisent. Cela semble devoir être rappelé à ceux qui réorganisent.

La standardisation peut être utile lorsqu’elle simplifie une tâche répétitive. Elle devient contre-productive lorsqu’elle prétend faire entrer des situations différentes dans un modèle unique, au mépris des contraintes du terrain. Le risque est classique : au nom des économies, on réduit les particularités à des exceptions ; au nom de l’efficacité, on multiplie les procédures ; au nom de la rationalisation, on finit par compliquer ce qui fonctionnait.

Les équipes ne rejettent pas les innovations technologiques. Elles contestent la prétention à imposer des modèles uniformes à des productions qui ne le sont pas.

À France Télévisions, il serait regrettable que l’on découvre les limites de la standardisation en direct, devant des millions de téléspectateurs.

Des résultats reconnus, mais une organisation que l’on veut malgré tout remodeler

Les salariés rappellent les grandes compétitions qu’ils ont contribué à produire et la reconnaissance acquise par leur modèle de fonctionnement. Cette référence n’est pas anodine. Elle place la direction devant une contradiction : si l’organisation actuelle permet de mener à bien des événements majeurs, pourquoi la modifier de cette manière ? Et si elle présente des faiblesses, où sont les diagnostics qui les établissent ?

Une réorganisation n’est pas illégitime par nature. Une entreprise doit pouvoir évoluer, adapter ses structures et rechercher des économies. Cependant, faut-il encore identifier les problèmes, mesurer les effets attendus et comparer les bénéfices espérés aux risques encourus. Sinon, la réforme devient une fin en soi. Ce courrier du 14 octobre ne démontre pas que toute évolution serait inutile. Il souligne quelque chose de plus précis : les salariés ne voient pas, dans le projet présenté, la preuve que les avantages attendus justifient les bouleversements annoncés. La nuance mérite d’être entendue. Elle évite de transformer le débat en opposition caricaturale entre des salariés supposément conservateurs et une direction qui se prétendrait seule porteuse de modernité.

Ernotte face à une question embarrassante : qui a demandé cette réforme et pour quel résultat ?

La lettre ne se contente pas de défendre un périmètre professionnel. Elle met au défi la gouvernance de France Télévisions de justifier ses choix. L’ex-Orange peut bien prôner une stratégie de transformation. Encore faut-il qu’elle puisse expliquer pourquoi cette stratégie impose de modifier le rattachement hiérarchique d’une équipe qui revendique son efficacité, son expertise et son engagement dans les évolutions numériques du groupe.

La question n’est donc pas de savoir si les Sports doivent rester éternellement organisés comme hier. Elle est de déterminer si la direction dispose d’un diagnostic suffisamment solide pour justifier le changement annoncé.

Quels objectifs mesurables ? Quelles économies précisément chiffrées ? Quels gains de réactivité ? Quelles responsabilités nouvelles ? Quelles garanties pour les salariés ? Et surtout, comment la direction évaluera-t-elle les résultats de cette réforme ?

Sans réponses précises, la « Production transverse » risque de n’être qu’une nouvelle couche administrative dont il faudra ensuite gérer les effets secondaires. Il serait trop facile de réduire cette contestation à une résistance au changement. Les signataires prennent soin de préciser qu’ils soutiennent la transformation du groupe et sa stratégie numérique. Leur opposition porte sur le changement de direction hiérarchique et sur l’absence de bénéfices démontrés. C’est justement ce qui rend leur courrier embarrassant : ils ne contestent pas les objectifs affichés. Ils demandent que les moyens choisis soient cohérents avec ces objectifs.

Le véritable test : la capacité d’Ernotte à répondre autrement que par de la communication et de la propagande

Cette lettre est, au fond, un avertissement. Elle révèle un décalage entre une direction qui annonce une nouvelle organisation et des professionnels qui ne voient pas en quoi celle-ci améliorerait leur travail. Les signataires ne réclament ni immobilisme ni passe-droit. Ils demandent des explications, des garanties et une démonstration de l’utilité de la réforme. Ernotte doit répondre sur le fond car il ne suffit pas d’indiquer que le groupe doit se transformer, que les usages évoluent et que les contraintes économiques imposent des adaptations. Personne ne conteste sérieusement ces réalités. Elles ne dispensent pas de justifier les décisions prises en leur nom. À force de présenter chaque réorganisation comme une étape nécessaire de la modernisation, les directions prennent le risque de confondre le mouvement avec le progrès or déplacer des cases dans un organigramme n’est pas une stratégie. Renommer une hiérarchie n’est pas une économie. Et imposer un modèle uniforme n’est pas la preuve que l’on a compris les métiers concernés.

La Production des Sports vient de poser la question que toute réforme devrait affronter avant d’être lancée : qu’est-ce qui fonctionnera mieux demain et comment le prouver ?

Pour l’instant, à la lecture de ce courrier, les salariés semblent avoir davantage d’arguments sur les risques de la réforme que la direction n’en a fourni sur ses bénéfices.

C’est bien là le problème : dans une entreprise financée par l’argent public, la transformation ne devrait jamais être un acte de foi. Elle devrait être une démonstration. À défaut, la transversalité pourrait surtout devenir le nom élégant d’une réforme verticale : décidée en haut, expliquée après coup, et contestée par ceux qui devront en supporter les conséquences.


jeudi 15 octobre 2026

Catastrophe industrielle pour le groupe Ouest France…

Catastrophe industrielle pour le groupe Ouest France…

10,4 millions de pertes, des programmes à 0 % de part d’audience et 156 postes sur le billot : on dirait le bilan d’une start-up de la « nouvelle télévision » dirigée par des gens qui pensaient que « remplacer C8, ça marcherait tout seul »! 

Ben NON…



L’ARCOM en visite à France Télés Toulouse: la complaisance en vitrine ?

L’ARCOM en visite à France Télés Toulouse: la complaisance en vitrine ?

Martin Ajdari à Toulouse pour rencontrer la direction régionale, échanger avec le Codir, intervenir dans le journal ICI 19/20 et visiter la station : voilà un programme bien rempli pour une visite dont on peine à saisir la finalité. 


À quoi sert le régulateur : à contrôler l’audiovisuel public ou à entretenir des relations de cour avec ceux qu’il est censé réguler ?


Des poignées de main, des échanges entre dirigeants, une apparition à l’antenne… mais pour quel résultat concret ? Où sont les questions qui dérangent, les exigences de transparence, les contrôles sur l’utilisation de l’argent public et les garanties d’indépendance éditoriale ?


À force de confondre proximité institutionnelle et mission de régulation, on finit par brouiller les rôles. Le régulateur n’est pas là pour faire la tournée des popotes, mais pour veiller au respect des règles. Ce n’est certainement pas une photo dans une newsletter interne qui suffira à démontrer l’utilité d’une telle visite.


mercredi 14 octobre 2026

France Télés: à Quadrans l’eau n’est plus potable mais la communication, elle, coule à flots.

France Télés: à Quadrans l’eau n’est plus potable mais la communication, elle, coule à flots.


France Télévisions face à une anomalie dans l’eau du robinet : la direction prend des précautions, mais oublie de répondre à la question que tout le monde se pose.

Il y a des communications internes qui veulent rassurer et puis il y a celles qui, à force de vouloir rassurer, finissent surtout par susciter des interrogations. (*)

Mardi 13 octobre, la direction de la communication interne de France Télévisions informe les salariés du bâtiment Quadrans qu’une analyse de l’eau potable, effectuée le 8 octobre, a révélé une non-conformité sur l’un des critères contrôlés.

(*)

La suite est pour le moins instructive : la consommation d’eau est interdite dans le bâtiment, le restaurant et la cafétéria ferment dès midi jusqu’au lundi 19 octobre, et des bouteilles ainsi que des bonbonnes d’eau doivent être livrées dès le lendemain.

Autrement dit, la direction estime que la situation justifie des mesures suffisamment sérieuses pour bouleverser le quotidien des salariés. Pourtant dans le même temps, elle explique que l’organisme de contrôle n’exclut pas une erreur d’analyse et qu’une seconde étude doit permettre de trancher.

L’eau est donc suffisamment suspecte pour être interdite, mais pas suffisamment documentée pour que les salariés sachent exactement pourquoi.

Voilà qui mérite quelques explications.

L’art de communiquer sans dire l’essentiel

Quel est le critère qui n’est pas conforme ? Une bactérie ? Un paramètre chimique ? Une concentration anormale ? Un problème lié aux canalisations du bâtiment ? Un dépassement minime ou une anomalie plus préoccupante ?

Le communiqué ne le précise pas.

Il ne donne ni la valeur mesurée, ni le seuil de référence, ni le nom du laboratoire, ni les éléments permettant d’apprécier la portée sanitaire du résultat. Il ne dit pas davantage si l’anomalie concerne un robinet, un étage, une installation particulière ou l’ensemble du bâtiment.

Il ne s’agit pas d’affirmer qu’un danger grave existe : les informations disponibles ne permettent pas de le conclure.

Mais elles ne permettent pas non plus aux salariés de comprendre ce qui motive précisément l’interdiction.

La direction évoque une éventuelle erreur d’analyse. Très bien…mais une hypothèse d’erreur ne constitue pas un résultat rassurant. Tant que la contre-analyse n’est pas connue, l’incertitude demeure.

Enfin, la direction estime qu’il faut interdire la consommation d’eau par précaution, elle doit pouvoir expliquer clairement la nature du doute, les mesures prises et les conditions dans lesquelles les salariés seront informés.

Une fermeture de six jours : pourquoi, et sur quelle base ?













Le restaurant et la cafétéria ferment jusqu’au lundi 19 octobre. Cette décision peut parfaitement se justifier si l’eau utilisée pour préparer les repas, laver les aliments ou nettoyer les équipements présente un risque potentiel.

Mais le communiqué ne fournit pas les éléments permettant de comprendre pourquoi cette fermeture doit durer aussi longtemps, ni si d’autres mesures auraient pu permettre de maintenir une activité de restauration dans des conditions sanitaires sûres.

Il ne précise pas non plus les modalités d’information du personnel chargé de la restauration, ni les mesures prises pour garantir la sécurité sanitaire des aliments.

Pour info, les salariés de la cantine de Quadrans ont eu pour instruction de jeter toute la nourriture ! C’est quand même que le danger et le risque seraient réels et importants, pour ne pas dire impactant pour la santé des gens. Sauf qu’ils ont mangé à la cantine entre la date du « mauvais test » et hier midi quand ils ont décidé de tout interdire !

Quel est le risque encouru ??? C’est grave ce qui se passe !

L’eau en bouteille dès demain : et d’ici là ?

C’est peut-être le détail le plus concret du communiqué.

L’interdiction de consommer l’eau prend effet dès le mardi 13 octobre, à midi. Les bouteilles et bonbonnes ne doivent être livrées que le lendemain.

La question est simple : quelle solution est prévue entre ces deux échéances pour les salariés présents dans le bâtiment ?

L’employeur doit mettre à leur disposition de l’eau potable et fraîche. Cette obligation ne disparaît pas parce que l’eau du réseau interne est suspectée de non-conformité.

Si aucune eau potable de remplacement n’est accessible pendant cet intervalle, la direction doit expliquer comment elle entend respecter cette obligation.

Un détail logistique ? Non. Lorsqu’une mesure de précaution prive les salariés d’un service essentiel, son application concrète fait partie de la responsabilité de l’employeur.

« La sécurité et le bien-être restent notre priorité »

La formule finale est devenue un classique de la communication institutionnelle. Elle serait plus convaincante si elle s’accompagnait d’informations précises, vérifiables et utiles.

La direction promet de tenir les salariés informés au fur et à mesure de l’évolution de la situation et dès réception des nouveaux résultats. C’est indispensable…alors pourquoi attendre les conclusions définitives pour communiquer les éléments déjà disponibles sur la nature de l’anomalie ?

Il ne s’agit ni de semer la panique ni de transformer un résultat de laboratoire en catastrophe sanitaire. Il s’agit de respecter les salariés en leur donnant les informations nécessaires pour comprendre les mesures qui leur sont imposées.

La transparence ne consiste pas seulement à annoncer une interdiction. Elle consiste aussi à expliquer ce qui la motive.

À Quadrans, la direction a su organiser la fermeture des points de restauration et l’interdiction de boire l’eau. Il lui reste à organiser quelque chose d’au moins aussi important : une information complète des salariés.

Pour une entreprise dont le métier consiste à informer le public, ce serait tout de même un comble que la transparence s’arrête à la porte de ses propres bureaux.


mardi 13 octobre 2026

Bénédicte Piot-Gambey pour remplacer Sylvie Gengoul aux Outre-mer ?!

Bénédicte Piot-Gambey pour remplacer Sylvie Gengoul aux Outre-mer ?!

Aussi appelée Bénédicte Gambey, est pour l’heure directrice régionale de Nouvelle-Calédonie La 1ère (la station locale de France Télévisions / Outre-mer La 1ère en Nouvelle-Calédonie) depuis le 31 mars 2022. Elle avait succédé Wallès Kotra qui a été directeur exécutif en charge de l’Outre-mer (réseau Outre-mer 1ère + France Ô) de 2016 à 2019.

En octobre/novembre 2019, c’est Sylvie Gengoul qui avait pris la suite à la tête du Réseau Outre-mer de France Télévisions (alors qu’elle quittait la direction de Guadeloupe La 1ère). C’est bien elle qui a pris sa suite à ce poste, avant que France Ô ne soit définitivement fermée.

Bénédicte Piot-Gambey et Wallès Kotra sont très proches professionnellement. Dans les portraits et interviews, elle le présente explicitement comme son mentor / tuteur depuis le début de sa carrière. Elle a déclaré qu’il l’avait « libérée de sa cage imaginaire » et qu’il lui répétait : « Pourquoi tu doutes ? Ça ne dépend que de toi. »

De son côté, Wallès Kotra avait lui-même qualifié sa succession à la tête de NC La 1ère de « naturelle », soulignant sa compétence, son dynamisme et sa connaissance du pays et de la maison. Il l’a accompagnée et encouragée tout au long de sa progression (de scripte à directrice régionale).


Des sources récentes dont un entretien officiel de France Télévisions daté de mai 2026 la confirment toujours à ce poste mais il semble que celle qui était auparavant directrice éditoriale et a occupé d’autres fonctions à la station (notamment directrice de l’antenne télé) s’apprêterait à « bouger » !

Poussée par Kotra, cette Calédonienne pur jus (originaire de Maré) a toujours prôné un média de proximité au service pour son territoire…Dans ses interventions publiques (notamment les entretiens de rentrée sur FranceTvPro.fr en 2024 et 2025), elle insistait sur :

•  la mission de service public de NC La 1ère,

•  le fait que la chaîne « n’est ni un service de l’État, ni un média au service des pouvoirs – quels qu’ils soient » (l’État devrait apprécier),

•  l’importance d’informer tous les Calédoniens dans leur diversité,

•  la cohésion, la proximité, l’accompagnement de la population locale (économie, solidarité, jeunes, femmes, etc.).

Cela en dit long sur son éventuelle arrivée pour la succession de Sylvie Gengoul ! Une des toutes dernières publications de l’ADAP, il y a quelques jours, faisait justement le point sur ces trous noirs de l’Outre-mer qui continuent de distiller    l’argent public en silence. Un silence de mort. Un silence de fosses communes où l’on enterre la vérité sous des couches d’indifférence parisienne et de clientélisme local.

Les départements et territoires d’outre-mer ne sont plus des confettis de l’Empire : ce sont des trous noirs. Des puits sans fond où l’argent du contribuable disparaît, aspiré par une caste de l’entre-soi qui se croit intouchable parce qu’ils ont la bonne couleur, le bon accent ou le bon réseau.

Écoutez : rien. Pas un cri. Pas une dénonciation. Rien dans le Matouba, rien à Kawéni, rien sur le Maroni, rien dans le lagon calédonien, rien sur les motus de Wallis. Pourtant la misère hurle, la violence tue (45 morts par armes à feu en Guyane, record de France, et zéro reportage national digne de ce nom), le chômage dévore, la faim gronde. Mais les véritables profiteurs, eux, ne font aucun bruit. Ils digèrent.

Neuf stations audiovisuelles, ex-RFO, rattachées à France Télévisions. Chacune gobe au minimum 25 millions d’euros par an. Cent à cent cinquante salariées et salariés payés (entre 5 000 à 10 000 euros grâce à l’indexation) pour produire des émissions ridicules, des journaux partiaux, souvent anti-français, des sites internet truqués aux chiffres menteurs.

Des rédactions qui s’agitent faiblement, des structures sabotées par la pseudo réforme de Sylvie Gengoul, placée par Ernotte plus pour le symbole « une Noire dans mon staff » que pour des résultats. Bilan de l’opération ? Catastrophe. Cadres et directeurs exclusivement issus des Outre-mer, sans expérience, sans savoir-faire, sans formation pour un bon nombre. Des fantoches régionaux payés avec des titres ronflants. Des directeurs de l’information plus présents sur les greens de golf qu’en rédaction. Une gestion RH digne d’une farce absurde.

Tout cela sous le silence et les magouilles. Sociétés de production montées par les personnels eux-mêmes. Embauches d’enfants et de cousins sur des postes à responsabilité. Journalistes qui n’ont jamais vu une école de journalisme, qui n’ont jamais fait d’études. Corruption massive à l’approche des municipales. Tout cela dans l’indifférence générale.

Le RN se tait : les Outre-mer sont une mine de voix. La gauche, qui a construit ce système, regarde ailleurs. La droite et le centre refusent de toucher à ce monstre inefficace et pourri.

Sylvie Gengoul qui a fait exploser toutes les mines placées par son prédécesseur, est semble-t-il poussée vers la sortie avant que n’explose prochainement la procédure pénale des enfants de Gérard Guillaume qui continuent leur combat après que leur père se soit pendu. Les prud’hommes ont déjà condamné. Le pénal est en route…

Qui va succéder à ce désastre ? Une femme, apparemment ! Discrimination positive obligatoire. L’offre est maigre : FTV ne sait pas former des cadres, elle sait seulement nommer des exécutants dociles. Trois directrices seulement sur neuf stations : échec total de l’équilibre hommes/femmes annoncé par Ernotte.

À La Réunion, épinglée par la CGSS, cursus RPS imposé et intime d’un député LFI (politiquement incorrect depuis le siège) le record d’absentéisme est atteint avec 5 261 jours au total.

En Guyane, une directrice imposée après le suicide de son prédécesseur, viré uniquement pour la placer. Issue du cabinet d’une ex-ministre guyanaise, candidate lamentable à la présidentielle. Image de marque catastrophique.

En Nouvelle-Calédonie, Bénédicte donc, l’étoile filante immobile. Scripte en 1992, devenue par miracle JRI, rédactrice en chef adjointe, directrice des antennes, puis directrice régionale… sans jamais quitter la même station, sans formation, sur le même territoire isolé. Poussée, encadrée, glorifiée par Walles Kotra, l’artisan du déclin de RFO. Connaissance des autres Outre-mer : zéro. Bilan : le néant absolu. Quand on ne sait rien faire, on ne fait rien mais Ernotte verrait bien une Kanak de gauche remplacer sa Guadeloupéenne de gauche. La boucle serait bouclée : de la cata à la cata.

Les élus d’Outre-mer, à qui on a vendu un pacte de « visibilité », se taisent. La commission d’enquête décidée par l’Assemblée nationale ? Silence radio. Les deux députés en charge sont trop occupés par la primaire de la gauche.

À Paris, tout le monde s’en fout. Une rédaction outre-mer éclatée, composée de gens qui n’y ont quasiment jamais vécu. Une structure parasite nichée dans l’ombre de France Télévisions, symbole parfait du gaspillage d’argent public.

Voilà le quotidien. Un système pourri jusqu’à l’os, protégé par le silence, la peur du « racisme », le clientélisme électoral et la lâcheté parisienne. Les Outre-mer ne sont plus des territoires français : ce sont pour beaucoup d'ente eux, des territoires de non-droit audiovisuel, des pompes à fric où l’incompétence est récompensée, la corruption tolérée et le suicide d’un directeur balayé sous le tapis.

Le silence des trous noirs continuera tant que personne n’osera hurler la vérité. Après les prochaines élections, on verra bien qui aura le courage de nettoyer ces écuries d’Augias tropicales. En attendant, il reste encore un peu de grain à moudre… En silence.