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jeudi 5 novembre 2026

L’amendement Masséglia ou l’art de soigner France Télés pendant que brûle le Pays

L’amendement Masséglia ou l’art de soigner France Télés pendant que brûle le Pays

Denis Masséglia (député Ensemble pour la République / Renaissance de la 5ᵉ circonscription de Maine-et-Loire) qui avait rejoint la commission d’enquête sur l’audiovisuel public fin février 2026 et s’était montré très critique envers les méthodes du rapporteur mais aussi sur le contenu du rapport, vient de faire passer un amendement qui annule en somme, la trajectoire du gouvernement qu’il est censé soutenir.

Il a encore fait parler de lui très récemment en faisant annuler, en quelque sorte, les trajectoires du gouvernement qui  prévoyait une dotation globale de 3,817 milliards d’euros pour l’audiovisuel public en 2027 (contre 3,848 milliards en 2026), avec une baisse d’environ 46,9 millions d’euros pour France Télévisions (qui passait à environ 2,379 milliards...Radio France et l’INA étant plus légèrement touchés)

Ce qui s’est passé en commission

•  Commission des finances : l’amendement du rapporteur spécial Denis Masséglia (Ensemble pour la République) a été adopté. Il rétablit les crédits au niveau de 2026 (+43,8 millions environ pour France Télévisions, +2,4 millions pour Radio France, +0,5 million pour l’INA).

•  Commission des affaires culturelles : d’autres amendements allant dans le même sens (y compris des propositions plus ambitieuses pour compenser l’inflation) ont aussi été retenus.

•  Les amendements proposant des coupes massives (ex. : ceux de Guillaume Kasbarian visant à réduire drastiquement France Télévisions et Radio France ou ceux du RN) ont été rejetés.

Ces votes en commission ne sont certes pas définitifs (le texte doit encore passer en séance publique, au Sénat, etc., et le gouvernement peut intervenir via 49.3 ou d’autres mécanismes) mais cela en dit long sur la déconnection de ces gens-là. L’examen en séance de la mission médias/audiovisuel était initialement prévu autour du 3 novembre 2026, mais le calendrier budgétaire a pris du retard (examen des recettes prolongé).

En résumé : les députés en commission se sont clairement opposés à la réduction du budget de France Télévisions pour 2027 et ont voté pour la neutraliser. Ce n’est pas encore le vote final de l’hémicycle mais l’info est bien réelle.

Messieurs les députés de la commission des finances, vous venez d’accomplir un exploit digne des plus grands magiciens de la République : pendant que la France étouffe sous 3 500 milliards de dette, que les caisses sont vides comme un portefeuille de smicard après le 15 du mois, et que tout le monde sait déjà qui paiera la note (vous, moi, nos enfants, leurs enfants, etc…), vous avez décidé que France Télévisions ne devait surtout pas perdre ces 47 malheureux millions.

Le député (EPR) rapporteur spécial, a d’un coup de baguette magique, les rétabli les crédits au niveau 2026 : +43,8 millions pour France Télévisions. Tout le monde applaudit. La commission des affaires culturelles en rajoute une louche. Les amendements qui osaient parler de « réduction », de « modernisation », de « sérieux budgétaire » ont ainsi été balayés comme de vulgaires mouches.

Ces gens-là ne changent jamais. Ils peuvent parler de « rigueur », de « maîtrise des comptes », de « responsabilité » pendant des heures. Ils peuvent même, le temps d’un discours, froncer les sourcils en regardant les chiffres de la dette. Mais dès qu’il s’agit de toucher au petit pré carré de l’audiovisuel public – ce temple de la pensée unique subventionnée, ce service public qui nous offre chaque soir le même journal, les mêmes expertises, les mêmes indulgences –, alors là, tout bascule.

La main qui coupe se transforme en main qui caresse. L’austérité, c’est pour les autres. Pour les hôpitaux, pour les écoles, pour les retraites, pour les routes, pour les contribuables, etc…mais pas pour le service public de l’audiovisuel, non. Celui-là, il est sacré.

Presque quatre milliards pour un audiovisuel public qui, année après année, perd des téléspectateurs, multiplie les polémiques, et continue de se croire indispensable. Peu importe. Il fallait absolument « préserver ».

Préserver quoi, au juste ? La capacité de nous expliquer, avec nos propres impôts, pourquoi il faut encore plus d’impôts ? La capacité de nous donner des leçons de morale pendant que les comptes publics partent en vrille ? Ces gens-là ne changent jamais leur façon de voir les choses. Ils croient encore, au fond d’eux-mêmes, que l’État peut tout, que l’argent tombe du ciel, et que le contribuable est une vache inépuisable qu’on peut traire sans jamais la nourrir.

Ils préfèrent maintenir intact le budget de France Télévisions plutôt que d’envoyer un signal – même minime – que les temps ont changé.

Alors continuez. Continuez à voter comme si la dette n’existait pas. Continuez à protéger vos totems. Continuez à croire que le problème, ce n’est jamais le volume de la dépense, mais toujours le « manque de recettes ». Dans très peu de temps, la note arrivera et ce jour-là, ce ne seront pas les plateaux de France 2 qui la paieront.

Pendant ce temps au Sénat, Catherine Pegard défendait les réductions de budget ! Ça en dit long sur la décomposition de la macronie

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