Ernotte et Tardieu se prennent encore les pieds dans le tapis à l’assemblée nationale
Ils étaient tous les deux auditionnés par Aymeric Caron et à en juger parce qu’il publie aujourd’hui sur les réseaux sociaux concernant l’affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay, le bidonnage est aussi flagrant que la censure.
C’est quasiment la démonstration parfaite de ce qu’a voulu Emmanuel Macron pour la télévision publique.
« J'auditionnais cet après-midi, dans le cadre de mon rapport annuel sur l’audiovisuel public, Delphine Ernotte et le secrétaire général de FTV Christophe Tardieu.
Il en ressort que ni l'un ni l'autre n'apportent la moindre explication convaincante sur la censure d'Adèle Haenel.
Voici à quelques mots près un extrait du dialogue que nous avons eu :
AC : "Qu'est-ce qui dans les propos d'Adèle Haenel justifie la déplublication du replay ?
DE : C'est un problème de non-maitrise de l'antenne.
AC : Qu'est-ce qui n'a pas été maitrisé à l'antenne
DE : L'animateur aurait dû intervenir après les propos d'Adèle Haenel, il ne l'a pas fait.
AC : Il aurait dû intervenir pour dire quoi ?
DE et CT : ...
AC : Qu'est-ce qui posait problème dans les mots d'Adèle Haenel qui justifiait que l'animateur reprenne la parole derrière elle ?
DE et CT : Elle parle de génocide, le terme fait débat.
AC : Non il ne fait pas débat, ce terme est aujourd'hui utilisé par tous les spécialistes du droit international et les historiens spécialistes des génocides.
DE et CT : Il crée une émotion, on a reçu beaucoup de plaintes.
AC : Combien ?
DE et CT : On ne sait pas.
AC : Donc il suffit que quelques téléspectateurs vous disent qu'ils n'aiment pas une séquence pour que vous l'enleviez du replay ?
DE : Le fait que ça suscite une émotion nécessitait que l'animateur en tienne compte et s'adresse à celles et ceux qui étaient choqués.
AC : Aujourd'hui, plus personne de sérieux ne nie qu'il y a un génocide à Gaza. De la même manière que plus personne de sérieux ne nie que le réchauffement climatique a une origine humaine. Si Adèle Haenel avait terminé sa chronique en rappelant l'origine anthropique du réchauffement climatique, auriez-vous exigé de l'animateur qu'il reprenne la parole pour s'adresser aux climato-sceptiques qui auraient été heurtés pour dire qu'il comprenait leur émotion ?
CT : ... Heuuu, non en fait c'est pas le terme de "génocide" qui pose problème, c'est l'autre partie de son propos quand elle dit que la France est complice.
AC : Pardon ? Vous êtes en train de m'expliquer qu'Adèle Haenel a été censurée parce qu'elle critiquait le gouvernement français ? Vous êtes en train de me dire que France Télévision est revenue aux temps de l'ORTF ? Interdiction de dire du mal du gouvernement ?
DE et CT : [Rires gênés] ... »
DE : C'est une question de maitrise de l'antenne." (*)
C’est à peu près le même refrain bidon que chantait quelques jours plus tôt, l’ex-primo dircab ernottien : « On a une obligation de garantir ce que l’on appelle, en jargon technique, la maîtrise de l’antenne, c’est-à-dire de rappeler le contexte dans lequel s’inscrit cette “carte blanche”.
On a eu énormément de recours et de saisines de l’Arcom qui considéraient qu’on avait failli à nos obligations, qu’on avait, en gros, permis à Adèle Haenel de faire une sorte de tract sans suffisamment le contextualiser.
Dans ce cas de figure de nombreuses saisines de l’Arcom, ce qui arrive très régulièrement, on dépublie automatiquement les replays en attendant d’avoir le verdict de l’autorité de régulation.
C’est une sorte de principe de précaution qu’on a. On dépublie le replay, ce qui permet au juge, à l’Arcom, de dire “ça allait” ou “ça n’allait pas”.
Clairement, c’est une modalité presque technique.
À aucun moment on n’a voulu censurer aucun propos.
On lutte contre la censure, on lutte contre l’auto-censure, on défend la liberté d’expression sur nos antennes. »


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