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jeudi 3 décembre 2015

Chaque salarié de France Télé avisé par courrier de ce qu'il coûte à l'entreprise...tact et raffinement !

Dans un document individuel de 6 feuillets intitulé "Votre bilan social individuel" (ci-après) adressé par courrier à l'adresse de chaque salarié de France Télévisions - bonjour, en pleine période de crise et d'économies, le coût de l'opération de publipostage ainsi que l'élaboration du document par probablement une boîte extérieure en se référant à la mention portée en tout petit en bas de la 6ème page "Conception/réalisation: France Télévisions /Aon 2015" - chaque salarié sait enfin combien il coûte à la boite!!!! 

A l'initiative de cette dispendieuse opération, l'ex drh Murielle Charles particulièrement désœuvrée depuis qu'Arnaud Lesaunier nommé à sa place lui a pris le job et qui avec quelques un(e)s est à l'origine du fichage des salariés, a donc cru bon au nom de la direction [c'est toujours ès qualité qu'elle se présente à l'extérieur!] de signifier (avant qu'elle ne parte) à chaque salarié de France Télé "combien il coûte à l'entreprise".

Tout dans le tact et la finesse !!!!! 

Chaque salarié peut ainsi mieux se rendre compte du "poids" financier qu'il est pour l'entreprise...

Le blog CGC Média qui a bien entendu retiré des 6 feuillets tout signe qui permettait de le sourcer est resté pantois devant la page 3 "votre rémunération directe"  avec ses deux carrés - l'un bleu clair, l'autre bleu  plus foncé (quasiment le double du premier) - qui porte le coup voire le coût (les deux s'entendent)  "Somme totale versée par France Télévisions" vs "Votre rémunération brute". 

Et ça ne s'arrête pas là...en dépit de chiffres qui, renseignements pris, sont inexacts et qui figurent en page 5 dans la rubrique "autres avantages", chaque salarié peut aussi également comprendre combien la société débourse pour les "à-côtés" sociaux.....

Rebelote....Tout dans le tact et la finesse puisqu'on vous le dit! 

La page 4 "Votre protection sociale" n'est pas mal non plus dans le genre!

Quant à la page 6  "Votre temps de travail" qui égraine le nombre de jours de congés payés, de congés supplémentaires et de RTT, on atteint des sommets.

Que ferait-on sans Murielle Charles et Delphine Ernotte? La question pourrait bien très vite se poser!






mercredi 2 décembre 2015

"Les prises de position publiques et maladroites au sein même du groupe" font vivement réagir la SDJ de France 2



Le 25 novembre dernier, le blog CGC Média écrivait – en gras et en gros - sur les déclarations intempestives de Vincent Meslet au micro de « L’Instant M » sur Inter également tenues dans « L’Obs » : « Alors que nombre JRI et autres journalistes se sont spontanément manifestés auprès de la chaîne pour immédiatement intervenir, il semble bien que la décision de ne pas faire d’édition spéciale en temps réel sur France 2, ait bien été prise unilatéralement par Pascal Golomer à l’Info ! »

Comment Vincent Meslet pouvait-il indiquer sans la moindre retenue «J’étais moi-même à proximité des événements donc j'étais en ligne bien avant même que les lignes prennent les choses.
On a un problème à France 2, on a supprimé le journal de la nuit donc on n’avait pas d'équipe disponible.
« Soir 3 » a pris l’antenne, France 2 a pris l’antenne autour de minuit, ce qui est la fois un peu tardif certes mais cela ne devrait pas se reproduire… » ?

Invraisemblables propos qui ne sont en rien le reflet de la réalité. 

D’ailleurs le blog CGC Média dans un autre article publié le lendemain « Morandini en remet une couche….«Vincent Meslet le patron de France 2 reconnait pour la première fois "un retard" dans la couverture des attentats du 13 novembre» enfonçait le clou « Interrogé dans Télé Obs, Vincent Meslet affirmait: "Depuis qu'a été supprimé le Journal de la nuit, en juin 2013, nous n'avons plus, à cette heure-là, les moyens techniques nécessaires - cameramen, régie... - pour réagir dans l'instant. Les moyens existants étaient mobilisés par le Grand Soir de France 3.
Des journalistes étaient là, on a rouvert la régie finale, mais tout cela a pris du temps».

Pas étonnant donc que la SDJ de France 2 ait adressé un texte à Delphine Ernotte suite à ces propos où il est notamment indiqué «La SDJ de France 2 réfute ces allégations, alimentées par des prises de position publiques et maladroites au sein même de notre groupe. »

Découvrez ce texte :

« Depuis trois semaines, la rédaction de France 2 est mise en cause dans plusieurs medias pour le traitement des attaques qui ont ensanglanté Saint-Denis et Paris, le vendredi 13 novembre au soir.

Des informations farfelues souvent, malveillantes toujours, sous entendent que les équipes de notre chaîne ont tardé à se mobiliser pour rendre compte des événements.

La SDJ (Société Des Journalistes) de France 2 réfute ces allégations, alimentées par des prises de position publiques et maladroites au sein même de notre groupe.

Le 13 novembre au soir, une heure après la confirmation qu’une attaque terroriste frappait notre pays, 50 personnes avaient rejoint le siège parisien et les lieux des attentats. Journalistes, monteurs, preneurs de son, techniciens venus souvent spontanément rejoindre les directeurs, rédacteurs en chef, chefs de service qui avaient commencé à élaborer une émission spéciale. [ce qu’écrivait donc le blog CGC Média, ndlr]

Si elle n’a pu être mise à l’antenne avant 23h57, ce n’est en aucun cas à cause d’un manque de réactivité des personnels de la rédaction dont l’engagement a été total ce soir-là et toute la nuit. Le lendemain dès 4h30, puis pendant 5 jours. Entre le vendredi 13 novembre et le jeudi 19, France 2 a consacré 45 heures aux événements, dont 17 d’éditions spéciales, soit 10 heures de plus que son principal concurrent.

Les équipes des journaux comme des magazines ont fait leur travail sans compter et visiblement le public a suivi, si l’on en croit les audiences et le courrier reçu. Il ne s’agit pas de s’en vanter, juste de constater, aussi, qu’aucun dérapage, approximation ou prise de risque n’est venu écorner cette couverture. Parce qu’elle n’est pas configurée pour l’info continue, France 2 n’a pas été en mesure d’être à l’antenne aussi vite que ses journalistes, et certains téléspectateurs,  l’auraient souhaité. La décision et la capacité de « casser » l’antenne n’est pas du ressort de la direction de l’Information. Mais de celle de la chaîne. La Rédaction est prête à participer aux évolutions qui permettront de progresser dans ce domaine.

Mais les fausses informations qui circulent [du style « on a rouvert la régie finale, tout cela a pris du temps» alors qu'il n'y a pas de clé et qu'elle est ouverte 24/24h, ndlr] entachent notre réputation et  insultent une rédaction dont la compétence et le sérieux ne peuvent être pris en défaut sur le traitement des événements de novembre.

La SDJ et les journalistes de la Rédaction attendent de la direction de la chaîne et de la présidence qu’elles défendent leurs équipes quand elles sont injustement critiquées. Et reconnaissent leur contribution à la qualité de l’antenne et à ses audiences. » 

Des assises en trompe-l’œil à France Télé pour un projet de réaménagement des fréquences de la TNT touchant l'Info !

Le blog CGC Média vous prose de découvrir in extenso le tract publié ce 2 décembre sur le site du SNPCA-CGC, intitulé "UNE CHAINE INFO MAL ASSISE SUR UNE FUSION MORTIFÈRE"



Quelles que soient les motivations profondes de la création d’une « chaîne info », le SNPCA-CGC est prêt à jouer le jeu d’un projet susceptible de valoriser les compétences et les talents internes, de favoriser des mobilités gratifiantes, de pérenniser des postes non remplacés…  Mais les conditions dans lesquelles on annonce à la cantonade ce chantier augurent mal de son lancement. 
 
1 - Heureusement que la Presse est là pour nous informer des projets de nos dirigeant(e)s. Les représentants des salariés de France Télévisions en apprennent plus en cinq minutes de lecture à l’improviste qu’en des dizaines d’heures de réunion formelle avec la direction. 
 
2 - L’absurde le dispute à la désinvolture quand on prétend élaborer une nouvelle chaîne info alors que le projet d’économies à tout prix INFO 2015  a créé une situation de blocage au sein des rédactions de France 2 et France 3 de par son caractère technocratique, autoritaire et éditorialement moins-disant. Quelques pistes évoquées dans l’article du Figaro peuvent d’ailleurs faire craindre la même logique de bricolage à coût zéro pour la chaîne info : « optimisation » des moyens humains et techniques avec rebidouillage des sujets France 2, France 3 ou France Info par ceux qui les ont préparés, dans le cadre, à n’en pas douter, du même forfait-jour imposé dans la fusion… 
 
3 - Vu le déficit abyssal de France Télévisions et l’interdiction de Fleur Pèlerin et ses amis de réintroduire la publicité après 20h, par quelle équation budgétaire Delphine Ernotte compte-t-elle passer pour arriver à financer cette chaîne pré-électorale ? 
 
4 - La réponse à la question précédente résiderait-elle dans ce que Le Figaro appelle un « réaménagement des chaînes existantes de France Télévisions » ?  A quoi doivent s’attendre les salariés des chaînes « réaménageables » ?  Nous appelons chacun à être vigilant et à nous tenir informés de toute manœuvre suspecte dans son service.  

Pour le SNPCA-CGC, il faudra autre chose que des « ASSISES » (dont les salariés de FTV ne sont pas dupes non plus…) pour clarifier et superposer un projet rédactionnel flou à un autre projet totalement décrédibilisé. On ne s’assied pas aussi facilement sur la représentation des salariés

Paris, le 2 décembre 2015

T'es assise ? Bien restes-y !...ça vaut au masculin également ! La mystification se poursuit...

Le blog CGC Média a très peu l'habitude de publier les commentaires qu'il reçoit mais il faut bien dire que depuis ces derniers jours où nous écrivons sur les soi-disant "ASSISES" organisées à France Télé "la parole est libre et tout peut être dit " (dixit l'ex Orange) nous n'avons jamais reçu autant de réactions à part peut-être lorsque France Télé a décidé de virer pour faute grave Pierre Nicolas quelques semaines avant sa retraite!

Des "Contre-Assises" en somme! 

Le blog CGC Média a décider d'en publier une qui vient d'Outre-Mer (des Antilles pour être précis) et qui résume bien la mascarade que la direction espérait bien jouer devant les salariés de l'entreprise avec le retour du dialogue perdu...Tu parles, Charles !!!!!!

Voici le commentaire quasi in extenso

"Delphine Enotte est passée hier en Guadeloupe accompagnée par Michel Field...pour ne rien dire.

Ses chargés de com avaient soigneusement préparé la rencontre avec le  personnel de la station de Guadeloupe. 

Des "volontaires" triés sur le volet et des questions filtrées. [Vive la liberté de parole et d'expression, ndlr!!!!!]
Mais la réalité a pris le dessus. En fait  Delphine Ernotte était venue parler de la chaîne "Tout Info" comme elle en parle dans n'importe quel salon parisien.

Incompréhension des personnels qui ont répliqué en décrivant leurs inquiétudes collectives sur leur avenir, sur la place de l'Outremer dans les médias de service public, sur la traduction de la diversité sur les écrans, etc... 

Pas de réponse d'une présidente absente ou étrangère heureusement que Michel Field lui a traduit les questions et a fait le go-between...

La séance de quatre heures s'est arrêtée faute de combattants. 

Les personnels ont déserté, un à un. Peu de journalistes, très peu de journalistes ont assisté à la séance. Delphine Ernotte s'est abstenue de visiter la globalité de la station...

La seule consigne "secrète" qu'elle a laissée derrière elle: la suppression de deux ETP (Équivalent Temps Plein)...Pour financer la chaîne "Tout-Info" dont tout le monde se fout ?!

Gageons que Martinique et Guyane seront logés à la même enseigne."

Quel pitoyable spectacle qui voudrait faire croire aux salariés qu'on va leur demander leur "avis sur les grands axes stratégiques tels qu'ils se dessinent"...Encore un nouveau pan de la façade Ernotte qui se fissure; que va-t-il rester?
 
PS: A l'instant où le blog CGC Média poste son article, un nouveau commentaire tombe qui nous parait dans le droit fil de ce que nous avons écrit. Comme le commentaire précédent nous allons le publier également sans en donner, bien entendu, la provenance:  

"Il s'agit d'une vieille technique uniquement utilisée dans les groupes importants dont l'objectif principal est "de noyer le poisson et tout ce qui va avec"! 

Bien entendu, la parole libre n'est pas "libre parole" et c'est pour détecter dans chaque groupe de travail tous les contestataires pour mieux les ficher à l'avenir et contrôler la réorganisation qui s'annonce

Le point négatif est que si un comité exécutif n'est pas capable de tracer une direction stratégique sans demander l'avis aux salariés, c'est qu'il est en perdition ou bien qu'il est sur des braises....
 
Un conseil d'un vieux "briscard" bien entraîné à ce genre de sport: Ne pas participer à ces réunions et faire son travail en attendant de voir le jus qui sortira de la vieille chaussette celle de l'instant à savoir France TV."




Le Mépris en 3D (*) sur France Télévisions !



Le Mépris en 3D (*) sur France Télévisions !

Après le fichage illégal des salariés France Télé a peut-être trouvé le moyen d’un fichage légal : « LES ASSISES »  avec en prime le mépris en 3D (*)
 
(*) Delphine / Dana / Direction.


« Évidemment la participation est volontaire, vous venez si vous voulez » expliquait l’ex Orange dans une vidéo interne, avant d’ajouter « sachez aussi que il y aura un dispositif sur l'intranet… » pour s’inscrire évidemment….Une fiche détaillée de vous et sur vous, sera à remplir pour le jour et l'heure et zou, vous pouvez y aller ! 

Souriez, vous êtes dans la boîte. La direction  a bien enregistré vos récrimination et vos coordonnées qui vont avec.

Vous en entendrez parler, croyez-le bien! 
 
A part ça, comme le ressasse Ernotte « Tout peut être dit. La parole est libre, ça c'est la règle. Il y a simplement une consigne importante pour moi, c'est que nous soyons toujours dans le respect des uns et des autres… ». 

Ben voyons ! Pas si libre que ça, la parole !!!!!

Plusieurs salariés qui s’étaient naïvement inscrit, en ont fait l’amère expérience.

La Société Des Journalistes de France 3 (SDJ F3) dans un papier au titre sans ambiguïté « Le mépris » a décidé de rendre compte de la cession qui s’est tenue sur France 3 ou Dana Hastier pour la Direction et Delphine Ernotte sévissait.

Attention, le blog CGC Média préfère conseiller aux salariés à qui il resterait encore une once d’illusions, de ne pas lire ce qui suit : 

« On nous avait promis la "liberté des propos et le respect mutuel".

« Les assises sont là pour vous écouter parler de vos aspirations, de vos envies, des atouts, mais aussi de vos freins, de vos empêchements, de ce qui va, de ce qui ne va pas », nous annonce Nilou Soyeux, directrice de la communication de France Télévisions, en préambule de cette troisième journée de rencontre des Assises.


Pascale Justice a donc pris la parole au nom de la SDJ. Un texte de quelques minutes, lu calmement, sans aucune animosité. Il y est question de fusion, de chaîne info, d’éditorial… Bref, de l’avenir de notre rédaction.

Sur scène, Dana Hastier, directrice exécutive de France 3, ne cache pas son exaspération.  

Elle ne rebondit pas sur l’intervention et tente de passer à un autre sujet. 

Une salariée s’indigne dans la salle estimant que « ce sont de vraies questions qui sont posées ». Toujours aucune réponse. 

Un confrère de la rédaction réagit à son tour pour dire qu’il se « sent insulté » devant un tel silence. 

Réponse de Dana Hastier : « Les assises sont là pour échanger, pas pour lire des textes. Il existe des mails pour s’envoyer des textes ». [Paf, prend ça dans ton pif...elle est comme ça Dana Hastier, ndlr] 

Pascale Justice tente alors une nouvelle intervention, sans lire de texte. Réponse très sèche : « On s’est déjà rencontré, mon bureau reste ouvert, on ne va pas se redire ici ce qu’on s’est déjà dit. [Et re paf, prend encore ça dans ton pif..., ça ne saigne pas encore?! ndlr] 
Pour moi, une grande chaîne généraliste ne se conçoit pas sans info et les journaux de France 3 perdureront. Mais nous ne reviendrons pas sur la fusion ».


Cette attitude glaciale a choqué de nombreux salariés présents à cette rencontre. Elle est indigne de la part d’une direction qui affirme vouloir libérer la parole en organisant ces Assises

Nous étions venus dans cet esprit de « respect mutuel » prôné par la direction. Nous avons eu pour seule réponse le mépris.


Voici le texte lu par Pascale Justice, le 24 novembre 2015 :


"Bonjour à vous tous qui travaillez sur le service public, un engagement qui autorise la fierté.
Bonjour Mesdames (Dana Hastier et Nilou Soyeux sur scène). Bonjour Mme la Présidente, vous n’êtes pas présente mais m’entendrez peut-être, bienvenue à France Télévisions. On a besoin d’un coup d’accélérateur et notre Présidente a de l’ambition, pour notre société. 

En aura-t-elle aussi pour l’information ?


Je m’appelle Pascale Justice, je suis journaliste et j’ai 30 ans.
30 ans de rédaction nationale, à F.R.3., puis à France 3.
30 ans c’est l’âge du 19/20 mais la rédaction, il est vrai, a plus de 40 ans.

40 ans c’est tout de même trop jeune pour disparaître et pourtant la rédaction nationale de France 3, forte de 200 journalistes, sera bientôt absorbée, pardon, fusionnée avec celle de France 2 qui compte 300 journalistes et qui imposera son traitement de l’actualité, ses méthodes de travail. Et cela commencera dès janvier avec le service éco.


Cette fusion initiée par vos prédécesseurs, vous l’avez dit, vous n’y renoncerez pas.
Vous avez fait campagne avec cette impérieuse nécessité de la mener à son terme, par souci d’économie et de modernité puisque tous les grands groupes européens audiovisuels l’ont fait… Il n’y aura donc pas de spécificité française.


Pourtant, je vous le demande, où sera l’économie si vous maintenez toutes les éditions des journaux de France 3 ? Où sera l’économie puisque nous mettons déjà en commun une bonne partie de nos images ? Les journalistes mettront-ils moins de temps à réaliser un reportage ?

Quand vous avez reçu la société des journalistes de la rédaction nationale de France 3 que je préside, vous nous avez interrogés : un journaliste ne pourrait-il couvrir une actualité pour le régional, le national de France 3 puis pour France 2 ?

Oui Madame, on peut le faire ! Nous avons tous la capacité de pondre en moins de 30 minutes une copie minimaliste, inverser deux sonores et écrire un commentaire à l’envers.
Oui Madame, nous pouvons devenir les OS de l’audiovisuel, il suffit de pomper le travail des journalistes de région, de copier les journaux du matin ou du soir sans rien vérifier ou céder aux injonctions des services de presse des divers lobbies qui nous proposent, clef en main, les témoignages larmoyants qui feront fondre nos téléspectateurs.

Émotion en guise d’argumentation, micro-trottoir en guise de participation, et vous vous demandez pourquoi les jeunes ne regardent plus nos journaux ?

Vous avez une idée de bon sens : les jeunes n’ont pas envie de s’asseoir à côté des vieux pour regarder la télé, alors il faut leur parler sur leur smartphones, leurs ordi…
Mais ne les prenons pas pour des idiots. Ce qu’ils nous reprochent, quel que soit le medium, la télé, l’ordi ou le smartphone, c’est notre manque d’indépendance, notre manque de pugnacité. Ils veulent sentir qu’on enquête, qu’on pose les questions qui dérangent, les questions qu’ils se posent. Ils veulent comprendre ce qui se passe à l’étranger depuis des années pour que ça pète ici, aujourd’hui, au Bataclan.

Quelle est notre mission de service public sur France 3 où l’on écarte, un à un, les journalistes qui ont acquis à l’étranger ou dans d’autres services des compétences ?

L’info nationale de France 3 est-elle si mal placée sur les courbes d’audience, Madame la Présidence, qu’il faille la dissoudre ?

La chaîne tout info, toute en réactivité, en compétitivité sur la TNT, les box, les ordi, les smartphones, cette chaîne va-t-elle supplanter les journaux télévisés ? Mme la Présidente quelle sera alors la particularité de service public de cette nouvelle vitrine, quelle sera la ligne éditoriale ?

La rédaction nationale de France 3 vous a proposé d’ouvrir notre métier à la participation du public, d’échanger avec les citoyens pour répondre aux questions qu’ils se posent. Nos téléspectateurs ne sont-ils que les échantillons étalonnés des études qualité diligentées par vos inquiétudes ? Ne peuvent-ils nous solliciter, nous questionner, nous apprendre ?

Mme la Présidente, l’avenir n’est pas seulement technologique. Les jeunes apprécieront notre liberté d’expression si nous la revendiquons. Pourquoi ne pas faire de France 3 une autre voie de service public, faire de notre proximité géographique et sociale, du régional au national, notre marque de fabrique auprès des jeunes ?

Mme la Présidente, au lieu de nous fusionner avec France 2, encouragez plutôt notre indépendance : allez les petits gars de France 3, distinguez-vous, soyez à hauteur d’homme de votre mission de service public, soyez différents pour que vive la diversité sur le service public !


Bureau de la Société des Journalistes
Rédaction Nationale de France 3"