Vincent
Bolloré auditionné au Sénat…l’ancienne équipe n’a pas dit la vérité.
Auditionné
par la Commission de la Culture du Sénat, Vincent Bolloré a répondu sans détour
aux questions des sénateurs présents et de Catherine Morin-Desailly
la Sénatrice de la Seine-Maritime, Présidente de la
commission de la culture, de l'éducation et de la
communication : http://bit.ly/1WRplvi
Vincent Bolloré est revenu
tout d’abord sur la découverte de la réalité économique des chaînes CANAL+ et
de l’état de déconfiture de ses finances lorsqu’il a pris les rênes de Vivendi.
Son
propos n’a pas varié : sa volonté reste de créer un groupe industriel de médias
et de contenus intégrés capable de porter
la culture Française dans le monde au même titre que les GAFA ! Mais
pour cela, il faut une entreprise saine, un projet clair et une équipe
compétente.
Mensonges
de l’ancienne équipe dirigeante de CANAL+…
Une
stratégie, un projet, une équipe… a-t-il martelé. Finalement tout ce qui manquait à l’ancienne
direction de CANAL+, incapable de faire prendre le virage nécessaire à
l’entreprise pour qu’elle affronte les dérèglements de l’audiovisuel
mondialisé, l’arrivée d’une concurrence redoutable et les révolutions
technologiques en cours !
Le fait est que Vincent Bolloré a découvert une situation financière que la CGC Média avait à
maintes reprises, celle d’une entreprise à l’économie dégradée, en pertes tant
financières que de vitesse sur son marché domestique, en difficulté face aux
nouveaux concurrents français ou internationaux.
Une
situation volontairement cachée depuis de nombreuses années par l’ancienne
équipe de direction, une équipe incapable d’assumer ses responsabilités, de
fixer un cap, de prendre les mesures pour éviter le crash !
La
CGC de CANAL s’est toujours élevée
contre cette politique du mensonge et de l’incapacité à reconnaitre les difficultés, à maquiller les chiffres
en particulier ceux du nombre réel d’abonnés perdus année après année depuis belle
lurette.
La CGC de CANAL visionnaire ? Non,
juste réaliste et au plus près des réalités.
Pour
avoir tenté d’alerter comme c’est aussi son rôle, le syndicat a toujours été
attaqué, vilipendé, menacé, plus particulièrement par l’ex drh du groupe Sophie Guieysse qui, dégagée en plein
CE, n’a probablement jamais su ce que Dialogue
et Social voulaient dire !
Devant
la Représentation Nationale, Vincent
Bolloré l’a redit : il
convient de nécessité de reprendre la barre rapidement pour redonner à ce
groupe les moyens de sa survie et de son développement. Comment ne pas être
d’accord sur le diagnostic ?!
Quand
Vincent Bolloré évoque par exemple, la construction d’un Groupe international
capable de résister à la déferlante des groupes US, il ne fait que reprendre le
premier projet d’André Rousselet, décédé récemment, qui portait cette même
ambition. Malheureusement, les pitoyables manœuvres de l’équipe d’Edouard
Balladur Premier ministre de l’époque pour prendre le contrôle de CANAL+ avaient
fait dérailler ce projet.
Jean
Marie Messier cité par Bolloré a essayé, lui aussi, de reprendre cette idée
mais chacun connait la suite, la mégalomanie l’a emporté dans un tourbillon de
pertes financières abyssales….c’était l’époque de la première explosion de la
bulle Internet.
Jamais
2 sans 3… !
Vient
aujourd’hui le projet Vincent Bolloré. La stratégie est claire, le projet est
fixé, l’équipe est constituée : CANAL+ aura les moyens de sa
survie et de son développement, il s’y est engagé. Conditions favorables,
semble-t-il pour atteindre cette
formidable ambition, celle de la construction d’un Groupe audiovisuel à
vocation européenne et mondiale.
La
révolution culturelle que cette stratégie impose dans CANAL+ provoque quelques
grincements bien normaux… CANAL+ fer de lance d’une certaine « Gauche »
bienpensante doit faire sa mue. Ici ou là il y aura quelques choix éditoriaux
qui feront grincer des dents qui pourront être discutables…mais sur le fond, quelle
d’alternative ? CANAL+ est une société comme une autre : mortelle et
elle était en danger de mort ! Combien de fois, encore elle, la CGC CANAL
l’avait dit, répété, seriné dans les
instances sociales ?!
Le
projet présenté par Vincent Bolloré à au le mérite de reconnaitre pour la première fois une situation critique et s’engager
à tout lettre en œuvre pour le redressement global du Groupe porteur pour
l’audiovisuel et la culture Française.
Reste
le projet social qui n’a pas fait l’objet de questions au cours de cette
audition.
Quelle
stratégie pour faire de cette entreprise un modèle social. Dans ce nouveau
contexte, renouveler le contrat social
de CANAL+ englué dans des pratiques indignes par l’ancienne Direction de
CANAL+ sous la houlette de Bertrand Meheut et de Sophie Guieysse – il faut
le redire – est une nécessité, une ambition qui devrait faire de cette
entreprise à nouveau un exemple envié et reconnu capable d’attirer à elle les
meilleurs talents.
Il
faut pour cela s’appuyer sur des organisations syndicales résolument responsables et en capacité d’être force
de proposition. Il faut également accepter le rôle de
contrepouvoirs que constitue la représentation du personnel, ce rôle essentiel qu’a
voulu éteindre ou contraindre l’ancienne équipe de direction.
La
renaissance économique et sociale de CANAL est en marche.
Chacun
peut se lamenter sur le gâchis laissé par les précédents. Bertrand Meheut fut
plus un contrôleur de gestion pour CANAL qu’un meneur. Aujourd’hui que
l’entreprise dispose d’une ligne et d’une nouvelle stratégie notamment pour
l’avenir du cinéma français, les quelques 8.000 salariés du Groupe certes sont inquiets mais
se disent peut-être que tout espoir n’est pas perdu.