L’ex-Orange pilonne le
Service des Sports de France Télés avec l’aide d’Idalgo !
Le 19 février dernier, le
blog CGC Média dans son article « JO de Pékin : "La direction de France Télés,
médaille d'or de la précarité, ou de la honte"» relayait le tweet de plusieurs
journalistes, affirmant : "Nous,
journalistes au service des sports de France Info, alertons sur la précarité de
notre rédaction où 90% du contenu est assuré par des pigistes,
stagiaires/alternants sans opportunité d'embauche et dont la présence
épisodique empêche d'assurer une continuité éditoriale." (¤)
(¤)
Il était également question d’un autre
tweet qui e disait long sur l’état de déliquescence dans lequel se
trouvent « Les journalistes du service des sports numérique de France
Télévisions » qui signalent dans leur post « leurs
conditions de travail précaires » :
📝1 embauche en CDI
depuis 2005
🧑🎓 19 alternants cumulés, 0
titularisé
🗓️ 78% de journalistes
en contrat précaire au planning de février 2022 (28/36) »… et un journaliste qui
travaille pour TF1 faisant office de rédacteur en chef.
Pour le service
numérique des Sports de France Télévisions le monde se divise en 2 catégories.
- D’un côté, il y
a l'offre édito Franceinfo Sports dont 80% des articles sont écrits par des CDD,
pigistes et stagiaires ;
- De l'autre il y
a l'offre vidéo où 99% du personnel sont des prestataires et des stagiaires
!
Quel mépris des salariés
de France Télévisions qui espèrent, désirent, et demandent à leur hiérarchie une
reconversion pour aller vers le numérique, alors que la direction use et abuse
de prestataires à tout va !
Quel manque de considération
pour l’ensemble des permanents qui lisent en permanence sur les réseaux sociaux
(Facebook, LinkedIn...) les annonces postées par TV pour embaucher plus de prestataires
?
Allez donc faire un tour dans le service au 2ème étage
du Siège de FTV et vous devriez avoir assez des doigts d’une seule main pour compter
les salariés en CDI.
Niveau embauches,
ça pique les yeux étant donné qu’il n'y a que 2 recrutements en 18 ans : une
rédactrice du côté édito et un rédacteur en chef adjoint du côté vidéo.
Les supposées millions de vues dont la direction de France Télévisions fait des gorges chaudes, sont
gérées par un « turn over » de prestataires qui sont, en
effet, salariés chez Idalgo.
Cette société
envoie ses troupes (chefs de projet, responsables vidéo, éditeurs vidéo, front
page editor, etc.…) à France Télévisions en mission pendant 3 ans…Trois années
pendant lesquelles ces prestataires apprennent la philosophie de l’entreprise,
créent des liens, caressant l'espoir de pouvoir peut-être décrocher enfin un CDI...
Pour finalement plier bagage au terme du contrat.
Idalgo renvoie ensuite
une armada de nouveaux prestataires à qui il faut réapprendre comment
fonctionne le service...
À ceux-là s'ajoutent les prestataires occasionnels. Dans d'autres services ce seraient des CDD payés par France Télévisions, mais
là, il n'en est rien puisque tout passe par Idalgo qui met tout ce petit
monde à disposition.
La manip : Blouser
les Tutelles et l’État actionnaire pour faire croire à la réduction des effectifs
demandée afin d’afficher une masse salariale artificiellement réduite qui
n’a fait que croitre depuis, en dépit du processus de RCC qui s’avère être un
véritable fiasco.
L'intérêt de
la direction dans cette histoire, est bien de masquer la masse salariale de
l'entreprise ! Cette même direction qui disait pourtant vouloir développer le
numérique.
Le leurre ne
s'arrête pas là, non ! Plus c'est gros plus ça passe paraît-il...
Certains de
ces prestataires occasionnels multiplient les postes dans une seule et même
journée mais ne sont payés que pour une vacation !
A titre d’exemple,
ce prestataire qui travaille sur les Jeux Paralympiques officie la nuit comme découpeur vidéo, puis enchaîne en toute illégalité
une nouvelle tâche dans la foulée comme journaliste.
Ou encore
cet autre prestataire qui travaille de 4h en journée puis revient pour une vacation complète la nuit (où sont les 11h de pause obligatoire ?)
Allez, un
dernier pour la route. Cet autre prestataire, journaliste en début de matinée jusqu'en milieu d'après-midi puis fabricant de replay à la suite jusqu'au JT de 20H !
A liste est tellement
longue mais le blog CGC Média préfère ne citer que des quelques cas pour éviter
à ses lecteurs d'en avoir la nausée.
Il convient
d’ajouter que tous ces jeunes – car dans l’immense majorité des cas la
jeunesse semble plus malléable ! – sont
multi-compétents, pluridisciplinaires (très souvent formés en 1/4h sur le
tas), et pluri-contraints !
Lorsque les
chefs sont alertés de la situation, ils rejettent la responsabilité sur Idalgo et
évidemment, tous ces jeunes ne disent rien par peur de perdre du boulot... Quelle considération pour
ces collaborateurs "déguisés" qui n’apparaissent pas comme des
salaires mais bien comme le montant global enveloppe de prestations, imputée
donc sur un autre centre de coût.
Pour l’anecdote,
sur les Jeux olympiques et paralympiques, la production n'a même pas
daigné les informer qu'il existait un catering avec café, fruits et plateaux
repas afin qu'ils puissent se restaurer convenablement comme le personnel de
régie a pu le faire.
N'allez pas
croire que ces collaborateurs aient pu aller à la cantine ! Ils n'avaient tout
simplement pas le temps avec les centaines d'heures de directs à suivre et
couvrir ! Ils avaient
tout juste le droit de manger des sandwiches "triangles" (assez
rebutants à force de manger les mêmes tous les jours) et n'avaient en
revanche même pas le droit à une bouteille d'eau…un minimum quoi !
Quelle
considération aussi pour la poignée de salariés CDI de France Télévisions qui
subissaient la même surcharge de travail et ont dû manger les mêmes sandwiches
?
Chacun
comprend pourquoi, certains salariés des Sports craquent complètement. Deux d’entre
eux sont déjà, selon nos informations, en dépression aiguë : le premier a
envoyé une lettre très alarmante et inquiétante à la direction et l'autre ne
peut tout simplement plus revenir aux Sports.
D'un point
de vue général, ce qui se passe aux Sports de France Télés peut facilement trouver
écho dans de très nombreux autres services.
Il n’y a qu’à voir le processus des
transferts illégaux que combat le SNPCA-CGC que le tandem Sitbon-Gomez/Ernotte avait
engagé !

France Télés
peut bien se vanter du nombre de vidéos vues à chaque gros événement sportif, le
service des Sports, champion olympique de la mascarade à Tokyo cet été,
champion olympique à Pékin cet hiver et probablement déjà champion olympique à
Paris en 2024, est bien malmené par la direction qui fait comme si tout se passait
dans la joie et la bonne humeur mais qui en réalité camoufle tout ça sous le
paillasson avec comme consigne « motus et bouche cousue ».
Le 19 mars prochain les journalistes de France Info Sports sont appelé à faire grève...il est peu probable côté Offre vidéo que ces prestataires puissent s'y associer !