« La radio et la télé, c’est terminé ! »…dixit France Télés !
Ou comment la direction de Guyane La 1ère vient d’offrir au public le plus bel hommage involontaire à son propre mépris.
Chacha a parlé. Avec son petit air de personnage de pub ratée, elle déclare solennellement que la radio et la télé, c’est fini. Place aux réseaux, à l’appli, au tout-numérique pour les branchés. Les autres ? Ceux qui n’ont pas la fibre dans leur coin de forêt, ceux qui n’ont pas trois forfaits data, ceux qui regardent encore le journal parce que c’est le seul qui parle vraiment de chez eux… on les range gentiment dans la case « vieux qui ont gardé leur poste des années 90 ».
Bravo. On n’avait pas encore vu une campagne de communication aussi efficace pour dire aux Guyanais : « Vous êtes le passé. On vous tolère encore un peu, mais pas trop longtemps. »
Pendant ce temps, les équipes de la radio et de la télé continuent de produire le contenu qui alimente… justement les réseaux et l’appli. Mais peu importe. On préfère se moquer de ceux qui font encore le boulot plutôt que d’assumer une stratégie de dévitalisation lente et méthodique : journaux radio devenus des photocopies pâles, 13h sans reportages, journal du soir réduit, sous-traitance à tour de bras. On ne tue pas la radio et la télé d’un coup. On les laisse se vider de leur sang, puis on s’étonne qu’elles aient l’air fatiguées.
Cette campagne n’est pas drôle. Elle est méprisante.
Méprisante pour les auditeurs et téléspectateurs qui restent, de loin, les plus nombreux.
Méprisante pour les journalistes et techniciens qui tiennent encore ces antennes debout.
Méprisante pour tous ceux qui, en Guyane, savent encore que l’information locale ne se résume pas à un fil Instagram.
Alors oui, Chacha, on a bien entendu : « La radio et la télé, c’est terminé. » Sauf que non. Ce qui est terminé, c’est le respect minimal dû à un service public et à son public.
Retirez cette campagne et ensuite, expliquez-nous clairement ce que vous comptez vraiment faire de Guyane La 1ère : un vrai média de proximité… ou juste une vitrine numérique pour faire joli dans les PowerPoint parisiens.
Le public, lui, n’est pas encore terminé. Contrairement à certaines idées de communication.











