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mardi 4 août 2026

France Télévisions ou l’art de transformer le service public en machine à royalties en interrompant le Tour.

France Télévisions ou l’art de transformer le service public en machine à royalties en interrompant le Tour.

Il y a des moments où l’on se demande si France Télévisions n’est pas devenue une sorte de holding déguisée en machine à royalties. Une holding dont le seul impératif, le vrai, le sacré, le non-négociable, s’appelle désormais : « streaming first ». Pas le public. Pas le sport. Pas l’événement. Le streaming et bien sûr les droits d’auteurs qui vont avec.

Dimanche dernier sur le Tour de France. Première étape. Le moment où, traditionnellement, on regarde le peloton, on attend le sprint, on veut voir le podium, on veut entendre les interviews, on veut partager l’instant. Sauf que non. France Télévisions a décidé que le podium pouvait attendre. Que les cyclistes pouvaient bien célébrer entre eux. Que les téléspectateurs, eux, devaient regarder… une émission de Nagui. Une émission déjà enregistrée qu’il fallait impérativement diffuser en temps et en heure à la minute près !  On a donc coupé le direct. On a interrompu le Tour. On a privé des millions de gens de la fin de la première étape. Pour privilégier une boîte déjà en boîte…pour que les compteurs de droits d’auteur tournent correctement.

Voilà le niveau. On ne programme plus. On monétise. On ne diffuse plus un événement national : on le sacrifie sur l’autel des contrats d’animateurs. Le Tour de France, n’est plus un bien commun, c’est une variable d’ajustement. Un truc qu’on peut tronquer dès qu’il gêne le business plan d’un présentateur star et de la Banijay qui coproduit.

Et pendant ce temps, la fameuse chaîne des sports, vous savez celle qu’ annoncé Ernottedevant la représentation nationale avec des trémolos dans la voix, elle reste silencieuse ! .Ou plutôt : elle reste dans son état habituel de torpeur systémique. L’ex-Orange l’avait présentée comme le renouveau, la modernité, la promesse ( de quoi ? On se demande encore ?) Aujourd’hui, on la cherche toujours. Comme on cherche la cohérence. Comme on cherche le respect du public. Comme on cherche, parfois, un simple bout de podium.

Les retours d’antenne ? Ils existent, bien sûr. Sur les réseaux, les téléspectateurs et internautes également n’ont pas été tendres: « On a raté le podium pour Nagui », « France Télé c’est devenu une chaîne privée qui se fait financer par nos impôts », « Streaming first, téléspectateur last », « On coupe le Tour mais on trouve toujours de la place pour les émissions déjà tournées ».

Les commentaires fusent, les captures d’écran circulent, les colères s’accumulent mais à France Télévisions, on a l’habitude. On a l’habitude de regarder ailleurs. On a l’habitude de considérer que le public, au fond, n’a qu’à basculer sur l’appli. Que s’il n’a pas vu la fin, c’est de sa faute : il n’était pas assez « streaming first » !

Le service public, dans sa version 2026, ne sert plus le public. Il sert les contrats. Il sert les animateurs. Il sert les plateformes. Il sert les royalties. Et quand il reste un peu de temps, un peu de bande passante, un peu de respect, alors, peut-être, on diffusera l’intégralité du Tour….ou du moins ce qu’il en reste après les coupures.

France Télévisions n’a pas trahi le Tour de France dimanche. Elle a simplement rappelé, une fois de plus, à qui elle appartient désormais, et ce n’est évidemment plus à la France entière.

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