L’information d’abord… les économies ensuite (mais pas trop, promis)
Citoyennes, citoyens, ouvrez grand les oreilles !
Catherine Pégard, ministre de la Culture, a parlé. Dimanche sur Franceinfo, entre deux Journées du patrimoine, elle a sorti sa baguette magique budgétaire.
Que nous dit-elle ? « On va préserver l’information et la production à France Télévisions. Ce sont mes deux combats ! »
Ah, les combats ! Pendant ce temps, le gouvernement chasse 54 milliards d’euros d’économies et France Télévisions doit déjà digérer 90 millions de moins en 2027. Trajectoire définie au printemps, validée avec la Cour des comptes qui trouve la situation du groupe « au bord de la dissolution » mais rassurez-vous : on s’attaquera « le moins possible » à l’info et à la production. Le moins possible, c’est déjà quelque chose, non ?
Le service public audiovisuel ? Un « bien commun », proclame la ministre. Un bien commun qu’on soigne en lui demandant de se serrer la ceinture sur les frais de fonctionnement et les dépenses de structure. Comme on soigne un malade en lui retirant doucement le thermomètre.
Pour le reste de la Culture ? Pas de « coup de rabot systématique », oh non ! Trop grossier. On fera des baisses « au cas par cas ». Un peu moins ici, un report d’investissement là, un engagement financier reporté dans les grands théâtres et opéras… Rien qui rende nos établissements « vulnérables », assure-t-elle. Les monuments historiques ? Priorité aux travaux urgents : 20 % d’entre eux ont besoin d’une restauration approfondie, mais les crédits ont doublé en dix ans, alors tout va bien. On verra plus tard pour le reste.
La ministre n’a pas encore reçu sa lettre de cadrage. Elle n’a pas chiffré l’effort. Elle doit rencontrer l’ex-Orange cette semaine pour « discuter ». En attendant, elle trouve « extrêmement injuste » qu’on dise que les pouvoirs publics se désintéressent de la production.
Vous avez compris le programme :
• On coupe.
• Mais on protège.
• Surtout on protège l’information et la production.
• Le reste, on verra au cas par cas.
• Et si ça grince, c’est que vous n’avez pas compris que c’est un bien commun.
Voilà le grand art du budget 2027 selon la rue de Valois : préserver en taillant, rassurer en reportant, et combattre en économisant.
Le spectacle vivant, le patrimoine, l’audiovisuel public… tout le monde est invité à la fête. Apportez juste votre propre éclairage, on a coupé les budgets.
Vive la Culture ! (version allégée)

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