Silence radio pour les nonagénaires : le jeunisme d’État selon Macron et Pégard
À 93 ans, Jeanine, habitante de Saint-Jean-de-Monts en Vendée, n’a jamais eu la télévision. Elle n’a pas de téléphone portable. Elle n’a pas Internet. Sa seule compagne des soirs d’hiver, depuis des décennies, c’était France Musique. Cette voix, ces concerts, ces « Soirées lyriques » et ces « Grands entretiens » rythmaient ses journées comme une perfusion. Depuis le 22 juillet, le silence s’est installé. Radio France a restitué des fréquences FM. Dans sa maison, comme à Bressuire, Ballots, Segré ou Mamers, le poste ne capte plus rien.
C’est la triste réalité que révèle Éric De Grandmaison pour le journal Ouest France.
Jeanine n’est pas un cas isolé. Elle est l’une de ces milliers de personnes du quatrième âge, souvent rurales, que le service public a laissées sur le bord de la route au nom d’une modernisation qui privilégie le numérique, le DAB+ et les jeunes urbains connectés. On appelle cela le progrès. Pour elles, c’est un abandon.
Dans le même panier des donneurs d’ordres jeunistes, on retrouve Sibylle Veil et Delphine Ernotte, dont les oukases perpétuels imposent sans relâche une radio et une télévision calquées sur les codes de la jeunesse urbaine, au mépris de ceux qui n’entrent pas dans leurs cases.
Leur vision du service public semble se résumer à un seul impératif : attirer les jeunes quitte à faire taire les autres… Quand chacun voit en plus que ça ne marche pas !
France Musique n’est pas un luxe réservé à ceux qui savent se débrouiller avec une application ou un adaptateur. C’est un service public financé par tous les Français, y compris ceux qui n’ont plus la force, ni les moyens, ni le désir de « s’adapter ». En privant cette chaîne d’une couverture FM digne de ce nom dans de nombreuses zones, on a choisi de sacrifier une part de la population au profit d’une logique de jeunisme et de densification urbaine. C’est un recul culturel. C’est un mépris.
Monsieur le Président, Madame Pégard, remplacerez-vous pour ces femmes et à ces hommes qui n’ont plus rien qui les relie à l’extérieur qu’un, par un nouveau matériel, le plus simple possible, capable de recevoir encore France Musique, sans qu’ils aient à changer leurs habitudes, sans qu’ils aient à apprendre une nouvelle technologie, sans qu’ils aient à mendier l’aide d’un voisin ou d’un enfant éloigné ?
Il existe aujourd’hui des solutions techniques simples, robustes, accessibles, qui permettraient de continuer à diffuser France Musique sur des supports que ces personnes connaissent déjà. Il ne s’agit pas de leur imposer le DAB+ ou le streaming. Il s’agit de ne pas les abandonner.
Jeanine a 93 ans. Elle n’a plus que le silence.k
Combien d’autres comme elle ?
Nous vous demandons solennellement de rétablir l’écoute de France Musique pour ceux qui en ont le plus besoin et de faire en sorte que le service public ne laisse personne au bord du chemin.

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