À France Télés « On ne célèbre plus Depardieu »… sauf quand on le promeut en boucle et qu’on diffuse Astérix quelques semaines plus tôt !
À France Télévisions, on ne sait plus qui dit quoi, qui raconte quoi, ni même qui décide quoi.
Il y a d’à quoi vous rendre …
Un jour, on entend que « il ne faut pas célébrer Gérard Depardieu », que les plans de diffusion sont « complètement revus », que les projets sont « mis en pause ». On suspend, on recule, on prend des airs de vertu scandalisée. Manuel Alduy parle, les médias amplifient, certains crient au boycott historique, d’autres parlent de grands principes. On fait de grandes déclarations dans la presse, Libération en particulier…Seulement voilà, l’ex-Orange et son ex-primo dircab eux, restent dans un flou occasionnellement entretenu. Personne ne tranche vraiment. Personne n’assume clairement. La position du groupe public ? Une brume officielle.
Pourtant, Delphine Ernotte n’a pas toujours montré le même recul. Quand trois journalistes sportifs de la maison ont été accusés de soi-disant faits de harcèlement, elle n’a pas tergiversé longtemps : licenciements secs. Sauf que les tribunaux ont ensuite donné raison à au moins deux d’entre eux, condamnant France Télévisions pour licenciement sans cause réelle et sérieuse avec versement d’indemnités substantielles. Les faits, jugés insuffisants ou inexistants, n’ont pas résisté à l’examen judiciaire. Là, la fermeté était de mise. Ici, sur Depardieu, on préfère le flou artistique et les demi-mesures.
D’ailleurs aujourd’hui sur l’antenne même de France Télévisions, la bande-annonce des Fugitifs tourne. En boucle. Inlassablement. Toute la journée. Comme si de rien n’était. Comme si les déclarations d’hier n’avaient été que du vent de service public. Pierre Richard et Gérard Depardieu, encore et encore, pour annoncer la diffusion de ce soir sur France 3. Sans pudeur, sans contextualisation, sans le moindre commentaire gêné. Juste la machine à programmes qui tourne, indifférente aux postures d’hier.
Alors, que s’est-il passé ? La polémique est retombée, donc on peut rediffuser ? Ou bien on n’a jamais vraiment décidé de quoi que ce soit ? Ou bien on a seulement fait semblant, le temps que l’orage passe, pour mieux ressortir le catalogue quand les audiences le réclament ? On ne sait plus. Et c’est bien là le problème.
À France Télévisions, la ligne éditoriale sur Depardieu ressemble à un tapis volant : elle change de direction selon le vent médiatique du moment. Un jour on ne célèbre plus, le lendemain on programme et on promeut en boucle. Un jour on parle de responsabilité, le lendemain on laisse la bande-annonce occuper l’antenne comme n’importe quel autre film. Qui a dit quoi ? Qui a contredit qui ? Qui a oublié ce qu’il avait affirmé ? Mystère. La seule chose claire, c’est que la parole officielle n’engage que ceux qui veulent encore y croire.
Le service public a le droit de changer d’avis. Il a même le droit de ne pas censurer mais ll ne peut pas jouer sur les deux tableaux en espérant que personne ne s’en aperçoive. Quand la bande-annonce d’un film de Depardieu tourne en boucle sur vos antennes le même jour où l’on se souvient encore des grandes déclarations de non-célébration — et que l’on se rappelle au passage la sévérité sélective dont a su faire preuve la maison dans d’autres affaires —, ce n’est plus de la nuance. C’est de l’incohérence assumée.
A France Télévisions, il y a belle lurette que la clarté s’en est allée !
Ou alors assumez franchement : on diffuse ce qui marche, point final. Les postures de circonstances ne trompe plus personne.

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