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lundi 28 septembre 2026

Nouveau chaos programmé à France Télévisions…

Nouveau chaos programmé à France Télévisions…Ils ont signé. En silence. Sans regarder personne. Sans écouter personne.

La direction de France Télévisions vient de conclure un nouvel accord avec Microsoft. Pour des raisons économiques, bien sûr ! Toujours pour des raisons économiques. D’un coup de tampon, elle a décidé de retirer à une partie des salariés les outils qu’ils utilisent tous les jours. Word, Excel, PowerPoint, Outlook… version bureau. 

Fini. Place aux versions en ligne, via navigateur ou Teams. Clients lourds d’un côté, clients légers de l’autre. Environ 35 % des collaborateurs basculés dans la case « léger ». Sans discussion. Sans véritable information. Sans concertation réelle avec ceux qui savent, ceux qui sont sur le terrain : les informaticiens.

Ils n’y sont pour rien et pourtant ce sont eux qui trinquent. Ce sont eux qui reçoivent les plaintes. Ce sont eux qui tentent de colmater les brèches pendant que la direction découvre, après coup, les incohérences de ses propres choix.

Des journalistes qui ne peuvent plus travailler correctement sur des écrans tactiles.

Des planificateurs bloqués pour sortir des plannings.

Des boîtes mail saturées, des documents impossibles à ouvrir ou à modifier, des messages d’avertissement qui tombent comme des amendes.

Des bugs. Des restrictions. Des profils mal attribués.

Et toujours la même réponse : on corrige. On ajuste. On verra mais on ne parle pas. On ne consulte pas.

On décide et on laisse les autres gérer le chaos.

Les informaticiens avaient alerté. Les chefs de centre, les chefs de service aussi. Personne n’a vraiment écouté. Résultat : une décision hors-sol, prise dans les étages, appliquée dans la précipitation, et subie en bas.

Et ce n’est pas tout.

Il y a l’effet de bord sur les non-permanents. CDD, CDDU, ceux qui passent, ceux qui reviennent après une absence. La direction parle de « meilleure gestion des off-boarding ». Belle formule. Derrière, la suppression pure et simple des licences non utilisées. Et demain ? Un collègue qui revient après plusieurs mois trouve-t-il encore ses mails, ses dossiers, son travail ? Ou doit-il tout recommencer à zéro ?

Il fallait pour le moins :

Informer les salariés.

Réviser les profils incohérents.

Prendre en compte les besoins réels des métiers.

Protéger les données des non-permanents.

Et surtout, associer enfin les équipes informatiques aux décisions qui concernent leurs outils.

Parce que réduire les coûts, d’accord mais pas au prix d’une nouvelle désorganisation. Pas au prix de la perte d’outils. Pas au prix de la dégradation des conditions de travail.

Pendant qu’on y est : pourquoi s’obstiner avec Microsoft ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion de regarder ailleurs, vers les logiciels libres, vers l’open source, comme l’a fait la Gendarmerie nationale il y a vingt ans ? Souveraineté numérique, économies durables, indépendance technologique. Non. On reste dans le même schéma. On signe. On coupe. On laisse les autres se débrouiller.

Ils ont signé sans parler.

Ils ont décidé sans écouter.

Ils ont précipité sans mesurer.

Et maintenant, ce sont les informaticiens, les journalistes, les planificateurs, les non-permanents qui paient la facture.

Assez.


dimanche 27 septembre 2026

Le député Horizon du Calvados pour entraîner Édouard Philippe dans sa chute…

Le député Horizon du Calvados pour entraîner Édouard Philippe dans sa chute…

Jérémie Patrier-Leitus, toujours député Horizons du Calvados, président d’une commission d’enquête sur l’audiovisuel public largement décrié pour avoir tenté sans succès de l’envoyer à la corbeille à papier, vient de livrer sa vision. Après avoir déploré les « insinuations, sous-entendus et rapprochements implicites » du rapport final, il en tire néanmoins la conclusion attendue : il faut créer une entreprise unique de l’audiovisuel public…et il annonce déjà vouloir porter cette idée auprès d’Édouard Philippe, en vue de la prochaine présidentielle.

Traduction : on a enquêté, on a critiqué le travail des autres, on a trouvé quelques « dysfonctionnements réels » (voitures de fonction, engagements politiques de cadres – déjà en partie traités par France Télévisions), et on en déduit qu’il faut fusionner tout le monde. Radio, télévision, plateformes : un seul mastodonte, organisé non plus par canaux mais par « grandes missions ». Plus simple, plus harmonieux, plus efficace, paraît-il. Les procédures de gestion seront unifiées, les outils comptables aussi, les mécanismes de contrôle également. Miracle managérial annoncé selon JPL !

On connaît la chanson. Chaque fois qu’un ernottien convaincu découvre que l’audiovisuel public coûte cher, qu’il n’est pas parfaitement neutre et qu’il fonctionne en silos, la solution miracle s’appelle « grande fusion ». 

Comme si regrouper des cultures professionnelles différentes, des grilles horaires antinomiques et des logiques de production opposées allait automatiquement produire de la transversalité et de l’économie. 

L’expérience française (et étrangère) des fusions administratives montre plutôt le contraire : usines à gaz, coûts de transition, pertes d’identité, et une direction encore plus éloignée du terrain.

Sur le mode de nomination du futur patron, le député est sûr que ni président de la République (trop soupçonnable d’ingérence), ni l’Arcom (impossible d’être à la fois nommant et régulateur) doivent être à la manœuvre. Solution : un conseil d’administration « comme dans le privé », avec avis des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat. Autrement dit : un dispositif qui ressemble à s’y méprendre à une reprise en main parlementaire, donc politique, tout en se drapant de modernité managériale. L’indépendance, version Horizons.

Quand au timing, il n’est pas anodin. On ne parle plus seulement de réforme technique ; on en fait un « véritable sujet du débat présidentiel ». Porter la proposition auprès d’Édouard Philippe, c’est déjà positionner le parti Horizons sur un terrain classique de la droite et du centre : rationaliser, recentraliser, réduire la voilure en prétendant renforcer le service public. On commence par les missions, on finit par le budget. Classique.

La question n’est pas de savoir si l’audiovisuel public a des problèmes. Il en a. La question est de savoir si la réponse consiste à créer une structure encore plus grande, plus opaque et plus dépendante des équilibres politiques du moment, sous prétexte d’efficacité. On a déjà vu ce film. Il se termine rarement par plus de pluralisme et plus de liberté éditoriale. Il se termine par un organigramme plus lourd et un contrôle plus discret.

Celui qui va plomber la candidature à la présidence de la République d’Édouard Philippe l’ex-premier ministre d’Emmanuel Macron, n’aurait de toute façon raison que sur un point : le débat sur les missions doit précéder celui sur l’organisation et le financement. Encore faudrait-il que ce débat ne soit pas déjà orienté vers la solution unique qu’il entonne.



samedi 26 septembre 2026

Affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay…(suite)

Affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay…(suite)

Seconde partie des échanges avec Ernotte et Tardieu dans l’entretien avec le député Aymeric Caron:

« Mardi dernier, dans le cadre de mon rapport annuel sur l’audiovisuel public, j'auditionnais Delphine Ernotte. Elle était accompagnée du secrétaire général de FTV Christophe Tardieu et de son directeur de cabinet Baptiste Rossi.

Il est important de préciser que ce dernier écrivait jusqu'à récemment les discours d'Emmanuel Macron. Il avait été recommandé à ce poste par Bernard-Henri Lévy. Rossi ne cache rien de cette proximité. Il a affirmé à Libé : "Je dois beaucoup à BHL".

La première partie de nos échanges a pu surprendre, mais la suite est tout aussi étonnante. 

AC : (question à Ernotte) "Mme  avez-vous été consultée avant la dépublication du replay de la carte blanche d’Adèle Haenel?

DE : Non, j’en ai été informée après, mais je soutiens cette décision.

AC : Alors qui a demandé et décidé cette suppression du replay?

DE & CT : …

AC : J’aimerais comprendre la chaîne de décision qui amène à supprimer cette séquence du replay. Qui alerte qui? Qui décide de quoi?

DE & CT : On vous le répète, c’est parce que nous avons reçu des plaintes de téléspectateurs.

AC : Mais contrairement à ce qui a été dit, ce ne sont pas les plaintes de l’ARCOM qui vous ont alertés car vous n’avez aucun contact à ce moment là avec l’ARCOM.

DE & CT : Non, nous n’avons pas eu de contact avec l’ARCOM mais compte tenu des messages que nous recevons, nous comprenons qu’il va y avoir beaucoup de saisines de l’ARCOM.

AC : Vous m’expliquez donc que vous prenez une décision par anticipation d’une situation dont vous ne connaissez pas la réalité… je repose la question: qui a pris cette décision? Je m’interroge car je me souviens que la directrice de la communication de France Télé a eu un contact direct avec la députée Caroline Yadan, laquelle avait demandé la suppression d’un bandeau sur les « otages palestiniens » sur France InfoTv.

DE & CT : le bandeau n’a pas été retiré parce que Caroline Yadan l’a demandé…

AC: Ah bon? Votre directrice de communication a quand même pris la peine de la rassurer sur les réseaux, en l’appelant « Caroline » et en lui envoyant un cœur  …

DE & CT : Ça n’a rien à voir.

AC : Puisqu’on reparle de cette affaire, Caroline Yadan avait aussi demandé sur les réseaux le renvoi de la personne qui avait rédigé le bandeau, or j’ai appris par les syndicats que la personne en question a bien été sanctionnée.

CT : Ce n’est pas vrai, elle n’a pas été sanctionnée.

AC : Si.

CT : Non.

AC : Si, il s’agit d’un pigiste qui n’a plus jamais travaillé pour vous.

CT : Il n’a pas été sanctionné. 

AC : Si, vu qu’il n’a plus jamais travaillé pour vous.

CT : Il n’a pas été sanctionné, c’est juste que son contrat n’a pas été renouvelé.

AC : Vous ne lui renouvelez pas son contrat mais il n’est pas viré, c’est original.

Baptiste Rossi (qui lève les yeux au ciel depuis quelques minutes) : Et vous pensez que c’est sur intervention de Caroline Yadan, c’est vraiment n’importe quoi !

AC : Avouez que la coïncidence est quand même troublante. Permettez-moi de vous reposer la question: qui a pris la décision de dépublier le replay de la carte blanche d’Adèle Haenel?

DE : C’est moi qui ai pris cette décision, pour tout ce qui se passe à  France Télé c’est moi la responsable.

AC : Que vous soyez responsable en tant que dirigeante de France Télé ok, mais qui a pris la décision?

DE : C’est moi.

AC : Ce n’est pas vous, vous m’avez affirmé l’inverse il y a 5 minutes.

DE : Ce n’est pas vrai."

Les premiers propos…



vendredi 25 septembre 2026

Les audiences des entretiens télévisés d’Emmanuel Macron sur TF1 et France 2 continuent de s’écrouler…

Les audiences des entretiens télévisés d’Emmanuel Macron sur TF1 et France 2 continuent de s’écrouler…

Alors qu’ils avaient rassemblé jusqu’à près de 21 millions de téléspectateurs en octobre 2020 (et même 22,92 millions en comptant les chaînes info), les derniers chiffres restent nettement plus modestes :

- 10,48 millions en septembre 2023

- 8,86 millions en mars 2024

- 7,58 millions en juin 2024

La dernière diffusion affichée montre 4,972 millions de téléspectateurs sur TF1 (27,4 % de PDA) et 3,652 millions sur France 2 (20,2 % de PDA).

Un recul constant qui illustre la difficulté croissante à mobiliser le grand public autour des interventions du chef de l’État pour encore sept mois qui du reste n’a quasiment rien laissé entendre…


Le tweet d’Alix Étournaud épouse de Mattieu Pigasse après les 19 jours qu'il a passé sur l’île Moustique…

Le tweet d’Alix Étournaud épouse de Mattieu Pigasse après les 19 jours qu'il a passé sur l’île Moustique…

Alix Étourneau journaliste et écrivaine française qui est l’épouse de Matthieu Pigasse (mariés depuis 2010) mère de leurs trois enfants, a publié un tweet remarqué le 23 septembre 2026 sur X (@aetournaud), en réaction aux révélations du Canard enchaîné sur les vacances de son mari à l’île Moustique (Mustique, dans les Caraïbes) et à sa défense sur France Inter.

Contexte

Le Canard enchaîné a rapporté que Matthieu Pigasse (banquier d’affaires, patron du groupe Combat/Media avec Radio Nova, Les Inrockuptibles, etc.) a passé environ 19 nuits cet été dans une villa ultra-luxueuse (« The Terraces ») sur l’île Moustique, pour un coût estimé autour de 434 000 €. Pigasse a défendu ce choix en affirmant notamment que « être de gauche, ce n’est pas faire vœu de pauvreté », que c’est de l’argent privé, qu’il n’y a « pas de police des vacances » et que sa vie privée ne regarde que lui, tout en n’excluant pas une éventuelle implication dans la présidentielle 2027.

Voici le tweet de sa femme qui n’était  pas là : 

« Ma vie privée ne regarde que moi » Le Canard Enchaîné, 16/09/2026

NON @MPigasse , la vie privée d’un homme public ne regarde pas que son petit nombril.

Surtout lorsqu’elle est régulièrement étalée sur Instagram, sur X ou à la une des journaux de tous bords.

Parce que personne ne vit dans une bulle, il est inévitable que d’autres soient affectés par ce tapage.

Sans jouer à la « police des mœurs », sans polémiquer sur l’indélicat « je pars en vacances avec qui je veux, quand je veux, où je veux », un minimum de réserve serait bienvenu de la part d’un mari, d’un père et d’un homme de gauche qui n’exclut rien pour 2027, qu’il fasse ses courses à pied, à vélo ou à cheval.

L’élégance n’est pas donnée à tous les punks, mais certains sont plus inélégants que d’autres.»

Elle y critique le manque de discrétion, rappelle l’impact sur la famille et fait allusion à l’image « punk » cultivée par Pigasse. Le tweet a généré un fort engagement et a transformé une polémique politico-médiatique en règlement de comptes familial public.

Note : Alix Étournaud a une carrière indépendante (fondatrice du HuffPost Maghreb, documentaires, etc.) et a déjà écrit sur des aspects de sa vie conjugale dans le passé.

Pigasse est par ailleurs en couple avec Wassila Meddas (directrice des marques de son groupe), ce qui ajoute au contexte personnel.



Le début de la fin: Avec 2,6M€ de dettes, Radio EAT et le bar Le Bel-Air cherchent un repreneur…

Le début de la fin:  Avec 2,6M€ de dettes, Radio EAT et le bar Le Bel-Air cherchent un repreneur…

Ah, bravo. Neuf ans d’existence, une vue imprenable sur la tour Eiffel, un décor « chic et épuré », et le résultat final : 2,6 millions d’euros de dettes, 5 000 euros en caisse et un tribunal qui finit par éteindre la lumière. Radio Eat et le Belair viennent d’offrir la démonstration la plus pure que l’on peut cumuler tous les avantages du monde et quand même se planter en beauté.

Le diagnostic du tribunal est d’une clarté chirurgicale : pas assez de clients. Quelle surprise. Installer un restaurant au premier étage d’une forteresse administrative où il faut passer un contrôle de sécurité, trouver le bon ascenseur et prier pour que quelqu’un ait collé un panneau quelque part… c’était clairement la recette du succès populaire. On se demande pourquoi le Parisien moyen, après une journée de boulot, n’a pas foncé en masse vers ce temple de l’accessibilité ?!

Les excuses, elles, sont dignes d’un concours de badinage : le Covid (évidemment), les investissements trop importants, la difficulté à identifier le lieu, et, cerise sur le gâteau, « l’impossibilité d’exploiter la terrasse » à cause… des canicules. Oui, vous avez bien lu. Il a fait trop chaud pour servir des assiettes dehors. Pendant que d’autres restos parisiens remplissent leurs terrasses à 35 degrés, eux n’ont pas pu. Magnifique.

Éric Wapler et son équipe ont donc réussi l’exploit de transformer un emplacement prestigieux en trou financier de 2,6 millions. Loyers impayés, charges sociales impayées, trésorerie en mode survie… on frôle la performance artistique. Pendant ce temps, Radio France, propriétaire des murs, regarde ailleurs en silence. Ni commentaire sur les loyers, ni sur l’avenir des lieux. Classique.

Maintenant on cherche un repreneur avant le 30 septembre. Courage à celui qui osera reprendre le flambeau. Il héritera d’un endroit magnifique… et d’une clientèle qui n’a jamais vraiment existé. Quant aux 18 salariés, on leur souhaite sincèrement de trouver mieux que cette aventure qui a fini en débâcle comptable.

Moralité : même avec une vue de rêve et le prestige de la Maison de la radio, on ne peut pas vendre du vent indéfiniment. Il fallait juste, peut-être, que quelqu’un se demande un jour si les gens allaient réellement venir.

jeudi 24 septembre 2026

France 2 programmait "Les cercles du silence"…nouvel et énorme flop

France 2 programmait "Les cercles du silence"…nouvel et énorme flop

Le documentaire Les Cercles du silence – L’affaire Le Scouarnec, une histoire d’omerta, diffusé mardi 22 septembre 2026 en prime time sur France 2, a connu un véritable échec d’audience. 

La première partie de cette série documentaire en deux volets qui retrace le parcours de Joël Le Scouarnec, considéré comme l’un des plus grands prédateurs sexuels de l’histoire judiciaire française, n’a rassemblé que 805 000 téléspectateurs en moyenne, soit 5 % de part d’audience selon Médiamétrie. 

Un score ultra faible pour une chaîne généraliste à cette heure, qui a laissé France 2 loin derrière Koh-Lanta sur TF1 (2,87 millions).

Malgré la qualité reconnue du film de Cyril Denvers sur l’omerta autour du pédocriminel Joël Le Scouarnec qui pendant plus de trente ans, ce chirurgien a utilisé sa position et la confiance accordée à sa blouse blanche pour commettre des viols et des agressions sexuelles sur au moins 300 jeunes patients, a clairement dissuadé le public.



mercredi 23 septembre 2026

Jamais à court d'idée au CDE de France Télévisions...

Jamais à court d'idée au CDE de France Télévisions…

Le SNPCA-CGC alerte sur la gestion des congés de fin d’année au service Exploitation du CDE (France Télévisions). Face au sous-effectif chronique, la direction envisagerait de réduire illégalement les effectifs planifiés. 

Le syndicat qui rappelle que toute modification de l’organisation du travail doit respecter les procédures et les droits des salariés, se dit particulièrement vigilant.




L’information d’abord… les économies ensuite (mais pas trop, promis)

L’information d’abord… les économies ensuite (mais pas trop, promis)

Citoyennes, citoyens, ouvrez grand les oreilles !

Catherine Pégard, ministre de la Culture, a parlé. Dimanche sur Franceinfo, entre deux Journées du patrimoine, elle a sorti sa baguette magique budgétaire.

Que nous dit-elle ? « On va préserver l’information et la production à France Télévisions. Ce sont mes deux combats ! »

Ah, les combats ! Pendant ce temps, le gouvernement chasse 54 milliards d’euros d’économies et France Télévisions doit déjà digérer 90 millions de moins en 2027. Trajectoire définie au printemps, validée avec la Cour des comptes qui trouve la situation du groupe « au bord de la dissolution » mais rassurez-vous : on s’attaquera « le moins possible » à l’info et à la production. Le moins possible, c’est déjà quelque chose, non ?

Le service public audiovisuel ? Un « bien commun », proclame la ministre. Un bien commun qu’on soigne en lui demandant de se serrer la ceinture sur les frais de fonctionnement et les dépenses de structure. Comme on soigne un malade en lui retirant doucement le thermomètre.

Pour le reste de la Culture ? Pas de « coup de rabot systématique », oh non ! Trop grossier. On fera des baisses « au cas par cas ». Un peu moins ici, un report d’investissement là, un engagement financier reporté dans les grands théâtres et opéras… Rien qui rende nos établissements « vulnérables », assure-t-elle. Les monuments historiques ? Priorité aux travaux urgents : 20 % d’entre eux ont besoin d’une restauration approfondie, mais les crédits ont doublé en dix ans, alors tout va bien. On verra plus tard pour le reste.

La ministre n’a pas encore reçu sa lettre de cadrage. Elle n’a pas chiffré l’effort. Elle doit rencontrer l’ex-Orange cette semaine pour « discuter ». En attendant, elle trouve « extrêmement injuste » qu’on dise que les pouvoirs publics se désintéressent de la production.

Vous avez compris le programme :

•  On coupe.

•  Mais on protège.

•  Surtout on protège l’information et la production.

•  Le reste, on verra au cas par cas.

•  Et si ça grince, c’est que vous n’avez pas compris que c’est un bien commun.

Voilà le grand art du budget 2027 selon la rue de Valois : préserver en taillant, rassurer en reportant, et combattre en économisant.

Le spectacle vivant, le patrimoine, l’audiovisuel public… tout le monde est invité à la fête. Apportez juste votre propre éclairage, on a coupé les budgets.

Vive la Culture ! (version allégée)​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mardi 22 septembre 2026

Ernotte et Tardieu se prennent encore les pieds dans le tapis à l’assemblée nationale

Ernotte et Tardieu se prennent encore les pieds dans le tapis à l’assemblée nationale

Ils étaient tous les deux auditionnés par Aymeric Caron et à en juger parce qu’il publie aujourd’hui sur les réseaux sociaux concernant l’affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay, le bidonnage est aussi flagrant que la censure. 

C’est quasiment la démonstration parfaite de ce qu’a voulu Emmanuel Macron pour la télévision publique.

« J'auditionnais cet après-midi, dans le cadre de mon rapport annuel sur l’audiovisuel public, Delphine Ernotte et le secrétaire général de FTV Christophe Tardieu.

Il en ressort que ni l'un ni l'autre n'apportent la moindre explication convaincante sur la censure d'Adèle Haenel.

Voici à quelques mots près un extrait du dialogue que nous avons eu : 

AC : "Qu'est-ce qui dans les propos d'Adèle Haenel justifie la déplublication du replay ?

DE : C'est un problème de non-maitrise de l'antenne.

AC : Qu'est-ce qui n'a pas été maitrisé à l'antenne

DE : L'animateur aurait dû intervenir après les propos d'Adèle Haenel, il ne l'a pas fait.

AC : Il aurait dû intervenir pour dire quoi ?

DE et CT : ...

AC : Qu'est-ce qui posait problème dans les mots d'Adèle Haenel qui justifiait que l'animateur reprenne la parole derrière elle ?

DE et CT : Elle parle de génocide, le terme fait débat.

AC : Non il ne fait pas débat, ce terme est aujourd'hui utilisé par tous les spécialistes du droit international et les historiens spécialistes des génocides.

DE et CT : Il crée une émotion, on a reçu beaucoup de plaintes.

AC : Combien ?

DE et CT : On ne sait pas.

AC : Donc il suffit que quelques téléspectateurs vous disent qu'ils n'aiment pas une séquence pour que vous l'enleviez du replay ?

DE : Le fait que ça suscite une émotion nécessitait que l'animateur en tienne compte et s'adresse à celles et ceux qui étaient choqués.

AC : Aujourd'hui, plus personne de sérieux ne nie qu'il y a un génocide à Gaza. De la même manière que plus personne de sérieux ne nie que le réchauffement climatique a une origine humaine. Si Adèle Haenel avait terminé sa chronique en rappelant l'origine anthropique du réchauffement climatique, auriez-vous exigé de l'animateur qu'il reprenne la parole pour s'adresser aux climato-sceptiques qui auraient été heurtés pour dire qu'il comprenait leur émotion ?

CT : ... Heuuu, non en fait c'est pas le terme de "génocide" qui pose problème, c'est l'autre partie de son propos quand elle dit que la France est complice.

AC : Pardon ? Vous êtes en train de m'expliquer qu'Adèle Haenel a été censurée parce qu'elle critiquait le gouvernement français ? Vous êtes en train de me dire que France Télévision est revenue aux temps de l'ORTF ? Interdiction de dire du mal du gouvernement ?

DE et CT : [Rires gênés] ... »

DE : C'est une question de maitrise de l'antenne." (*)

C’est à peu près le même refrain bidon que chantait quelques jours plus tôt, l’ex-primo dircab ernottien : « On a une obligation de garantir ce que l’on appelle, en jargon technique, la maîtrise de l’antenne, c’est-à-dire de rappeler le contexte dans lequel s’inscrit cette “carte blanche”.

On a eu énormément de recours et de saisines de l’Arcom qui considéraient qu’on avait failli à nos obligations, qu’on avait, en gros, permis à Adèle Haenel de faire une sorte de tract sans suffisamment le contextualiser. 

Dans ce cas de figure de nombreuses saisines de l’Arcom, ce qui arrive très régulièrement, on dépublie automatiquement les replays en attendant d’avoir le verdict de l’autorité de régulation.

C’est une sorte de principe de précaution qu’on a. On dépublie le replay, ce qui permet au juge, à l’Arcom, de dire “ça allait” ou “ça n’allait pas”. 

Clairement, c’est une modalité presque technique.

À aucun moment on n’a voulu censurer aucun propos.

On lutte contre la censure, on lutte contre l’auto-censure, on défend la liberté d’expression sur nos antennes. »





lundi 21 septembre 2026

France Télévisions : après les économies, voici venu le temps de la Coupe à la découpe

France Télévisions : après les économies, voici venu le temps de la Coupe à la découpe

Il fallait bien que cela arrive. Pour que France Télévisions se serre la ceinture, quelqu’un a fini par avoir l’idée de génie : commencer par ce que les Français regardent encore. Le football. Puis pas n’importe lequel : la Coupe de France. Cette vieillerie populaire, archaïque, gênante, qui a le mauvais goût de mélanger pros et amateurs, grands stades et terrains boueux, émotion collective et audiences massives. Bref, tout ce qu’un service public « moderne » semble désormais devoir apprendre à mépriser.

La grande chasse aux économies est ouverte (et les victimes sont choisies avec soin)

Selon L’Équipe, France Télévisions serait sur le point de renoncer aux droits en clair de la Coupe de France, faute d’accord avec la Fédération. La raison est d’une pureté budgétaire absolue : il faut économiser. 47 millions d’euros supplémentaires en 2027, pour porter l’effort total à 90 millions. À ce niveau de vertu comptable, chaque euro dépensé pour un match devient presque obscène.

Alors pourquoi s’obstiner à diffuser du football que des millions de gens regardent encore, quand on peut proposer des programmes autrement plus vertueux ? Des rediffusions. Des conférences sur la transformation numérique. Des plateaux interminables sur la nécessité de « se réinventer ». Ou, ultime raffinement, un bel écran noir : zéro droit, zéro commentateur, zéro car régie, zéro production. L’économie parfaite.

La méthode est admirable : faire des économies sur ce que les gens regardent vraiment

Le plus savoureux reste que France Télévisions ne semble pas prête à sacrifier n’importe quoi. La Coupe de France, elle, a vocation à passer à la trappe au nom des économies, pendant que le groupe continue d’expliquer, rapports et séminaires à l’appui, combien il est vital de conquérir les nouveaux usages, de rajeunir les audiences et de renforcer le lien avec les Français.

On tient là un concept révolutionnaire : pour se rapprocher de ses publics, supprimons progressivement ce qu’ils regardent.

C’est assez dingue et d’une cohérence budgétaire irréprochable : moins il reste de programmes, moins ils coûtent cher. À ce rythme, l’équilibre sera bientôt atteint. 8 millions ? Trop cher. 4 millions ? Encore trop cher. Zéro ? Parfait. On touche enfin à la pureté du service public.

8 millions, 4 millions, zéro : la trajectoire de l’excellence

Selon les informations de L’Équipe, France Télévisions aurait demandé de ramener le contrat à environ 4 millions d’euros par an, contre 8 millions envisagés — après un précédent contrat autour de 11 millions. Pendant ce temps, beIN Sports aurait proposé jusqu’à 9 millions pour la diffusion payante.

Quelle logique ! France Télévisions explique qu’elle doit économiser. La FFF veut valoriser ses droits. beIN arrive avec plus d’argent. Enfin le service public pourrait finalement regarder la Coupe de France… à la télévision, comme un téléspectateur lambda. Magnifique. On appelle ça la modernisation.

Le service public découvre le « droit de ne pas diffuser »

Pendant des années, on nous a expliqué que certains événements sportifs relevaient de la mission, de l’identité, de la singularité du service public. La Coupe de France cochait toutes les cases : territoires, proximité, clubs amateurs, diversité des publics, émotion populaire.

Mais le paradigme a changé. Le service public n’a plus besoin de diffuser ce qui est populaire. Il lui suffit d’expliquer, avec le vocabulaire adéquat, pourquoi il ne le peut plus. Cela tombe bien : un communiqué de presse coûte infiniment moins cher que des droits sportifs.

Une petite pensée pour la FFF

Du côté de la Fédération, l’ambiance n’est guère plus reluisante. Philippe Diallo espérait encore en juin un règlement « dans les jours qui viennent ». Les jours sont devenus des mois. Les négociations continuent de courir après leur propre conclusion. La FFF peut méditer cette grande vérité contemporaine : quand un acheteur public vous annonce qu’il doit économiser, mieux vaut ne pas lui parler de prix. Il risque de vous prendre au sérieux.

Et pendant ce temps, beIN attend tranquillement au bord du terrain

Si France Télévisions se retire, beIN Sports est déjà en position. Le diffuseur aurait même annoncé début septembre la diffusion de la compétition sur ses antennes, alors que le contrat n’était pas encore paraphé. Pendant que le service public compte les économies, le privé compte les matchs. On dirait un scénario écrit à l’avance :

France Télévisions économise les droits.

La FFF cherche l’argent.

beIN récupère la compétition.

Le téléspectateur récupère éventuellement un abonnement.

Optimisation budgétaire à plusieurs étages. Bravo.

La Coupe de France victime du régime minceur (et ce n’est qu’un début)

Les contraintes budgétaires sont réelles mais il devient de plus en plus difficile de ne pas rire jaune devant une mécanique où les économies commencent toujours par ce qui donne encore envie de regarder la télévision publique.

Après la Coupe de France, pourquoi s’arrêter ?

Le Tour de France pourrait devenir trop cher.

Roland-Garros nécessiter une petite cure d’amaigrissement.

Les Jeux olympiques être jugés excessivement dispendieux.

Et un jour, peut-être, le journal télévisé lui-même. Une caméra fixe, un présentateur en visioconférence, beaucoup moins de déplacements. Le progrès est en marche.

La télévision publique, bientôt en clair… mais sans grand-chose à servir

Il restera alors une dernière question embarrassante : comment continuer à justifier l’existence d’un service public audiovisuel quand on abandonne progressivement les contenus qui en faisaient la singularité ?

La réponse est déjà prête dans les PowerPoint. On parlera de sobriété, de transformation, de nouveaux usages, d’efficience, de rationalisation, de trajectoire financière et de priorisation des investissements. Ce vocabulaire a un mérite immense : il permet de dire « nous abandonnons » sans jamais prononcer le mot. Et de transformer une disparition en stratégie visionnaire.

Soyons donc rassurés. La Coupe de France ne disparaîtra peut-être pas de la télévision. Elle risque simplement de disparaître de la télévision publique.

C’est probablement la dernière grande innovation de France Télévisions : faire des économies sur le service public jusqu’à ce qu’il ne reste plus grand-chose à servir… et qu’il devienne enfin « rentable ».​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​