France Télés et ses chartes
placébo !
Une énième et superfétatoire charte à France Télés visant le passage incognito du banquier d’investissement Matthieu Pigasse, cofondateur de Médiawan avec Xavier Niel (milliardaire, fondateur de Free/ILIAD) et Pierre Antoine Capon (celui qui dirige le groupe au dizaines et dizaines de filiales de filiales qui dépend du fonds d'investissement américain KKR) dans L'Événement l’émission présentée par Caroline Roux.
La charte du sens commun, c’est ainsi
qu’on pourrait appeler cet énième texte qui n’est qu’une comédie supplémentaire tendant
à prouver que France Télés se bougerait ! Foutaises.
Cette charte spécifique effectivement
mise en place dans le groupe public, visant à renforcer la transparence
sur les engagements des invités qui apparaissent dans ses reportages ou
interviennent sur ses plateaux télévisés, ne fait que s’ajouter à la dizaine
de celles déjà établies.
- Charte d'éthique (ou Charte
éthique du groupe), démarche lancée en 2016 charte adoptée en
2018 , puis mise à jour/publiée régulièrement et copieusement violée !
- Charte de modération (pour les forums et
commentaires en ligne) présente dès 2019.
- Charte de l’utilisation des
réseaux sociaux, régulièrement rappelée mais pas refondue.
- Charte LGBT+ (signée auprès
de L'Autre Cercle), renouvelée plusieurs fois, notamment en 2023.
- Charte des antennes
- Charte de la parentalité,
- Charte pour les engagements handicap, pour l’égalité
professionnelle, etc. (souvent des chartes externes signées par le groupe).
- Charte rectificatifs (pour coller avec le
label Journalism Trust Initiative),
- Charte spécifique franceinfo:
et autres documents déontologiques internes plus récents: Guide des bonnes
pratiques des éditions, etc….
Pour cause, en décembre 2025, Delphine
Ernotte et ses lieutenants ont déclaré devant des commissions parlementaires «Depuis
2015, nous avons démultiplié nos chartes éthiques et déontologiques », prenant
en exemple les règles fixées pour des achats
de programmes ! Tu parles Charles
Contexte et principe clé de la
petite dernière :
Le principe fondamental de cette charte est le suivant (formulé dans les documents internes et repris par la presse) : « Dès qu'un engagement politique, syndical ou un lien d'intérêt économique est susceptible d'impacter le contenu de l'intervention, les modalités de présentation des spécialistes, des experts et témoins doivent être suffisamment transparentes pour les téléspectateurs. »
Cette charte s'inscrit
dans un plan plus large de transparence lancé par France Télévisions, plus
particulièrement dès 2024 avec son espace pour « Une information transparente »
sur franceinfo.fr…On a vu ça !
- et à partir de
novembre 2025 : la publication mensuelle
d’une « liste exhaustive » des thèmes abordés et des
invités (politiques, experts, société civile) dans les JT, émissions politiques
(« L'Événement », « C dans l'air », « C ce soir », « Les
4V », « Dimanche en politique »…) et magazines d'information (« Cash
Investigation », « Complément d'enquête », etc…)
La charte laisse cependant
une certaine marge d'appréciation aux
équipes éditoriales (pas de « carcan rigide »), mais impose
une obligation de transparence accrue dès lors qu'un risque de conflit
d'intérêts ou de partialité existe.
Waouhhhh …Ça
dépote et surtout c’est beaucoup de vent !
Cette nouvelle charte instaurée
dans la foulée de l’émission où le banquier d’investissement Matthieu
Pigasse, cofondateur de Médiawan avec Xavier Niel (milliardaire,
fondateur de Free/ILIAD) et Pierre Antoine Capon (celui
qui dirige le groupe au dizaines et dizaines de filiales de filiales qui dépend
du fonds d'investissement américain KKR) avait été présenté simplement
comme « chef d'entreprise », sans mentionner ses prises de position
politiques publiques ni son rôle d’actionnaire du groupe qui produit de très
nombreux programmes pour la télévisions
publique.
Invraisemblable…Il
fallait une charte pour cela ? Non mais allo quoi ! Une farce.
Lorsque Xavier Niel, invité
d'Anne Elisabeth Lemoine, est venu sur
le plateau de "C à vous" pour présenter sa dernière Freebox
pendant une dizaine de minutes sans préciser qu’il était comme Pigasse membre
dirigeant de Médiawan qui produit l’émission, il n’y avait rien eu.
L’Arcom saisi par la CGC Audiovisuelle n’avait fait que mollement rappeler les principes à respecter mais surement pas en considérant comme le fait aujourd’hui l’Agence de régulation que cette présentation "ne satisfaisait pas pleinement aux exigences d' « honnêteté et de rigueur »" !
Pas de charte donc car, faut-il
le rappeler, ce genre d'exercice est totalement interdit car il tombe sous
le coup des dispositions liés à la pub clandestine, qui plus est sur les chaîne
du service public et le cas échéant en raison de l'activité même de
Xavier Niel.
Dans le récent « Complément
d'enquête » sur la ligne éditoriale de CNews et des média du groupe
Bolloré mais aussi l’extrémisme droitier du groupe, Damien Deparnay est présenté
à l’image comme un "ex-correspondant de CNews à Lille" seul parmi les soi-disant "nombreux
journalistes" qui témoigne dans l’émission, mais sans jamais dire
qu’il est salarié de France Télévisions !
Que dire des jumelles
Cagé (Julia et Agathe) surtout connues
pour leur implication dans la campagne présidentielle de Benoît Hamon en 2017
,
Julia Cagé était alors la
principale conseillère économique et une figure clé de l'équipe (souvent
qualifiée de "Madame économie" ou co-directrice des aspects
programmatiques), tandis qu'Agathe Cagé (énarque, ex-conseillère de Najat
Vallaud-Belkacem) jouait aussi un rôle important dans l'organisation et la
stratégie. La même Najat Vallaud-Belkacem reçue en novembre dernier sans
indiquer qu’elle était depuis eux ou trois semaines nommée à la Cour des
comptes !
Concernant leur présentation
dans l'émission « C Politique » sur France 5 (ou parfois dans sa
déclinaison/soir « C ce soir »), la chaîne ne met quasiment jamais
en avant leur passé dans la campagne Hamon quand elles interviennent.
- Julia Cagé est invitée
régulièrement depuis plusieurs années, y compris récemment en 2025 (notamment
le 2 février 2025 dans un numéro spécial sur "Les milliardaires ont-ils
pris le contrôle ?" / "Grands patrons, grandes fortunes et grande
colère ?").
Elle y est
systématiquement présentée ainsi : « Julia Cagé, économiste,
professeure d'économie à Sciences Po Paris » (souvent avec la mention de ses livres
récents, comme ceux co-écrits avec Thomas Piketty sur l'histoire du conflit
politique et les inégalités électorales en France depuis 1789).
Aucun rappel explicite de son
rôle de « directrice/conseillère de campagne de Benoît Hamon »
n'apparaît dans les présentations officielles de l'émission (site France.tv,
bande-annonce, générique). France 5 met en avant le statut académique actuel et
l'expertise reconnue (travaux sur les médias, inégalités, financement de la
politique), sans insister sur leurs engagements partisans précités.
Pourquoi ce
"silence" sur le passé Hamon ? Dans « C Politique », on les
présente (surtout Julia) comme des « économistes expertes et
universitaires », sans mentionner ce lien avec Benoît Hamon.
- Julia Cagé est aujourd'hui
une intellectuelle "de gauche" reconnue, critique du macronisme
et du pouvoir des milliardaires, mais plus "au-dessus" des partis
(elle n'a pas repris d'engagement partisan direct depuis).
- Certains observateurs de
droite ou polémistes (sur les réseaux ou dans la presse) reprochent parfois un
léger biais "de gauche" à « C Politique » même si la présentation des invitées reste factuelle
et universitaire.
- Agathe Cagé (la sœur) est
beaucoup moins invitée en tant que telle ; elle intervient plus rarement et sur
des thèmes de classes sociales/ascenseur social.
Et tant d’autres exemples….
Dommage qu’il n’existe pas
encore une « Charte
des entorses aux règles et lois » sinon
il y aurait de quoi rire…jaune, évidemment !!


















