Lettre ouverte adressée à la direction de France Médias Monde…le ton monte
après l’article du Canard enchaîné. (*)
Comme son nom l’indique, la lettre reçue par la direction de FMM est « ouverte »
donc accessible à tous.
Elle fait suite à l’article du Canard enchaîné publié le
12 janvier dernier qui épinglait plus particulièrement RFI, la radio de
France Média Monde sur une demi-page (¤)
La façon dont a été traitée une enquête avec visiblement un virage à 180° en interne (*) "secoue
la station" écrivait le palmipède, citant la direction
qui parle de "manque de coordination et de défaut de
communication".
C’est donc après que la direction a reçu les syndicats
de FMM vendredi dernier que ce courrier est parti,
relayé tous azimuts par un certain « Barracuda alias Mr T » (c’est le surnom de cette "gorge profonde" en interne, faisant
évidemment référence au personnage de L'agence
tous risques) qui souffle le chaud et le froid sur place mais surtout tente
vainement de discréditer leurs auteurs.

Tantôt Mr T (dont nous ne connaissons pas encore la véritable
identité), remonte des proches sur « un coup de fil à 5.400€ » – il s’agirait, à l’en croire d’une facture pour une heure de
coaching en visioconférence avec comme objectif « Optimiser
la communication en situation de stress : Être actif et positif dans son
affirmation de soi et Savoir dire non
avec détermination et respect de l'autre », destiné à l’une des mises en cause lors de la dernière motion de
défiance votée à France 24 cinq
jours après l’AG du 12 novembre dernier – et tantôt, l’agitateur
local essaie de vilipender en coulisses celles et ceux qui ont signé ce texte, histoire de se
faire mousser aux yeux de certains ! (*)
Les
rédacteurs de la missive apprécieront surement l’agitation qu’entretient ce
fameux Mr T servant, cela semble assez clair, ses intérêts propres.
(¤) Lettre
ouverte
Vous avez reçu les organisations syndicales ce vendredi 4 février pour « débattre
des suites de la motion de défiance et de la situation sociale à RFI ». Et
le moins que l’on puisse dire, c’est que vous n’avez pas pris
la mesure des raisons qui ont conduit à la motion de défiance votée contre la
direction.
Il est fort regrettable que votre seule réponse à cette situation de crise
ait été, lors de cette réunion : « Nous allons assembler les
textes existants (Accord d’entreprise, Charte de déontologie des journalistes
de FMM, la loi Sapin II) pour chaque type de collaboration extérieure et nous
allons mettre en place une commission paritaire qui, le cas échéant, permettra
de discuter de certains cas. »
Vous savez très bien que cette motion de défiance et cette situation de
crise à RFI sont le résultat de votre gestion qui a suivi l’interview d’un
confrère de RFI. Il avait remis en cause le travail de Sonia Rolley et
par là-même celui du consortium dans l’enquête « Congo Hold-up ». Il
l’a ensuite insultée dans un article d’Arrêt sur Image. Notre consœur n'a pas
bénéficié du soutien de la direction qui s'imposait.
Sonia Rolley est toujours sous le choc. Vous avez reçu des e-mails qu’elle
a adressés à la DRH et qui sont restés sans réponse. Contrairement à ce que
vous avez affirmé lors de cette réunion, le consortium continue de travailler
sur des documents suite aux révélations de "Congo Hold-up". Il a
publié le 3 février dernier des révélations sur Bloomberg mais sans que RFI n’y
soit associée. La direction souhaite-t-elle continuer à travailler avec le
consortium ? Acceptez-vous que Sonia continue de travailler pour le consortium
? Cependant, tant que notre consœur, très affectée par cette situation, ne se
sentira pas soutenue clairement par la direction, que ce soit en interne à RFI
ou à l’extérieur, elle ne pourra pas revenir travailler sereinement à RFI et
enquêter pour le consortium. En attendant, nous constatons que notre
confrère a, lui, tout le soutien de la direction.
Suite à nos questions, concernant les collaborations extérieures
existantes, voici vos affirmations :
- Vous avez donné une autorisation pour la création d’une chaîne
Youtube parce que « RFI y trouve un intérêt, pour être diffusée le
plus largement possible. Les contenus peuvent être vus par le
plus grand nombre. Il n’y a pas d’intérêt commercial et que l’intérêt de RFI
est préservé. »
- A la question : « Est-ce qu’on peut mettre des émissions faites
pour RFI sur d’autres supports et ensuite encaisser les produits des ventes
? », vous avez répondu : « Évidemment non, mais
si on parle du DVD Archives d’Afrique, en tant que producteur, il était en
mesure de faire une émission et de développer une émission sur son propre
compte. Archives d’Afrique est un nom qui ne nous appartient
pas et qui ne nous a jamais appartenu. Depuis 2009, (date où les
producteurs délégués deviennent journalistes) nous n’avons aucune trace des
conditions qui ont été acceptées à cette époque. » Et qu’en est-il pour
le logo RFI ? Votre réponse : « Depuis 2014, nous
l’avons fait retirer des DVD »
- A la question : « Est-ce que lorsque ce même journaliste
fait via sa boîte de production un film institutionnel à la gloire d’un
gouvernement d’un pays d’Afrique, ça ne pose pas un problème pour l’image de
RFI ? », vous avez répondu : « Non, c’est tout à
fait possible »
- A la question : « Est-ce que les journalistes de RFI sont
condamnés à trouver des partenariats pour pouvoir faire des reportages ou des
émissions ? », vous avez répondu : « Pour nous,
un partenariat ne doit pas avoir d’incidence
sur le contenu des antennes ».
- A la question : « Est-ce qu’un journaliste qui a une
autorisation de collaboration extérieure avec un journal, en
l’occurrence Novaya Gazeta, se trouve en reportage en Biélorussie, peut-il
réserver la primeur de l’information à Novaya Gazeta ? Peut-il se retrouver sur
le même terrain que l’envoyé spécial de RFI et traiter les mêmes sujets sans en
informer préalablement ses collègues et sa hiérarchie ? » Vous avez
répondu : “Quand il y a eu cet événement, je lui ai précisé lors du
renouvellement de sa demande l’année suivante que l’autorisation qu’il avait
était uniquement pour Paris et pas pour des missions à l’étranger. Je
ne lui donne pas l’autorisation de partir en reportage à l’étranger pour
l’autre média… Idem sur l’exclusivité de l’information. Il faut
partager l’information avec RFI. Je lui ai dit que : si lors d’une
conférence de presse, qu’il couvre avec une autre journaliste de RFI, il a une
exclu, il doit la donner à son employeur principal, RFI ». Nous
avons rétorqué que vous reconnaissiez ainsi qu’il y a eu faute, mais qu’il
n’y a pas eu de sanction.
- A la question : « Est-ce que Paris Match est un média
concurrent et est-ce qu’un journaliste peut proposer à Paris Match une
interview d’un président africain ? », vous avez répondu « Paris
Match n’est pas un concurrent, en revanche le contenu, dans le cas d’une
interview d’un président africain sur ce média, est concurrent »
Ce qui ressort de cette réunion est que le "deux poids deux
mesures" est profondément ancré et que les décisions prises par la
direction dépendent uniquement des accointances et de votre bon vouloir. Nous
l'avions déjà soulevé, l'échelle des sanctions n'est pas respectée car vous
licenciez certaines personnes alors qu'elles n'ont jamais été sanctionnées auparavant
et vous défendez d'autres personnes sur des critères non objectifs.
Pensez-vous que ces réponses vont permettre de restaurer la
confiance ? Nous en doutons. A l’issue de cette réunion, nous avons pu constater que
la direction n’a pas tiré les leçons de la motion de défiance. Nous attendons
toujours de la direction les mesures qui s'imposent pour que Sonia
Rolley puisse revenir travailler en toute sérénité.
(*)