Contactez-nous!

Par téléphone au 06.14.06.44.36 ou par mail en Cliquant Ici!

samedi 8 août 2026

Ingérences : victimes et opportunistes – ou comment la démocratie française joue à la bananocratie en 2026

Ingérences : victimes et opportunistes – ou comment la démocratie française joue à la bananocratie en 2026

À huit mois de la présidentielle 2027, de quoi parlait-on en fin de semaine sur certains plateaux télés plus particulièrement sur France Culture (Les matins d’été), le 7 août 2026 ? D’ingérences extérieures (surtout russes) visant la campagne présidentielle française 

Selon la radio publique et quelques titres de presse, plusieurs candidats déclarés ou pressentis auraient été ciblés par de telles opérations de désinformation….

Raphaël Glucksmann (Place publique) : faux reportage usurpant l’identité du média Blast, accusant sa compagne Léa Salamé d’avoir « soudoyé » des journalistes (dont un faux Edwy Plenel) pour favoriser sa candidature. Attribué au groupe Storm-1516 (lié au GRU russe). Le parquet de Paris a ouvert une enquête. (à lire dans Le Monde soutien indéfectible de l’ex-Orange)

Édouard Philippe (Horizons) : fausses informations sur son état de santé.

Gabriel Attal (Renaissance) : faux contenus (usurpant des logos de médias français, dont BFMTV) l’accusant notamment de signes de la maladie de Parkinson ou d’autres calomnies. Attribué au réseau Matriochka. Il a dénoncé une volonté russe de « voler » l’élection aux Français et a porté plainte. (A lire dans lesoir.be)

Ces opérations restent relativement peu visibles grand public, mais elles sont détectées et caractérisées par Viginum (service de lutte contre les manipulations en ligne) et le SGDSN.

Le jour même, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot déclarait sur X que la France « ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère dans son débat démocratique, à plus forte raison dans ses processus électoraux », soulignant que ces processus « sont la propriété exclusive et inviolable des citoyens français ».

Il distinguait cependant sur BFM TV les véritables manipulations coordonnées (promotion de messages construits depuis l’étranger pour fausser le débat, faux reportages, usurpation de logos de médias, calomnies sur la santé ou la vie privée de candidats) des simples opinions exprimées par des responsables étrangers.

Les noms de sites et autres experts de la désinformation sonnent sérieux, les services de l’État confirment, les plaintes pleuvent. Tout cela est documenté mais regardons de plus près qui hurle le plus fort, et pourquoi. Il y a ceux pour qui l’étiquette « victime d’ingérence étrangère » est un cadeau politique presque trop beau.

Un candidat centristes ou social-démocrate un peu pâle dans les sondages, un profil « raisonnable » qui peinait à faire parler de lui en plein été : soudain, le voici cible de l’Est. Les médias s’emballent, les plateaux s’ouvrent, la posture de défenseur de la démocratie s’impose toute seule. On dénonce, on porte plainte, on exige des lois plus dures, on pointe du doigt les plateformes. Résultat ? Une exposition médiatique gratuite, une image de victime courageuse face aux agresseurs et un petit boost de notoriété au moment où la campagne commence à peine. Pratique, non ? 

Certains ont tout intérêt à amplifier, à dramatiser, à transformer une opération de désinformation (souvent peu virale) en preuve absolue qu’ « une  puissance étrangère veut voler l’élection ». Ça permet de se poser en rempart, de coller l’adversaire hors de nos frontières et de faire oublier un peu son propre bilan ou son manque de souffle. L’ingérence devient alors un outil de communication comme un autre.

Il y a ensuite ceux qui pourraient l’être vraiment. 

Quand les mêmes réseaux ciblent, de manière répétée et coordonnée, des personnalités clairement hostiles à Moscou, avec des contenus calqués sur des modes opératoires déjà identifiés en Roumanie ou ailleurs, on n’est plus dans le simple hasard. Là, l’opération n’est pas forcément destinée à « booster » le ciblé : elle vise à salir, à semer le doute, à polariser, à préparer le terrain pour pouvoir imaginer contester le résultat le jour J. Et c’est là que le danger devient concret. Si l’ingérence est massive, prouvée, et qu’elle a réellement faussé le débat ou le scrutin, on ouvre la porte à l’annulation. Comme en Roumanie. 

Sauf que, une fois le précédent établi, qui décide ce qui est « suffisant » pour annuler ? Selon le résultat qui arrange qui ? Une élection serrée, un outsider qui surprend, un camp qui refuse de perdre… et voilà la « bananocratie » : on annule au nom de la pureté démocratique, jusqu’à ce que le « bon » vainqueur sorte des urnes.

Le vrai problème n’est pas seulement l’ingérence extérieure (réelle et méprisable). C’est le cynisme qui s’y greffe.

Certains y voient un booster de candidature. D’autres un levier pour contester le verdict des urnes. Et le citoyen, lui, se retrouve coincé entre des opérations de désinformation étrangères et des politiciens trop heureux de les instrumentaliser.

Quand la démocratie commence à jouer avec l’idée que l’élection peut être « invalidée » selon le résultat et selon qui crie le plus fort à l’ingérence, on n’est plus très loin de la république bananière ! Sauf que les bananes, au moins, on sait d’où elles viennent.

vendredi 7 août 2026

Quand France Télévisions paie 25 000 euros (plus tout le reste) pour se faire enterrer en 1/4 h et en public !

Quand France Télévisions paie 25 000 euros (plus tout le reste) pour se faire enterrer en 1/4 h et en public !

Le blog CGC Medias avait annoncé dans un très récent post vouloir décortiquer ce nouveau scandale à France Télés. C’est donc chose faite à la lecture des quelques lignes qui vont suivre sur les choix de l’ex- primo dircab ernottien au moment où la France entière est priée de se serrer la ceinture.

Revenons pour cela sur le spectacle absurde auquel nous avons eu droit le 8 juillet dernier.

France Télévisions, groupe public au bord de la dissolution budgétaire (selon le dernier rapport de la cour des comptes Et dans une situation financière catastrophique, selon l’IG) invite un Américain à C’est que certains os encore appeler conférence de rentrer des programmes! la conférence de rentrée des programmes. Evan Shapiro, « cartographe des médias » de son état aux States est invité tous frais payés, annoncer devant la presse et les professionnels réunis… que la télévision traditionnelle est morte.

A l’évidence, il ne s’agissait ni d’une conférence de programmes, ni d’une présentation de la rentrée mais d’un enterrement et d’une autopsie très chèrement payés par tous Français qui plus est. 

L’ex-Vert  - vous savez, celui qui se répond dans la presse en expliquant à Sebastien Lecornu, qu’il ne sait pas où trouver Les 47 millions que demandent le Premier ministre - a personnellement orchestré l’affaire. 

On fait venir M. Shapiro des États-Unis, on lui règle le billet d’avion, l’hôtel, les repas, et on lui verse – selon nos informations – la bagatelle de 25 000 euros pour un passage express. Le tout pour qu’il déclare, dans la langue de Shakespeare et avec un sourire de consultant, que TikTok captive plus d’attention chez les jeunes Français que TF1, France Télévisions et M6 réunis, que la télé linéaire est devenue « une maison de retraite » et que le service public n’occupe plus le centre du jeu.

Payer un expert américain pour venir expliquer aux Français, avec des PowerPoint et des index d’attention, que leur télévision publique est un cadavre encore chaud (*) alors même que cette même télévision publique ne peut plus masquer aujourd’hui, les déficits d’une décennie dans des comptes consolidés affichés quasiment à l’équilibre depuis 10 ans pour enfumer la galerie !

C’est le luxe de la résignation. C’est l’élégance du suicide assisté.

On ne demande pas à un pompier de venir expliquer pourquoi il est inutile d’éteindre l’incendie.

On ne paie pas un médecin pour qu’il annonce, en plateau, que le patient est déjà mort… avant même d’avoir tenté le moindre soin.

Pourtant c’est exactement ce que France Télévisions a fait. Avec l’argent du contribuable.Devant la presse. En grande pompe…funèbre pour l’occasion et après, on s’étonnera que le service public paraisse hors-sol, déconnecté, presque complice de sa propre liquidation.

Evan Shapiro a joué son rôle. Il a fait ce pour quoi on l’a payé.

La vraie question n’est pas là. La vraie question est : qui, chez France Télévisions, a estimé que le meilleur usage de l’argent public, en pleine tempête budgétaire, était d’offrir une tribune dorée à quelqu’un venu dire, en substance : « Vous êtes déjà morts » ?  

Il semble que plus personne n’a envie d'endosser le bon de commande passé pour ce quart d’heure d’oraison commandé par Yop !! Pourtant comme son nom l’indique: un bon de commande, ça se signe avant pas après !

Evan Shapiro a d’ailleurs reagi après son intervention (keynote) payée lors de la conférence de rentrée des programmes de France Télévisions le 8 juillet 2026 au Pathé Palace à Paris. advanced-television.com 

Il a notamment publié sur son Substack Media War & Peace (sa plateforme principale de diffusion, souvent partagée sur les réseaux) :

Le jour même (8 juillet 2026), un article intitulé « TRADITIONAL MEDIA: AN AUTOPSY » / « TRAD MEDIA: AN AUTOPSY », où il annonce prendre la scène à la conférence de France Télévisions pour « disséquer un cadavre » (la télé traditionnelle) et présente son Cross-Screen Attention Index. eshap.substack.com 

Le 31 juillet 2026, un post dédié « The Murder of French Television », qui reprend le thème de l’événement (Stéphane Sitbon-Gómez lui avait dit que la présentation portait sur « le meurtre de la TV broadcast en France »). Il y intègre la vidéo complète de sa prestation d’environ 15 minutes, décrit son séjour de deux jours avec France Télévisions, salue leur compréhension des enjeux (partenariat YouTube, embrassement des réseaux sociaux), et reprend des extraits de la couverture (dont Advanced Television). Il présente cela comme une « autopsy of Trad TV » avec une voie vers la « reanimation ». ( voir la vidéo . eshap.substack.com )

Ces publications constituent une réaction claire et publique après l’événement. Shapiro (le « Media Cartographer ») est actif sur LinkedIn, Instagram (@eshap_tv) et Threads ; ses posts Substack sont généralement diffusés via ces canaux et son linktree. 

L’intervention elle-même a été largement relayée (HuffPost, Advanced Television, replay YouTube de France Télévisions, etc.), avec Shapiro soulignant le déclin de l’attention sur la TV linéaire au profit de TikTok, YouTube, etc., chez les plus jeunes, tout en saluant la stratégie numérique de France TV.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Comment l’Exécutif peut il ne pas avoir HONTE ?


jeudi 6 août 2026

France Télévisions n’est pas une exception, c’est un miroir grossissant du pays (voir l’incroyable tableau Ipsos 2026)

France Télévisions n’est pas une exception, c’est un miroir grossissant du pays (voir l’incroyable tableau Ipsos 2026)


Voilà le grand baromètre du moral mondial selon Ipsos : 25 709 adultes interrogés en janvier-février 2026 et le résultat pour la France est sans appel.

Le monde entier est majoritairement convaincu que son pays part en sucette (59 % « wrong track »). Seuls les Asiatiques du Sud-Est et quelques exceptions (Inde, Corée, Argentine) s’accrochent encore à l’illusion que ça va dans le bon sens. Singapour trône à 86 % de confiance : l’endroit où l’État fonctionne, les rues sont propres et on ne perd pas trois heures par jour à discuter du dernier scandale. 

Pendant ce temps, la France finit dernière avec un magnifique 10 % de gens qui pensent que le pays est sur la bonne voie. Un Français sur dix. Le reste (90 %) regarde le pays et se dit : « non mais sérieusement… »

Le carton rouge est presque comique de cohérence :

- France 10%

titre de  comparaison:

 - Pérou 15 %

-  Grande-Bretagne 21 % 

- Allemagne, Hongrie, Afrique du Sud 23 %

Les pays européens qui se vantent le plus de leurs « valeurs », de leur « modèle social » et de leur « leadership moral » sont ceux où les habitants ont le plus complètement perdu confiance. L’Allemagne à 23 %, l’Italie/Espagne/Suède à 31 %, les Pays-Bas à 32 %… On dirait un concours de désillusion. 

Pendant ce temps, la Malaisie, l’Inde et la Thaïlande sont dans le vert. Les gens qui ont encore du dynamisme économique et démographique restent optimistes ; ceux qui gèrent le déclin et la dette publique record sont pessimistes. Qui l’eût cru ?

Le petit encart sur la France est presque cruel : « Only 1 in 10 French adults believe their country is on the right track, the lowest share among surveyed countries. » Traduction : même les sondés français n’y croient plus. Après des décennies de discours sur « le pays le plus intelligent du monde », « l’exception culturelle » et « on va y arriver grâce à la dette », le résultat est là, en rouge vif à 90 %.

Ce tableau ne mesure pas la réalité objective (PIB, chômage, criminalité, etc.), il mesure le sentiment et il est édifiant: l’Occident développé, particulièrement l’Europe de l’Ouest, a réussi le tour de force de convaincre une large majorité de sa population que la direction prise est la mauvaise

Pendant que Singapour, la Malaisie et l’Inde continuent d’avancer, on discute chez nous de la prochaine réforme qui ne changera rien et du prochain impôt qui aggravra tout.

Bref, le message est clair : plus un pays se dit exemplaire et « progressiste », plus ses habitants ont l’impression d’être sur la mauvaise route. La France a gagné la médaille d’or du désespoir collectif. Rajouter Télévisions à France et l’analogie mise en lumière par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public est parfaite. Elle est vient coller le même diagnostic à la télévision de Delphine Ernotte. Neuf Français sur dix ont compris depuis longtemps ce que les députés ont mis des mois à documenter : France Télévisions n’est pas une exception, c’est un miroir grossissant du pays.

Même logique, même méthode, même résultat.

D’un côté, un État qui accumule dettes, déficits, couches de bureaucratie et discours rassurants pendant que le moral collectif s’effondre. 

De l’autre, un service public audiovisuel qui, depuis le premier parachutages d’Ernotte à l’été 2015, affiche des déficits cumulés de -81 millions d’euros sur les comptes du groupe et presque 4 fois plus pour FTV SA (Cour des comptes pour la période 2017-2024), des salaires de directeurs parfois supérieurs à celui du président de la République, une flotte de voitures de fonction, des suites d’hôtel à plus de 1 700 € la nuit à Cannes (affaire désormais judiciaire qui fait l’objet d’une instruction judiciaire, suite à une plainte déposée par la CGC audiovisuel), une externalisation massive vers des producteurs privés et une opacité comptable qui empêche même de savoir précisément ce que coûte chaque chaîne.

La commission a qualifié ça de « système de gabegies largement assumé » quand de son côté Ernotte a dénoncé un rapport « à charge » et a même oser rappelr que le groupe « coûte moins cher qu’il y a dix ans » en euros constants. Classique : on conteste les chiffres, on invoque la mission de service public, on crie à l’attaque politique… pendant que les comptes restent dans le rouge et que la confiance du public fond.

Le parallèle avec le Pays dont seulement 10 % de gens croient encore que ça va dans le bon sens, est presque parfait. France Télévisions : l’institution qui, pour beaucoup de téléspectateurs, incarne exactement la même déconnexion – argent public, résultats contestés, défense agressive du statu quo et un sentiment diffus que « ça ne sert plus à grand-chose d’autre qu’à se perpétuer » et à servir ce petit monde de l’entre-soi qui gangrène la France. Quand neuf Français sur dix disent que le pays dérive, ils regardent aussi leurs écrans et voient la même dérive en version audiovisuelle : une usine à gaz financée par tous, qui se prétend neutre et exemplaire, mais dont la gestion est épinglée pour les mêmes travers que ceux qu’on reproche à l’État lui-même (gaspillage, rigidité, déconnexion des attentes).

Ernotte et sa garde rapprochée (de plus en plus clairsemée) ont beau crier au « plus grand plan social de l’histoire culturelle » face aux propositions de fusion de chaînes et de coupes budgétaires préconisées, le message populaire est déjà passé. Les Français n’ont pas attendu la commission pour sentir que la télévision publique, comme le pays, fonctionne selon une logique de reproduction des élites et de protection des rentes plutôt que d’efficacité et de résultats. 

Même posture : on défend le modèle avec des grands mots (« démocratie », « pluralisme », « culture pour tous »), on minimise les dérives, et on s’étonne que la confiance s’effondre…


Résultat ? Le tableau Ipsos et les conclusions de la commission se répondent parfaitement. Le pays est jugé hors piste par 90 % des gens. Sa télévision publique, sous Ernotte, est perçue comme l’illustration parfaite du pourquoi : mêmes gabegies, même incapacité à se réformer en profondeur, même sentiment que l’argent public sert d’abord à entretenir la machine plutôt qu’à servir le public.Neuf Français sur dix l’avaient déjà compris. La commission n’a fait que mettre des chiffres et des auditions sur ce que le moral collectif disait déjà tout bas.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mercredi 5 août 2026

France 2, le navire amiral continue de sombrer en direct…

France 2, le navire amiral continue de sombrer en direct…

Dimanche soir, France 2 a encore plongé…et ce n’est pas sa communication sur le mois de juillet, où le groupe public se vante d’être devant TF1 ou M6 avec le boost traditionnel du Tour de France qui y changera quoi que ce soit…c’est un peu comme si TF1 paradaient pour avoir explosé tous les compteurs lors de la diffusion des matchs de foot de la coupe du monde d’avoir exploser tous les compteurs, face à France Télévisions qui était au plus bas avec ses rediffusions en pagaille.

Un des derniers exemples en date: dimanche dernier, pendant que TF1 engrangeait 2,43 millions avec Madame Web et que W9 battait France 2 avec Le Pacha, France 2 service public a terminé sous le million avec la première diffusion de Yo Mama : 979 000 téléspectateurs, 7 % de PDA.

Sous le million. Le record de chute de l’été et qui  plus est un dimanche soir…Grâce à qui ? Aux choix de l’ex-primo dircab ernottien… vous savez, celui qui vient de donner une interview pour expliquer que les 47 millions que demandait le gouvernement, il ne savait pas comment faire pour les trouver !

Celui qui nous. Sorti, il y a peu:!: « Nous faisons une télévision d’impact. Impact d’un Méga bouillon vidé de sa substance. Impact d’une programmation qui fait fuir le public. Impact d’une chaîne qui transforme le dimanche soir en zone sinistrée.

Qu’il continue: bientôt on ne parlera plus de part d’audience, mais de part de désert médiatique.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mardi 4 août 2026

France Télévisions ou l’art de transformer le service public en machine à royalties en interrompant le Tour.

France Télévisions ou l’art de transformer le service public en machine à royalties en interrompant le Tour.

Il y a des moments où l’on se demande si France Télévisions n’est pas devenue une sorte de holding déguisée en machine à royalties. Une holding dont le seul impératif, le vrai, le sacré, le non-négociable, s’appelle désormais : « streaming first ». Pas le public. Pas le sport. Pas l’événement. Le streaming et bien sûr les droits d’auteurs qui vont avec.

Dimanche dernier sur le Tour de France. Première étape. Le moment où, traditionnellement, on regarde le peloton, on attend le sprint, on veut voir le podium, on veut entendre les interviews, on veut partager l’instant. Sauf que non. France Télévisions a décidé que le podium pouvait attendre. Que les cyclistes pouvaient bien célébrer entre eux. Que les téléspectateurs, eux, devaient regarder… une émission de Nagui. Une émission déjà enregistrée qu’il fallait impérativement diffuser en temps et en heure à la minute près !  On a donc coupé le direct. On a interrompu le Tour. On a privé des millions de gens de la fin de la première étape. Pour privilégier une boîte déjà en boîte…pour que les compteurs de droits d’auteur tournent correctement.

Voilà le niveau. On ne programme plus. On monétise. On ne diffuse plus un événement national : on le sacrifie sur l’autel des contrats d’animateurs. Le Tour de France, n’est plus un bien commun, c’est une variable d’ajustement. Un truc qu’on peut tronquer dès qu’il gêne le business plan d’un présentateur star et de la Banijay qui coproduit.

Et pendant ce temps, la fameuse chaîne des sports, vous savez celle qu’ annoncé Ernottedevant la représentation nationale avec des trémolos dans la voix, elle reste silencieuse ! .Ou plutôt : elle reste dans son état habituel de torpeur systémique. L’ex-Orange l’avait présentée comme le renouveau, la modernité, la promesse ( de quoi ? On se demande encore ?) Aujourd’hui, on la cherche toujours. Comme on cherche la cohérence. Comme on cherche le respect du public. Comme on cherche, parfois, un simple bout de podium.

Les retours d’antenne ? Ils existent, bien sûr. Sur les réseaux, les téléspectateurs et internautes également n’ont pas été tendres: « On a raté le podium pour Nagui », « France Télé c’est devenu une chaîne privée qui se fait financer par nos impôts », « Streaming first, téléspectateur last », « On coupe le Tour mais on trouve toujours de la place pour les émissions déjà tournées ».

Les commentaires fusent, les captures d’écran circulent, les colères s’accumulent mais à France Télévisions, on a l’habitude. On a l’habitude de regarder ailleurs. On a l’habitude de considérer que le public, au fond, n’a qu’à basculer sur l’appli. Que s’il n’a pas vu la fin, c’est de sa faute : il n’était pas assez « streaming first » !

Le service public, dans sa version 2026, ne sert plus le public. Il sert les contrats. Il sert les animateurs. Il sert les plateformes. Il sert les royalties. Et quand il reste un peu de temps, un peu de bande passante, un peu de respect, alors, peut-être, on diffusera l’intégralité du Tour….ou du moins ce qu’il en reste après les coupures.

France Télévisions n’a pas trahi le Tour de France dimanche. Elle a simplement rappelé, une fois de plus, à qui elle appartient désormais et ce n’est manifestement plus à la France entière. 







lundi 3 août 2026

À France Télés « On ne célèbre plus Depardieu »… sauf quand on le promeut en boucle et qu’on diffuse Astérix quelques semaines plus tôt !

À France Télés « On ne célèbre plus Depardieu »… sauf quand on le promeut en boucle et qu’on diffuse Astérix quelques semaines plus tôt !

À France Télévisions, on ne sait plus qui dit quoi, qui raconte quoi, ni même qui décide quoi.





Il y a d’à quoi vous rendre …




Un jour, on entend que « il ne faut pas célébrer Gérard Depardieu », que les plans de diffusion sont « complètement revus », que les projets sont « mis en pause ». On suspend, on recule, on prend des airs de vertu scandalisée. Manuel Alduy parle, les médias amplifient, certains crient au boycott historique, d’autres parlent de grands principes. On fait de grandes déclarations dans la presse, Libération en particulier…Seulement voilà, l’ex-Orange et son ex-primo dircab eux, restent dans un flou occasionnellement entretenu. Personne ne tranche vraiment. Personne n’assume clairement. La position du groupe public ? Une brume officielle.

Pourtant, Delphine Ernotte n’a pas toujours montré le même recul. Quand trois journalistes sportifs de la maison ont été accusés de soi-disant faits de harcèlement, elle n’a pas tergiversé longtemps : licenciements secs. Sauf que les tribunaux ont ensuite donné raison à au moins deux d’entre eux, condamnant France Télévisions pour licenciement sans cause réelle et sérieuse avec versement d’indemnités substantielles. Les faits, jugés insuffisants ou inexistants, n’ont pas résisté à l’examen judiciaire. Là, la fermeté était de mise. Ici, sur Depardieu, on préfère le flou artistique et les demi-mesures.

D’ailleurs aujourd’hui sur l’antenne même de France Télévisions, la bande-annonce des Fugitifs tourne. En boucle. Inlassablement. Toute la journée. Comme si de rien n’était. Comme si les déclarations d’hier n’avaient été que du vent de service public. Pierre Richard et Gérard Depardieu, encore et encore, pour annoncer la diffusion de ce soir sur France 3. Sans pudeur, sans contextualisation, sans le moindre commentaire gêné. Juste la machine à programmes qui tourne, indifférente aux postures d’hier.

Alors, que s’est-il passé ? La polémique est retombée, donc on peut rediffuser ? Ou bien on n’a jamais vraiment décidé de quoi que ce soit ? Ou bien on a seulement fait semblant, le temps que l’orage passe, pour mieux ressortir le catalogue quand les audiences le réclament ? On ne sait plus. Et c’est bien là le problème.

À France Télévisions, la ligne éditoriale sur Depardieu ressemble à un tapis volant : elle change de direction selon le vent médiatique du moment. Un jour on ne célèbre plus, le lendemain on programme et on promeut en boucle. Un jour on parle de responsabilité, le lendemain on laisse la bande-annonce occuper l’antenne comme n’importe quel autre film. Qui a dit quoi ? Qui a contredit qui ? Qui a oublié ce qu’il avait affirmé ? Mystère. La seule chose claire, c’est que la parole officielle n’engage que ceux qui veulent encore y croire.

Le service public a le droit de changer d’avis. Il a même le droit de ne pas censurer mais ll ne peut pas jouer sur les deux tableaux en espérant que personne ne s’en aperçoive. Quand la bande-annonce d’un film de Depardieu tourne en boucle sur vos antennes le même jour où l’on se souvient encore des grandes déclarations de non-célébration — et que l’on se rappelle au passage la sévérité sélective dont a su faire preuve la maison dans d’autres affaires —, ce n’est plus de la nuance. C’est de l’incohérence assumée.

A France Télévisions, il y a belle  lurette que la clarté s’en est allée !

Ou alors assumez franchement : on diffuse ce qui marche, point final. Les postures de circonstances ne trompe plus personne.

Départs volontaires » d’hier et d’aujourd’hui ou l’éternel retour de la charrette déguisée à France Télés…

Départs volontaires » d’hier et d’aujourd’hui ou l’éternel retour de la charrette déguisée à France Télés…

En 2013, Le Canard enchaîné décrivait déjà la farce avec une précision chirurgicale. À France Télévisions, on préparait un « plan de départs volontaires » de 361 personnes. La ministre de la Culture jurait la main sur le cœur qu’il n’y aurait « aucun départ contraint ». Le pédégé d’alors envoyait un message solennel aux 10 200 salariés : « Ce plan ne contraindra aucun collaborateur permanent ». Pendant ce temps, dans les couloirs, la direction des ressources humaines travaillait « au corps » les salariés. 

Un jeune loup fraîchement recruté pour « dégraisser », Arnaud Lesaunier, envoyait des mails délicieux : un journaliste de 59 ans qui osait aspirer à une promotion se voyait proposer, en lieu et place, de « liquider sa retraite à 60 ans » via le PDV. « Courage ! » concluait le message. Sur le dessin de Cabu, des pantins en costume pendaient déjà aux cintres, pendant qu’un RH enthousiaste montrait la porte avec un sourire : « Vous avez le choix : c’est ça… ou ça ! ». Les « volontaires » étaient déjà désignés. La retraite forcée se déguisait en projet personnel. Le placard se faisait appeler « possibilité ».

Treize ans plus tard, même entreprise, même musique, même mensonge. Delphine Ernotte, là depuis plus d’une décennie, parachutée à l’été 2015 dans les conditions invraisemblables que chacun connaît aujourd’hui, envisage un plan de départs « volontaires » d’environ 1 000 équivalents temps plein (11,4 % des effectifs). Objectif : 70 à 80 millions d’euros d’économies récurrentes à partir de 2028. 

La pyramide des âges est « favorable », nous dit-on. Les volontaires « ne devraient pas manquer ». 

On retrouve exactement la même langue de bois, le même empressement à présenter la charrette comme un choix libre, le même silence sur la pression, sur les mises au placard, sur les « projets personnels » qui tombent miraculeusement du ciel quand on n’est plus assez docile ou assez jeune. Hier 361, demain un millier. La technique n’a pas changé d’une virgule : on appelle « volontaire » ce qui est soigneusement orienté, encouragé, parfois forcé par l’usure, le harcèlement managérial et la promesse d’une sortie moins humiliante que le licenciement sec.

Ce qu’Ernotte ne dit pas, c’est que le plan de 2028 ne sera certainement pas financé par l’État. Ce qu’elle ne dit pas, c’est que c’est elle qui a mis l’entreprise dans la mouise totale. Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle a envoyé France Télévisions dans le mur voire à l’aube de la dissolution. Elle et son ex-primo dircab, Stéphane Sitbon-Gomez, en sont responsables depuis leur indécent catapultage. Elle qui, à son arrivée, faisait de grands discours du genre « vous allez voir ce que vous allez voir, je vais remettre l’entreprise en ordre de marche ».

Pendant que la direction peaufine sa nouvelle charrette géante, l’ex-primo dircab ernottien nous refait le coup de la « technique du silo ». Cette vieille rengaine managériale que les salariés de France Télévisions entendent depuis vingt ans. On va « casser les silos », « décloisonner », « s’organiser par missions », « remettre l’utilité au cœur ». Comme si, génération après génération de dirigeants, on n’avait jamais cessé de promettre la fin des tours d’ivoire internes… tout en multipliant les organigrammes, les pôles, les directions transverses et les slogans creux. 

L’ex-Vert qui vient de nous pondre son texte amphigourique sur le miroir brisé et la télévision de la « reconnaissance », recycle une fois de plus le même vernis stratégique pendant que les effectifs sont promis à la hache et au billot. Les silos, les salariés les connaissent par cœur : ce sont ceux dans lesquels on enferme les gens qu’on veut faire partir « volontairement » avant de les sortir par la grande porte en leur souhaitant « courage »…quand on ne les a pas convoqué avant pour des entretiens préalables bidons pouvant aller jusqu’au licenciement qui  sont les légions il faut bien dire ces derniers mois!!

De 2013 à 2026, le scénario est le même. On protège les programmes (un peu), on ne touche surtout pas aux trois grosses sociétés de production amies avec lesquelles on signe des contrats mirobolants, on sacrifie les corps, on baptise « plan social soft » ce qui ressemble de plus en plus à une saignée, et on laisse un écologiste du temps passé philosopher sur l’universel, pendant que la direction des ressources humaines prépare la prochaine liste de « bons clients ». Le miroir n’est pas fendu. Il est simplement devenu un miroir déformant qui transforme chaque départ forcé en acte de « courage » (pas pour ceux évidemment qui sont jetés dehors comme des Kleenex et qui se retrouvent aux prud’hommes, ces derniers requalifiant quasiment tout le temps leur éviction en licenciement sans cause réelle et sérieuse avec indemnités…mais qui sont en attendant hors l’entreprise !) 

De ça, le binôme de France Télés donneur des leçons en accuse régulièrement l’État actionnaire car chacun le sait à présent, ce n’est jamais de sa faute… Et vous verrez que si un jour on leur demandait de privatiser tout partie du groupe public, ils seraient prêt à sortir les mêmes grosses ficelles !