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vendredi 24 juillet 2026

Où en est la création du média de Garin, financé par Xavier Niel ?

Où en est la création du média de Garin, financé par Xavier Niel ? 

ou Comment ce proche de Sitbon-Gomez se fait financer par l’Oligarque qu’il devrait [peut-être]?chatouiller !

Ah, la belle indépendance à la française ! Ou en est Clément Garin, l’ex-chroniqueur pas encore trentenaire de chez Cyril Hanouna, patron autoproclamé de CGTV, celui qui balance les coulisses du PAF comme d’autres postent leurs stories sur Instagram, dont L’Informé révélait il y a peu qu’il s’apprêterait à lancer son pure player « indépendant » sur l’actu des médias ? Un site qui promettrait des infos rapides, des révélations bien senties, le tout dans le style cash qu’il revendique sur X.

Selon le titre de presse (Noah Moulinet, début juin 2026 – la source la plus précise et non démentie à ce jour), le tour de table s’annonçait dejà savoureux : Xavier Niel via NJJ en investisseur principal, potentiellement Cyril Hanouna via H2O. Garin aurait « séduit » le fondateur de Free. Séduit… ou présenté un business plan irrésistible dans ce petit milieu où tout le monde se tutoie, se congratule et se renvoie énormément l’ascenseur ?

Depuis la mi-juillet, on attend toujours l’annonce officielle. Le site n’est pas encore actif, le projet semble toujours en phase de montage financier et préparatoire. Classique pour ce genre d’aventure, surtout avec un profil comme Niel qui investit souvent discrètement.

Le même Garin qui entretient des contacts évidents et répétés avec Stéphane Sitbon-Gomez, l’ex-primo dircab ernottien de France Télévisions. Sur son compte X (@clem_garin), il commente régulièrement ses prises de position, ses décisions et ses interventions. Il évoque même des échanges directs, le qualifie de « très pro », « très juste », et semblé évoluer dans les mêmes cercles d’influence du petit milieu fermé de l’entre-soi audiovisuel français. Ce ne sont donc pas des relations anonymes ou distantes.

Rien de très exceptionnel, bien sûr. Juste le rappel que le « lanceur d’alertes » indépendant aime parfois papoter avec les puissants qu’il observe… ou dont il dépend indirectement pour ses posts.

Face aux questions sur ces financements, Garin a récemment réaffirmé (notamment suite à des articles et commentaires, dont le blog  s’est fait l’écho) qu’il ferait ce qu’il veut et que personne, pas même Niel, ne lui dicterait sa ligne éditoriale. Belle déclaration d’indépendance… qu’on aura l’occasion de vérifier très concrètement une fois le site lancé.

Et pourtant… quand il s’agit de Xavier Niel, l’un des hommes les plus influents du paysage, on ne peut que s’étonner devant de telles déclarations. Curieux Lorsqu’on connaît l’adage : « on ne mord pas La main qui vous nourrit »… Le cas échéant celle qui finance le projet que l’on mûrit depuis des mois.

On attend avec gourmandise les premiers articles de ce futur média « pur et dur » sur les investissements de NJJ, les liens entre tech et pouvoir, ou les concentrations médiatiques. Le cirque médiatique français adore ça : l’indépendance proclamée à grands coups de tweets, financée discrètement par ceux qu’on devrait ausculter sans complaisance.

Morale de l’histoire ? La transparence, c’est formidable… quand elle concerne les autres. Pour les influenceurs du débat public et les banquiers-présidentiables, c’est soudain plus nuancé. On défend l’audiovisuel public un jour, on signe avec Niel le lendemain, tout en papotant avec les décideurs de France Télé. On critique les puissants… sauf ceux qui mettent la main au portefeuille pour votre startup média.

Il faut le redire: On attend le lancement avec impatience. Les bilans en prime time, les scoops sélectifs, les équilibres subtils entre indépendance affichée et réalités économiques. Ce sera le plus beau sketch de la rentrée. Vive la justice populaire sélective, les pamphlets bien sentis et le grand cirque du PAF version 2026. Le marigot continue de bouillonner et Garin s’apprête à y nager comme un poisson. Avec des investisseurs de poids dans le bassin.

Restez connectés. La suite devrait être instructive…

jeudi 23 juillet 2026

Mobilité outre-mer à France Télévisions : le Passeport pour nul part avec un profond mépris des personnels concernés.

Mobilité outre-mer à France Télévisions : le Passeport (*) pour nul part avec un profond mépris des personnels concernés.

A France Télés, on  vous vend du rêve républicain : « Bougez, engagez-vous, allez porter le service public jusqu’en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, etc… » On vous parle de « cohésion des territoires », de « diversité », de « mobilité choisie », puis quand vous demandez les conditions réelles sur place au moment de votre nouvelle affectation géographique, là le masque tombe.

En gros on vous répond que vous n'avez droit à rien. Pas de voiture de location pourtant prévue dans les textes sur une période de 20 jours qui vous permet de vous déplacer en attendant par exemple que votre propre véhicule arrive par bateau…des indemnités d’installation qui devraient normalement vous être versées avant votre transfert : mais vous rêvez ! Circulez, y a rien à voir...

Pourtant, dans le doc de France Télés intitulé  Passeport Mobilité 2023 comme dans le tout nouveau Passeport Mobilité 2026 modifié unilatéralement par la direction (*), l’indemnité d’installation existe bel et bien. Elle est même indexée, chiffrée, présentée en tableau de synthèse dans les deux documents. C’est écrit noir sur blanc. 

(¤ voir en PDF les deux textes en fin de post)

Sauf que… quand vous avez validé votre mutation au printemps de cette année par exemple, on vous répond froidement : « Non, vous n’y avez pas droit »quand on ajoute pas « De toute façon, les caisses sont vides ». C’est ça, la nouvelle politique de France Télévisions : on maintient le décor mais on vide le contenu (¤ voir les beaux  PDF de FTV avec leurs jolis packs). On change unilatéralement les règles, on resserre les critères, on invente des interprétations restrictives, et on vous laisse porter seul le coût humain et financier d’une installation dans les DOM : billets d’avion, container, loyer exorbitant, vie de famille bouleversée.

Le message est d’une clarté brutale : Vous pouvez toujours demander une mobilité et éventuellement finir par l’obtenir (très rare) une mobilité… à condition qu’elle ne nous coûte rien.

Les finances de France Télés proches de l’encéphalogramme plat sont très souvent servies aux salariés – les petits ! –qui partent réellement servir l’Outre-mer, mais apparemment pas pour les huiles dirigeantes qui elles bénéficient de tout le dispositif évidemment.

On vous promet un « Passeport Mobilité » et on vous livre un Passeport pour nulle part : un joli document marketing qui cache une réalité mesquine de restrictions et de déni de droits.

Résultat ? Des agents motivés qui acceptent de partir, qui engagent leur vie, et qui se font rétrospectivement traiter comme un coût à minimiser. C’est non seulement injuste mais qui plus est, contre-productif. Qui aura encore envie de croire au discours sur « l’entreprise responsable » et « l’égalité des chances » après ça ?

France Télévisions transforme la mobilité outre-mer en parcours du combattant administratif où, quoi qu’il arrive, c’est non d’avance. Et pendant ce temps, les plaquettes continuent de briller sur l’intranet.

Pathétique et surtout d’un profond mépris des territoires ultramarins

(*) Les règles à respecter

- Si le Passeport Mobilité est issu d’un accord collectif (ou d’un accord d’entreprise), sa modification ou sa dénonciation doit respecter des procédures strictes : information/consultation du CSE, et souvent négociation avec les organisations syndicales. L’employeur ne peut pas purement et simplement le réécrire unilatéralement sans risque de contentieux.

Si c’est un usage d’entreprise (avantage répété et constant), l’employeur peut le dénoncer, mais il doit :

- Informer le CSE de la nature et de la date d’application de la suppression/modification.

- Respecter un délai de préavis raisonnable (souvent plusieurs mois).

Un simple document de synthèse ou une présentation PowerPoint via l’intranet, ne suffit pas à supprimer des droits acquis ou des avantages prévus antérieurement. Changer les règles en cours de mobilité (surtout après validation de la mutation) est particulièrement fragile surtout juridiquement.

En résumé : un changement unilatéral brutal est contestable. Beaucoup de salariés dans ta situation ont obtenu gain de cause aux Prud’hommes ou via le CSE sur ce type de pratiques.

NB :  C’est un droit pour tout salarié dans cette situation, de demander ce qui lui est dû et pourquoi on lui refuse(rait) toutes les informations nécessaires concernant  :

- le pack de mobilité retenu pour sa mutation ;

- les critères objectifs ayant conduit à une classification san suite ;

- l’article précis du Passeport Mobilité 2026, de l’accord collectif ou de toute autre décision interne sur lequel repose(rait) le refus de l’indemnité d’installation dans sa situation ;

- l’autorité ayant pris cette décision ;

- si cette décision résulte d’une règle générale applicable à toutes les mobilités comparables ou d’une décision individuelle….

(*) Voici les 2 docs PDF...attention âmes sensibles et autres naïfs, s'abstenir de cliquer !!!!

Passeport 2026

https://drive.google.com/file/d/1F3shLQJ5c4cvZhRGgJlDCw-9oywHVhi5/view?usp=sharing


Passeport 2023

https://drive.google.com/file/d/16LIw6Yuw_LUO2tb6jympVBj28TMiLveA/view?usp=sharing


Pendant que les forêts partent en fumée, France Télévisions vous invite à un barbecue en sous-bois.

Pendant que les forêts partent en fumée, France Télévisions vous invite à un barbecue en sous-bois.

Nous sommes en pleine canicule. Les forêts françaises brûlent. Les pompiers sont sur tous les fronts - deux d’entre eux ont déjà perdu la vie - et les dans les JT de France Télévisions on donnait même, hier, le chiffre de 118 personnes interpellées pour avoir potentiellement déclenché des feux de forêt - et le groupe public le 12 juillet dernier, vous invitait à un barbecue en forêt à la douce lumière des bougies ! 

En effet, et alors qu’une une majorité des mairies de France annulait les festivités du 14 Juillet et leurs feux d’artifice, Ernotte et son ex-primo dircab France Télévisions, que diffusait le tandem le 12 juillet sur France 5 ?


Une rediffusion de Silence, ça pousse, le magazine jardinage censé donner « de bons conseils pour embellir jardins, terrasses et balcons ». Un programme normalement disponible gratuitement en replay sur france.tv

Sauf que cet épisode était introuvable à cette date! Le catalogue des rediffusions s’arrêtait au 4 juillet.

Pourtant, France 5 l’a bel et bien diffusé ce soir-là et dans cet épisode rediffusé, la télé de service public nous offrait une séquence idyllique : un repas pour une trentaine de convives en pleine forêt, à la tombée de la nuit. Éclairage aux bougies, barbecue pour tout le monde en sous-bois. Le bonheur champêtre parfait, en somme.

Vu à la télé, sur service public. En pleine canicule. Pendant que les forêts s’embrasent.

Le génie du timing.

À France Télévisions, on coupe les branches (bonnes et mauvaises), on élague les budgets, on arrose les sociétés amies et on rediffuse à tour de bras pour masquer la forêt pleine de trous budgétaires…on est spécialiste de l’enfumage mais on ne vérifie rien avant diffusion, la preuve.

Résultat ? L’épisode a rapidement disparu du replay. Parti en fumée. Mystère, vous avez dit mystère ?

Pendant que les pompiers risquent leur vie et que les Français sont appelés à la plus grande vigilance, le service public a diffusé, sans aucun filtre, une invitation à reproduire un barbecue en forêt.

Bravo l’incitation, bravo le contrôle, bravo la responsabilité.

La prochaine fois, on nous proposera peut-être un tutoriel « Comment faire un feu de camp en pleine sécheresse » ?

En attendant, gardez votre barbecue pour le balcon. Et surtout, n’oubliez jamais : chez France Télévisions, même quand la France brûle, Silence, ça pousse… ou plutôt, ça brûle 🥵 .​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Emmanuel Macron qui s’est se rendu sur les sinistres, a récemment  déclaré : « Aucune tolérance pour les responsables des incendies et sévérité extrême pour ceux qui les provoquent ».

Chacun attend donc la mise en pratique immédiate pour le binôme précité.

mercredi 22 juillet 2026

Avant la présidentielle de 2027, la France sera-t-elle encore une démocratie et FTV entreprise d’Etat ?

Avant la présidentielle de 2027, la France sera-t-elle encore une démocratie et FTV entreprise d’Etat ?

Posez-vous sérieusement la question. Parce que ce qui se joue en ce moment n’est plus une simple loi sur les « mineurs et les réseaux sociaux ». C’est la mue discrète, technocratique et implacable d’un régime qui enterre les libertés publiques sous des prétextes vertueux.

En janvier, le Conseil d’État, dans un avis collégial, mettait en garde : interdire les réseaux aux moins de 15 ans posait de graves problèmes de proportionnalité, de liberté d’expression et de faisabilité technique. Logique. On ne peut pas protéger les enfants sans transformer l’internet tout entier en zone surveillée.

Et puis, patatras. Le 17 juillet, par une simple lettre signée Marc Guillaume, vice-président, sans procédure collégiale, sans débat, sans nouveaux arguments solides – juste des « éléments nouveaux » miraculeusement apparus –, le même Conseil d’État enterre son propre avis. Soudain, tout devient possible : pour bloquer les ados, il faut contrôler l’âge de tout le monde. Adultes compris.

Traduction en langage clair : passe numérique, vérification d’identité obligatoire en ligne, fin programmée de l’anonymat, fichiers massifs de données biométriques ou administratives. Les 68 millions de Français deviennent des suspects par défaut. Votre âge devient le sésame (ou le cadenas) d’internet, pilier historique de la liberté d’expression.

C’est le grand classique du cheval de Troie : on agite la protection de l’enfance, et on fait passer le contrôle généralisé de l’espace public numérique. Les ados, comme d’habitude, contourneront en trois clics avec un VPN. Les adultes, eux, seront tracés, fichés, authentifiés en permanence. Bienvenue dans la société de la tutelle généralisée.

Le plus corrosif ? Le Conseil d’État, institution censée être le rempart du droit contre l’arbitraire administratif, devient l’accélérateur du projet. Hier il freinait, aujourd’hui il valide. En quelques mois. Sans délibération. Avec une souplesse qui sent le vent politique.

On ne protège plus les enfants. On habitue les citoyens à l’idée que l’État doit savoir qui vous êtes à chaque connexion. Demain ce sera pour d’autres « bonnes causes » : lutte contre les fake news, contre la haine, contre la désinformation, contre ce qui dérange le pouvoir du moment.

Alors, posons la question sans fard : avant la présidentielle de 2027, la France sera-t-elle toujours une démocratie ?

Ou sera-t-elle devenue cette chose hybride, mi-techno-administrative, mi-surveillée, où les libertés formelles existent encore sur le papier pendant que les infrastructures numériques verrouillent le réel ? Un pays où l’on vote encore, certes, mais où l’espace public de débat a été préalablement domestiqué, filtré, « sécurisé ».

Ce n’est plus de la théorie du complot. C’est une lettre du 17 juillet, signée par le vice-président du Conseil d’État lui-même. Et ça nous concerne tous.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

À Guadeloupe La 1ère, l’ascenseur sélectif est devenu rampe de lancement.

À Guadeloupe La 1ère, l’ascenseur sélectif est devenu rampe de lancement. 

Une simple note de service relance les interrogations sur les critères de promotion et l’égalité de traitement au sein de Guadeloupe La 1ère et plus largement dans le groupe France Télévisions.

Une note de service de quelques lignes suffit parfois à relancer un débat. C’est précisément ce qui vient de se produire à Guadeloupe La 1ère. 

Celle-ci publiée par le directeur régional, Laurent Salcede, annonce que Mélanie Degrado assurera l’intérim de l’administrateur de production, Raymond Philogène, durant son absence.

Au passage, on observera que ce dernier est probablement l’un des rares administrateurs de production de France Télévisions sinon le seul et unique, à assurer lui-même la direction opérationnelle de nombreux tournages qu’il est pourtant censé administrer. Il réalise également, avec les moyens humains, techniques et financiers de la station, les magazines Bokantaj et Eritaj, tout en assumant de nombreuses missions opérationnelles sur le terrain. Une organisation qui interroge déjà sur la répartition des responsabilités au sein du service mais aussi les personnels. Rappelons si besoin était que le code du travail précise qu’un contrat doit être conclu pour un motif précis, celui pour lequel il est établi.

Une simple note de service ? Pas vraiment car cette décision intervient seulement quelques semaines après une nomination particulièrement rapide qui avait déjà suscité de nombreuses question parmi les salariés de l’établissement.

Le blog CGC Médias relevait alors une progression de carrière qualifiée de « passage en mode fusée », tant sa rapidité apparaissait exceptionnelle : un passage du groupe 4 au groupe 8, présenté comme ne correspondant pas aux dispositions habituellement prévues par les textes applicables.

Le blog rappelait également que sa mère, Michelle Philemon, a exercé plusieurs responsabilités syndicales au sein de Guadeloupe La 1ère, notamment comme secrétaire du CSE, secrétaire de la CTU-CFDT (Centrale des Travailleurs Unis), puis responsable de cette organisation.

Aujourd’hui, cette même salariée est choisie pour assurer l’intérim de l’administrateur de production.

Cette décision revêt une portée particulière. Elle signifie que la direction considère désormais cette salariée comme en capacité d’assurer les responsabilités du principal responsable de la production de l’établissement. C’est précisément ce choix qui nourrit aujourd’hui tous les questionnements.

À Guadeloupe La 1ère, certaines carrières semblent parfois avancer plus vite que les explications. Certains parleront de mérite, d’autres de coïncidences. Les salariés, eux, attendent surtout que les mêmes règles s’appliquent à tous.

On ne peut raisonnablement que se demander pourquoi une telle fulgurance. Là où certains collaborateurs cumulent parfois plusieurs décennies d’expérience sans jamais voir leur carrière décoller, d’autres semblent bénéficier d’une véritable rampe de lancement difficilement imaginable dans une entreprise de service public. Les cas d’une telle accélération de carrière sont si rares qu’ils se comptent facilement sur les doigts d’un seul gant « d’astronaute. »

Si une salariée récemment promue est aujourd’hui considérée comme capable d’assurer les fonctions de l’administrateur de production, pourquoi tant d’autres collaborateurs expérimentés n’ont-ils jamais bénéficié de la même confiance ?

Personne ne conteste qu’un employeur puisse promouvoir un salarié ou lui confier un intérim. Encore faut-il que chacun puisse comprendre pourquoi cette décision intervient, selon quels critères elle est prise et en quoi elle respecte les règles communes applicables à tous.

Le véritable sujet dépasse d’ailleurs la seule situation individuelle. Dans une entreprise de service public, chaque promotion devrait pouvoir être comprise, expliquée et objectivement justifiée. À défaut, c’est la confiance de l’ensemble des salariés qui finit par s’éroder.

Le plus regrettable reste le silence de la direction, à commencer par le direction des Outremers qui connaît parfaitement cette situation, au point de l’avoir laissé perdurer et s’installer. Face aux interrogations relayées par le blog CGC Médias, notamment sur un possible favoritisme ou un possible népotisme aggravé, aucune explication n’a été apportée sur les critères retenus, aucune démonstration de la conformité de cette évolution avec les règles de l’accord d’entreprise, aucune volonté de dissiper les doutes.

À défaut de transparence, chacun est libre de tirer ses propres conclusions.

Une entreprise publique ne devrait pourtant jamais donner le sentiment que les règles s’appliquent différemment selon les personnes. Dans un service public, l’exemplarité ne devrait jamais être une option.

La confiance des salariés ne se décrète pas par une note de service. Elle se construit par la transparence, l’équité et le respect des règles communes.

Pour beaucoup de salariés, cette note de quelques lignes ne répond finalement à aucune des interrogations déjà soulevées. Elle semble, au contraire, les renforcer.

Laurent Salcede apporte ainsi un élément supplémentaire au débat. En désignant Mélanie Degrado pour assurer l’intérim de l’administrateur de production, la direction semble désormais considérer cette récente promue comme une référence du service. Une marque de confiance remarquable… que beaucoup de collaborateurs expérimentés apprécieront à sa juste valeur !!

Les interrogations soulevées depuis plusieurs mois demeurent donc entières. Cette nouvelle décision apparaît comme un élément de plus venant alimenter les questionnements déjà exprimés sur les modalités de certaines évolutions de carrière au sein de l’établissement.

C’est dans ce contexte que l’organisation syndicale entend désormais solliciter l’avis de l’Inspection du travail ainsi que les conseils d’un cabinet d’avocats afin d’apprécier, en toute indépendance, la conformité de ces décisions avec les principes d’égalité de traitement, les règles applicables au sein de France Télévisions et, plus largement, les obligations qui s’imposent à un employeur public en matière de transparence et de non-discrimination.

Ce n’est donc plus seulement une question de promotion individuelle.

C’est désormais une question de confiance dans les règles qui doivent garantir l’égalité de traitement de tous les salariés d’une entreprise de service public.

Et cette confiance, une fois fragilisée, est toujours longue à reconstruire.


mardi 21 juillet 2026

La victimisation à 47 millions d’euros – ou comment Delphine Ernotte tente de faire plier Matignon tout en empochant les crédits d’impôt du contribuable.

La victimisation à 47 millions d’euros – ou comment Delphine Ernotte tente de faire plier  Matignon tout en empochant les crédits d’impôt du contribuable.


Ah, la grande tragédie française contemporaine ! Tandis que Matignon exige 47 millions d’euros supplémentaires d’économies à France Télévisions pour 2027 – et que le Premier ministre ne fléchit pas d’un iota – Ernotte multiplie les postures de victime. On la croirait presque au bord du gouffre, obligée de sacrifier l’« excellence » du service public sur l’autel de l’austérité dressé par Bercy. Pauvre entreprise, pauvre dirigeante, pauvre audiovisuel public menacé de « dissolution » (dixit les rapports, notamment celui de la cour des comptes, en écho à celui de l’inspection générale des finances).

Pourtant, creusons un peu. France Télévisions ne paie plus d’impôt sur les sociétés (IS) depuis 2021, ses déficits cumulés ayant effacé toute base imposable. Pourtant miracle de la fiscalité à la française : l’entreprise perçoit quand même des remboursements au titre des crédits d’impôt sur les sociétés. 

Hallucinant ! Selon les éléments publics issus des travaux parlementaires et de la Cour des comptes, cela représente environ 37 millions d’euros au titre du crédit d’impôt audiovisuel depuis 2017 (via ses filiales de production notamment). Ces chiffres ont entre autres été confirmé lors des auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.

Le montant global ?

Le chiffre précis agrégé pour l’ensemble des crédits d’impôt (audiovisuel + éventuels autres) n’est pas toujours ventilé de façon ultra-transparente dans les rapports grand public, mais on parle d’un flux entrant significatif – autour de plusieurs dizaines de millions d’euros cumulés sur les dernières années – alors même que l’entreprise ne reverse rien (ou presque) au Trésor public. 

Chacun se souvient encore des remarques. Faites par le troisième président de la Cour des Comptes lors de la commission d’enquête qui indiquait que s’il y avait une comptabilité analytique fiable, il serait plus facile d’obtenir des informations plus détaillées et plus pointues ! Il pourrait même exister d’autres dispositifs fiscaux classiques (par exemple : crédits d’impôt sur les sociétés de droit commun) qui peuvent s’ajouter selon les exercices.

En même temps, les capitaux propres fondent (de 294 M€ en 2017 à environ 179 M€ en 2024 et autour de 100 M€ en 2026!), les déficits s’accumulent mais pour quelques centaine de très gros salaires salaires, le rémunération, primes d’objectif et autres avantages restent confortables voire augmentent. Qu’a cela ne tienne : il faut plus d’argent public, moins d’efforts internes, et beaucoup de communication larmoyante.

Le vrai scandale

Le vrai scandale, c’est cette schizophrénie budgétaire : on demande au contribuable de combler les trous (via la dotation publique massive) et on accorde des crédits d’impôt qui reviennent indirectement dans les caisses du groupe, puis quand Matignon serre un peu la vis à hauteur de 47 M€, c’est la fin du monde. Ernotte se victimise en boucle devant les micros, quelques délégués rouges qui l’accompagnent quasiment depuis l’été 2015 et orangés par mimétisme depuis un peu moins longtemps, crient à la saignée. Pendant  ce temps les Français payaient la redevance (supprimée  certes mais compensée par l’impôt indirect réglé par tous: la TVA), la dotation mais aussi ces crédits fiscaux.

47 millions d’euros d’effort supplémentaires avec 15M€ dès 2026 ? Une paille à l’échelle du budget de France Télévisions (plus de 2,5 milliards d’euros de crédits publics). À quoi Delphine Ernotte répond par un nouveau « un plan massif de départs volontaires (environ 1 000 ETP, soit ~11 % des effectifs) visant selon elle a 70-80 M€ d’économies récurrentes par an à partir de 2028 !! Surréaliste. Chacun imagine son banquier lui disant avant la fin de l’année, vous devez avoir réglé votre problème de déficit chronique… À qui vous répondez en 2028, (c’est-à-dire deux ans plus tard) « j’envisage de prendre un appartement plus petit). Allo la terre…

Delphine Ernotte n’est pas une victime, elle est la responsable. Elle a réussi à casser la grande maison publique créée par Hervé Bourges qui bénéficie encore de rentes et de mécanismes fiscaux avantageux. Elle n’est plus en capacité de faire payer aux salariés ses propres errements. Qu’elle rende des comptes clairs sur ces crédits d’impôt qui viennent adoucir des bilans par ailleurs présentés comme catastrophiques et libère l’entreprise de ce joug malsain qui pèse sur elle depuis plus de dix ans 

Le contribuable en a assez d’être le dindon de la farce budgétaire. Matignon a raison de ne pas fléchir. Que les larmes de crocodile cessent : c’est l’argent de tous qui est en jeu.

lundi 20 juillet 2026

Le narratif élyséen, version Brut de Saadé…

Le narratif élyséen, version Brut de Saadé…


On savait Emmanuel Macron obnubilé par son image et depuis peu par son « legacy ». On découvre qu’il a trouvé sa courroie de transmission préférée : Brut, ce média qui vend de la « proximité » et du « live authentique » à une jeunesse qu’on imagine rebelle, alors que c’est bien la com’ du chef de l’État donc il est question.

Cette récente affaire que met en lumière l’Obs est savoureuse. Pendant que les journalistes accrédités à l’Élysée se font gentiment parquer dans une salle de classe à Vesoul, Rémy Buisine et son équipe filment Macron sifflotant au self, entouré d’ados en extase. Image parfaite, montage flatteur, diffusion immédiate. Le président de la République n’est plus interviewé, il est mis en scène. Et ça tombe bien : Buisine, ex-community manager reconverti en « journaliste de terrain », est passé maître dans l’art de la confusion des genres. Du direct de manif à l’interview présidentielle, du smartphone militant au fauteuil de directeur de l’information : un parcours pour qui sait surfer entre communication et journalisme.

Mais le vrai patron de cette belle opération n’est pas Buisine. C’est Rodolphe Saadé, l’homme fort de CMA CGM, qui a racheté 100 % de Brut via sa filiale CMA Media. Le même Saadé qui a déjà construit un véritable empire médiatique : BFMTV, RMC, La Provence, La Tribune, Corse Matin… Un armateur devenu l’un des acteurs les plus puissants du paysage médiatique français.

Le mélange des genres devient alors total. D’un côté, un média a l’image « cool », « jeune », « disruptive» qui prétend casser les codes. De l’autre, un actionnaire industriel qui pèse de plus en plus lourd dans l’information et qui bénéficie, aux yeux de certains, d’un traitement particulièrement bienveillant du pouvoir. En même temps, un président en fin de règne qui soigne sa sortie en offrant des accès exclusifs.

La rumeur qui a couru sur les réseaux sociaux, il y a quelques jours, d’un Xavier Niel qui pourrait embaucher Emmanuel Macron dans sa sphère, une fois son mandat terminé…un joli pantouflage dans la sphère d’un capitaine d’industrie qui aura su rendre service au bon moment, pourrait être qu’un leurre. Il se pourrait en effet que ce soit la sphère Saadé qui offre finalement un très beau point de chute au président, sortant ?! 

Certains observateurs vont même plus loin : depuis l’éviction (ou le « recentrage ») de l’épouse de Maxime Darquier, directeur éditorial de Brut — des programmes de France Télévisions et de Mediawan, ils rapportent que les relations entre la galaxie Niel/Capton/Pigasse mais aussi Delphine Ernotte, se seraient nettement tendues !! Coïncidence ? Ou signe que les équilibres internes du petit milieu médiatico-présidentiel sont plus fragiles qu’il n’y paraît.

On serait là bien loin du journalisme indépendant et plus proche de la fabrique de la narration présidentielle, version 2.0. Pour l’Ojm comme pour l’Obs,  Brut ne fait pas du reportage, il produit du contenu présidentiel. Buisine n’est plus tout à fait un journaliste, il est devenu un personnage de la com’ macronienne. Rodolphe Saadé proche d’Emmanuel Macron n’est pas seulement un actionnaire, il construit un groupe médiatique qui arrange tout le monde : l’Élysée y gagne une image jeune, Brut y gagne du prestige et des accès, et CMA CGM y gagne des portes s’ouvrant en haut lieu.

Pendant ce temps, les journalistes classiques ragent dans leur salle de classe. Bienvenue dans le nouveau paysage médiatique français : moins de contre-pouvoir, plus de partenariats stratégiques…et surtout, beaucoup de « lives authentiques » soigneusement encadrés.

Il y a vraiment de quoi être inquiet sur la trajectoire que prend notre démocratie.


dimanche 19 juillet 2026

Les Français saoulés par une grande partie de la classe politique regarderont encore moins Duhamel que Letellier.

Les Français saoulés par une grande partie de la classe politique regarderont encore moins Duhamel que Letellier.

L’émission Dimanche en politique sur France 3 s’est arrêtée le 5 juillet 2026 après 15 ans d’antenne. Elle ne reviendra pas à la rentrée, remplacée par une nouvelle émission dominicale à 13h20 sur France 2 (codiffusée sur France Inter) présentée par Benjamin Duhamel. L’équipe est dispersée, le savoir-faire effacé, les relations patiemment tissées avec les partis politiques jetées aux orties.

Francis Letellier qui occupait le créneau sur France 3 avait été annoncé comme rejoignant France 2 présenter Les 4 Vérités dans Télématin (succédant à Gilles Bornstein)…. Il se murmure aujourd’hui qu’il aurait refusé, expliquant que ce n’était pas à son âge qu’il allait se lever à pas d’heure pour présenter une rubrique au petit matin du etait matin en chute libre il doit tout de même. Il devrait selon nos informations, « se téléporter » définitivement sur Public Sénat où il officie encore un peu, il devrait tout de même garder un sien de sa chienne à « ses amis des étages supérieurs », lui qui expliquait à tout un chacun sur le ton de la confidence qu’il était au mieux avec l’ex-Orange et son ex-primo dircab ! 

Le binôme qui n’a cessé de promettre exemplarité, pluralisme et respect du service public, a donc  choisi de supprimer purement et simplement l’émission politique du dimanche et de concentrer tout sur France 2. On uniformise, on centralise. France 3, pilier historique du service public territorial, continue d’être dépecée au profit d’une machine à info unique et parisienne. C’est la même chanson partout à France Télés : on promet monts et merveilles, on parle de « valeurs du service public », puis on supprime, on fusionne, on nivelle. Bientôt absorbée par France Info, la grande casse de F3 se poursuit…

Consternation pour le pluralisme réel. Colère contre cette hypocrisie managériale qui sacrifie ce qui fonctionnait au nom d’une « stratégie » qui sent le rétrécissement et le contrôle. Une très large majorité d’observateurs dont le blog CGC Média, prédit déjà un flop d’audience pour ce programme de rentrée… 

Les Français très inquiets de la situation du pays et gavés par une très grande partie de la classe politique des extrêmes au centre, devraient donc ignorer ce rendez-vous de fin de repas du dimanche avec un désintérêt consommé.