Les Français,
la crise passée, n’oublieront évidemment pas la façon dont la télé publique se sera comporté !
Il est probablement
très inhabituel pour un magazine télé comme Télérama de publier une enquête
sur la façon dont son traités l’hôpital et ses soignants face à l’épidémie de
Coronavirus.
Dans un
article signé Samuel Gontier au titre particulièrement cinglant « Crise
sanitaire : France 2 au service de la communication du gouvernement »,
le titre de presse n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Il souligne
l’attitude de France 2 principalement qui préfère mettre en avant les actions du
Gouvernement et annoncer de soi-disant bonnes nouvelles plutôt que de
parler du malaise du corps médical.
Il est
certain, redisons-le, que les Français une fois la crise passée, n’oublieront évidemment
pas la façon dont la télé publique aura traité les soignants !
Le blog CGC Média
vous propos de de découvrir l’article
coup de poing consultable depuis le 23 octobre sur le site du magazine.
« Le 15 octobre dernier, France 2 privait de parole les soignants qui
manifestaient pour la défense de l’hôpital. Le 20 heures préférait souligner le
parfait état de préparation face à la deuxième vague de Covid. Cinq jours plus
tard, la télévision d’État – pardon, la télévision publique – claironnait une
autre excellente nouvelle: les hôpitaux sont submergés de nouveaux personnels. «
La réponse de Jean Castex aux soignants épuisés en colère et
surtout en grève », annonce Anne-Sophie Lapix au soir de la manifestation
des soignants, le 15 octobre.
Plutôt que de donner la parole aux professionnels de santé mobilisés, le 20
heures de France 2 choisit de vanter l’action du gouvernement. «
L’augmentation de près de 100 euros prévue en mars sera avancée. Il développe
aussi une prime pour ceux qui renoncent à leurs vacances. » Et une
assurance obsèques pour ceux qui se tuent à la tâche. Le titre « Deuxième vague
: l’angoisse des soignants » participe à dépolitiser les enjeux pour mieux les
psychologiser.
- « Le gouvernement a fait un geste aujourd’hui en
direction des soignants, reprend Anne-Sophie Lapix après vingt
minutes dédiées à l’annonce du couvre-feu. L’augmentation de 93
euros qu’ils auraient dû toucher en mars leur sera versée avant la fin de
l’année. » C’est de la générosité anticipée. « Ceux qui
renonceront aux vacances de la Toussaint toucheront par ailleurs une prime de
110 à 120 euros bruts par jour. » Une somme suffisante pour assurer
leur repos. « Il faut dire que les soignants, épuisés, démotivés,
étaient en grève aujourd’hui pour exiger du renfort dans les hôpitaux. » Il
faut le dire, mais très vite, en l’illustrant par sept secondes d’images
muettes de la manifestation, ou plutôt de quelques groupes esseulés qui
dénient la possibilité d’un cortège conséquent.
Anne-Sophie Lapix poursuit : « Nous sommes retournés à l’hôpital de
Tourcoing dont le personnel n’a pas eu le temps d’oublier la violence de la
première vague. » Plutôt que d’écouter les griefs et les revendications des soignants,
France 2 préfère réaliser un reportage compassionnel. « Pour les
soignants du centre hospitalier de Tourcoing, au service de réanimation, c’est
déjà l’acte 2 », rapporte une reporter. « Pour nous, ça
fait déjà quelques semaines que la deuxième vague est déjà là », confie
un infirmier. « Comment vous le vivez ? » « Avec lassitude et un
peu de désespoir. » Mais sans aucune revendication.
- « Aujourd’hui, dans le Nord, les cas repartent à la
hausse, reprend la journaliste. Mais l’hôpital s’est
réorganisé. » Ouf, tout va bien, notre gouvernement est extrêmement
prévoyant. « Les soignants ont changé de méthode, ils facilitent
maintenant la respiration des patients grâce à ces masques à oxygène. Des traitements
qui permettent d’éviter parfois l’aggravation des cas. » « On connaît mieux la
maladie, explique une médecin, on met en place les traitements
plus tôt. » Preuve que l’hôpital n’a pas besoin de moyens
supplémentaires.
« Autre changement depuis notre premier passage, les
familles ont maintenant l’autorisation de rendre visite à leurs proches.
» Les bonnes nouvelles s’accumulent. « Un soulagement pour cette
femme dont le père est sous respirateur artificiel. » L’hôpital est
devenu un petit paradis. « Six patients sont actuellement en
réanimation, surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des soignants
tenaces. » Et dociles, semble-t-il. « Mais les décès de la
première vague ont laissé des traces. » « Mettre un patient dans une bâche et
fermer la fermeture éclair, s’émeut une aide-soignante, ça
reste dans la tête. » Mais ça n’arrivera plus puisque désormais
l’hôpital est parfaitement organisé.
- « La situation ne risque pas de s’améliorer, prévient toutefois la
reporter. Aux avant-postes de l’hôpital, le service des urgences est au bord de
la saturation. » Ce service doit être mal organisé. « Avec l’hiver,
tous redoutent l’accumulation des patients affectés par le virus et ceux
touchés par d’autres maladies. » Voilà donc le coupable d’une
éventuelle saturation des hôpitaux : l’hiver.
Ce soir-là, le 20 heures de TF1 choisit le même angle que France 2
en insistant sur les largesses du gouvernement. La chaîne privée accorde
toutefois la parole à des manifestants : une infirmière selon
laquelle « les augmentations ne représentent qu’un léger rattrapage
pour des salaires bloqués pendant une dizaine d’années » à cause du
gel du point d’indice dans la fonction publique. Un autre infirmier, membre du
collectif Inter-Urgences, précise qu’« à part nous proposer de l’argent, ils
n’ont pas compris nos réelles demandes. Ce qu’on demande, c’est un travail de
fond sur l’hôpital pour lui redonner de l’attractivité, c’est améliorer les
conditions de travail et les conditions d’accueil des patients ». Un
médecin urgentiste renchérit : « On attend des moyens pas seulement
financiers mais des moyens humains parce qu’on a des lits pour lesquels on n’a
pas le personnel suffisant. Donc c’est très frustrant. »
- Plus complet encore, un reportage vidéo réalisé
par Aurélie Ladet pour Le Parisien – je découvre stupéfait que
le journal de Bernard Arnault est devenu une officine au service des syndicats
anarcho-extrémistes. « On est usé, épuisé, témoigne une
infirmière, on vient de passer des mois difficiles et on nous demande
encore de faire des efforts, tout ça pour une augmentation de 183 euros, c’est
très loin de ce qu’on demande. » Elle n’a qu’à sacrifier ses vacances
de la Toussaint, cela lui fera quelques centaines d’euros supplémentaires. «
L’hôpital est à bout, déclare un médecin. Pour affronter la
deuxième crise, nous avons moins de lits et de personnel que pour la première.
On est le seul pays du monde où, en pleine pandémie, on continue à fermer des
lits. » Par exemple, plus de cent lits ont été supprimés depuis le
printemps au CHU de Nantes, rapporte Mediapart (connu
depuis longtemps pour être une officine islamo-gauchiste). « Donc les
soignants sont dégoûtés. Il y a une vague de départs, il y avait 7 500 postes
infirmiers vacants en juin, nous en sommes à plus de 34 000 aujourd’hui. » Pas
grave : selon France 2, ils sont beaucoup mieux organisés.
- « Dans les hôpitaux, il y a une fuite des
salariés, confirme un aide-soignant. Et c’est très grave, faire fuir les
personnels, c’est criminel pour l’hôpital public. » « On risque
d’imploser, craint un autre. Beaucoup de soignants nous font
part de leur malaise, de leur burn-out. Ils n’ont plus du tout envie de
s’investir parce qu’ils ne se sont pas sentis écoutés. » Par le 20
heures de France 2, c’est certain. « Vous avez 10 % des infirmières qui
sont en maladie, en dépression, en épuisement professionnel, en stress
post-traumatique, précise le médecin. Pour le gouvernement,
c’est des chiffres mais pour nous, c’est des noms, c’est des visages, des
histoires de vie. » Ce praticien n’a visiblement pas visité l’hôpital
de Tourcoing, où les personnels sont plus motivés que jamais.
La veille de la manif, le site 20 Minutes fait
aussi preuve d’une douteuse complaisance pour les séditieux hospitaliers. «
Les mesures du Ségur sont dérisoires, déplore Arnaud Chiche, médecin
réanimateur et fondateur du collectif Santé en danger. On est face à un
exécutif qui n’entend pas la souffrance des soignants. Si on veut faire croire
que le Ségur de la santé est un choc d’attractivité pour l’hôpital, c’est faux.
Cent quatre-vingt-trois euros de revalorisation salariale, ce n’est pas assez,
il faut 300 euros de plus pour les soignants et personnels paramédicaux afin
d’aligner les salaires sur la moyenne européenne. » Raisonnement
absurde : il suffit d’aligner les salaires sur la moyenne africaine pour
recruter des soignants venus de ce continent.
« Il faut des embauches massives, poursuit Arnaud
Chiche. Personne ne voudra faire carrière dans la santé avec ces
salaires et ces conditions de travail là. » Mais si, à Tourcoing, tous
les soignants sont enchantés par leur plan de carrière. « En France, il
y a en moyenne une infirmière pour une douzaine de malades dans un service de
médecine générale, soit deux fois moins que dans certains pays au niveau de vie
similaire. » Mais elles sont deux fois mieux organisées. « En
dix ans, 60 000 lits d’hôpitaux ont été fermés, il faut en rouvrir 20 000, et
créer 15 000 lits de réanimation supplémentaires. » Ça va pas la tête
? Et pourquoi pas embaucher des enseignants, tant qu’on y est ?
- Arnaud Chiche alerte : « Les hôpitaux ne sont pas prêts à faire
face à un afflux massif de patients Covid. » Bien sûr que si,
puisque désormais les soignants connaissent beaucoup mieux la maladie. «
On est à un niveau de sous-effectif tel que l’on demande à des soignants testés
positifs au coronavirus, mais asymptomatiques, de venir travailler quand même.
» Une nouvelle preuve de l’engagement enthousiaste des personnels de
l’hôpital.
- Dans Libération, quotidien
d’ultra-gauche, Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des
médecins urgentistes et délégué CGT, le syndicat islamo-collabo, relève
que « l’an dernier, il y avait 100 000 demandes d’inscriptions dans des
écoles d’infirmière pour 30 000 places. Donc il n’y a pas de crise de vocation
mais un refus des conditions de travail dégradées ». Et de préciser
: « Il y a 150 000 infirmières qui n’utilisent plus leur diplôme. » Des
traîtres, des lâches.
Cinq jours plus tard, miracle ! Infirmant toutes les jérémiades des
manifestants du jeudi précédent, le 20 heures de France 2 révèle que le
manque de personnel et la crise de recrutement sont définitivement réglés.
Grâce à la l’admirable action de notre généreux gouvernement, évidemment. «
Nous nous arrêtons sur la prime Ségur mise en place en septembre dernier, annonce
Karine Baste-Régis, remplaçante d’Anne-Sophie Lapix. Augmentation des
salaires pour le personnel hospitalier et un calendrier accéléré : la seconde
augmentation de 93 euros prévue au mois de mars sera finalement versée avant la
fin de l’année. Le gouvernement veut absolument remotiver les troupes. Et par
endroits cela semble fonctionner. » Notre gouvernement a trouvé
l’antidote à la crise de l’hôpital. « Illustration en Seine-et-Marne.
» Ça change de Tourcoing.
- « Au service des ressources humaines de l’hôpital de
Nemours, c’est du jamais vu, s’esbaudit une reporter. Jusqu’à
cinq fois plus de candidatures par poste que les années précédentes. » Il
va falloir faire appel à des cabinets de recrutement privés pour opérer le tri
dans cette avalanche de candidatures. « Une abondance due en partie à
la prime Ségur, 90 euros nets de plus par mois dès septembre. De quoi
concurrencer un peu mieux le secteur privé. » Avec les 93 euros
supplémentaires promis pas plus tard que pour bientôt, c’est le secteur privé
qui va se retrouver en sous-effectif.
Une cadre du pôle médecine explique : « Un des points faibles de la
fonction publique était les grilles salariales. » Mais ça, c’était
avant. « Pour un jeune diplômé, quand on voit ce que peut proposer une
structure privée par rapport à ce qu’on proposait sur un premier poste, il y
avait un écart. Donc la revalorisation des salaires va être un argument pour
nous. » Les hôpitaux auront le personnel suffisant pour rouvrir les
lits qui leur font cruellement défaut.
« Pauline, 22 ans, fait partie de cette nouvelle
vague d’embauches, reprend la journaliste en présentant une infirmière. À
l’hôpital, le salaire de départ est de 1 600 euros bruts. Elle a toujours voulu
être infirmière mais la revalorisation a été un argument de taille pour ses
camarades de promotion. » « De ceux que je côtoie, confirme
l’intéressée, on s’est tous tournés vers l’hôpital public. C’est
toujours bon à prendre, ces 90 euros en plus. » C’est fou ce que la
générosité du gouvernement a suscité comme vocations.
« De quoi remplir les postes vacants de l’hôpital
», assure la reporter. Et ridiculiser les syndicalistes affabulateurs. «
Une aubaine pour le directeur. » Selon lui, « au-delà de la
hausse des candidatures, même des candidatures spontanées, quand on recherche
des professionnels sur des métiers spécifiques, on a moins de difficulté qu’il
y a quelques mois ». Cette deuxième vague du Covid, c’est certain, on
ne va pas plus la sentir passer qu’une épidémie de gastro.
- La journaliste poursuit son « enquête » à l’école. «
Dans les instituts de formation en soins infirmiers, même constat : les
candidats sont de plus en plus nombreux. La crise sanitaire a visiblement
suscité des vocations. » Ainsi que les fortunes promises par Olivier
Véran. Quoique… « À les entendre, il faudrait revaloriser encore plus
ces métiers. » Leur goût du lucre n’a pas de limite. Une élève (sans
doute future adhérente d’un syndicat islamo-indigéniste) revendique : «
Elles font un travail énorme, dur, et je pense que le salaire ne vaut pas le
quart de ce qu’elles font. » L’infinie générosité du gouvernement ne
viendra jamais à bout de l’incommensurable vénalité des soignants.
- « À l’échelle nationale, conclut la journaliste, cent
mille postes sont toujours vacants dans les établissements de santé, dont un
tiers d’infirmiers. »
Hein, quoi ? D’où sort ce sinistre statistique ? Que vient-elle faire dans
ce sujet fabuleusement rassurant ? On vient de m’expliquer que les postes
vacants suscitaient des quantités astronomiques de candidatures. Je ne
comprends pas. Soit les responsables des recrutements sont vraiment trop
exigeants, soit France 2 a réalisé un sujet outrageusement complaisant pour le
gouvernement. Hypothèse à laquelle je ne peux me résoudre.