Pour mieux noyer leur chien, certains censeurs de la pensée unique s’apprêtent à le déclarer enragé !
Avant de débuter notre texte, voici une fable. Elle n’est pas de Jean de La Fontaine et n’a que peu de rapport avec ce qui suit…sauf peut-être sa morale !
Sous prétexte de « dresser » un chien que les employés d’un chenil avaient qualifié d’errant, ils lui criaient dessus du matin au soir pendant des mois, en le traitant de tous les noms.
Un jour on lui ordonnait de rester dans sa niche, le lendemain on le punissait d’avoir pris trop de libertés. On le flattait puis on l’houspillait dans la même phrase, on lui donnait un ordre pour mieux le changer cinq minutes après. Le chien, perdu, devait faire le dos rond à chaque geste de ce petit groupe.
Un soir, excédé par ses propres contradictions, le gardien du chenil attrapa la bête par la peau du cou, la traîna jusqu’à la rivière et la noya sans hésiter. En rentrant, il déclara aux uns et aux autres, d’un air grave : « Il était devenu enragé. Je n’avais plus le choix. »
C’est fou ce qu’on peut faire subir à un autre quand on refuse d’admettre que le problème, c’est soi. »
Comme on dit dans les films « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite »…il nous faut à présent, sauter du coq à l’âne et vous conter une autre histoire.
Six mois de travaux prévus à l’origine pour 67 jours seulement d’auditions - environ un tiers seulement du temps imparti - ponctuées d’arrêts intempestifs, de postures, de tentatives multiples de sabotage et d’interruptions en tous genres pour espérer noyer certains propos dans l’eau tiède. Des centaines d’heures à décortiquer sur les gaspillages, les copinages, les omertas et les dérives d’un audiovisuel public gavé d’argent public celui des Français : tout ça pour quoi ? Pour finir étranglé dans un délai grotesque.
L’ex-Orange a clos hier le bal (des hypocrites, pour quelques-uns) perdant ses nerfs et pensant s’être payé «le petit rapporteur », à qui rien ne sera épargné. Il dispose d’à peine 10/12 jours pour pondre un rapport de près de 300 pages. Un timing « extrêmement court et parfaitement inédit », lâche-t-il lui-même. D’habitude, on laisse un mois, un mois et demi. Ici, on lui serre la gorge : deux administrateurs, ses collaborateurs, et l’intéressé vont « se dédier pleinement à la tâche ».
Traduction : on le met en situation d’échec pour mieux le discréditer ensuite.
Quasiment indécent, le vrai plan n’est même pas caché : empêcher la publication du rapport. Autour du 27 avril, les 31 membres de la commission voteront. Une simple majorité suffira à tout balancer aux oubliettes. Les auditions, les vidéos, les preuves accumulées, les dysfonctionnements criants… pffuit, effacés du site de l’Assemblée comme s’ils n’avaient jamais existé.
C’est grave, dit Charles le pugnace. C’est une tentative pure et simple d’assassinat du travail parlementaire. On crie « partisan », on hurle au « cirque », on accuse la commission d’être une chasse aux sorcières… tout ça pour justifier l’enterrement en règle.
Quand on ne peut plus nier les déficits abyssaux, certains salaires indécents, des conflits d’intérêts ici et là et la partialité chronique, on sabote le messager.
On raccourcit ses délais pour le faire trébucher, on prépare le peloton d’exécution au vote, et on espère que les Français n’y verront que du feu. Classique méthode : diaboliser celui qui ose mettre le nez dans le trou, puis faire disparaître les preuves.
Pour noyer l’embarrassant empêcheur de tourner en rond, certains se sont mis d’accord en amont pour le déclarer « enragé » mais chacun aura compris que ce n’est pas seulement le rapport qu’ils veulent noyer. C’est la vérité sur des années de gabegie, de propagande et de privilèges payés par le contribuable qu’ils cherchent à étouffer dans le silence.
Pourtant, si le rapport finit englouti, les Français sauront précisément les noms et qualités celles et ceux qui l’auront précipité à l’eau.
C’est grave, a martelé Charles Alloncle. C’est une tentative pure et simple d’effacer le travail parlementaire qui dérange. On décrète le chien galeux, on le dit enragé et on le noie discrètement pour que plus personne n’entende ses aboiements mais la seule question qui compte désormais est simple : à qui profite sa noyade ?»
Oui mais « la vérité, une fois sortie, ne se noie pas si facilement. »
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